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PARVENUE

cialement à sa bonne, commande le thé d'un ton souverain.

Élise croit que tout le monde l'admire et l'envie, tandis que, tout bas, on se demande pourquoi certains membres de sa famille n'assistent jamais à ses réceptions. On souhaite qu'une personne lui témoigne qu'on ne croit guère ce qu'elle se donne tant de peine à raconter à grand renfort de mots techniques mais injustes.

Son désir de luxe, de parade, de domination, atrophie son cœur, empêche qu'elle soit douce et bonne, qu'on l'estime et qu'on l'aime. On se répète ouvertement qu'Élise n'est qu'une parvenue, simplement habile et très audacieuse.

Vieillesse

Sur une petite chaise de paille au dossier rigide, assis au coin du feu, immobile dans la chaleur nécessaire à ses membres frileux, j'ai vu, tout l'hiver, l'aïeul aux cheveux de neige. Attentif à des pensées intérieures, il parlait peu. Le silence recueilli de son âge n'acceptait guère qu'une société: une chère et vieille pipe dont il chassait, en bouffées régulières, des spirales bleuâtres où flottaient peut-être encore des rêves jeunes. . .

Il trahissait une profonde horreur pour la dissipation de la vie et de l'argent. Avec un tremblement plus accentué de la tête et des mains, il disait quelquefois : « Il faut suivre le cours régulier des jours, ne pas gaspiller sa virilité et sa jeunesse et savoir manger des croûtes tandis que l'on a encore des dents ».

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