‹ Numa PompiliusChapitre 127 sur 131 · LIVRE XII. 32i · texte numérisé non relu

LIVRE XII. 32i

mis de mon côté la justice , vous m'avez assuré les dieux.

Rois de l'Italie , j« vous estime : il dépend de vous que je vous aime; mais jamais je ne vous craindrai. Vous voyez cette armée des Romains aussi nombreuse que toutes les vôtres réunies ; vous v(!vez ces braves Marscs qui , venus à mon secours , ont trompé votre vigilance. Voilà de quoi repousser la force par la force. Je peux perdre plusieurs batailles , et vous arrêter encore des années devant mes murs : si vous êtes vaincus une seule fois , il ne vous reste plus de ressource. Ne pensez pas que les Marscs soient les seuls peuples que je saurai vous opposer; les Étrusques, les Apulicns , les peuples de la Ligurie, vont arriver dans peu de jours. Attaqués à la fois par tant de nations réunies , vous ne pourrez leur résister ; vous périrez tous : les Vestins seuls seront épargnés. De tout temps les Marses et les Vestins furent frères ; je les regarde comme mes alliés : je leur jure ici , en votre présence, de ne jamais les traiter en ennemis.

•^ A ces paroles , Aulon , Turnus , Arisbée , regardent le vieux roi des Vestins : la défiance est peinte sur leurs visages„Numa, qui a déjà réussi à mettre la division parmi eux, continue dans ces termes :

3a4 NUMA POMPILIUS.

Hélas ! je pleurerais le premier sur une victoire qui causerait la perte de tant de peuples ; je baignerais de mes larmes des lauriers teints de votre sang. Rois , mes collègues , je ne veux que la paix; et, sans avoir été vaincu, avec la certitude même de vaincre , je vous la propose avantageuse. Vous, Hirpins, je vous remets ia forteresse que Romulus fit élever au milieu de votre pajs : ce fut une injustice; je mets ma gloire à la réparer. Vous , Volsques et Rutules , je vous offre mon alliance et les droits de citoyens romains. Vous, roi de Campanie , qui avez oublié si vite votre dernière guerre avec les Marses , je vais vous remettre votre fils que vos ennemis m'ont livré. Vous , l'oi des Vestins , qui pleurez depuis si longtemps une fille que vous croyez ensevelie dans les ondes, je vais vous rendre votre Camille. Venez, Camille et Capis , venez embrasser vos pères.

A ces mots , Camille et Capis se jettent dans les bras du roi des Vestins et du monarque de Capoue. Ces deux vieillards ne peuvent en croire leurs jeux : ils versent des larmes de joie , ils tiennent serrés contre leurs cœurs les enfans qu'ils n'espéraient plus yoir.

Combattez à présent contre moi , leur dit

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