‹ Numa PompiliusChapitre 130 sur 131 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

Après ces soins pieux , il se dispose k retourner au bois d'Égérie : il mène avec lui Camille et Léo. Mais la crainte de déplaire à la nvmphe lui fait laisser ces tendres amis à quelque distance de la fontaine.

A peine arrivé , il invoque Égérie ; il se plaint du long temps qui s'est écoulé depuis qu'il ne l'a entendue , et lui rend compte de tout ce qu'il a fait. Êtes-vous contente, ajoutet-il dun ton timide et modeste? Oui , répond la voix, je le suis; et, dès ce jour, je te regarde comme le plus grand des rois. Tu as rempli mes espérances; c'est à moi de remplir mes sermens : connais entin Égérie.

A ces mots , elle sort du bois ; et Numa re» connaît Anaïs. U reste immobile de surprise : son œil est fixe , sa bouche ouverte , ses bras demeurent tendus. Tout à coup , poussant des sanglots , il tombe aux genoux d'Anaïs , il fait de vains efforts pour parler , il ne peut que verser des larmes.

Relève-toi , lui dit Anais : je ne suis point la njmphe Égérie , je suis une simple mortt;lle ; et les honneurs de la divinité me seraient moins chers que le titre de ton amie. Tu m'avais raconté le songe que tu lis à la fontaine de Pan , l'espérance que tu conservais d'être un jour instruit par Égérie; je résolus avec mon

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père de réaliser cet espoir. Forces de nous séparer de toi , pour que tu consentisses à devenir le bienfaiteur de ton peuple , nous vinmes nous cacher dans ce bois , où j'étais bien sûre que tu ne tarderais pas à te rendre. Tous nos projets ont léussi. Je t'ai parlé comme Égérie , je t'ai donné des conseils qui m'étaient dictés par la profonde sagesse de mon père. Tu as cru entendre la n\Tnphe : cette erreur, utile à ta gloire , a été douce pour mon cœur. Je te voyais à travers ces branchages quand tu pensais converser avec Êgérie ; plus heureuse que toi, j'étais à tes côtés quand tu pleurais ton Anaïs.

Numa l'écoute , hors de lui-même. Il voit bientôt paraître Zoroastre ; il se précipite dans son sein , il l'embrasse mille fois ; et , s'arrachant de ses bras , il coui't chercher Camille et Léo. Elle est ici 1 leur crie-t-il de loin , elle est ici 1 Viens , accours ; ton père , ta sœur t'attendent.

Léo ne peut croire ces paroles ; il se presse pourtant d'arriver. Zoroastre le reçoit dans ses bras , le sevré contre sa poitrine : Mon fils , mon cher tils , nous sommes rejoints , nous le sommes jusqu'à la mort. Léo pleure pour toute réponse : l'aimable Camille embrasse Anaïs. La joie, l'amour, 1 amitié , semblent

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