LES JOURS SUIVENT
le soleil luit toujours, les rosiers sont à la veille de fleurir et les pivoines s'annoncent par de gros boutons . . .
Vraiment avais-je renoncé à tout cela par la stupide résolution de détourner mes yeux de la lumière et des fleurs, de me refuser la jouissance de connaître d'autres âmes et de les aimer ?
Ce matin là, lorsque appuyée au rebord de la fenêtre, je dis ma prière, je remerciai Dieu de ne m'avoir tenu compte de rien, d'avoir pardonné à mes sots chagrins en me laissant pour aujourd'hui encore, dans le sourire de son soleil, travailler, lire, écrire et étrenner mon chapeau.
Lâcheté
Il y a une lâcheté manifeste que le monde méprise et flagelle; il en est une autre qu'il ignore. Cette dernière, dans le silence, agit en chacun de nous, se constitue dans l'ombre la norme de nos résolutions et de nos actes. Elle ne cause pas de retentissantes trahisons, mais elle découvre mille excuses, mille raisons pour diminuer notre force d'endurance, attiédir notre courage et nous enliser dans l'indifférence qui se garde de tous risques : risques de souffrance, risques de bonheur.
Si quelqu'un ose l'appeler par son nom, révéler qu'elle nous détourne d'un grand nombre de bonnes actions et nous retient de soulager les maux par la crainte d'en subir la vue, qu'elle nous fait fuir même les décisions nécessaires à la direction de notre vie, nous nions . . . Qui nous