RELIQUE
Antoine, les faveurs que je désire. Dites-moi, Rosette, vous portez toujours votre scarabée? »
— (( Ah ! oui. C'est mon talisman, mon porte-bonheur. J'ai aussi un vieux sou qui ne me quitte jamais. Trouvez-moi ridicule, mais croyez bien qu'ils m'ont sûrement apporté la bonne chance. »
Près de mon lis, Rosette mit sur la table la bague au scarabée et le sou percé . . . chanceux. Avec précaution, je replaçai la fleur dans l'écrin ouaté où elle s'était desséchée; sa forme intacte s'y détachait, présentant l'aspect d'un calice.
— « Rosette, si vous aviez assisté à l'office religieux qui commémore la fête de saint Antoine ; si vous aviez vu deux mille personnes portant toutes des lis, se presser en une petite chapelle pour prier le bon saint qu'il leur donne la paix; si surtout vous aviez entendu la longue litanie des actions de grâces que l'on récitait, vous auriez cru comme moi à la vertu des lis que, dans le monde entier, on bénit au soir du treize juin. En nos mains indignes ils ne sont pas toujours miraculeux, mais la prière sincère n'est jamais stérile, et de la poussière de cette fleur germeront peut-être d'invisibles bienfaits. . . »
Je n'ai pas convaincu Rosette qu'amusa ma fragile relique et qui porte toujours avec ferveur son scarabée et son sou . . . chanceux.
Pour les Malades
On m'a dit qu'une religieuse d'un hôpita' découpait et fixait, dans un cahier déjà usage» quelques billets du soir pour les donner à lire à ses patientes. Ce me fut un grand plaisir d'apprendre que j'avais ainsi, à l'occasion, apporté un divertissement à des malades.
J'ai rarement pénétré dans les hôpitaux, mais j'ai gardé un précieux souvenir des salles claires et blanches, des planchers qui reluisent, des interminables files de lits et de souffrants avec, à côté d'eux, la petite table où on voit souvent des fruits et des fleurs, toujours quelque sainte image et un crucifix. L'activité y est entretenue par les allées et venues des religieuses et des gardes, des médecins et des infirmiers. On y respire cette atmosphère alourdie où flotte l'odeur des médicaments; dans le silence habituel