‹ NumismaticaChapitre 2 sur 326 · PHRYGIE · texte numérisé non relu

PHRYGIE

La Phrygic, grande et riche province, qui s’étend depuis

les rives du Méandre jusqu'à celles du Sangai ius, et qui renferme dans ses limites presque tout le cours du premier de ces deux fleuves, étaithabitée par une population industrieuse, et semée de nombreuses villes, dont plusieurs très considérables. Berceau de tant de mythes eide légendes, c'est dans la Phrygie qu'il faut rechercher l’origine de plus d'une divinité grecque, et les commencements de bien des cultes répandus dans le monde ancien; c’est une source où l’on n’a pas encore assez puisé, une mine dont les filons sont encore riches.

Depuis la publication de l’ouvrage de Mionnct, la géographie numismatique s’est enrichie de plusieurs villes phrygiennes , telles qu’Appia , Clannuda et Gordium. Il reste encore bien des lacunes à combler, bien des villes dont on ne connaît encore aucune monnaie; Euphorbia et Orcistus par exemple ; espérons que le temps nous viendra en aide. La géographie de celte province a aussi fait des progrès considérables, depuis les travaux remarquables du colonel Leakc, savant qui possédait au plus haut degré l'intuition de cette science. Les voyages d’Arundell et de Hamilton, et plus récemment ceux de Fellows , ont éclairci plusieurs points obscurs et ont fourni quelques jalons de plus à leurs successeurs. La découverte d’Aezani, de Sébasté, la détermination du site d’Apaméa Cibotus, sont d’une haute importance; mais la connaissance de la position des villes secondaires laisse encore beaucoup à désirer ; ce ne sera que peu à peu, en recherchant les inscriptions, en faisant attention à la provenance des médailles et en étudiant leur fabrique que l’on pourra arriver à Jes notions plus certaines. La carte de Kicppert, publiée à Berlin en 1844, est de beaucoup la meilleure qui ait encore paru ; c’est celle dont je me suis servi pendant mon voyage, et que je citerai quand il y aura lieu;

je puis rendre témoignage à son exactitude. Les découvertes de M. Pli. Le Bas jetteront un nouveau jour sur la géographie phrygienne; aussi attend-on avec impatience la publication des notes qui doivent suivre et expliquer son Recueil d'inscriptions.

La numismatique de cette province a été trop négligée par les amateurs, quelquefois même par les savants, parce qu’elle ne fournit que des monnaies de cuivre, à quelques rares exceptions près. Cependant c’est sur les monnaies de ce métal qu’on trouve les types les plus curieux et les représentations les plus variées ; toutes les divinités en honneur dans une ville, tous leurs attributs, sont reproduits sur ces monnaies populaires et largement répandues, tandis que les pièces d’or et d’argent ne donnent souvent qu’un seul type, qu’une divinité principale. C’est à ce titre que la numismatique de la Phrygie me parait offrir un très haut intérêt, et que j’ai choisi cette province pour en faire le sujet de mon premier travail, de mes prémices numismatiques. Je crains seulement qu’un sujet si fécond et si difficile ne soit bien mal traité par un débutant. Livré à mes propres forces, j’aurais dû y renoncer; heureusement l’obligeant concours d’un savant distingué M de Longpérier. m’a soutenu et encourage dans ma tâche.

ACMONIA.

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