LIVRE Xlt
Kuma ; déjà ma cause était juste ; j'ai voulu qu'elle le fût encore plus. Vous n'étiez que des agresseurs, je vous force d'être des ingrats : combattez, si vous le voulez.
Pour toute réponse , les deux rois tombent à ses pieds , et embrassent ses genoux; Le brave Turnus , le sage Arisbée , lui tendent la main en criant : La paix! Tous les soldats répètent : La paix!
Aulon seul, Aulon veut parler; mais Léo se précipite vers lui : Si la soif du sang te dévore , lui dit-il , me voici : je te rends ta hache , que j'ai pi-ise pendant ton sommeil, Aulon , terrassé par ces paroles et par l'ascendant du magnanime Léo , Aulon le regarde et se tait. Hâte-toi , lui dit le héros : mon coeur frémit à l'idée de tremper mes mains dans le sanir d'un Marse ; renonce à ta patrie, ou accepte ma foi. Mon choix est fait, lui dit Aulon; et il met sa main dans la sienne.
Dès ce moment, plus d'obstacles. à la paix; des cris de joie s élancent de toutes parts; les deux armées , quittant leurs rangs , commencent à se mêlei , quand la fougueuse Hersilie, qui jusqu'alo« avait espéré dans Aulon , Htrsilie, hors d tlle-même , les veux ardens , paie de fureur : Lâches, s'écrie-t-e!le, ingrats,
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perfides amis , qui cédez à de vaines paroles , qui trahissez la cause des rois , ne pensez pas me Toir complice de votre infamie. Et toij iS'uma, toi que j'abhorre autant que je t'adorai , je ne puis trouver d'expression plus forte , reçois mes funestes adieux : puisse lamour te faire sentir tous les tourmens que tu m'as causés 1 Puisses-tu pleurer sur le trône le chagi'in de n'y pouvoir placer liiidigne objet que tu me préfères I puisse ce peuple romain qui t'a fait roi devenir le plus terrible ennemi du nom de roi , le poursuivre par toute la terre, après avoir chassé de ses murs toi ou tes indignes successeurs 1 puissent enfin les noires Euménides te persécuter sans relâche , te présenter sans cesse le cadavre de Tatia expirante par mes poisons, et surtout celui d'Hersilie mourante sous le poignard que ta main barbare conduit ! En prononçant ces derniers mots, elle enfonce jusqu'à la garde son épéc dans son cœur. On accourt , on s'empresse : il n'est plus temps : elle ne respire plus , et la fureur est encore peinte sur son visage glacé.
jNuma la plaint : il donne des ordres pour qu'on lui rende les honneurs funèbres avec le respect dû à son rang. Tandis que le bûcher se prépare, le roi de Rome immole des victimes, jure la paix aux coreditions qu il a offertes, et