LIVRE XII. 33i
ùter la raison au tendre père et aux quatre p.mans.
Enfin , quand les larmes les ont soulagés , Zoroastre les conduit à sa cabane. C'est ici , leur dit-il , que nous nous sommes cachés; ici nous finirons nos jours. Numa , je te donne Anaïs , mais le peuple romain ne connaîtra jamais vos nœuds; jamais Anaïs n'entrera dans Rome. Chacjue jour, sous prétexte de venir consulter ta nymphe , tu viendras voir ton épouse; et la récompense de tes bonnes actions sera le plaisir de nous les raconter. Ainsi ma fille demeurera fidèle à sa religion ; le mystère ajoutera de nouveaux charmes à la félicité de Numa; et Zoroastre, heureux de ce bonheur, coulera en paix , au milieu de vous , le peu de jours qu'Oromaze lui destine encore. Approuves-tu ce projet?
INuma ne lui répond qu'en tombant à ses pieds; Anaïs sourit en baissant les yeux; Camille et Léo applaudissent.
Dès le lendemain , 1 hymen d'Anaîs et de Nuraa fut célébré dans cette chaumière , sans pompe , sans fête , sans autres témoins que Zoroastre , que Camille et Léo. L'heureux Numa vint tous les jours à la cabane. La vertueuse Anaïs et son père lui inspirèrent de
3Ja ^UMA POMPILHJS.
plus en plus le désir, les moyens d èlre le pUis
juste et le meilleur des rois.
Zoroastre parvint , au milieu d'eux , à la vieillesse la plus reculée. Léo, général des Romains , se fixa dans Piome avec son épouse . et prit d elle le surnom de Camillus : ce fxit la tige de cette famille de héros dont le plus fameux délivra Uome des Gaulois. Numa, toujours brûlant pour Anaïs , toujours adoré de son épouse, i^égna quarante-cinq années. Pen- dant ce long espace de temps, jamais ennemi ne païut sur le territoire de Rome , jamais le temple de .Ta nus ne fut ouvert ; et , dans lei États de JVuma , il nj eut pas un seul homme malheureux par l'oppiession ou par de mauvaises lois.
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