‹ NuancesChapitre 25 sur 26 · VIEILLESSE · texte numérisé non relu

VIEILLESSE

Son corps qui fut vaillant et ferme n'a plus l'orgueil de la force. Comme un arbre caduc dont les racines sont impuissantes à pousser la sève sous l'écorce, il mourait de ses quatrevingts ans. Demain, il ne sera plus, lui qui autrefois, comme nous, connut les rêves de nos vingt ans devant la beauté des crépuscules.

Ainsi passent les ans. . .

Et je songeais qu'au dehors, pourtant, c'est encore le plein printemps, la vie surabondante, le soleil et, dans la grande lumière, la gaieté qui nous appelle à l'amour.

Fuyez, rêves d'éternels renouveaux. L'homme vieilht vite et meurt toujours.

Le Déclin

Comme tant d'autres qu'enchante la musique, j'avais voulu entendre Paderewski. Je l'écoutais religieusement, sentant en moi l'émotion qui nous étreint et ralentit les battements du cœur, quand l'enthousiasme nous transporte.

Derrière moi, deux inconnus, deux artistes sûrement, de temps à autre en phrases hachées, se communiquaient leurs impressions. Au piano, Paderewski interpréta Chopin : je n'avais jamais entendu jouer comme cela. . . Le monsieur d'en arrière dit à son compagnon : « Ah ! non, il ne joue plus comme autrefois ».

Plus comme autrefois. . . ? Au rythme de la musique qui se continuait j'éprouvai le même regret qui m'attriste quand je regarde à l'horizon descendre le soleil, que peu à peu la terre s'as-

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