PRÉFACE DE L'AUTEUR. T
seul. Quoique parmi ses monnaies des rois goths, il y en ait plusieurs qu'un graveur lrès*habile pourrait faire en un seul jour, d'un autre côté, il y a ungran<l nombre de médailles grecques dont la gravure achevée demanderait au moins un travail de huit ou douze semaines. Il faut encore remarquer ici que Becker pouvait rarement se servir de dessins , comme font les autres graveurs , auxquels importe peu une ligne plus ou moins rigoureusement fidèle, parce que, pour atteindre son but, il devait s'astreindre à suivre Toriginal avec une scrupuleuse attention , ce qui exigeait naturellement un temps beaucoup plus long.
On ne sait pas s'il se servait de monnaies véritables pour fondre sur celles-ci des matrices en fer, qu'il aurait ensuite travaillées au burin et trempées. On ne voit nulle part les traces de fusion qu'on devrait cependant facilement apercevoir sur le champ de la médaille. Il est certain cependant qu'il se servait de médailles anciennes d'or et d'argent comme flaons, pour y frapper des types plus rares en conservant seulement le contour primitif. En effet, il n'y avait pas alors besoin d'une nouvelle fusion comme le croyait Steinbùchel. Souvent il ne frappait qu'un seul côté d'une monnaie vraie , lorsqu'il s'agissait uniquement d'y substituer une tête ou un revers plus rare.
Pour donner à ces contrefaçons l'aspect fruste de l'antiquité, on dit qu'il les plaçait dans une petite boite remplie de limaille de fer, et après avoir attaché la boite aux ressorts de sa voiture , la montre à la main , il se promenait sur la route entre Offenbach et Francfort. Selon le témoignage de Collin , juif de Francfort , il appelait celte opération : La promenade de messieurs les an-