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LE RETOUR

apprécie mieux par l'absence de l'invariable et froide étiquette qui commande une conventionnelle réserve.

Tout cela, nous le quittons pour reprendre la vie coutumière, nos habitudes de la ville. Le départ de la campagne ne s'opère-t-il pas vraiment entre une larme et un sourire ? L'émotion, c'est le souvenir attendri de l'heureux et paisible passé qu'il faut quitter; le sourire, c'est la joie de retrouver son foyer et sa maison, tant de choses devenues chères, à notre insu, et qu'on regrette après s'être déjà lassé de les voir. Et l'on éprouve une douce émotion à rentrer chez soi, à ouvrir les volets, à retrouver dans les objets laissés là, notre passé d'il y a deux mois.

Les hautes roses trémières s'effeuillent le long de la clôture, les rosiers n'ont plus de fleurs, les reines-marguerites s'épanouissent sur de longues tiges, l'herbe a poussé, les feuilles jaunes et sèches ne nous ont pas attendus pour mourir. Tout annonce l'automne. Le soir vient plus tôt que d'ordinaire et vous surprend à confondre dans le même rêve ce que vous avez quitté et ce que vous retrouvez.

Et la mélancolie étreint notre cœur d'un peu de tristesse et d'un peu de joie. . .

Départ

L'animation devance la gaieté du Champagne que l'on passe dans les rangs serrés et inégaux. Les nouveaux mariés saluent et remercient ceux qui sont venus offrir des souhaits. Du gros bouquet tout blanc où s'entremêlent les pois de senteur et les muguets, se dégage un doux parfum qui va jusqu'à notre cœur raviver les aspirations au bonheur, qui sont singulièrement vives en nous ce matin.

L'heure arrivée, c'est avec hâte que chacun regagne sa voiture. Tout le long du trajet, nous sommes satisfaits de montrer aux piétons matineux que nous nous amusons. Il n'y a pas à se tromper puisque nous faisons file derrière une voiture qui porte l'affiche : nouveaux mariés.

A la gare, l'animation atteint son maximum. Comme des pétales de fleurs, les confettis de

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