‹ Numismatique D'alexandre Le Grand - Vol IIChapitre 18 sur 32 · LS · texte numérisé non relu

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Pélagonia. Nes 205-215.

La fabrique des tétradrachmes indique la Grèce. Un caducée est employé comme type accessoire sur les monnaies macédoniennes avant Philippe I%, sur celles de Philippell, de Cassandre et de la plupart des rois suivants de Macédoine; on doit donc chercher le lieu où elles ont été émises en dedans des frontières de l’ancienne Macédoine. Le caducée ne se voit pas, non plus que Mercure, comme type principal sur les monnaies des villes macédoniennes; mais nous croyons qu’un examen des signes auxquels ce symbole est associé sur les monnaies d'Alexandre pourra nous guider à découvrir la ville. Souvent on trouve ajoulé un monogramme formé de PE, aussi un M seul (no 201), et l’on voit facilement que ce monogramme et celle lettre sur les nos 201-4 et 214-15 doivent être mis en relation immédiale avec le caducée, de même que le © avec la Victoire, signes expliqués dans l’article précédent de Thessalonique. Sur le statère no 206% et souvent sur les monnaies de Lysimaque le F se trouve combiné avec le caducée tellement que la partie inférieure du bâton en forme le trait perpendiculaire. Tout cela peut motiver la supposition que let PE soient les initiales du nom de la ville qui ne peut guère être que Pélagonia®, ville importante de la partie nord-ouest de Macédoine, qui sous

%6 No 206. Luynes. 208. Mionn. S. no 332. 209. La Haye. 210. Mionn. no 355. 211, La Haye. 213. Paris, la Haye. 214. Paris, Mus.brit. 219. Vienne. Voy. la table suppl. no 215 a.

97 Sur les pièces d'argent connues, sans nom, ayant au droit un cavalier, au

B. une tête de chèvre ou la partie antérieure d’un lion.

Il devient surtout évident par une comparaison avec les pièces de Lysi-

maque qu'ici un 2" est combiné avec le caducée; un nombre des monnaies

de Lysimaque est frappé en Macédoine.

% Il est connu que sur les monnaies frappées sous les Séleucides la ville de

: Tyr est indiquée par un signe également composé de la Que symbole

de la ville, et des initiales de son nom.

Pella ne peut-être regardé comme le lieu d'émission de ces pièces, comme

ni la tête ni les symboles de Mercure ne se rencontrent sur les monnaies

nombreuses de cette ville, et qu’on n’y a probablement pas battu monnaie

avant le temps de Philippe, v. p. 126 note 7.

les Romains devint la capitale de la région IV du pays, peutêtre la même qui fut appelée Heraclea Lyncestis 101,

D'après ce qui précède, les nes 214-15, comme aussi les nos 201-4, sont frappés par Pélagonia et Thessalonique en alliance. Quoique ces deux villes fussent assez éloignées entre elles, on explique pourtant facilement qu’elles aient baltu monnaie en commun; toutes les deux étaient situées sur la grande route (plus tard Via Egnatia) qui venant d’Illyrie traversait la Macédoine, et Thessalonique, où debouchait la route, devint ainsi naturellement le port et le marché de Pélagonia qu’elle mettait ainsi en liaison avec les villes situées vers l’orient, On conçoit ainsi que Pélagonia ait pu battre monnaie non seulement avec la résidence de Pella, située sur celte même route Cv. nos 12-14), mais encore avec les villes de Grèce plus à l'est, comme Acroathon (nos 174-75) et Cardia (nos 319-209, Le caducée sur les monnaies frappées à Aradus doit sans doute s'expliquer d’une autre ville, v. nos 1369 suiv.

Dium en Piérie. Nos 216-218. 1°

AI se voit sur des monnaies de Philippe I de différentes espèces, sur celles de Cassandre, d’Antigonus (D), de lhilippe V et de Persée, ainsi que sur les drachmes au nom des Macédoniens; sur loules ces monnaies ce signe se rencontre ou seul ou ensemble avec beaucoup d’autres lettres et monogrammes qui changent.% Il est donc probable que Al soient les initiales du nom d'une ville en Macédoine, à laquelle convient aussi la fabrique des tétradrachmes. Ce ne peut être que Dium. II y avait en Macédoine deux villes de ce nom, l’une peu con-

101 Cfr Hoffmann Griechenland I p.90-91, Forbiger Handb, der alten Geogr. IUT p. 1059.

10% No 216. La Haye, Prokesch. 217. Vienne.

108 Nous avons ainsi trouvé 41 sur les pièces de Cassandre avec six monogrammes différents, et sur celles de Philippe V avec dix différentes paires de monogrammes ou de lettres.

siderable sur l’Athos Acté, l’autre très importante en Piérie. Dans celte dernière ville le roi Archélaüs avait institué des jeux olympiques que Philippe célébra avec pompe après la prise d’Olynihe; Alexandre y fit placer les vingt-quatre statues de bronze des chevaliers tués à la bataille du Granique; sous les rois suivanis c'était une des cités les plus fortes et souvent la résidence royale, et sous les empereurs elle devint une colonie romaine dont il existe beaucoup de monnaies. Elle semble aussi avoir frappé des monnaies autonomes (v. p.125 note 6). Cette ville ‘doit donc être préférée à la première.

Il est possible que le tétradrachme no 550, marqué d’une couronne et de Al et étant de la même fabrique que ces pièces, doive aussi y être rapporté; la couronne pourrait être un

al

symbole de la ville à cause des jeux qu’on y célébrait, 10

Héracléum en Piérie. Nos 219-222. 1%

Comme ces monogrammes composés de HP et HPA sont souvent employés à exprimer sur des monnaies autonomes le nom d'Héraclée, et qu'ils se rencontrent sur les monnaies de la plupart des autres rois de Macédoine, soit seuls soit avec d’autres monogrammes, il n’est pas invraisemblable qu’ils désignent une ville de ce nom en Macédoine. Cette ville est sans doute Héracléum'® en Piérie, puisque les deux villes appelées d’après Hercule en Sintique et en Lyncestide (Pélagonia) semblent avoir élé marquées sur les pièces d'Alexandre par de pelits types Cv. nes 134 suiv. et nos 205 suiv.) et que la ville voisine de Dium,

10€ J] faut observer que la fabrique permet aussi de rapporter ces monnaies à Diospolis en Palestine, voy. nos 1486-87 et 1512-13. Il est pourtant incertain si les monnaies d'Alexandre ont été frappées dans cette ville. Mais il est vraisemblable qu'un tel monnayage ait eu lieu à Dium à cause de l'importance de cette ville et parce que le signe AI se trouve si souvent sur les monnaies des autres rois de Macédoine.

105 No 219. Prokesch. 222. Vienne.

106 Scylax: ‘Hopdxkeor. Tite-Live XLIV, 8 suiv.: Heracleum. Plin. IV, 17: Heraclea.

comme nous venons de démontrer, est de même sur les monnaies des rois de Macédoine désignée par un monogramme composé des initiales du nom. La fabrique des tétradrachmes convient à la Grèce. Mais comme le classement des monnaies autonomes de villes appelées Héraclée, ce nom étant commun à tant de villes différentes, est en général incerlain, il en est de même de la détermination de ces pièces, surtout des nos 220 et.221.17 |

Il se trouve d’autres iétradrachmes d'Alexandre avec des monogrammes semblables qui, d’après la fabrique, doivent être d'Héraclée en Ionie (ou en Carie), v. nes 1058 suiv.

Villes incertaines de Macédoine.

Nos 223-283.

No223.1$ Bouclier macédonien. Ce bouclier, qu'il faut regarder comme un emblème particulier à la Macédoine parce qu'il forme le type de beaucoup de monnaies et des rois ct du peuple de Macédoine, se trouve aussi comme signe sur un des statères de Philippe IL. La fabrique de ce tétradrachme est celle propre à la Grèce. Ce bouclier étant aussi le type sur le K. de drachmes au nom de Bottiée, il est possible que la monnaie soit frappée dans une des villes de cette contrée Ccfr Philippe II no 273.10

Nos 224-236.1 Casque macédonien. Ce signe est aussi

107 M. de Prokesch-Osten a attribué le no 219 d'abord à Héraclée en Carie (Abh. der preuss. Acad. 1845 p. 78 n° 3), ensuite à Héraclée en Bithynie (Denkschr. der kais. Acad. Wien 1854 V p.244, n° 68); mais la fabrique ne permet pas de le rapporter à l’Asie Mineure occidentale ,: et il n'existe point d’autres monnaies d'Alexandre de Bithynie (cfr p. 67).

108 No 223. Mus. brit., la Haye, Prokesch.

109 Dans Numism, Chron. X VI p.34 n° 13 est cité un tétradrachme d'Alexandre ayant un-bouclier rond et un monogramme; cette pièce pourrait se rapporter à celle ci-dessus.

110 No 226. Paris, Oxford. 227, Vienne. 229. Mus. brit., la Haye, Mionn. S:

n° 290. 230, Prokesch, 231. Paris, Munich. 236. Paris, Berlin, Copenhague,

un type monétaire qui se rencontre fréquemment avec le nom des rois de Macédoine et des Macédoniens, et doit par cette raison être considéré comme propre à ce pays. Comme symbole accessoire il est placé sur tous les tétradrachmes d’Antigonus I (ou Il) et sur une grande partie de ses monnaies de bronze. La fabrique du no 224 est celle qui était propre à la Grèce sous le règne d'Alexandre, et celle des autres tétradrachmes convient aussi à ce pays; quelques-uns de ces derniers, plus aplatis et se rapprochant par-là aux tétradrachmes d’Antigonus I qui ont le même signe 1, appartiennent peut-être à la fin du règne de Cassandre. Comme KE se trouve sur presque toutes les pièces en sorte qu'il n’y a point d'autre signe que celui-ci à l’exergue, et que ce même monogramme se voit aussi sur les pièces de Philippe I? et des rois postérieurs de Macédoine, il y a quelque raison de supposer qu'il contient les initiales du nom de la ville, qui pourrait être Celetrum, place forte et importante dans la contrée d’Orestis. 11 “19e

No237.14 Pédum, symbole connu de Pan. Le culte de ce dieu était très répandu en Macédoine, non dans les pays voisins, et son buste est réprésenté avec ce bâton sur les tétradrachmes d’Antigonus [ et sur des pièces postérieures de Pella et de Thessalonique. Le pédum se trouve comme signe sur les monnaies. de Philippe IT et IE, d’'Antigonus [ et de Démétrius IT, sur celles des deux premiers associé à d’autres signes macédoniens.

Nes.238-242.15 Une cithare d’une forme semblable est appliquée comme signe sur les tétradrachmes d'Alexandre frappés plus tard à Colophon, v. nes 1007 suiv. Le statère no 239 a

H1 Le monogramme au n° 236 se trouve aussi sur un de ceux-ci, Mais les monnaies d'Alexandre ne doivent guère être rapportés au règne d’Antigonus F, cfr p. 73 note 2.

2 Voy. le statère de ce roi no 248 qui présente une raison spéciale pour regarder ce monogramme comme désignant une ville.

8 Tite-Live XXXI, 40. 114 No 237. Munich.

15 No 238, La Haye. 239. Paris, Vienne.

été aussi par M. Ch. Lenormant attribué à cette ville ou a Méthymne dans l'ile de Lesbos!!f; les drachmes ont élé rapportées dans l’ouvrage de Mionnet à cette dernière ville!{7, On ne saurait pourtant souscrire à ces altributions, parce que les pièces d’or d'Alexandre ne furent pas frappées par les villes de cette partie de l’Asie Mineure (cfr p. 113-14), et qu’il existe des drachmes absolument pareilles de Philippe IH dont il n’y a point de monnaie émise dans l’Asie Mineure occidentale (cfr p. 109). Une cithare de cetle forme était aussi le type des monnaies frappées par la ligue chalcidique avant le temps de Philippe Il et séparément par quelques villes de la péninsule chalcidique; les monnaies présentes peuvent étre attribuées à une de celles-ci.t8 A et B se rencontrant sur les drachmes correspondantes de Philippe HIT et A sur les statères et drachmes de Ly- . simaque avec la même cithare, sans que d'autres leltres ou signes soient d’ailleurs ajoutés, il y a lieu de les considérer comme des lettres d'émission ‘regardant la fabrication, ou comme initialès de noms de villes; A pourrait donc désigner Arné, B Bottiée, qui toutes deux avaient la cithare sur leurs monnaies. 1! EAI se trouve sur plusieurs pièces d'Alexandre qui doivent être rapportées à la Grèce septentrionale, cfr nos 646 et 833-834. Nous ne déciderons point si la lyre d’une autre forme qui se trouve sur les drachmes d'Alexandre tantôt seule (v. nos 979-

16 Num. des rois gr. p. 22 ad pl. XIIE, 12.

117 Nos 241 et 242; Suppl. no 256.

118 Chez Mionnet Suppl. no 204 le statère n° 239, comme en général les monnaies de la ligue chalcidique, est attribué à une ville appelée Chalcis en Macédoine; mais il n’existait point de ville de ce nom sur la péninsule chalcidique, v. p. 41 note 9.

19 Une pièce d'argent d’Arné est publiée par Millingen, Sylloge pl. HE, 19. Les pièces de bronze à la cithare, ordinairement classées à Bottiée dans l'ancienne Macédoine, appartiennent au district du même nom dans la Chalcidique. Les habitants de ce dermier district, émigrés de l’autre, furent ap pelés Borraior (Thucyd.Il, 99), nom qui se trouve toujours sur les mon-" naies à la cithare, tandis qu'avec les autres types on lit BOTTEATAN et BOTTAION. Chr Hoffmann Griechenland I p. 81-82 et p. 87.

-80), tantôt ensemble avec d’autres signes de villes de la Grèce septentrionale (v. nes 176 et 364), désigne aussi une ville chalcidique.

Nos 243-258. Feuille de lierre. (Ce signe se rencontre sur les monnaies de Philippe Il, de Cassandre et de plusieurs rois de Macédoine, non sur celles de Lysimaque; comme on le trouve encore sur les monnaies macédoniennes avant Philippe I #, la ville qu'il indique doit probablement être cherchée en dedans des frontières de l’ancien royaume macédonien. La fabrique du no 244 indique la Grèce, et le classement à la Macédoine se confirme par les signes avec lesquels la feuille de lierre se trouve ensemble, Sur les nos 189 et 256 elle est associée aux types d’Aphytis et de Pélagonia; TI sur les nos 247-49 se trouve, et sur les pièces d'Alexandre et sur celles de Philippe IT, ajouté aux types d'Amphipolis, de Trælium et d'Aphytis; de même sur les monnaies de Philippe I Cnos 143- 144) la feuille de lierre est jointe à un monogramme qui appartient à la Macédoine. Le no 244 a été attribué par M. de Prokesch-Osten à Mendé. 1 |

Nos 259-278. 1% Le signe de la lune se trouve comme type accessoire sur les monnaies des anciens rois!*, de Philippe IT et de la plupart des rois suivants de Macédoine, au nombre

120 La même lyre se trouve jointe sur des pièces de Philippe IT (n° 138) et Phi-

lippe IT (no 47) à un autre signe macédonien, la jambe de bouc. 131 No 243, Thomsen, Sestini Mus., Hedervar. no 7, 244. Mus, brit., Gotha, Prokesch. 245-47. Mus. brit, 248. Oxford. 249. Mus, brit, 250. Munich. 251. Vienne. 253. Sestini Mus. Hederv. no 115: 255. Mus, Thorvaldsen. 256. La Haye, Leide. !

* Sur des pièces d'argent sans nom ayant au droit un cheval, au B:, un carré en creux.

23 Abh. der preuss. Acad. 1845 p. 78 no 36; Denkschr. der kais. Acad, (Wien 1854) V p. 244 n° 21.

1% No 259, Vienne, Prokesch, Copenhague. 260. Mus. brit., Prokesch, 265, Mus, Thorvaldsen. 266. Paris, 267. Paris, Prokesch. 268. Cureton. 269. La Haye, 270. Paris, Turin. 272. Paris. 274. Cat. de la coll. de Welzl n° 2556. 276. Paris, Mus. brit. 277. Vienne, la Haye.

125 Sur une monnaie au nom d'Alexandre (Mionn. S. n° 18) et sur une autre

desquels Cassandre et Persée !*#, ensuite sur les pièces de bronze au nom des Macédoniens qui d’après les types et le monogramme ajouté sont frappées à Bottiée!*7, La fabrique des. nos 259-61 est celle des ateliers de la Grèce, et la fabrique des autres convient aussi à ceux-ci. P° et | se trouvent sur les didrachmes de Philippe IT au signe de la lune et sur les tétradrachmes d'Alexandre de la même fabrique émis par d’autres villes de Macédoine, v. nos 142, 279-80 et 539 suiv. Plusieurs des autres monogrammes et initiales se voient aussi sur les pièces d'Alexandre qui appartiennent à la Macédoine, p. e. le monogramme entouré d’un cercle et AI sur celles de Trælium et d’Amphipolis, OËE sur le ne 225; sur les monogrammes aux nos 263- 64 qui semblent être TI voy. ci-dessus nos 247-49, et sur celui devant la figure au ne 269 voy. plus bas nos 777 suiv.; cfr encore nos 648, 807-8, 812 et 814 suivy. Comme cependant la lune paraît fréquemment sur les monnaies d'Alexandre frappées à Cardia-Lysimachia (v. nos 338-41 et 358-59) et sur celles de Lysimaque avec différents signes thraces, il est bien possible qu'aussi une ville de la Thrace méridionale sous Lysimaque ait été indiquée par ce signe, et que plusieurs des drachmes soient à rapporter à celte ville. M. de Prokesch-Osten pense que la lune désigne Thessalonique.

Nes 279-285. 1* Aplustre. Ce symbole *? qui annonce une ville maritime se voit sur les didrachmes de Philippe I,

sans nom ayant au droit la chèvre agenouillée (Mionn. S. III p. 175 no 4,

avec un globule entre les cornes de la lune).

D'où s’ensuit qu’on ne peut chercher le lieu d'émission ni en Thrace ni en

Thessalie.

17 Mionn.I p.453 n.12. Cfr plus haut Pella p. 125 note 5 et l’Appendice Philippe 11 no 27.

18 Denkschr. der kaïs, Acad. V (Wien 1854) p. 243 nos 5 et 82.

129 No 279. Fox. 282. Munich.

180 4placoy ,: ornement de la poupe des vaisseaux, appelé en général mais incorrectement Acrostolium, cfr Num. Chron. XVI p.34 Sur des exemplaires moins distincts ce symbole se confond facilement avec l'aile, v. no 757. |

accompagné également de Met Fe (cfr les nes preced. 260-61) comme sur les présents nos 279 et 280, et encore sur les drachmes poslérieures au nom des Macédoniens. Il semble donc hors de doute qu’au moins les deux pièces citées appartiennent à la Macédoine; mais il se peut bien que le no 282 soit du nombre des pièces frappées plus tard à Sicyon, v. nes 887 suiv. 131

La Thrace avec les îles voisines.

Abdère. Nos 284-298. 1

Un griffon assis est placé comme signe sur les statères de Philippe Il, sur les pièces de bronze au nom d'Alexandre qui ne sont guère frappées hors des provinces européennes (v. la table des signes, F) et sur les drachmes de Lysimaque aux types d'Alexandre, mais non sur les monnaies de Cassandre ou des rois suivants de Macédoine. Ce signe doit indiquer Abdére en Thrace sur les monnaies nommées, puisqu’un griffon?, comme on sait, est le type principal de cette ville et d’ailleurs ne se irouve pas sur des monnaies des parties de la Grèce qui étaient soumises à Philippe IT et à Lysimaque. Mais Téos, métropole d'Abdère, porte le même griffon * sur ses monnaies, et il existe

131 Un exemplaire de n° 283 (au cab. de Copenhague) a une contremarque dans laquelle une tête de femme et K, cfr Callatia note.

No 285. Timoni. 286. Mus. brit. 287. Munich. 288. Vienne, Prokesch. 289. Berlin, banque de Londres. 290. St. Pétersbourg, Munich, Reutze, 291. Luynes, 292. Prokesch. 293. St. Pétersbourg, Young. 294. Mus, brit. 295. Paris, St, Pétersbourg, Mus. Lavy no 1339. 296. Munich. 297. Prokesch. 298, Cat. de la coll. de Welzl no 2567.

Représenté tantôt couché, tantôt assis, l’une jambe de devant levée, comme sur les monnaies de Philippe et d'Alexandre, voy. la description des monnaies d’un dépôt decouvert près des ruines d’Abdère dans le catalogue de Ja coll. de H. P. Borrell (Londres 1852) p. 1.

D'après l'opinion de lhabile numismatiste M. H. P. Borrell les anciennes monnaies sans nom de Téos et d’Abdère ne peuvent être distinguées par la

pose du griffon, mais seulement par le carré creux au. V, Num. Chron. IT p. 103.

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un tétradrachme d'Alexandre à ce signe qui, d’après la fabrique, y est frappé sans aucun doute. M. Lenormant® est incertain s’il faut attribuer le statère ne 284 à Téos ou à Abdère; M. dé Prokesch-Osten* suppose que la drachme no 292 soit frappée par Téos et Clazomëne. Voici les raisons qui parlent en faveur de l’opinion que les statères ‘et les drachmes signés de ce type doivent plulôt être attribués à Abdère qu’à Téos. Les pièces d’or d'Alexandre ne furent pas frappées par les villes de l’lonie; mais à Abdère, située près des mines d’or pangéennes, ül y eut toute occasion de monnayer ce métal. De l’article suivant on verra qu'il y a lieu d'expliquer la tête de bélier sur le statère et la drachme (nos 291 et 292) comme désignant Samothrace; il existe une ancienne monnaie autonome d’Abdère ayant au fr. une tête de bélier, ce qui fait conclure qu’Abdère a frappé monnaie en alliance avec Samothrace (v. p. 41 note 7), mais la tête de bélier ne se trouve pas ensemble avec le griffon sur les monnaies de Téos ou de Clazomène.

La tête de griffon avec le cou ne se trouve comme symbole accessoire sur des monnaies d’autres rois que sur les tétradrachmes de Lysimaque. On la voit comme iype principal sur les monnaies autonomes de Phocée; aussi le no 295 a été attribué par M. Lenormant à Phocée, ou à Téos.$ Mais les signes ajoutés renvoient à la Thrace méridionale, le monogramme au ne 295 et M dans la couronne d’épis aux nes 296-97 se trouvant sur des pièces d'Alexandre de Cardia (no 361) et de Cœla (nos 373 et 375), et les statères d'Alexandre, comme nous avons déjà fait observer, ne se laissent pas ranger aux villes ioniennes de l’Asie Mineure. On doit donc regarder la partie supérieure du griffon sur ces pièces comme une diminution du type habituel d’Abdère.

Tandis qu’ainsi les slatères et les drachmes d'Alexandre,

# Num. des rois gr. p.23 ad pl. XII, 11.

5 Denkschr. der kais. Acad. V (Wien 1854) p. 244 no 101. 5 Num. des rois gr. p. 22 ad pl. XILL, 17, cfr p. 26.

|. 4 Ré VERS. D

signés d’un griffon ou d’une partie de cet animal, doivent étre altribués à Abdère, les tétradrachmes offrant un tel signe sont, d'après leur fabrique, frappés plus tard dans l’Asie Mineure

occidentale, v. Assus nos 928 suiv., Phocée nos 986-87 et Téos no 1006. ?

Samothrace. Nos 299-304.

La têle de bélier ne se rencontre comme type sur les monnaies des rois suivants que sur les tétradrachmes de Lysimaque. Les autonomes de l’île de Samothrace qui appartiennent probablement à la période macédonienne ont des types empruntés à un bélier, soit un bélier entier debout, soit la parlie antérieure ou seulement la tête° de cet animal. La tête de bélier vue de face indique sur les pièces d'Alexandre le même lieu d'émission que celle vue de côté, ce qu'on voit par le monogramme commun aux nos 299 et 304, et par le symbole d’Abdére ajouté à chacune des têtes sur les nos 291-92. Une tête de bélier et la partie antérieure d’un bélier se trouvent cependant aussi comme signes sur des tétradrachmes qui, à en juger par la fabrique. doivent être attribués à des villes asiatiques, à Clazomène (Cv. nes 997-98) et à Damas Cv. nos 1338 suiv.), et il se présente donc la question si les monnaies réunies ici ne peuvent aussi bien être rapportées à une de ces villes. Voici les raisons qui font préférer Samothrace. On ne frappait pas les slatères dans les villes ioniennes, et la fabrique des drachmes ne convient pas aux aleliers de celles-ci; la tête de bélier est

7 11 faut excepter un tétradrachme ayant un griffon à mi-corps ensemble avec le symbole d'Amphipolis; d’après la fabrique cette pièce est frappée dans cette dernière ville pour Abdère, voy. n° 75.

8 No 299, Mus. brit. 300. Borrell. 301. Mus. brit. 302. Oxford. 303. Mus, brit. 304. Christiania, hs

9 P.e, dans le Musée britann. et dans le cab. de M. Prokesch-Osten (Denkschr. der kais. Acad. V p.237 Taf.1,11-12), cfr Cat. de la coll. de Welzl no 1622. Ce type indique l’origine samienne; la population principale de l’île était composée de Samiens immigrés, et une tête de bélier se trouve sur -les anciennes monnaies de Samos.

sur le statère no 291 et sur la drachme ne 292 jointe au griffon qui sur ces deux espèces de monnaie désigne Abdère, comme nous venons de le démontrer; la coquille ajoutée sur le no 300 doit être considérée comme indiquant une ville sur là côte méridionale de la Thrace, v. nos 384-88. Il $Semble donc qu’à Samothrace de même qu’à Abdère on n'ait frappé que des statères et des drachmes d'Alexandre.

Maronée. Nes 305-309. 1

Une grappe de raisin se voit comme symbole accessoire sur les monnaies de Philippe IT, sur les monnaies de bronze aux noms de Philippe et d'Alexandre frappées dans les parties septentrionales de la Grèce (v. E et F sur la table), puis sur celles de Lysimaque et de Philippe V. Sur les monnaies de Philippe Il elle est associée aux signes qui appartiennent à la Grèce septentrionale (nos 84 et 163-65); sur celles d'Alexandre elle se trouve jointe au type de Lysimachia (ne 346) et à deux monogrammes qui renvoient aux provinces du nord (nos 692-93 et no 742). Comme type de ville la grappe est d’un emploi fréquent. Cependant pour les pays soumis aux rois nommés elle n’est placée ni sur les monnaies des villes macédoniennes, ni sur celles des villes thessaliennes ; mais sur les monnaies de Maronée elle est prédominante et peut être regardée comme emblème de cette ville! qui, tirant son origine de Maron, fils ou compagnon de Bacchus, était le siége principal du culte de ce dieu en Thrace et très renommée pour ses vignes. Il est donc vraisemblable que la grappe de raisin sur

10 No 305, Fox, cat. de la coll. de Welzl no 2504, 306. La Haye, Munich, Young. 307. Prokesch, 309. Mus. Lavy no 1394.

11 La grappe forme généralement le type au R. des drachmes; sur les anciens tétradrachmes des grappes se trouvent entre les branches d’une vigne (ordinairement au nombre de quatre, peut-être pour marquer la quadruple valeur), et sur les tétradrachmes postérieurs on voit la grappe dans la main de Bacchus, dieu tutélaire de Ja ville. Les monnaies de bronze ont des types correspondants. à

les monnaies des rois cités et au moins sur un nombre des monnaies d'Alexandre indique la ville de Maronée. La fabrique du ne 306 étant celle des ateliers monétaires de Grèce sous le règne d'Alexandre, et le monogramme sur le no 309 étant aussi ajouté à la grappe sur une pièce de Philippe Il, ces deux nes doivent être altribués à Maronée; mais le classement des trois autres est douteux. !?

Il existe encore un nombre de pièces d’argent offrant une grappe qui portent divers monogrammes et sont de fabrique différente; la difficulié de déterminer le lieu auquel elles appartiennent est cause qu’elles ont été rangées vers la fin au nombre des incertaines (nos 1519 suiv.). Quelques-unes de ces pièces sont peui-être de Maroncée, mais la plupart sont sans doute frappées dans d’autres pays, v. $S 27 Locride et $ 33 Lydie et Phrygie. |

Cardia, (Lysimachia.) Nos 310-362. !

Un fer de lance et une tête de lion se trouvent sur les monnaies de Philippell, le premier associé aux mêmes trois types

12 Un tétradrachme signé d’une grappe, rangé plus bas au n0 693, a aussi été altribué à Maronée par M, de Prokesch Osten (Abh. der preuss. Acad. 1845 p. 78 no 9); cfr Catal. de la coll. de Welzl nos 2504 suiv. 13 Dans la descr. du Mus. Hedervar. par Sestini on trouve citée sous n° 170 une pièce de bronze avec le vase de Cypséla pour signe. Comme il n'existe point d’autres monnaies d'Alexandre de cette ville, mais une pièce de bronze signée du vase de Cymé (no 951), on pourrait supposer que le vase sur la monnaie du Mus. Hedervar. soit le symbole de Cymé. No 311. Mus. brit. 312. Timoni. 316. Munich. 321. Prokesch, Mionn. S. no 309. 323. Paris. 324. Munich. 325. Sestini Mus. Hederv. n° 197. 826. Cat. of Thomas coll. no 1157. 328. Mionn. no 118. 329. Gotha. 330. Munich, Mionn. no 421. 331. Paris, Copenhague. 332. Paris, Six van Hilligom. 333. Stockholm. 334. Copenhague. 335. Prokesch. - 336. Mus. bril., St. Pétersbourg. 337. Turin, Prokesch. 339. Mus. brit. 340. Berlin, la Haye. 340b. Prokesch. 344. Mus. brit., la Haye, Mus. Thorvaldsen. 345. Paris. 346. Luynes. 347. Munich. 348. Vienne, Berlin, la Haye. 349. Berlin. 350. Mus. brit. 351. Mionn. no 364. 352. Vienne. 353. Mus. Lavy no 1376 354-55. Vienne. 359. Cat. de la coll. de Welzl n° 2514. 360. Munich. 361. Mus. brit. 362. Paris.

qu'ici sur les nos 319-23. Les cinq types qui se répètent dans celte suite, un fer de lance, un lion se retournant, une tête de lion, un lion courant et la partie anterieure de ce lion, ne se rencontrent point sur les monnaies de Cassandre et des rois suivants de Macédoine; mais le fer de lance, la tête de lion et le lion à mi-corps se voient sur les monnaies de Lysimaque, les deux derniers en grand nombre et réunis à beaucoup d’autres signes varianis. On verra par la: suite que les signes d’autres villes qui sont joints à ces cinq types appartiennent à la Grèce septentrionale. Le fer de lance se rattache au lion qui se retourne par la feuille de lierre qui sur les nos 324-27 est ajoutée à tous les deux. La tête de lion désigne probablement la même ville que la partie antérieure du lion, parce que l’une et l’autre sont associées au signe de la lune, au pentagone, à ® et à ME. On ne saurait non plus douter que le lion à mi-corps ne doive être expliqué de la même ville que sur les monnaies de Lysimaque; car les monogrammes et symboles ajoutés par paires sur les nos 350, 357, 358 et 361 se trouvent réunis au même lion à mi-corps sur les drachmes de ce roi aux types d'Alexandre, si égales pour la fabrique à celles dont il s’agit en ce lieu qu’elles ne s’en distinguent que par le nom de Lysimaque. Aussi le flambeau sur les nos 344-45 à la tête de lion se voit fréquemment sur ces dernières. Les monnaies ici réunies qui offrent ces cinq types ne doivent donc point être séparées et ne paraissent appartenir ni aux provinces européennes qui formaient l'empire macédonien après le partage de Ja monarchie, ni aux pays asiatiques, mais à la Thrace. Sur les monnaies de Cardia un lion est le type principal,

15 Dans la deser. du Mus. Hedervar. nos 147 et 165 par Sestini ce signe a été appelé à tort la moitié d’un taureau et la moitié d'une panthère. Le fer de lance seul se trouve peut-être sur une monnaie de Cassandre, sur laquelle on peut l'expliquer comme signe d’Epire, pays soumis pendant quelque temps à la domination de ce roi, puis sur une pièce à la legende BA (w. O sur la table), qui sans doute est frappée sous Philippe V ou sous Persée, ‘ tous les deux maîtres de Lysimachia,

probablement adopté de sa métropole Milet, puisqu'on le voit aussi debout la tête retournéeT; quelquefois il est représenté courant®; sur les petites pièces on n’en trouve que la tête. Le plus souvent on voit pourtant le lion brisant le fer d’une lance comme sur les monnaies de bronze d’Amyntas IT et de Perdiccas, représentation empruntée probablement aux dernières à l’époque où Cardia était dans la possession de Philippe." Le fer de lance se trouve aussi seul comme type au R.? Les mêmes types furent mis sur les monnaies de la ville de Lysimachia qui s’était élevée sur les ruines de Cardia. Sur les autonomes au nom de Lysimachia on trouve quelquefois un lion qui se retourne*!, ordinairement un lion courant, et sur les petites pièces la tête de ce lion. Les monnaies de bronze au

nom du roi Lysimaque qui ont pour type le même lion courant, ou la partie antérieure de ce lion, et qui, à en juger par la ressemblance qu’elles offrent avec les pièces correspondantes au nom de Lysimachia, sont probablement frappécs dans cette ville à laquelle le roi donna son nom, offrent en général encore le fer de lance placé sous le lion*?}. On voit donc que

17 Voy. Gerhard Archäol. Zeit. I p. 147 no 5. Cfr en général le traité de M. Duchalais sur les monnaies de Cardia dans Revue num. fr. 1849 p. 165 suiv.

18 Voy. p. e. Sestini Descr. n. v, p.77 n° 1. 19 Cfr Duchalais I. c.

20 Une pièce de bronze au nom de Cardia, ayant au Er, un fer de lance et au droit un lion marchant, se trouve à Munich; une autre au même R., ayant au droit un taureau, est publiée par M. Dumersan dans Cab. Allier pl. Îv, 2. Dans la description de cette dernière chez Mionnet (I p.426 n° 12) le fer de lance est pris pour un grain, symbole chersanésien qui se trouve souvent sur les pièces de Cardia, et M. Duchalais (1. c. p. 176) suppose que cette indication soit juste. Mais un fer de lance étant, d'après ce qui a été exposé ci-dessus, bien fondé comme type de Cardia et se trouvant au R. de la pièce du cabinet de Munich, il n’y a aucune raison de douter que la gravure sur la planche du cab. Allier ne soit exacte.

21 Mionn. Suppl. IL p. 534 no 67.

* Nous en avons noté 19 dont les signes sont différents, mais qui ont toutes le fer de lance ajouté; ce n’est que sur les petites pièces au lion à micorps que nous avons trouvé deux fois d’autres signes au lieu de celui-là. On peut aussi admettre que Lysimaque ait eu d’autres raisons pour choisir le

les cinq types qui se répètent sur les pièces d'Alexandre de celte suite conviennent également à Cardia et à Lysimachia. K sur le n° 311 peut être Pinitiale du nom de Cardia, comme celui-ci se trouve abrégé de la même manière sur les autonomes de la ville et que c’est la seule lettre qui soit ajoutée au fer de lance.

La multiplicité des monnaies d'Alexandre et de Lysimaque # qui portent ces signes indique un très grand monnayage qui convient bien au site et à l'importance de Cardia. Occupant par une fortification l’isthme qui réunit la péninsule au continent, celle ville fut regardée comme la clef de la Chersonèse de Thrace. Par cette raison Philippe s’empara de Cardia* et en fit sa principale place d’armes et le point de départ de son armée pendant les guerres en Thrace. Par sa position elle dominait encore le passage en Asie par lHellespont, ce , qui la rendit aussi importante à Philippe et à Alexandre que plus tard à Lysimaque; ce dernier fonda sur ce point une nouvelle ville . plus forte à laquelle il donna le nom de Lysimachia, qu’il peupla des habitants de Cardia*® et dont il fit sa résidence.

Du nombre des petits types ajoutés il y a quelques-uns qui désignent des villes voisines, p. e. le grain sur les nos 313- 14 Crithote (v. no 363) et la grappe sur le ne 346 Maronée (v. . nos 305 suiv.); aussi le pentagone sur les nos 341-44 et 357-59 el la tête de Persée sur les nos 361-62 indiquent probablement des silles de la Thrace méridionale (v. nos 377 suiv. et nos 389 suiv.). Les autres, à l’exception du poisson sur le ne 315 et

lion pour emblème (v. Eckhel Doctr. n. v. Il p.57), de sorte que le fer de lance soit seul à regarder comme symbole de la ville,

*3 Nous avons noté 65 pièces de Lysimaque de ce nombre qui diffèrent par les signes ajoutés, el qui en partie sont communes.

% Demosth. Adv. Aristocr. p.681. 25 Pausan. 1,9,4 Diodore XX, 29,1.

26 Quelquefois on peut douter si c’est un poisson ou un hermès (signe de Sestus) qui est représenté sur ce n°; sur un exemplaire à Copenhague le poisson est distinct. : Un poisson placé horizontalement se trouve comme signe de ville sur d’autres monnaies d'Alexandre, voy. nos 1551 s., et sur les tétradrachmes de Lysimaque ensemble avec le caducée et l’hermès,

de la serre de crabe sur le ne 340, se rencontrent séparément sur les pièces d'Alexandre comme signes des villes de la Grèce septentrionale. La ville de Cardia-Lysimachia pouvant étre regardée comme la capitale de la partie de Thrace soumise à la dominalion macédonienne et en même temps comme la place la plus importante pour le commerce de terre qui se faisait avec l'Asie Mineure en passant par l’Hellespont*T, on s’explique facilement qu’on y ait battu monnaie pour (ou avec) d’autres villes de différentes contrées de la Grèce septentrionale. Mais de l’autre côté Cardia ayant été, à n’en pas douter, en liaison avec les villes du nord-ouest de l'Asie Mineure, plusieurs des types peuvent certainement aussi s’expliquer de celles-ci, comme le flambeau de Cyzique (cfr ne 910), l'étoile de Coloné (v. nes 925 suiv.), la lune de Sigée (Cv. nos 918 suiv.), l'abeille d’Ephèse (v. nos 1015 suiv.), explications qui semblent confirmées par un siatère de Philippe II (no 309, V. Append. $ 5).

A l'égard du temps, les pièces au fer de lance sont probablement des premières frappées, ce symbole se trouvant sur les monnaies de Philippe II uni à plusieurs des mêmes signes; celles qui portent le lion courant ou la partie antérieure de ce lion doivent être des dernières frappées, comme ces lypes ne se rencontrent pas sur les monnaies de Philippell, mais seulement sur celles de Lysimaque, et qu’ils étaient les emblèmes et de ce roi et de sa capitale. A la période après la mort d'Alexandre il faut en général rapporter celles qui ont des marques de personnes de commun avec les monnaies de Lysimaque; car si l’on supposait ces pièces frappées sous le règne d'Alexandre, il y aurait au moins dix-sept ans entre elles et celles de Lysimaque qui à cause du titre royal ne peuvent avoir été frappées avant l’an 306. Ensuite toutes celles qui ont le lion courant ou la parlie antérieure de ce lion, si l’on y reconnait

27 La route principale venant d'Illyrie (Via Egnatia) allait de Therma (Thessalonique) par Amphipolis à Cardia; cfr p. 148 sous Pélagonia. =: 41 +

l'emblème du roi Lysimaque, appartiendront à la période après Alexandre. Ce qui parle en faveur de celte explication du lion, c'est que l’emblème de Seleucus aussi est placé sur les monnaies d'Alexandre (v. nes 1485-1514), et que sur quelques nes il. se trouve encore deux, sur le no 359 même trois signes de villes et sur le no 361 une paire de signes qu’on rencontre aussi sur des pièces d'Alexandre sans le lion, voy. nos 390-91. De l’autre côté il faut cependant observer que plusieurs telles paires de signes se trouvent aussi ensemble avec la têle de lion qui n’est employée que sur des monnaies portant le nom de Lysimachia, non celui de Lysimaque, “et qu’on doit ainsi plutôt regarder comme emblème de la ville que comme celui du roi.*8

Crithote. Nos 363-364.

Un grain se voit comme signe sur les didrachmes de Philippell, mais non sur les monnaies de Cassandre et des rois suivants de Macédoine; il ne forme non plus le type des autonomes de Macédoine, mais, ainsi que d’autres représentations céréales, il est le type prédominant sur les monnaies de la Chersonèse de Thrace qui se distinguait par son abondance en blé. C’est donc une des villes de cette péninsule qu'il faut prendre pour le lieu d'émission, et plutôt Crithote parce que le grain par préférence fait le type sur les monnaies de cette ville et que par la figure même il en exprime le nom (de xo:9y, orge). Crithote était

28 Eckhel (Doctr. n. v. IL p. 56) et Ch. Lenormant (Num. des rois gr. p. 6 ad pl. IV, 12, et p.7 ad pl. V, 5) supposent, que la partie antérieure du lion sur les monnaies de Lysimaque aux types d'Alexandre soit l'emblème de Lysimaque et que ces pièces soient frappées en Macédoine. Mais eette supposition ne s'accorde pas avec leurs autres signes. À l’appui de son opinion que c’est plutôt le symbole du roi que celui de la ville M. Lenormant allègue, qu'il se trouve sur toutes les pièces de Lysimaque aux types d'Alexandre; mais il faut observer que Cadalvène (Rec. p.31) a publié un ‘tel tétradrachme à d'autres signes, et que dans le Musée brit. et dans les cabinets des MM. Fox et Leake il se trouve des drachmes de cette sorte avec un griffon et divers monogrammes, sans le lion. j

#2 No 363. Sestini Mus. Hederv. no 164. 364, La Haye.

située sur l'isthme qui réunissait la Chersonèse au continent, près de Cardia; il s’explique ainsi facilement que sur les nos 313-14 le grain se trouve ensemble avec le fer de lance, symbole de Cardia, et que sur une des monnaies de Philippe Il (ne 179) le grain se trouve accompagné d’un monogramme qui est uni au signe de Cardia sur une autre pièce (ne 171).% Quant aux deux autres types ajoutés, l’épi sur d’autres pièces d’Alexandre désigne probablement une ville de là partie sud-est de la Macédoine (v. nos 566 suiv.), la lyre une ville de Chalcidique (v. nos 238 suiv.) ou Mitylène (v. nes 967 suiv.); mais peut-être qu’on doit plutôt les expliquer de villes de la Chersonèse. °f

Sestus. No 365-366. ?

La fabrique du tétradrachme renvoie à la Grèce. Un herméès aux mêmes formes, tantôt à tête barbue et ithyphallique, tantôt en colonne surmontée d’une boule, se voit comme signe de ville sur de nombreux tétradrachmes de Lysimaque et comme type principal sur les autonomes de Sestus%, mais non sur les monnaies des rois de Macédoine ou d’autres villes de Grèce. Sur un tétradrachme de Lysimaque il est uni au pentagone, signe d'une ville dans le midi de la Thrace. Il est donc vraisemblable que ces deux pièces soient frappées à Sestus. L’hermèés doit être regardé comme une image archaïque de Mercure, puisque la tête, la figure ou les attributs de ce dieu se trouvent sur la plupart des monnaies de Sestus et que quelquefois un caducée

30 L'absence du grain sur les monnaies de Lysimaque s’explique par la fondation de Lysimachia, cette ville nouvelle ayant attiré sans doute la population de Crithote (comme celle de Cardia), ce qui y fit cesser le monnayage.

#1 L’épi se rencontre sur les monnaies de plusieurs villes de la Chersonèse; la lyre se voit souvent sur celles de Sestus comme attribut de Mercure, inventeur de cet instrument, dont la tête est sur le droit. :

#2 No 365. Rollin.

33 Plusieurs monnaies de Sestus portant divers hermès sont gravées chez Streber Num. gr. (dans les mém. de l’acad. de Bavière 1, 1835) tab. I, fig. 5-14.

est ajouté à l’hermès, comme en général le culte de Mercure était très répandu dans la Thrace méridionale.

Le tétradrachme ne 366, qui se rencontre fréquemment, à été attribué par MM. Pellerin, Eckhel et Lenormant*t à Priapus en Mysie ou à Lampsaque, patrie mythique de Priape, l’hermès ayant élé pris pour l’image de ce dieu. Mais là fabrique ne permet pas de le rapporter à l'Asie Mineure, et Priape n’est pas représenté sur les autonomes de ces deux villes ®.

Cœla. Nos 367-376. *

Une corne d’abondance ou sans fruits se trouve sur les statères de Philippe IT avec = ajouté comme au ne 376, ensuite sur les monnaies de Philippe IT et sur celles de Lysimaque, mais non sur celles de Cassandre ou des autres rois de Macédoine‘. Sur les monnaies de Lysimaque elle est quelquefois jointe à l’emblème de Lysimachia et à des monogrammes qui se retrouvent sur les monnaies de ce roi frappées à Lysimachia et à Seslus. Les monogrammes ajoutés sur les nos 372 et 373 se rencontrent aussi sur les pièces frappées à Cardia Cvoy. nos 355 et 361), et le signe ajouté sur le no 375 se retrouve sur le statère d’Abdère ne 296. Les tétradrachmes sont de la même fabrique que le précédent de Sestus. Tout ainsi nous engage à chercher une ville dans le midi de la Thrace, surtout dans la Chersonèse, et cette ville est probablement Cœla ou Cœ-

# Mél. [ p.132 Doctr. n. v. IT p.102. Num. des rois gr. p. 26 ad pl. XV, 16.

35 Ce n’est que sur les monnaies de ces villes frappées dans l’époque impériale que Priape est représenté, ordinairement sous la figure humaine ayant la robe relevée. La représentation ithyphallique de l'hermès sur les monnaies d'Alexandre et de Lysimaque n'autorise pas à le regarder comme Priape,: car dans une période plus reculée les hermès de Mercure et de Bacchus, comme on sait, furent représentés de cette manière.

36 No 367. La Haye. 368. Turin, Copenhague. 370. Munich, Copenhague.

372. La Haye, banque de Londres. 374, Vienne. 375. Paris, Copenhague.

On la voit aussi sur un tétradrachme de Démétrius Poliorcète, mais elle peut

y indiquer une ville d'Asie.

lus (Koïla, Koil0c liumv), port de mer voisin de Sestus. Sur les monnaies de cette ville, qui toutes datent de l’époque impériale où elle était colonie romaine, on voit en général® une corne d’abondance (quelquefois aussi une corne sans fruits) placée au-dessus d’une proue, ou portée par une divinité”. M daus la couronne d’épis au no 375 désigne peut-étre Madytus, ville voisine près de lPHellespont.® Le no 368 a été attribué par M. de Prokesch-Osten't à Adramytium en Mysie, mais la fabrique ne permet pas de rapporter ce tétradrachme à lPAsie- Mineure occidentale. Dans une période postérieure des tétradrachmes d’Alexandre furent peut-être frappés par Cœla et Odessa en commun, v. nos 407-12.

Villes incertaines de la Thrace méridionale.

Nes 377-391,

Nes 377-384. Pentagone. Le tétradrachme ne 378 doit d’après la fabrique être de Grèce. Le pentagone® se trouve comme signe sur les monnaies de bronze au nom de Philippe Crubr. E de la table) qui appartiennent à la Grèce, sur les drachmes d'Alexandre ensemble avec l'emblème de Cardia-Lysimachia (nos 3241-44 et 357-59), sur les monnaies de Lysimaque aux types d'Alexandre associé au même emblème, et sur les monnaies de

38 I] n’est pas question en ce lieu des types communes aux colonies romaines comme telles.

39 Représentée tantôt en figure entière tenant une petite figure ou quelque autre objet sur la main dr., tantôt seulement en buste. Il est connu que l'ancien emblème de ville fut souvent adopté sur les monnaies des colonies romaines. La corne d’abondance se trouve aussi sur le B:. d'une pièce de Sestus (Sestini lett. num. IX p. 19), peut-être frappée en commun avec Cœla (cfr $ 7 p. 40-42).

40 Une couronne d’épis entourant le nom se trouve sur des monnaies de villes de la Chersonèse, si fertile en blé, p. e. sur celles de Crithote et de Lysimachia.

41 Denkschr. der kais. Acad. V (Wien 1854) p. 244 no 27.

4 No 377. Empreinte. 878. Paris. 379. Cab, Magnoncour n° 239. 380, Mionn. n9 406. 382. Empreinte. 384. Paris, Vienne, Timoni, Reutze.

48 Probablement symbole d'Hygiée, v. Eckhel Doctr. n. v. IL p.476, et Rathgeber dans Leitzmann Numism. Zeitung 1838, p. 139.

Lysimaque aux propres types joint au signe de Sesius. La présence du pentagone comme type accessoire sur des autonomes de Cypsèla et de la Chersonèse renvoie aussi à cette partie de la Thrace. Nous venons de montrer que la corne, ajoutée sur le no 381, désigne Cœla. La tête de chèvre sur le n° 382 se trouve sur les monnaies de Philippe II Cnes 184-85), de même sur les tétradrachmes de Lysimaque jointe à lhermès sur un trône, type indubitable d'Ænus; elle désigne donc probablement Ægos Potamos (°4iy0s notauoi) dont les monnaies . ont pour type prédominant une chèvre ou un bouc avec allusion au nom. Le serpent indique sans doute sur d’autres monnaies d'Alexandre Tricca en Thessalie ®; mais il est bien possible que ce symbole d’Esculape ait été aussi le lype d’une ville du midi de la Thrace. Pour le pétoncle, voy. les nes suivants. Les pièces d'Alexandre avec un pentagone sont attribuées par M. Lenormant à Pitane en Mysie{’; outre les raisons alléguées on peut encore à celle atiribution opposer, qu'il n'y a pas d’autres statères d'Alexandre de la partie nord-ouest de l’Asie Mineure (cfr p. 114).

Nos 385-388.% Pétoncle. La fabrique du no 385 indiquant la Grèce, et ce symbole se trouvant joint aux précédents

44 Cfr $ 7 p. 41-42 notes 12 et 13. Une telle monnaie de Cypséla se trouve dans le Mus. brit. Pour la Chersonèse voy. entre autres Sestini Lett. num. I p. 131 no 6.

45 Quoique la ville de Tricca fût bien éloignée il est cependant possible, qu'une

ville de la Thrace méridionale ait pu battre monnaie en commun avec elle;

le temple d'Esculape dans cette ville jouissait d’une telle réputation qu’on

semble y être accouru même des parties septentrionales de la Grèce (cfr

nos 529 suiv.). De mème c’est peut-être aussi au culte d’Esculape à Per-

game qu’il faut attribuer la liaison intime entre d’autres villes de l'Asie Mi-

neure et cette cité, ainsi que les alliances monétaires qu ‘indiquent les noms

sur les monnaies de Pergame.

Il se trouve comme type accessoire sur une monnaie d'Ænus (Mionn. S.

no 44), cfr $ 42 note 13. L'image d’Esculape sur des autonomes d'Ænus

(Mionn. S. no 58) et de Maronée (Mionn. ne 200) prouve, que ce dieu était

adoré aussi dans la Thrace méridionale.

47 Num. des rois gr. p. 22 ad pl. XII, 19, et p. 26 ad pl. XV, 15.

48 No 385. Mus. brit, 386. Berlin. 387. Paris. 388. Munich.

el à celui de Samothrace (no 300), il désigne probablement une ville sur la côte de Thrace. Les deux marques de personnes ajoutées se rencontrent aussi sur les pièces des villes précédentes de Thrace (v. nos 331-392, 346, 355 et 372).

Nos 389-391. La tête de Persée avec le même monogramme se trouve ajoutée au signe de Cardia-Lysimachia sur les drachmes d’Alexandre (v. no 361) et de Lysimaque; le monogramme se voit aussi sur les pièces précédentes d’Abdère (no 295) et de Cœla (n° 373). Ce type semble donc aussi désigner une ville de cette partie de la Thrace*. Pour le caducée qu’on trouve aussi joint au signe de Cardia sur les nos 319-20, voyez plus haut nos 205 suiv.

Salymbria. Ne 392.

Ce tétradrachme qui se rencontre souvent est de la fabrique qui appartenait aux ateliers monétaires de la Grèce et qui ressemble parfaitement à celle des pièces précédentes de Sestus, de Cæla etc. Salymbria (Salybria, Selymbria) sur la côte de la Propontide avait pour emblème un coq, à conclure des monnaies d'argent avec un coq et la légende ZA, ZAAI, trouvées dans les ruines de cette ville. 5! Cette pièce a été rapportée par Pellerin à Dardanus en Troade, de même par Eckhel qui cependant fit observer qu'un coq se trouve sur les monnaies de Carystus en Eubée.® La fabrique ne s'oppose pas à ce qu’on prenne celte dernière ville pour le lieu d’emission; mais d’autres types sont pourtant prédominants sur les monnaies de Carystus.

49 No 389. Berlin, Dantziger. 391. Mus. brit.

50 La tête de Persée se trouve bien comme type sur les monnaies des villes et des rois de Macédoine, mais ce n’est pas avant le temps de Philippe V et de Persée, pour lesquels il y avait une raison spéciale de mettre la tête du héros Persée sur les monnaies; d'ailleurs ces rois avaient aussi la Thrace méridionale sous leur domination (v. p. 110).

. $1 Borrell dans Num. Chron. IV p. 6, Cfr Gerhard Arch. Zeitung (Denkm. u. Forsch:) 1849 Taf. 9, 2.

5% N. vet. anecd. I p. 73.

M. Lenormant qui cite aussi cette monnaie sous la rubrique de Dardanus®® pense qu’une ville en Pisidie soit à préférer, le coq pouvant avoir trait au culte du dieu de la lune surtout célébré dans ce pays; mais la fabrique ne permet pas de donner

la pièce à une ville de PAsie Mineure.

Périnthe. Nos 393-401. °’

L’emblème composé de deux chevaux à mi-corps réunis est propre à la ville de Périnthe, sur les pièces d’argent et de bronze de laquelle on le voit et comme type principal et comme type accessoire. On le retrouve sur les tétradrachmes de Lysimaque avec divers monogrammes, mais non sur les monnaies des autres rois. Les numismatistes n’ont pas douté que les pièces d’Alexandre portant ce signe ne fussent frappées à Périnthe.

La suite des nos 397-401 se rattache à Périnthe par le monogramme rare qui est commun aux nos 394 et 397-98 et qui ne se trouve pas ensemble avec d’autres signes de villes sur les monnaies d'Alexandre. Une déesse tenant un flambeau dans chaque main, Cérès cherchant sa fille enlevée, est souvent représentée sur les monnaies de Périnthe% dont les types ordinaires sont empruntés au culte de Cérès. L’attribution de ces pièces à Périnthe est confirmée par la fabrique des nos 399-401; celle-ci est la même fabrique barbarisante qui est propre aux pièces frappées à Odessa et à Mésembrie (v. nos 410 suiv. et 442 suiv.), et les villes de la Thrace méridionale

58 Num. des rois gr. p. 24 ad pl. XIV, 14. 54 No 393. [a Haye. 395. Mionn. S. no 244. 396. Mus. brit, 397. Vienne, Prokesch, Leake, Young. 398. Vienne, Prokesch, Copenhague, Leake. 399. Munich, Gotha, St. Pétersbourg. 400. Mus. brit., Leake. 401. Paris.

55 On ne trouve ce monogramme que sur les nos 849-50, qui ne portent aucun autre signe et qui peuvent être rapportés à cette suite. Il semble composé de 410 et peut désigner une personne, mais aussi Dionysopolis, voy. nos 402 et 486 suiv.

56 V, p. e. Mionnet nos 258 et 262; Suppl. no 1209.

” 171 Mn L

dans une période postérieure, comme il sera montré plus bas, se rattachaient pour la fabrication des monnaies aux septenlrionales sur le Pont. Les dernières pièces de celte suite sont ‘ainsi d’une époque postérieure à celle des premières. Sur quelques exemplaires du no 399 d’un travail grossier et négligé le bras droit de la déesse est omis, le nom d’Alexandre occupant sa place; la flamme seule du flambeau se découvre audessus de l'épaule. M. Leakeÿ? à pris pour une femme voilée la figure rudement exéculée sur une drachme du ne 400 et a attribué pour cela celle pièce à Perga en Pamphylie.

Dionysopolis. Ne 402. Ÿ

Il y a des monnaies de Dionysopolis au revers desquelles se trouve le nom de la ville dans une couronne, de même qu'ici AI dans une couronne de lierre, symbole bachique qui s'accorde avec le nom et le culle de la ville. Le nom abrégé d’un magistrat placé sous le siège, qui ne se voit pas d’ailleurs sur ‘les monr@ies d'Alexandre, est le même que sur le tétradrachme no 393 de Périnthe avec lequel s'accorde aussi la fabrique jusque dans les détails et dans la physionomie d’'Hercule; nous avons déjà fait observer que les villes thraces® sur le Pont étaient en liaison avec celles sur la Propontide, cfr plus bas Mésembrie.

Odessa. Nos 403-430, ‘1

Pour ce qui regarde d’abord les nes 415-26, il est indubi-

57 Numismata hell. p. 7. 58 No 402. Mus. brit.

59 Mionn. I p. 355 nos 13-14, Suppl. VIT p. 553 n° 310. Les monnaies au nom de Dionysopolis et aux types bachiques sont attribuées tantôt à la ville de ce nom en Thrace, tantôt à celle en Phrygie; rien n'empêche de rapporter à la première celles qui ont le nom de la ville dans une couronne. Cfr Eckhel Doctr. n. v. Il p. 14 et HIT p. 150-51.

60 Le pays où étaient situées les villes de Dionysopolis et de Callatia (voy. cidessous nos 491 s.), appelé sous les Romains Moesia, fut compté à la Thrace dans la période macédonienne et encore plus tard.

61 No 403. Vienne. 404, Paris, Vienne, Munich. 405. Vienne. 406-407. Co-

table que le monogramme sous le siège est composé des lettres OAH et que ces pièces appartiennent à Odessa dont le nom abrégé ou entier se trouve sur les nos suivants 427-30, parce qu’elles sont toutes de la même fabrique que ceux-ci (ca ractérisée sous la classe VII et facile à reconnaître) et que le nom abrégé EXTI sur le ne 426 se trouve aussi (quoique écrit différemment) sur le no 427 à la légende ©OAH. Sur les nes 410-14, qui sont d’une fabrique pareille, le monogramme ne diffère de celui que nous venons de citer qu’en ce que o, ou + qui indique ceite lettre, est placé dans À, non dessous; leur attribution à Odessa est prouvée par le fait que K9I et KAEAN se trouvent ensemble avec OAH sur deux des statères de Lysimaque ©, et que KYPZA, commencement d’un nom étranger, se rencontre sur un tétradrachme autonome d’Odessa de fabrique semblable %, mais d’ailleurs nulle part. Le monogramme sur les nos 408-9, ayant + dans À, doit également signifier Odessa, puisque les mêmes initiales que sur les nos 410-172, K9|, et l’étoile, qui se trouve sur le no 430 avec le nom d’Odessa étrit en entier, sont ajoutées sur ces pièces. Enfin il doit en être de même du monogramme offrant À dans © sur les nos 403-5; car le monogramme ajouté sur le no 405 est associé sur le no 406 à l’am-

penhague. 408. La Haye. 409. Paris, Prokesch. 410. Paris. 411. Ber-

lin, Munich, la Haye. 412-13. Mus. brit. 415. Mus. brit, St. Pétersbourg.

A16. Mus. brit. 417. Fox. 418. Gotha. 419-20. Vienne, St. Pétersbourg,

Copenhague, Young. 421. St. Pétersbourg. 422. Munich, 425. St. Pé-

tersbourg. 426. Berlin. 427. Munich. 428, Dresde.. 429. Paris. 430.

St. Pétersbourg, Gotha, Luynes, Mionn. $S. no 243. — Voy. la table suppl.

no 414 a.

Le premier à St. Pétersbourg, le second à Munich.

65 V. Eckhel Doctr. IT p. 36-37. Comme cette légende n’exprimait aucun nom propre grec connu, Eckhel, suivant contre sa coutume l'interprétation forcée d'Harduin, decomposa ce nom en KYPsov ZE Apanuos. Mais les lettres ne forment qu’un seul nom. Sur les tétradrachmes de Lysimaque de Sestus on trouve le nom thrace de ZKOZTOKOY, ainsi qu'en général des noms de personnes tirés de langues barbares se rencontrent çà et là sur les monnaies grecques. Cfr Sestini Lett. num. VIT p. 13. Sur le no 418 il n’y. a qu'une faible trace de O dans le monogramme.

phore renversée laquelle se raitache aux autres signes par le KOI ajouté sur le no 407. Une amphore de même forme, l’embouchure tournée en bas, se trouve sur les monnaies autonomes d’Odessaÿ, mais non sur celles d’autres villes grecques, à ce que nous sachions, et doit être regardée comme un emblème de la ville de même que l'étoile. Le statère no 407 est de la même fabrique rude qu'un statère de Lysimaque® qui a KI joint au même monogramme-d’Odessa qu’on voit sur les nes 408-9. Les nos 403-9 se ressemblent tous pour l’exécution artistique, généralement négligée et mediocre, et se rattachent par plusieurs transitions aux suivants dont l’empreinte se rapproche plus ou moins de la barbare.

Pour ce qui regarde le temps de la fabrication de ces monnaies, celle-ci ne peut avoir eu lieu sous le règne d'Alexandre déjà par la raison que les villes pontiques ne furent soumises. à la domination macédonienne que sous Lysimaque (voy. p. 64 note 6). Il a été montré plus haut (p. 74-75) que les tétradrachmes qui appartiennent à la classe VIT, ici les nes 415-30, à cause de leur conformité avec les monnaies de Lysimaque frappées à Byzance et les tétradrachmes autonomes demi-barbares de Maronée et de Thasos, ne peuvent avoir été frappés avant la domination gauloise, peut-être pas avant la domination thrace subséquente. Les nes précédents 403-14 sont antérieurs à ceux-ci d’après la fabrique et offrent, ainsi qu’il a été observé, plusieurs noms de personnes qu’on retrouve sur les statères de Lysimaque frappés à Odessa. Il se peut que ceux-ci soient frappés sous le gouvernement de Lysimaque, avant qu’il se fût revêlu

de la dignilé royale en 306, année après laquelle son propre nom ou ses types furent introduits sur les monnaies; mais plu-

64 Placée dans le champ au-dessus d'un dieu couché. Mionn. no 222.

65 L'étoile se rapporte peut-être à l’origine que cette ville tirait de Milet, Cfr Rathgeber dans Annali del! inst. arch. di Roma X p. 295, Leitzmann Numism. Zeit. 1838 no 9.

66 À Paris et dans le musée britannique.

sieurs de ce nombre appartiennent plutôt à l’époque après Lysimaque, puisque par la fabrique ils se rattachent aux suivants et qu'ils portent FPempreinte tant d’une influence barbare que d’une période postérieure. 67

Quelques pièces de celte série, outre celle marquée 0 nom des Odessites ne 430, ont déjà par les numismatistes été attribuées à Odessa, ainsi les nos 403-5 par Arneth®, nos 418- 19 par Rathgeber® et no 420 par T. Combe® et Ch. Lenormant1, Mais plusieurs de ces monnaies ont aussi été rapportées à d’autres villes. Ainsi celles portant KOI ont été attribuées par Eckhel®, Sestini® et Lenormant® à l’île de Cos, ne 420 avec OE par Arneth® à Thessalonique, ne 426 avec EZXTI par Sestini © à l’Hestiéotide en Thessalie.

Plusieurs des monogrammes et noms ajoutés se trouvent sur les pièces d'Alexandre et de Lysimaque frappées au même temps par d’autres villes marilimes de Thrace avec lesquelles Odessa élait en rapport commercial, v. l'article suivant. Ils désignent sans doute pour la plupart des personnes. KYPZA a été mentionné note 63; le nom sur ne 427, écrit d’une manière

67 Nous ne déciderons pas si à Odessa la monnaie d'Alexandre a été frappée par la magistrature de la ville en même temps que la monnaie de Lysimaque par les officiers de celui-ci; cfr l’article suiv. Mésembrie.

68 Schr. der kais. Academie VII, Juni 1851, Archäol. Anal. Le savant auteur y révoque en doute l'authenticité non seulement de la pièce d’Alexandre au nom d’Odessa n° 430, mais encore du tétradrachme autonome marqué du nom de KYPZA. Quant à la première nous n'avons rien trouvé de suspect dans les exemplaires que nous avons examinés et qui diffèrent entre eux, et l'antiquité du second est confirmée par la monnaie d'Alexandre également incontestable no 413 qui porte le même nom unique.

Annali dell inst. arch. di Roma X p. 295, où est aussi publié l’exemplaire du

no 430 qui se trouve à Gotha. ;

70 Mus. brit. p. 103 no 31. 71 Num. des rois. gr. p. 28 ad pl, XVE, 6.

N. vet. anecd. I p. 73 et Cat. Mus. Cæsar. I p. 92 no 75; pourtant l’auteur à

quelque doute parce que le nom de Cos s'écrit avec 2.

75 Lett, num. VI p. 27. 74 Num des rois gr. p. 24 ad pl. XIV, 12.

75 L. c. note 68. Sur le tétradrachme marqué de @£Z avec lequel M. Arneth y fait une comparaison, voy. Mésembrie no 445.

76 L. c, note 73.

barbare, cst probablement Histiœus'"T, le même qui sur le no précédent est plus abrégé 8; HPAKAEO sur le ne 428 offre peutêtre un génitif dorique, cfr Mésembrie nos 446 et 475 s. KOI sur les nos 407 s. peut exprimer plusieurs noms de personnes, mais il est aussi possible qu'il indique la ville de Cœla dans la Chersonèse, v. l’article suiv.

Mésembrie. Nos 431-489.

Un casque qui ressemble à celui sur les premiers de ces nos est le type principal des monnaies d'argent et de bronze de Mésembrie qui, à en juger par le style, appartiennent à l’époque d’Alexandre.® Sur les pièces de bronze communes de celte ville ayant pour type Athéné Promachos®f, qui par la grossièrelé de la fabrique correspondent aux nos 442 s. et qui doivent être du même temps que ceux-ci, un casque pareil à celui sur ces dernièrs nes est placé dans le champ devant la figure. La plupart des tétradrachmes d’Alexandre qui portent

ce casque sont d’une fabrique demi-barbare pareille à celle des

77 Ce nom s'écrit souvent sur les monnaies des villes grecques EZTIAIOZ. Il est incertain si la seconde lettre est un E ou un Z.

78 La quatrième lettre I se confond sur ce n° avec la jambe du trône.

79 No 431. Mus. brit. 432. Berlin. 433. Mus. brit., Vienne. 434. Oxford, Kæhne. 435. Oxford, Munich. 436. Mus. brit., la Haye. 437. Young. 440. Berlin. 441. Fox. 442. La Haye. 443. Mus. brit. 444. Young. 445. Vienne, 446. Paris, Sestini Mus. Hederv. no 73, 447. Prokesch. 448. Mus. brit. 449. Paris. 450. Berlin. 451-52. Paris. 453. Mionn. no 498. 454, Paris, 455. Vienne. 456-59. St. Pétersbourg. 460. Stutigart. 461- 62. Vienne, Munich, Copenhague, Young. 465. Paris. 466. Paris, Prokesch, 467. Paris, Gotha. 468-69. Paris, Berlin. 470. Prokesch. 471. Empreinte. 472. La Haye, Timoni. 473. Paris, Berlin. 474. Munich. 475. Empreinte. 476. Munich. 477. Berlin. 478. Paris. 479. Mionn. $. n° 208. 482. Berlin. 483. Paris. 484. Mus. brit., Dresde. 485. Vienne. 486. Paris, Berlin. 487. Luynes. 488. Mus. Estense, 489. Dresde.

#0 Sur les autonomes le casque est ordinairement représenté de face, pourtant aussi de côté comme ici, voy. p. e. Sestini Lett. num. VI tav. I, 9, Catal. de Ja coll. de Welz] no 1496.

81 Mionn, no 214.

ne

nos 487-89 qui ont le nom de Mésembrie sans casque et à celle des précédents de la ville voisine d’Odessa.

L'attribution de cette suite à Mésembrie se confirme par un examen des initiales et des monogrammes. Quelques-uns désignent, d’après toute vraisemblance, d’autres villes maritimes de Thrace avec lesquelles Mésembrie se trouvait en liaison, ainsi BY sur les nes 485-86 Byzance, KAA sur le ne 484 Callatia, AN© sur les nos 480-81 Apollonie. On ne saurait douter que BY ne signifie Byzance sur les nombreux statères et tétradrachmes de Lysimaque qui ont ces deux lettres sur le siége de Minerve, tandis que le trident, symbole de Byzance, se voit à l’exergue. Il faut de même supposer que KAA, placé sur le siége à la place de BY sur les statères de Lysimaque au même trident à l’exergue, désigne Callatia en alliance avec Byzance, comme aussi les pièces qui ont TO ou IZ sur le siège ou le monogramme d’Odessa devant la figure doivent avoir été frappées par Byzance en commun avec Tomi, Istrus et Odessa.® Les tétradrachmes d’Alexandre dont il s’agit ici ressemblent à toutes ces pièces de Lysimaque par la grossièreté de la fabrique. Mésembrie était une colonie de Byzance, et il s’ensuivait de la situation de Byzance que les villes commerciales sur le Pont devaient être étroitement liées avec cette ville maritime riche et puissante. Callatia, Apollonie, Tomi, Odessa et Istrus étaient ratlachées entre elles par Milet, leur métropole commune. En 313 Callatia, Istrus et Odessa, alliées entre elles et avec plusieurs peuples voisins, se révoltèrent contre Lysimaque.®% On sait aussi que pendant quelque temps les cinq villes pontiques, Odessa, Tomi (ou Istrus), Callatia, Mésembrie et Apollonie, for-

82 Quelques années après l’établissement de l'empire gaulois, Callatia et Istrus firent la guerre à Byzance concernant le monopole du commerce avec Tomi (Memnon chap. 21). Toutes ces monnaies de Lysimaque, qui (ainsi qu'il est montré p.75 note 7) appartiennent à la période après la mort de ce roi, sont donc probablemeut frappées en conséquence de la paix qui mit fin à celte guerre,

83 Diod. XIX, 73. Cfr Droysen Nachfolger Alexanders p. 356-57 et p. 402.

maient une ligue particulière sous le nom de Pentapolis, qui avait un sénat composé des magistrats supérieurs de ces villes.®4 Il faut ensuite faire remarquer que sur les monnaies attribuées ici à Mésembrie il y a un nombre de monogrammes et d’initiales qu'on retrouve soit sur les pièces d'Alexandre, soit sur celles de Lysimaque émises par les autres villes thraces que nous venons de nommer. Sur’ une table ajoutée aux planches nous avons donné une revue générale de ces signes communs, On peut Îies regarder comme noms de magistrats ou d’autres personnages par lesquels le monnayage a été fait tantôt aux frais d’une seule ville, tantôt à ceux de plusieurs des villes alliées. Il est pourtant aussi possible qu’en partie ils expriment des noms de villes, de même que les trois déjà mentionnés. Ainsi Al et AIO sur nes 486-88 peuvent désigner Dionysopolis entre Callatia et Odessa (cfr no 402), HPA et HP sur nos 460-65 et 484 Heraélée sur la Propontide (ou sur le Pont), KO sur nes 448 et 482 Cœla (comme KOI sur nos 407-12) et MA sur nes 478-79 et 481- 83 Madytlos, toutes les deux sur l'Hellespont, MPO sur nes 461- 62 ct 466 Proconnésus (cfr ne 499 s.). On pourrait aller plus loin en expliquant AA sur nes 463-80 par Dardanus, les monogrammes MIA et FAP sur nes 434-36 et 456-59 par Parium, le monogramme NIK sur ne 455 par Nicomédie®, en sorte que ces villes maritimes situées vis à vis sur la côte asiatique se fus-

sent aussi trouvées dans cette période en alliance monétaire avec Byzance et les autres villes de Thrace; mais en ce cas, vu la fabrique, le monnayage aurait eu lieu dans des villes lhraces sous la domination barbare.fi |

8: Bœckh Corp. Inscer. 2056c. Burmeister, Ueber die thrakische Pentapolis, dans Zeitschr. f. Alterthums-Wissensch. 1837 no 52. Polsberw De rebus Cher-

? son. et Callatianorum (1838) p. 22.

85 Le premier de ces monogrammes désigne Parium sur les cistophores (v. Num, Chron. IX p. 8), le second Nicomédie sur plusieurs monnaies de l'époque impériale.

86 Dans Numism. Chron. XVI p.34 no 14 M. Newton a cité un tétradrachme ayant une couronne d’épis de froment devant la figure et HP sous le trône,

“Les pièces précédentes ont élé attribuées par les numismatistes à des endroits très différents. Ainsi le no 445 à été rapporté à Théssalonique®, les nos 461-62 à Proconnésus® ou à Héraclée en lonie®#, le ne 479 à Dædala en Carie%, le no 480 à Apollonie en Carie ou en [onie°!, le ne 486 à Byzance®. On trouve le ne 446 et les nos 463 suiv. avec AA rangés parmi les tétradrachmes appartenant à l'Asie Mineure.* Le no 477 avec OINIA a été supposé d’être d’Oeniadæ en Acarnanie %: si l’on explique ce nom ainsi, la pièce serait frappée par Mésembrie en commun avec Oeniadæ; mais cette ville étant très éloignée et située près d’une autre mer, il est plus probable de regarder OINIA comme un nom de personne OINIAZ avec la terminaison génilive dorique, comme AFOAAA sur le no 446.% Mésembrie était d’origine dorique et le nom de ses habitants est loujoes écrit en dialecie dorique sur ses monnaies. %

Le no 487, qui porte le nom de la ville, a AIO faiblemésl

et l’a décrit comme a broad flat coin rather barbaric in style and probably thracian. Cette pièce est peut-être frappée par Héraclée sur la Propontide en commun avec une ville de la Chersonèse, cfr p. 167 note 40. 87 Par M. Arneth, voy. p. 174 note 68.

8S Par Sestini Descr. n. v. p.131 no 20, Mionn. S. no 245. 89 Par M. Lenormant, Num. des rois gr. p. 25 ad pl. XVI, 8. 90 Par Mionn. $. no 208. 91 Par Lenormant I. c. p. 23 et 28 ad pl. XVI, À 92 Par Lenormant 1. c. p. 24.

93 Sestini Mus. Hedervar. I p. 127 au no 94. Dans Leake Numism. hell. p. 7 y a pourtant ajouté a notre n° 463: (In Thrace?). — M. Lenormant (1. c.. p. 25 ad pl. XV, 6) penche à attribuer à Magnésie en Jonie les pièces marquées de MA. — Une explication très singulière a été donnée au no 447 par M. Donop qui a debité qu’il est frappé à Kyinda, l'an L4, par Antigonus - et Polysperchon, v. Kœhne Zeitschr. II 1842 p. 7-9. 9% Pinder, Die ant. Münzen des kôn. Mus. in Berlin p. 42 n° 233, pl. I, 4. 95 Oivia comme génitif de ce nom se trouve chez Pausanias VIT,17,6. 4110444 ne peut exprimer aucun nom de ville; le nom de personne AHOAAAZ se rencontre sur les monnaies de Colophon et de Clazoméne. Cfr le nom d'Amyntas sur les monnaies de ce roi. Sur le n° 475 l'O entre à demi dans la jambe du trône. : | | %6 Cfr Eckhel Doctr. n. v. II p00

tracé devant la figure. Le ne 488 est peut-être le même, les deux lettres qui suivent le À ayant été effacées par une lésion. Les premières pièces de la série différent des suivantes à l'égard de la fabrique, et il est bien possible que quelquesunes d’elles appartiennent à Scione en Macédoine, v. nes 190- 91. Cependant, on ne peut faire aucune division dans celte suite ni pour la forme du casque ni pour la fabrique; les premières.se ratlachent aux suivantes par le titre de roi, qui manque sur les deux atiribuées à Scione, et par les monogrammes. La différence de la fabrique est en général d’accord avec celle qui a lieu dans les monnaies autonomes de Mésembrie de différentes périodes, et dans les tétradrachmes d’Alexandre d’Odessa. Le n° 432 se raltache pour la fabrique au ne 402 de la ville voisine de Dionysopolis. On trouve, même parmi les pièces qui portent les mêmes initiales ou monogrammes, des transitions de la fabrique meilleure à la mauvaise, et souvent le droit appartient à celle-là, le revers à celle-ci (cfr $ 2 p. 8). . D’après ce que nous avons exposé dans le précédent (voy. p. 64, 74-76 et 173) il faut supposer, que des monnaies d’Alexandre n’aient été frappées à Mésembrie qu'après son règne, et que celles de la fabrique indiquée par la classe VIL appartiennent à la période de la domination barbare après Lysimaque.®% Le grand nombre de ces pièces ainsi que la différence de leur fabrique et la multiplicité de leurs signes font conclure qu’elles ont élé frappées durant une longue époque. |

97 Pour les trois pièces au nom de Mésembrie, nous avons examiné Îles origi-

naux des deux qui se trouvent dans le cabinet de M. le duc de Luynes et * dans le cab. roy. de Dresde; de la troisième, qui est dans le Museo Estense à Modène, M. Cavedoni a eu la bonté de nous envoyer une empreinte.

98 Comme pour les monnaies d'Odessa (cfr p.174) il est difficile de rien décider sur la question, si celles de la bonne fabrique sont à rapporter à l'époque avant 306, et si elles sont aussi frappées sous Lysimaque. Il existe un statère de Lysimaque de la même fabrique grossière, portant le casqne et AI (dans le cab. imp. de St. Pétersbourg), qui montre que les monnaies de ce roi sont aussi frappées à Mésembrie.

Apollonie. Ne 490. %

Ce tétradrachme se ratlache aux précédents par la fabrique ét par le monogramme sous le siège, qui est le même que sur les nos 480-81. Il est donc probable que ce monogramme, com= posé de ANO, désigne Apollonie, ville voisine de Mésembrie. Le monogramme devant la figure se trouve aussi sur une des monnaies précédentes d’Odessa ne 415 et sur la suivante de Callatia no 491. Dans l’article précédent nous avons traité de la liaison d’Apollonie avec ces villes. |

Callatia.… Nos 491-498. (0

L'épi qui se voit fréquemment sur Îles monnaies de Callatia (Kallatis), le monogramme KA ou KAA ajouté sur le ne 491 et la lettre K sur les nes 492-93 engagent à altribuer ces piëces à la ville que nous venons de nommer.‘ Celte attribution se confirme par la fabrique qui ressemble à celle des précédentes d'Odessa nos 403-14, et de Mésembrie nes 433-41; la têté d’'Hercule offre généralement le même caractère ignoble ou -est É de la même exécution grossière; le trône de Jupiter a le même dos; le nom et le titre de roi sont de même placés en deux : lignes parallèles devant et derrière la figure. Plusieurs des lettres et monogrammes ajoutés se rencontrent aussi sur les pièces d'Alexandre et de Lysimaque de fabrique pareille, frappées dans d’autres villes de Thrace avec lesquelles Callatia $é trouvait en liaison (cfr p. 176); tels sont AP, FAP, TA, HP cet ©, voy. la lable de ces signes ajoutée aux planches. Nous avons

93 No 490. Mus. brit:

106 No 491. Paris. 492-93. Mus. brit. 494, Mus. Thorvaldsen. 495, St. Pétersbourg.. 496. Mus. brit. 497. La Haye. 498. Vienne.

101 On trouve quelquefois sur les monnaies d'Alexandre deux contremarques lune à.côté de l’autre, dont la première offre un épi et KA44, la seconde la tête de Cérès et le même monogramme qu’on voit sur le no 491. V. Sestini Mus. Hederv. Ip. 22; Lett. num. VI p. 14; cfr Eckhel Sylloge p. 24 tab. W, 4 (où pourtant le monogramme manque dans la seconde contremarque). Ces contremarques sont probablement toutes les deux cellés de Callatiar

fait observer plus haut que parmi ces monogrammes $e trouvent peut-être les noms de Parium et d’Héraclée (voy.-p. 477). Ces monnaies sont en général de là même période postérieure que celles des trois villes précédentes auxquelles ‘elles Side dus pour la fabrique. |

M. Lenormant présume aussi que l’épi à exergue des monnaies d'Alexandre désigne Callatia. 1% Il faut pourtant observer, qu'un épi se trouve de même sur les monnaies de Calcédon, qu'il existe des tétradrachmes de Lysimaque portant un épi et KAAXA à l'exergue, que le monogramme KAA et la lettre K peuvent désigner Calcédon, et que cette ville était aussi en liaison avec les villes maritimes de la Thrace. Les raisons pour préférer Callatia sont, que par la fabrique ces pièces ressemblent plus

aux tétradrachmes d'Alexandre d’Odessa et de Mésembrie qu’à

ceux de Lysimaque de Calcédon, et que le titre ‘de roi n’est pas ajouté sur les monnaies d'Alexandre de l'Asie Mineure occidentale, 1% |

Proconnésus. Nos 499-501, 1

Cette île située dans la Propontide au milieu entre la Thrace et l'Asie Mineure a élé compiée par les géographes à ce dernier pays; cependant nous l’avons admise dans cette partie parce qu'à l'égard des monnaies d'Alexandre le Grand et de Philippe IE qui semblent y être frappées elle se rattache à la Thrace et non à l'Asie. | |

- Les trois divers noms de cette île, Proconnésos, Elaphonnèsos ct Neuris, sont tous dérivés de mots grecs désignant un cerf d'âge et de sexe différents !®; un cerf à mi-corps comme

10% Num, des rois gr. p. 24.

103 Les tétradrachmes nos 1628, 1662 et 1663, classés aux incértaines, sont peut-être à compter parmi ceux frappés après le temps de Lysimaque en Thrace, dont nous avons traité dans le précédent.

* 104: No 499. Mus. brit, 500. Paris, Mus. brit, 501. Cat, de la coll, de Welzl

no 2485.

10% JT06E, Elagos, veBods. Cfr Eckhel Doctr. IT p. 477.

armes parlantes de l'ile est le type sur ses monnaies d’argenl; il paraît donc assez naturel de supposer que le cerf et Ja tête de cerf sur les monnaies d'Alexandre désignent celte île en exprimant son nom par la figure même. La fabrique ressemble à celle qu'on trouve dans beaucoup des tétradrach= mes précédentes de villes de Thrace, ainsi que dans quelquesunes des villes de la partie nord-ouest de l’Asie Mineure (p. e. de Sigée v. nes 918 suiv.), et fait conclure que ces monnaies appartiennent à la période après la mort d'Alexandre.

Le statère et le tétradrachme à la tête de cerf ont élé at= tribués à Ephèse. 1% Ce qui s'oppose à celte attribution, c’est qu’il n’existe point de pièces d’or d'Alexandre des villes ioniennes, que les tétradrachmes de ces mêmes villes n’ont pas le titre royal qui se trouve ici sur le n° 501, et qu'il existe une drachme à la tête de cerf qui porte le nom de Philippe HIT dont les monnaies ne furent pas frappées dans l’Asie Mineure occidentale. 17

La Thessalie. Magnésie. Nes 502-504. !

La fabrique du tiétradrachme n°503 qui se rencontre fréquemment est celle propre aux provinces européennes de l’empire d’Alexandre. La proue se voit comme signe sur les monnaies de Philippell, de Démétrius I et de Philippe V, mais non sur celles de Lysimaque; sur une des pièces de Philippe I (no 196) elle est unie au symbole de Mélitée, ville de Thessalie. Comme type on ne trouve pas la proue sur les monnaies au-

106 Mionn, S. no 209; Num. des rois gr. p. 22 ad pl. XIIF, 8; Catal. de la coll. de Welzl no 2485,

107 Dans Sestini Descr. du mus. Hederv. n°133 on trouve une drachme ayant une tête de cerf et le signe de la lune devant la figure, et un monogramme sous le siége; si la description est exacte, cette drachme est probablement frappée par Proconnésus en commun avec Sigée.

1 No 502. Paris. 504. Prokesch. |

tonomes de Thrace, non plus sur celles de villes macédoniennes de la période de Philippe II ou d'Alexandre ?, mais elle est prédominante sur les monnaics de Magnésie et de Démétrias en Thessalie. * La ville de Magnésie fut fortifiée par Philippe II à cause de sa situalion dans l’intérieur du golfe pagasétique, par où était l’entrée et la sortie du commerce thessalien !; plus tard celle ville fut absorbée par Démétrias que Démétrius Poliorcète fonda en ce lieu et qui devint le port de guerre et la forteresse principale des rois Macédoniens en Thessalie, de grande importance surtout sous Philippe V.® Il s’accorde donc très bien avec

.? Ce n’est que sur les pièces de bronze de Thessalonique et d'Amphipolis de la fin de l’époque macédonienne et de l’époque romaine qu’on rencontre une proue parmi beaucoup d'autres types.

3 Les monnaies de Magnésie, souvent inexactement décrites et attribuées à Magnésie en Ionie, qui était une colonie de la ville thessalienne, ont les types suivants ajoutés à la légende MATNHTAN. Æ. Tête de Neptune. R. Proue. (Sestini Descr. n, v. p. 150 no 5, Mionn. S. III p. 296 no 213, où la

: tête de Neptune est nommée tête de Jupiter.) Æ. Tète-de Diane. FR. Proue. (Mionn. II p. 144 no 618 sous Ionie.) JR. Tête de Neptune. K. Proue sur laquelle Diane est assise tenant un arc à la main; devant, un petit dauphin, au-dessus de la proue quelquefois une étoile. (Pellerin Réc. I, pl. XX VII, 26; Sestini Descr. n. v. p. 149 n° 1, où la tête de Neptune est prise pour celle de Jupiter et Diane pour Apollon; Mionn. II p. 143 no 599 sous Ionie.) Les monnaies de Démétrias ont sur le droit la tête de Diane, et sur le Br. une proue avec la légende AHMHTPIEQN. (Mionn. Suppl. HI p. 283 no 137 et aill.) Celles au nom de Magnésie doivent être attribuées à la Thessalie, d’abord parce qu’on les y trouve (Sestini 1. c. p.150), ensuite à cause de l'accord des types et de la fabrique avec les pièces d'argent au nom de Démétrias, enfin à cause de la parfaite ressemblance qui a lieu entre la première

- piéce de bronze à la tête de Neptune et les monnaies de bronze macédoniennes anx mêmes types avec la légende BA (v. Sestini Descr. n. v. p.137 nos 9-10 à tort sous Antipater, Mionn. I p. 552 n° 562 inexactement sous Alexandre, cfr $ 5 no 13 p. 25-26) lesquelles, aussi d’après les monogrammes correspondants, doivent être frappées dans la même ville.

4 Magnésie n'était pas exclusivement le nom d’un district sur la mer Egée, ce qu'on a tàché de prouver dans le dernier temps (v. Kretschmann Rerum Magnesiarum Specimen p.15), mais encore celui d’une ancienne ville; on le voit par Apoll. Rhod. Argon. 1, 584 (où Magnesa ne peut être compris du district) et par Démosth. I Olynth. p. 15, 19-22 (où Magnesia est mentionnée comme une ville de même que Pagasa et dite d'avoir été fortifiée par Philippe).

5 Ce qui porte. à croire que Démétrias n'était pas une ville toute nouvelle mais

l'explication de la proue comme signe de Magnésie, qu'elle est appliquée sur les monnaies de Démétrius I et de Philippe V, non sur celles de Lysimaque, dont la conquête en Thessalie n’embrassait point Démétrias qui resta dans la possession d’Anligonus Gonatas.

Une proue était l'emblème de Magnésie, non seulement parce qu’elle était port de mer et ville de commerce, mais surtout parce que le célèbre navire Argo, à ce qu’on prétendait, y avait élé construit; c’est par celle raison que quelquefois une étoile est placée au-dessus de la proue, et le nom d’Argo est ajouté sur des monnaies postérieures au nom des Magnésiens.

AO sur le no 504 indique probablement les Athamans qui demeuraient dans la Phthiotide de l’autre côté du golfe pagasétique; sur une monnaie plus ancienne, frappée par ce peuple en alliance avec les Phéréens, leur nom est exprimé par les mêmes deux lettres. ?

M. de Prokesch-Osten attribue le no 504 à Amphipolis. 1° M. Lenormant, en citant le ne 503, fait observer que le symbole de celte pièce convient à Phasélis de la Lycie.!! Une monnaie

formée par la réconstruction ou l'élargissement de Magnésie, c'est que la ville forte sur le golfe pagasétique, l’une des trois (les deux autres étaient Chalcis et Corinthe) régardées sous Philippe V comme les clefs ou les.fers de l’Hellade dans les mains des rois de Macédoine (xAsis, néde, compedes Helladis), est appelée par Pausanias (VIE, 7,3) Magnesia, par Polybe et Tite-Live Démétrias, V. Hoffmann Griechenland I p.309. Cfr la note suive

6 Dans Ovide Epist. Her. XIT,9, Argo est par cette raison surnommé Magnelis.

Dans Hygin. Poët. astron. If, 37 on lit: hanc navim factam Pindar ait in

Magnesia vppido cui nomen Demetrias est. Tolcos était près de Magnésie.

Pour désigner le navire placé au nombre des constellations dont l’image, sui-

vant Hygin (1. c. note 6), était précisément la moitié d’un vaisseau.

HPTS, APT, sur une pièce autonome et souvent sur des monnaies de

l’époque impériale. Ces dernières sont bien, à ce qu’il semble, frappées à

Magnésie dans l'Ionie, mais le type devait sans doute rappeler le souvenir

de la métropole thessalienne. |

9 V. Duchalais dans Revue numism. fr, 1853 p. 255 s.

10 Denkschr. der kais, Acad. V (Wien 1854) p. 243 n° 65.

Num, des rois gr. p. 28 ad pl. X VF, 2.

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