‹ Numismatique D'alexandre Le Grand - Vol IIChapitre 17 sur 32 · CR · texte numérisé non relu

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ces d’or et de tétradrachmes qui doivent avoir été transportés en grandes sommes d’un pays à l’autre par le commerce, par les voyages, les changements de domicile, et dans une période de guerre comme la présente surtout par les déplaccments des troupes ou par les transports pour la paie de l’armée*, on ne pourra guère allribuer de l’importance aux lieux où les monnaies sont découvertes. Ceci est confirmé par l’expérience. Ainsi, pour citer un exemple, H. P. Borrell, dont le témoignage doit être d'un grand poids à cause de son long séjour dans POrient, a déclaré que les létradrachmes autonomes des villes de l'Asie Mineure occidentale proviennent ordinairement de Syrie et ne sont trouvés que rarement dans le voisinage des villes où ils furent frappés. On connait aussi la découverle d’un dépôt de monnaies d'Alexandre et d’autres pièces, qui à cause des temps et des pays différents auxquels elles appartenaient ne peut contribuer à déterminer les lieux d’émission. Ainsi on ne pourra suivre lindication que donnent les trouvailles que lorsqu'elle s'accorde avec d'autres crilères plus sûrs,

3 Ainsi Alexandre renvoya d'Echatane les troupes thessaliennes, dont les années de service étaient expirées, avec pleine paie et un don de 2000 talents. Droysen Gesch. Alexanders p.258. Plus tard 10,000 vétérans sous Cratérus furent expédiés d'Opis en Grèce, de même avec pleine paie et un talent de don à chacun. Droysen I. c. p.518. Peu de temps avant la guerre lamiaque Antipater reçut de l’Asie un grand transport d'argent. Diodore XVIII, 12, cfr Droysen Nachfolger Alexanders p.67. A la vérité il n’est pas sûr que ces paiements et transports aient consisté en monnaies d’Alexandre; mais en tout cas de tels faits historiques peuvent servir à diriger Vattention sur l'influence que les conjonctures de guerre devaient exercer sur le transport de monnaies entre les pays d'Europe et ceux d’Asie.

4 Numism. Chron. VI p. 156.

C'est la découverte faite près de Laodicée en Syrie, décrite par Pellerin (Mél. S. I p. 104 suiv), dont on s’est servi à tort pour rapporter un grand nombre des monnaies d'Alexandre à l'Asie. Cfr $ 12 p. 84.

Remarques sur la détermination des lieux d'émission en général.

Quant aux différents moyens de déterminer les lieux d’émission dont nous avons traité dans les paragraphes précédents, on verra par la suite, qu'on ne parviendra pas à des résultals divergents, mais que les voies différentes conduisent au même lieu. Quelquefois cependant une collision semble naître. En ce cas, si la fabrique peut servir de guide, il faut s’en servir par préférence et ainsi, où la particularité de la fabrique est distincte et se laisse rapporter à une classe spéciale, il faut atlacher le plus d’importance à la conclusion qu'on en peut tirer. Comme en général dans les antiquités c’est le propre du travail artistique ou technique, ce qu’on appelle le style ou la fabrique, qui doit surlout être pris en considération pour déterminer le temps et l’origine, et comme pour les monnaies autonomes, où le lype et la légende ne suffisent pas, ce sont les éclaircissements qu’on tire du slyle ou de la fabrique qui décident du temps ou du lieu, il en doit être de même pour les monnaies d'Alexandre qui offrent de grandes variélés aux mêmes égards et qui sont frappées dans des licux et des temps si différents.

Lorsqu'il faut déterminer d’après le type accessoire à quelle ville une monnaie d'Alexandre doit être attribuée, on voit facilement qu'il ne suffit pas pour motiver l’altribution qu’un tel lype se trouve une seule fois sur les aulonomes d’une ville dans le nombre de beaucoup d’autres types, mais il faut considérer si ce type est prédominant, s’il se trouve non seulement sur les pièces de bronze, mais aussi sur celles d'argent lesquelles, élant plus importantes, avaient en général des types plus constants et une circulation plus étendue, et il ne sera pas Sans poids si l’on peut montrer, qu’un lel type se laisse regarder comme l'emblème de la ville, ou qu’il est fondé dans

les tradilions, dans la localité ou dans le culte religieux de celle ville. |

Parmi les petits lypes qui indiquent les lieux d’émission il se trouve un nombre qu’on ne rencontre pas sur des monnaies autonomes; ceci doit non seulement s'expliquer par ce que des monnaies de toutes les villes qui en ont frappé ne nous sont pas encore connues, mais aussi par ce que le gouvernement avait probablement des ateliers monétaires dans des villes où, ni avant, ni après, on ne frappait des monnaies autonomes.

Il est vraisemblable que quelquefois plusieurs signes aient été employés pour désigner la même ville sur les monnaies d'Alexandre, de même que sur les aulonomes de beaucoup de villes grecques on irouve plusieurs lypes appartenant au même temps qui peuvent êlre regardés comme essentiels et caractérisliques. Rien non plus n'empêche de supposer que différenles villes aient été désignées par le même signe, sinon pendant le règne d'Alexandre, du moins sous les différents chefs après le partage de Fempire, et que les signes des monnaies frappces dans la période postérieure ‘puissent indiquer d’autres villes que ceux sur les monnaies du règne d'Alexandre et du temps qui le suivait de plus près, | |

Il est difficile de décider, quand les lettres et les monogrammes doivent.êlre expliqués de noms de villes et quand de noms de personnes (excepté les cas nommés $ 6 où leur propre qualité, une série d’années ou le type ajouté le démonrent); car il y a en général des noms de personnes commençant par les mêmes leltres que les noms des villes. Rien ne peut être dérivé de la place sur la monnaie; si même les signes de villes se trouvent le plus souvent devant la figure, des noms ‘de personnes s’y rencontrent pourtant aussi; le monogramme de la ville ou les initiales de son nom se voient de même sous le trône de Jupiter!, et en général les noms de villes et de

1 Voy. p. e. Odessa nos 408 suiv., Rhodes nos 1154 suiv., Damas nos 1338 suiv., Aradus nos 1360 suiv.

personnes changent souvent de place?. Il y a plus de raison de chercher un signe de ville dans des leltres ou dans un monogramme quand ceux-ci se répètent à côlé de marques de personnes qui varient, ou quand sous la même condition ils se retrouvent sur les monnaies des rois suivants, ou quand sur les monnaies autonomes le nom de la ville est abrégé de la même manière. Si, d’après ce que nous venons d’observer, il y a lieu dé supposer qu’une ville soit désignée, et qu’on ait le choix entre plusieurs villes, il faut préférer celle qui était la plus importante et dont on sait par les monnaies autonomes qu’elle avait un atelier monétaire.

L’explication des monogrammes sur les monnaies grecques à souvent été faite arbitrairement et a été cause d’hy-" pothèses peu fondées. Dans un monogramme aucun trait ne doit être regardé comme superflu, et les premières leltres du nom qu’on croit exprimé par le monogramme doivent s’y lrouver complètement. Souvent en expliquant les monogrammes on a négligé à tort quelque trait, comme sil n’était là que pour réunir les lettres dont le monogramme est composé ou pour l’arrondir. De l’autre côté on a suppléé des lettres, surtout des voyelles, croyant que celles-ci étaient omises comme dans les langues sémitiques. Il se peut bien que dans les villes grécosyriennes et gréco-phéniciennes des monogrammes grecs aient été formés de celte manière de noms araméens et puniques {; mais il’est très douteux que cela se soit fait ailleurs; on ne pourra guère ciler d'exemples de monogrammes purement

2 Cfr $ 7 p. 40.

8 Il faut certainement y mettre beaucoup de circonspection. On a souvent, sans raison suffisante, expliqué des lettres et des monogrammes comme désignant des villes. Panel extravagua à cet égard, cfr Eckhel Numi vet, anecd. l'p710 …

4 P.e. les monogrammes des noms des villes Sizar (nos 1351 suiv., où pourtant Zet À peuvent être renfermés dans le monogramme), Marath (no 1396, ou 4 peut aussi être contenu dans la partie supérieure) et Migdol (sur les monnaies de Ptolémée, v. M. F. Lenormant Sur le class. des monn. des Lagides dans Revue num. fr. 1854 p, 39).

grecs et d’une signification certaine (quoiqu'il existe un assez grand nombre de tels monogrammes sur les monnaies grecques) composés de consonnes seules.” Mais souvent les voyelles sont contenues dans Îles autres lelltres, de sorte que p. e. | soit exprimé par un des trails droits, © par la courbure de B ou de P ctc.6, comme aussi les mêmes traits forment plusieurs lettres à la fois, et que la même leltre doit être lue deux fois. Du reste il régnait une grande liberté à l’egard de la construction d’un monogramme ct de la direction où il fut placé. C’est ainsi qu’il faut quelquefois tourner un monogramme à droite, à gauche, ou le retourner entièrement pour que les lettres puissent se montrer du côté juste®, et le même monogramme se trouve quelquefois, tourné de différents côtés? ou placé dans une direction différente de celle où se trouve le type principal ou le nom. Comme souvent il est peu sûr quelles sont les lettres contenues dans un monogramme, et que les leltres permettent des combinaisons diverses, il s’y ouvre un vaste champ aux conjectures, où il sera peu satisfaisant de se hasarder. Là même où les lettres et leur ordre peuvent être regardés

5 M. F. Lenormant dans Revue num. franç. 1853 1. c. p.332 dit, qu'il était d’un usage fréquent chez les Grecs dans la composition des monogrammes de supprimer les voyelles, et cet auteur renvoie à des exemples cités dans l'article de la Revue p. l’année 1852 p.325. Ces exemples ne prouvent cependant pas cette assertion. Dans le monogramme de Bottiée O peut être caché dans B, dans celui de Cypre Y dans K, et quant au monogramme supposé d’être celui de Potidée, il a été tournè d’une manière peu juste; c’est probablement celui d'Edesse, ce qu’on peut surtout conclure des exemplaires publiés dans Cousinéry Voy. en Macéd. IT pl. VIT, 11 et dans Mionnet S. LIT pl. IX, 6, où le monogramme contient un double Æ. Cfr ci-dessus p. 107 note 4 et Leake Numism. hell, HE p. 47-46.

6 P.e. I dans le monogramme qui signifie Nicomède, O dans les monogrammes de Bottiée et de Corcyre (le postérieur R) etc.

7 P.e. 4 dans le monogramme d’Acarnanie et H dans le monogramme de Démétrius IT roi de Macédoine etc.

8 P.e, M dans le monogramme de Démétrius If, P dans l'un des monogrammes qui signifient Pergame sur les cistophores, etc.

9 V.p. e. nos 790-972, cfr la lettre Æ sur les nos 904-6.

10 V, p. e. Milet nos 1048-52, Mylasa n° 1143.

comme assez sûrs, ce n’est qu'avec grande circonspection qu'il faut y voir des noms de villes; on verra dans la suite que des monogrammes reconnus comme indications sûres de villes grecques doivent souvent s’expliquer de personnes ".

De la classification des monnaies sans signe de ville ou à signe de ville douteux.

Il y a un nombre considérable de monnaies d'Alexandre qui n’ont aucun pelit type de ville, mais seulement des leltres ou des monogrammes qui peuvent tout aussi bien désigner des personnes que des villes. Beaucoup de ces monnaies sans doute ne contiennent que des noms de personnes; on peut le conclure de ce que les initiales ou les monogrammes qu’elles portent se trouvent, lanltôt isolés, lanlôt par paires (voy. p. e. nos 773 et 843), sur d’autres pièces pourvues d’un signe de ville, dans. une liaison qui ne permet pas de les expliquer autrement que de personnes.

Quant à de telles monnaies dépourvues de signes de villes, il est vraisemblable que quelques-unes aient été frappées dans les mêmes villes que d’autres pièces d'Alexandre qui offrent des signes de villes, parce que, comme nous venons d'observer, les mêmes iniliales ou les mêmes monogrammes s’y trouvent comme marques de personnes. D’autres peuvent avoir élé frappées par des chefs macédoniens dans les villes libres, comme dans l’Asie Mineure occidentale, puisque dans de telles vilies il n’y avait probablement pas de raison pour mettre sur la monnaie le signe de la ville (v. p. 60-61). D’autres encore on peut supposer qu'elles aient été frappées

On pourra aussi en trouver des exemples dans la table des monogrammes sur Îles monnaies des rois ariens et indiens que donne M, Cunningham dans Num. Chron. VIIT p. 175 suiv,; sur cette table on rencontre entre autres les monogrammes connus de Corcyre, de Milet et d'Aradus.

dans des villes où avant ce temps on n'avait pas battu monnaie ou seulement la monnaie perse, surtout dans les pays orientaux de l’Asie pendant les campagnes; car il y avai moins de raison d'employer un petit type comme signe, lorsqu'une ville n’avait point d’embième ni aucun type monétaire analogue aux iypes grecs, ou lorsqu'on ne frappait monnaié qu'une seule fois dans une ville, sans y établir un atelier pour l'avenir. Enfin plusieurs de ces monnaies se laissent considérer comme frappées dans les camps où l’on ne pouvait employer de signe de ville. Les monnaies. sans signe de ville peuvent ainsi, à ce qu’il semble, avoir été frappées par diverses aulorilés, ou dans des villes ou hors des villes, et dans différents pays.

Pour ce qui regarde le classement des premières monnaies dont les monogramines ou leltres se trouvent aussi sur celles pourvues d’un signe de ville, il pourrait sembler le plus convenable de les rattacher à ces dernières, comme on serait tenté de supposer qu’elles appartinssent aux mêmes lieux d’émission. Mais il faut observer que plusieurs de ces initiales el monogrammes se trouvent ensemble avec des signes de villes différents sur des pièces différentes, ct qu’ils peuvent désigner des magistrats qui présidaient au monnayage de plusieurs villes ou d'une province entière; les mêmes personnes peuvent aussi à différents temps avoir dirigé la fabrication des monnaies en différents endroits. Il paraît donc plus juste de ne pas Îles séparer des autres monnaies qui ne semblent pas porter de signe de ville, ou sur lesquelles la présence d’un tel signe est douteuse. |

Ces monnaies en général seront classées, autant que possible, d’après les pays ou les provinces, et seront ajoutées comme appendice aux sections qui contiennent les monnaies avec des signes de villes, qui portent les mêmes monogrammes ou qui sont d’une fabrique analogue. Les létradrachmes de celte sorte dont la fabrique appartient à la classe I suivront

ainsi ceux à signes de villes incertains de Grèce, ceux de la classe II se rattacheront à la Cilicie et à la Syrie, ceux de la classe VI à la partie occidentale de l'Asie Mineure. Les pièces qui ni d’après les signes ni d’après la fabrique ne peuvent être rangées ainsi, feront suite à celles qui portent des signes de villes que nous n’oserons déterminer. Au nombre de ces dernières il s’en trouvera qui peuvent appartenir aux pays asialiques à l’est de la Syrie, cfr $ 41.

roue Classification.

A. La Grèce.

Il résulte des recherches suivantes, que les monnaies d’Alexandre émises en Grèce furent frappées pendant son régne, outre en Macédoine, dans la Thrace méridionale, en Thessalie et dans l'ile d'Eubée, à peu prés dans les mêmes villes que celles de Philippe Il, et dans la période depuis sa mort jusqu’en 306 encore dans la Thrace septentrionale, en Phocide, à: Thèbes, à Sicyon, et peut-être en Locride, dans l'ile d’Egine et en Crète. Il existe des monnaies de’tous les trois métaux, aussi des espèces rares, qui peuvent être rapporliées à toutes les deux périodes. Quant à la fabrique, lés monnaies d’argent appartiennent aux classes I, IT et IV; celles de la ère classe ne vont guère au-delà du règne d'Alexandre; quelques-unes dont la fabrique peut être rapportée à la classe V sont probablement de la fin de la période, après sa mort. Le titre de roi se trouve par-çi par-là, aussi sur les monnaies d'argent qui doivent être attribuées au règne d'Alexandre. Les villes sont en général désignées par un pelit type sans qu'on ait ajouté des lettres pour en indiquer le nom, quelquefois par le commencement du nom sans type, comme dans la Macédoine occidentale. Les personnes ne sont pas citées par leurs noms en toutes lettres, mais par des monogrammes ou par une seule lettre, rarement par une ou deux syllabes du nom.

Dans la période suivante les monnaies d'Alexandre furent encore frappées dans les villes de Thrace sur les côtes de la Propontide et du Pont. Ce sont pour la plupart des létradrachmes des classes V ct VII, ayant le titre de roi ajouté au nom d'Alexandre. Les villèés sont désignées soit par de pelits types, soit par des monogrammes, plus tard aussi par les premières syllabes du nom; une seule fois on rencontre le nom en enlier. Les personnes ne sont pas rarement indiquées par les deux premières syllabes du nom ou par le nom entier. Enfin, quelques villes de Crète semblent avoir frappé les létradrachmes d'Alexandre après l’an 306. Toutes ces monnaies se rallachent à celles frappées dans les villes de l'Asie Mineure occidentale dont traitera la parlie suivante.

La Macédoine.

Pella: : Nos 1-22. !

Le foudre se trouve comme type accessoire sur les monnaies de Philippe Il et puis sur les monnaies de Cassandre el de la plupart des rois suivants de Macédoine ?, ainsi que sur

1 No 2. Musée brit. 3. Mus. brit., Munich, Copenhague. 4. Cat. of Thomas collection n° 1023. 5. Mus. brit., Leake, Vienne, la Haye, Copenhague. 6. Paris, Vienne, Leipsic. 7. St. Pétersbourg, Steinla, Sestini Mus. Heder- Yar. n0-57, - 8. Mus. brit., Munich. 9. Mus. brit., Berlin, 10. Mus. bnit. 11. Mus, brit., Timoni. 12. Mionn. no 281. 13, Copenhague. 14. Paris. 16. Munich, Cureton. 17. Cat. de la coll. de Welzl de Wellenheim n° 2519, 18. Munich, 19. Vienne, Berlin, Prokesch, 20. Mionn. no 372.

* Le foudre n’est pas cité sur la table des signes sous Démétrius I et IT, sous Antigonus [et I et sous Persée, parce qu'il ne se trouve point comme signe sur les monnaies ayant les noms de ces rois; mais la plupart des monnaies réunies sous Ja rubrique O appartiennent à ces rois. Sur les pièces de bronze de Persée l'aigle sur le foudre est le type le plus fréquent (le même qué sur les autonomes de Pella, probablement du même temps); le foudre doit y indiquer le lieu d'émission, puisque sur d’autres pièces l'aigle est placé sur une charrue, laquelle est un des signes de villes qu'on voit dans le champ sur les monnaies d'argent de Persée avec l'aigle sans attribut.

les drachmes au nom des Macédoniens; sur les monnaies d'Alexandre (du moins sur un nombre) il ne peut être expliqué d’une autre ville que sur celles de Philippe, comme il est accompagné des mêmes signes, même placés par paires, ce qu’on voit en comparant les nos 12-19 aux monnaies de Philippe nes 13-15'et 23-26. Ce symbole doit donc désigner une ville dans la province de Macédoine, et probablement une des plus importantes, les monnaies sur lesquelles il se trouve étant nombreuses et munies de beaucoup d’aulres signes, aussi sous Philippe IT et plusieurs des rois suivants. Le foudre ne se rencontre comme type sur les monnaies autonomes de Macédoine que sur celles de Pella®# et sur les pièces de bronze qui portent le nom des Macédoniens et le monogramme connu de Botliée”, contrée où était située Pella, les unes et les autres ayant la tête de Jupiter au droit; parmi les divers types sur les monnaies de Pella la tête de Jupiler et Paigle sur le foudre sont ceux qu’on trouve le plus souvent. Ce signe ne peut donc guère indiquer que la ville de Pella, siéce de la cour et du gouvernement sous Philippe Il, où se trouvait FPancien el célèbre temple de Jupiter Bottiée.$ Quand Philippe transporta

8 Voy. $ 18, p. 110-11. |

4 V.p.e. Sestini Descr. n. v. p. 108 n° 3, Denkschr. der kais. Acad. V Taf.T, 16.

5 Mionn. ! p. 453 nos 12-14; S. IT p. 2 no 6. Cfr Philippe IL no 27 et les lieux cités en note.

6 V. $3 notc3. On pourrait faire l'observation que le foudre pouvait aussi indiquer Dium, ville de Piérie où le culte de Jupiter était sans doute le prédominant, et que 41 aux nos 6-7 pouvait en désigner le nom. Mais tandis que le signe de Bottiée est ajouté sur les monnaies de bronze portant le nom des Macédoniens et le foudre, la seule monnaie autonome de Dium que l’on connaisse a au droit la tête d'Hercule, au R. la massue. Il est vrai que cette monnaie a été attribuée par Millingen (Sylloge pl. IV, 20) à une ville de Chalcidique du même nom; mais cette dernière était petite, Dium en Piérie au contraire une ville très considérable (cfr nos 216 suiv.)- où l’on frappait monnaie aussi sous les Romains, et en général les types d'Hercule ne se trouvent point sur les monnaies des villes chalcidiennes, tandis qu'il existe une monnaie au même B. de Phila, ville peu éloignée de Dium en Piérie (Sestini Classes gen. p.38). AI se trouvent comme initiales d’un nom de personne sur d’autres pièces d'Alexandre de Macédoine, v. nos 42, 81,

or Se SR : * - Ï we ‘ 3

sa résidence d'Ægæ à Pella, et que dans celle ville, avant ce temps peu considérableT et probablement sans atelier monélaire®, on commença à frapper monnaie, il est naturel que le symbole de Jupiter fut choisi pour signe, ce dieu étant non seulement la divinité principale de la ville, mais aussi celui qu’adorait Philippe par préférence et dont le premier il mit l’image sur la monnaic royale de Macédoine. |

Pellerin altribuait les monnaies d'Alexandre signées du foudre à Séleucie en Syrie. Eckhel regardait celte attribution comme peu sûre; dans le dernier temps elle a été de nouveau adoptée par M. Ch. Lenormant qui regarde I sur le ne 14 comme une année de Pére séleucide”. Mais celle lettre se trouve aussi sur les monnaies de Philippe Il et Philippe IT cnsemble avec le foudre. Nous avons déjà fait observer l’analogie entre les signes sur les nes 12-19 et ceux sur les monnaies de Philippe Il; les autres nes doivent aussi être rapportés à la Macédoine, ou à cause de la fabrique!, ou par la raison que les signes ajoutés se trouvent sur d’autres monnaies d'Alexandre émises en Macédoine, comme on le verra par la suite. D'ailleurs on ne trouve pas le foudre comme signe sur les monnaies de Séleucus ou de ses successeurs. M. de Prokesch-Osten, qui avait altribué le ne 19 à Séleucie!!, a plus tard préféré Pella dans la description des Inedita de sa collection qu’il vient de publier *?.

121-23, 139 etc.; mais ces lettres peuvent aussi indiquer une alliance monétaire avec Dium, v. nos 216 suiv.

7 Murgu, &ädo£a. N. Démosth. De Corona p. 247, 16; Sirabon Excerpta VII p. 330, 9.

Le foudre ne se trouve ni comme type ni comme signe sur les monnaies des villes ou des rois avant Philippe IT.

Numism. des rois grecs (Trésor de numismatique et de glypt. 1849) p. 27 ad pl. XV, 19.

Dans quelques pièces d'argent la fabrique est de la classe 1; d'autres offrent jusque dans les détails de la ressemblance avec quelques-unes des suivantes d’Amphipolis.

11 Abhandl. der preuss. Acad. 1845 p. 78 n° 6. 1% Denkschr. der kais. Acad. (Wien 1854) V. p. 243 no 29; le thyrse y est pris pour un parazonium,

Les monnaies nes 12-20 sont (d’après $ 7) frappées en commun avec d’autres villes ou aux frais de celles-ci dans l’atelier de Pella. Le caducée indique probablement Pelagonia (v. no 205 suiv.), le trident et le dauphin d’autres villes de Macédoine Cv. nos 104 suiv. et nes 539 suiv.), la proue Magnésie en Thessalie Cv. nos 5025s.). Il y a lieu d’expliquer aussi le monogramme ME sur le ne 15-d’un nom de ville, parce que les tétradrachmes qui ont I devant la figure offrent un signe de ville sous le siége, et que sur les autres pièces d'Alexandre frappées à Pella on ne trouve qu’une seule marque de personne; ce monogramme peut désigner Melissurgis, ville de Mygdonie peu éloignée de Pella.

Amphipolis. Nos 23-95.13

Le flambeau de course allumé se trouve comme signe sur les monnaies de Philippe I, de Cassandre et de la plupart des autres rois de Macédoine. Sur les nes 29-38, 56-57, 59-61, 73 el 76 on trouve ajoutés à ce type les mêmes signes, même deux et trois ensemble, qui sont ajoutés sur les monnaies de Philippe I, voyez la table XXIV nes 28-29, 31, 33-37, 40-47; celle conformité de signes prouve que sur les monnaies d’Alexandre le flambeau indique la même ville que sur celles de Philippe. Il faut donc adopter comme lieu d'émission une ville dans la partie de Grèce soumise à la domination de Phi-

a ———— CE

135 No 23. Vienne. 24. Sestini Descr. num. vet. p. 130 no 1. 25. Cureton. 26. Rollin. 27. Rollin, Leake, 30. Leake.. 34, Mus. brit. 35. Sestini Mus. Hedervar, no 33. 36 Mus brit., Copenhague. 41. La Haye, 44. Paris, Vienne. 46. Mus. brit., Munich. 49. Cureton. 50. Leake. 51. La Haye. 52. Mus. brit. 53. Paris. 54. Num. Chron. XVI p.35. 955. Fox. 64-65. Mus. brit. 67. Mus. brit. 69. La Haye. 70. Paris. 71. Paris, Fox. 72. Dresde, Prokesch. 75. Gotha, Cureton. 77. Sestini Descr. n. v. p. 130 no 12. 78. Leake. 80. Cat. de la coll. de Welzl no 2532. 81. Munich. 82, Couvent des. Méchitaristes à Vienne. 83. Rollin. 84. Becker. 859. Timoni. 86. Mus. brit., Munich. 88. St. Pétersbourg. 89. Mus. brit., Munich, Rollin. 90. Longpérier Deser. du cab. Magnoncour n° 234. 91. Munich, Prokesch. 92. Mus. brit, 93. Vienne. 94. Mus. brit 95. Berlin, acad, de St. Pétersbourg. — Voy. la table de suppl.

RS

lippe Il et de Cassandre, et celle ville ne peut être que celle d’Amphipolis. Il est connu que le flambeau de course est le type principal sur les monnaies d'argent et de bronze d’Amphipolis qui doivent être rapportées au commencement de lPépoque macédoniennet*, et il peut donc être regardé comme ayant été alors l'emblème de la ville. L'attribution de ces monnaies à Amphipolis se confirme par le fait, que par leur nombre et par la multiplicité des signes ajoutés au flambeau elles surpassent les monnaies signées d’autres types, et d'Alexandre et de Philippe IL Or, sous ces rois Amphipolis était la plus grande et la plus opulente ville de Macédoine, et sa situation près des mines d’or et d'argent, qui se trouvaient à l’ouest de la ville dans les montagnes de Bertiscos el à l’est de la ville dans celles de Pangée, devait en faire un lieu propre à la fabrication de monnaies. 16

La lettre A sur les nos 29-31 exprime peut-être le nom d’Amphipolis, celte initiale -se trouvant aussi ajoutée seule au flambeau sur quelques-unes des pièces de Philippe II et IL. 17 La lettre À sur les nos 52-77, qui ordinairement est placée au-dessus du flambeau, quelquefois aussi séparée de celui-ci par un T intercalé (sur les nos 56-58), el qui se trouve de la même manière sur la plupart des monnaies de Philippe I! de cette ville, doit sans doute être regardée comme désignant un magistrat

Les nombreuses monnaics de bronze autonomes d’Amphipolis avec d'autres

types sont probablement, à en juger par la fabrique, du temps des rois suivants et du commencement de la période romaine.

C’est une allusion aux lampadéphories, sans doute instituées en l'honneur des deux divinités de la lumière adorées à Amphipolis, d’Apollon, dont la tête se trouve au droit de ces monnaies ct dont le sanctuaire est nommé dans une inscription (v. Bœckh C. Inscr. no 2008), et de Diane surnommée Tauropolos, qui avait un célèbre temple dans la ville et qui est représentée comme déesse de la lune sur d’autres monnaies.

16 Sur ces mines d'or et d'argent, v. Hérod, V, 23; VI, 47; IX, 75; Thucyd. IV, 104; Diod. XVI, 8; Strabon VII Exc. 17; Justin VII, 3.

Le point dans la lettre 4 ne change probablement pas la signification de la letire, cfr Ç 8 fin.

it

qui, et sous Philippe IT et sous Alexandre, a présidé au monnayage à Amphipolis. TI sur les nos 88-90 et les monogrammes sur les nes 91-95 se rencontrent aussi sur les monnaies de Philippe HIT avec le même flambeau. Ces dernières marques n'étant pas ajoutées sur les monnaies de Philippe II, et la lettre À ne se trouvant pas sur celles de Philippe IT, l'ordre chronologique est donné; et comme il est probable que celles ayant À, nes 32 -117, soient frappées sous le règne d'Alexandre, les autres, nos 88-95, doivent être rapportées à la période après sa mort.

Les pelits types ajoulés sur les nos 59-77 désignent, comme il a élé montré plus haut, d’autres villes qui ont pris part au monnayage; ces létradrachimes étant de la même fabrique que le resle, ils ont sans doute été frappés dans les ateliers d’Amphipolis, non dans ceux des autres villes. Ainsi le no 59 a élé frappé avec ou pour Philippes #8 (v. nos 145 suiv.), le ne 60 pour Mendé (v. nos 192 suiv.), le no 61 pour Pélagonia (v. nos 205 suiv.), les nos 62-711 pour Acroathon (v. nes 151 suiv.), les nes 72, 73 et 74 pour d’autres villes macédoniennes (v. nes 539 suiv, 601 suiv. et 641 suiv.), le no 75 pour Abdère*® (v. nos 284 suiv.), les nos 76 et 77 pour Mélitée (v. nes 505 suiv.).

Quant à la fabrique la plupart des tétradrachmes qui ont la lettre À ajoutée au flambeau sont d'un travail négligé ‘ou grossier et se rallachent par-là entièrement aux didrachmes de Philippe IT qui portent les mêmes signes. Il en est surlout ainsi de la figure au K., qui souvent pour l’exéculion

18 Amphipolis et Philippes semblent aussi avoir frappé des monnaies autonomes ensemble, v. page 44.

19 Sur ceux-ci l'étoile est le plus souvent placée au-dessus de la lettre ou du monogramme, quelquefois combinée avec celui-ci, comme au n° 70, pourtant aussi dessous. 4 sur le no 71 peut sur quelques exemplaires d’un travail grossier être regardé non comme la lettre, mais comme la pierre pyramidale qui se voit au no 72. Cette pierre a été à tort appelée par Mion-

net, suppl. no 229, le bonnet des Dioscures.

20 L'exemple d'une monnaie autonome frappée par Amphipolis en alliance avec Abdère est cité p. 40 note 5.

est bien inférieure à la tête au droit et ne peut être de Ja même main que celle-ci.?1

Pour ce qui regarde la ville où ont été frappées ces monnaies, les opinions des numismatisles ont beaucoup différé. Quoique Pellerin les eût rapportées à Amphipolis *, Eckhel donna la préférence à Lampsaque en Mysie*, supposant que le flambeau contint une allusion au nom de la ville et que A fût l’initiale de ce nom2; à cause de cette letire il préféra encore à Amphipolis l’île de Lemnos, où la ville d’'Héphestie avait pour type monétaire un flambeau de course. Neumann*® fut aussi d'avis que le flambeau désignât Lampsaque. Sestini, quoique ne s’opposant pas à lopinion d’Eckhel, fit pourtant observer qu’on pourrait aussi penser à Lyncus, ville de Lyncestis, au nom de laquelle le flambeau pouvait faire allusion.#, M. Birch? et M. de Prokesch-Osten # ont suivi Eckhel en adoptant Lampsaque; M. Lenormant de même, quoiqu'en hésitant.*® Il a plu à M. Cousinéry de choisir Larisse en Thessalie.* Dans l’ouvrage de Mionnet ces monnaics se trouvent classées sous le litre: Lampsacus vel Amphipolis? 5

Lampsaque ne peut en être le lieu d'émission, ce qui est prouvé par le fait que le flambeau de course se trouve sur les didrachmes de Philippe Il ensemble avec les mêmes signes ajou-

21 Il fallait souvent faire de nouveaux coins pour le revers à cause des signes qui y devaient être placés, tandis que le droit restait toujours le même; les coins le mieux exécutés du droit furent donc probablement employés, tant qu'ils pouvaient servir, ensemble avec les coins différents du revers, dont la fabrication pouvait quelquefois être confiée à des artistes moins habiles. Cfr p. 8.

%% Rois p.14. 3 Numi vet. anecd. I p. 74; Doctr. n. v. IL p. 102.

%% I] trouva sa supposition confirmée par le type ajouté au no 74, equus marinus alatus; sur ce type voy. plus bas nos 601 suiv.

25 Numi vet. ined. I p. 154. 26 Descr. num. vet, p. 131.

?7 Num. Chron. I p.165 no 13.

%8 Abh. der preuss. Acad. 1845 p. 78 nos 17-18; sous le n° 23 une drachme y est attribuée à Cyzique. .

#9 Num. des rois gr, p.25 ad pl. XV, 8. 30 Voy. en Macéd. I p. 252.

81 Jp. 527, suppl. IT p. 202.

lés par paires, ainsi que sur les monnaies des autres rois de Macédoine dont la domination ne s’étendait pas hors de la Grèce; il ne se rencontre pas même comme type sur les monnaies de Lampsaque, et la fabrique ne permet pas de rapporter les tétradrachmes à aucune ville de l’Asie Mineure occidentale. L'ile de Lemnos appartenait à Athènes, el l’on ne peut supposer que Philippe I y ait frappé monnaie®; il n’existe point de monnaies au nom de Lemnos, et le flambeau qui se trouve sur les monnaies d'Hépheslie est orné d’une ténie et diffère par la forme de celui sur les monnaies des rois de Macédoine et d'Amphipolis. Le type de Lyncus est inconnu, comme il n'existe point de monnaies de celte ville. Sur les monnaies de Larisse et sur celles de Thessalie en général le flambeau de course ne se trouve pas. La raison, pour laquelle on n’a pas voulu d'Amphipolis pour lieu d’émission, provient seulement de Ja letire À au-dessus du flambeau qu'on à cru devoir désigner Île nom de la ville; mais s’il en était ainsi, le T ne serait guère intercalé entre le À et l’emblème de la ville, comme on le voit sur les nos 56-58; le À n’est pas toujours placé au-dessus du flambeau, et on trouve aussi d’autres lettres et monogrammes au-dessus de ce type. Enfin il faut observer, que ces monnaies sont généralement découvertes en Macédoine et surtout près d’Amphipolis. %

Nes 96-103. *

Un bucrâne, ayant les cornes de la même manière différente qu'ici, se rencontre aussi sur les monnaies de Philippe I, et la fabrique des tétradrachmes est celle (classe F) propre aux ateliers de Grèce sous le règne d'Alexandre. Les nes 101-5 ne peuvent êlre séparés de la série précédente comme ils ont les

3? V. Append. $ 3 notes.

33 D’après Cousinéry (v. Eckhel Doctr. n. v. I p.102) et Sestini (Descr. n. v. p. 131).

34 No 98. Munich, Prokesch, 99. Rollin, 100, Paris, Young. 103, Prokesch.

mêmes deux signes ajoulés que sur les nes 33, 36 et 56-58, le A également au-dessus du type de la ville, et que ces signes se trouvent de la même manière réunis sur les didrachmes de Philippe I nes 54, 55 et 57. Le bucrânc aura donc été ou le signe d’une ville voisine dont le monnayage ait été administré par les mêmes personnes qu’à Amphipolis, ou, ce qui semble plus probable, le signe d’un autre atelier à Amphipolis ou un autre emblème de la ville même; en ce dernier cas on pourrait le melitre en relation avec le taureau souvent représenté sur les monnaies de celte ville, et avec le culte de Diane Tauropole auquel la plupart de ses types du temps suivant font allusion. Un bucrâne ayant l’une corne abaissée se voit aussi ailleurs sur des monnaies grecques. %6. Sur la couronne qui entoure le monogramme sur le ne 103, voy. $S 8. Cfr Cardia ne 516 et Nisyros nos 1168-69, île à laquelle appartient peut-être Île statère no 96.

Quelques-unes de ces monnaies se trouvent comme les précédentes chez Mionnet (nes 225-26) sous le titre: Lampsacus vel Amphipolis? Au ne 101 cest ajoutée dans Numism. des rois gr. l'observation: pièce frappée peut-étre dans la Phocide.*t M. de Prokesch-Osten n’a pas reconnu le bucrâne sur les nos 101 et 103, probablement à cause du travail grossier de ces pièces; il l'a pris pour un rhyton et a attribué ces deux monnaies à Lyncus en considération de la lettre A; il rapporte le no 98 à Pella,

55 Dans le Catal. d'Ennery no 15 un statère d'Alexandre le Grand est décrit avec les signes suivants: tête de bélier ayant la corne droile abaissée et la gauche relevée, ei AM< en monogramme. On ne saurait douter que la têle de bélier ne soit le bucrâne, mais il est incertain si le monogremme a été décomposé d’une manière juste.

36 P. e, comme signe sur une monnaie de bronze des Bruttiens de la Grande Grèce. L’abaissement de l’une corne est sans doute motivé par quelque rite de sacrifice.

87 p.28 ad pl. XVI,1, Sur les monnaies de Phocide on ne trouve pas un tel bucrâne, mais une tête de taureau; cfr plus bas no 750.

38 Denkschr, der kais. Acad. V (Wien 1854) p. 243, nos 1, 2 et 4.

Nos 104-114. %

Le trident indique une ville de Macédoine, puisqu'il se voil comme signe sur les monnaies de Philippe Il, de Cassandre el de plusieurs des rois suivants, de même que sur les drachmes ayant la légende MAKEAONON.. Le statère no 109 offre au droit le même monogramme qu’un des statères de Philippell au trident (no 68)%, et la fabrique des tétradrachmes trahit la Grèce. Le trident est employé comme type sur quelques monnaies d’Amphipolis#t, mais non sur celles d'autres villes de Macédoine, et comme la plupart des signes ajoulés au trident se trouvent aussi ensemble avec le flambeau sur les monnaies précédentes Cv. nos 30, 39, 58, 62, 78, 79 et 103), cette suite semble de même devoir être rapportée à Amphipolis. Pourlant, puisqu'il y a deux autres signes pour celle ville et que le trident soit un symbole de mer, le licu d'émission est plutôt la ville prochaine d’Eïon, située à l'embouchure du Strymon, servant de porl à Amphipolis el étant elle-même une place forte d’importance qui dans les guerres précédentes avait soutenu de longs siéges.® Elle devait son origine à

39 No 104. Mus. brit., Berlin, Mionn: no 101. 105. Mus. brit., Mionn. no 120. 106. Turin, Timoni. 108. Prokesch. 109. Mionn. S. no 93. 110. Munich.

111. Sestini Mus. Hederv.no5. 112. Paris, Mus. brit., la Haye. 113. Paris.

49 Le trident ne peut donc pas désigner la ville de Byzance, comme signe de laquelle il est placé sur les monnaies de Lysimaque, car les monnaies de Philippe IT ne peuvent avoir été frappées dans une ville indépendante de ce roi, v. Append. $ 3.

41 Ayant au droit la tête du dieu du fleuve Strymon, Mionn. n° 142 et suppl. no 151 (où la tête est à tort désignée comme celle du dieu du soleil). Les monnaies de bronze au nom des Macédoniens, qni ont la même tête au droit et le trident au B., doivent aussi être regardées comme frappées à Amphipolis, cfr Append. $ 1. Sur une monnaie postérieure d'Amphipolis le dieu Strymon avec le nom ajouté est représenté le trident à la main, Mionn. suppl. no 190. La tête de Neptune, dont le trident était le symbole, se trouve aussi au droit d'un tétradrachme probablement frappé à Amphipolis, v. Millingen Sylloge pl. HI, 23.

42 Cfr Hoffmann Griechenland I p. 214. — Les anciennes petites monnaies d'argent portant au droit un cygne surmonté d’un lézard, au Er, un carré creux, Ont été par quelques numismatistes attribuées à Eïon. Cfr Cab. AI-

Mendé*#; le monogramme sur le statère ne 112 se trouvant aussi sur un statère au signe de Mendé (ne 196), et l'espèce rare de double stalère (no 104) étant frappée dans celle même ville (no 192), on peut en conclure qu’il y à eu une liaison entre la ville dont il s’agit et Mendé.“# Le no 114 est frappé en commun avec la ville d’Acroathon (Uranopolis, v. nes 151 suiv.), située de l’autre côté du golfe.

Plus tard on frappait dans d’autres parties de Grèce des tétradrachmes d'Alexandre portant un trident pour signe, v. nes 884 et 909. {

Trælium. Nes 115-133.

La fleur de balaustium se trouve comme signe sur les didrachmes de Philippe ll, ainsi que sur les monnaies de plusieurs rois de Macédoine, et la fabrique des pièces d’argent indique la Grèce. Des monnaies autonomes de la Grèce ce ne sont que celles de Trælium qui portent celte fleur comme type; on la voit au BH. des pièces de bronze à la légende TPAIAION

lier p. 31; Cousinéry Voy. en Macéd. IT p. 170; Borrell dans Numism. Chron. HE p.138. Ce type est du nombre destypes communs thraco-macédoniens. et se trouve avec diverses lettres qui désignent peut-être des villes différentes (cfr $ 18 note 6), Eïon peut aussi avoir été de ce nombre; elle aura peut-être dans une période antérieure frappé monnaie portant ce type com= mun, ce qui n'empêche pas de supposer que cette ville, comme plusieurs autres, ait eu son propre emblème, dont on se soit servi comme signe monétaire sous les rois de Macédoine.

43 Thucyd. IV, 7.

# Si le trident est le symbole d'Eion, l'atelier monétaire y a probablement été supprimé plus tard et le trident adopté au nombre des types d'Amphipolis; car les autonomes d'Amphipolis qui ont le trident appartiennent à la fin de la période des rois, et sur les pièces frappées par Philippe V et Persée on ne troave plus comme signe le flambeau, mais le gent, comme on le verra par la table des signes.

45 No 115. Paris. 117. Paris, Mus. brit. 118. Prokesch. 119. Mionn.S. no 87. 120. Paris. 121. Paris, banque de Londres, Vienne. 124, Copenhague. 125. Mionn. S. no 248, Mus. Lavy no 1338, 126. Cat. de la coll. de Welzl no 2517 (subær.). 128. Mus. Lavy no 1373. 129-30. Mus. brit. 131. Paris. 132. Mus. brit. 133. St. Pétersbourg.

qui, à en juger d’après la contrée où elles sont surtout trouvées, doivent être attribuées à une ville de ce nom voisine d’'Amphipolis46, et qui d’après la fabrique appartiennent à celte période. Les leltres et monogrammes ajoutés se voient presque tous sur les monnaies précédentes d’Amphipolis, v. nos 29, 40, 56, 81, 94-95 et 95a (suppl). On ne saurait donc douter que celle suile ne soit à altribuer à Trælium. Les numismalistes ont jusqu’à présent sans hésiter rapporté à Rhodes toutes les monnaies d’Alexandre à la fleur de balauslium. Mais les pièces d'argent que nous avons ici réunies sont d’une fabrique qui ne permet pas de les rapporter à une île pres, de la côte occidentale de l'Asie Mineure, et elles portent des. marques s de personnes qui les rallachent à la Macédoine; les pièces d’or ont les mêmes marques, ou offrent le titre de roi qui ne se trouve point sur les monnaies d'Alexandre de PAsie Mineure occidentale ou des îles adjacentes. Tous les tétradrach- Ines qui, d'après les initiales PO placées sous le trône de Jupiter, appartiennent à Rhodes sont d'une fabrique toute différente (cl. VI) et on! devant la figure ou des noms de magislrals écrils en entier, ou un grand monogrammne lrès composé, vOY. nos {154 suiv.

Héraclée Sintique. Nes 134-144. Ÿ La plupart de ces pièces d’argent appartiennent pour la fabrique à la classe [, particulière à la Grèce. La massue se trouve comme symbole accessoire non seulement sur les mon-

46 Elle n’est pas mentionnée par les anciens géographes, mais c’est probablement la même qui est appelée Triullum sur la Tab. Peuting. Sur la situation de cette ville, voy, Eckhel Doctr. n. v. Il p.81, Cadalvene Rec. p. 94, Cousinéry Voy. en Macéd. I p. 196 suiv., Leake Numism. bell. IV p. 108.

47 Les petites monnaies d'argent au même nom qui portent divers autres types sont d’une époque plus ancienne.

48 No 134. Sestini Mus. Hederv. no 9. 135. Prokesch. 137. Gotha, Leake. 138. Prokesch, 139, Wiczay Mus. Hederv. no 2845. 140. Paris, St. Pétersbourg, Cureton. 141. Munich. 142. Young. 143. Munich. 144.

Prokesch.

naies de Philippe IE et de Cassandre, mais encore sur celles des anciens rois de Macédoine“; c’est donc probablement en Macédoine, en dedans des frontières qu'avait ce royaume avani Philippell, qu'il faut chercher le lieu d'émission. Il ÿ avait dans celte parlie de la Macédoine plusieurs villes ayant pour type monétaire une massue, et de même plusieurs villes du nom d’Héraclée5t, auxquelles ce symbole pourrait convenir. Ce qui fait choisir plulôt la ville siluée en Sintique près du Slrymon, qui était la plus considérable de ce nom et dont il existe des monnaies autonomes portant au E. une massue ®, c’est l’analogie entre les marques de personnes ajoutées et celles sur les monnaies des villes précédentes, d’'Amphipolis et de Trælium, “situées dans celte même partie de la Macédoine, cfr nes 139, 14 40

49 D'Archélaüs I, d’Aëéropus et de Perdiccas ITT.

50 Dium, Amphaxus et Heraclea Sintica.

51 Outre Heraclea Sintica encore Heraclea en Lyncestis, v. n°s 205 suiv., et Heracleum en Piérie, v. nos 219 suiv. Le

5 C’est à Héraclée Sintique qu'appartiennent les tétradrachnes ay ant une tête de Minerve au droit et la massue dans une couronne de chène au K&. (Mionn. I p. 477 nos 199-200), que d’autres rapportent à l'Asie Mineure (cfr Mionn. S.IIL p. 78). Ce qui prouve qu'ils sont de cette ville d'Héraciée c'est la parfaite ressemblance avec le B. du tétradrachme des Amphaxiens (Millingen Sylloge pl. I, 24) et avec le R. des tétradrachmes frappés sous les Ro-. mains dans la région I et IT de la Macédoine auxquelles appartenaient et la Sintique et l'Amphaxide; le monnayage d'argent élait naturel dans cette partie de la Macédoine où se trouvaient les mines d'argent, non dans la partie occidentale où étaient situées les deux autres villes de ce nom. C’est en général le même BR. que sur les pièces d'argent de Philippe V et de Persée; la ressemblance avec les grands tétradrachmes des villes de l’Asie Mineure occidentale provient de ce qu'ils sont tous de la même période (cfr p. 77-78). C'est probablement aussi à Héraclée Sintique que sont frappées les monnaies de bronze portant au droit la tête de Neptune, au R. la massue dans une couronne de chène, avec la légende MAKEAONSGN et des monogrammes exprimant le nom d'Héraclée (v. Mionn. [ p. 453 no 16, S. III p. 2 n° 10, Catal. de Welzl no 1763); car la tête de Neptune se voit aussi sur le droit d’un tétradrachme frappé dans la région I à laquelle appartenait la Sintique (Millingen Sylloge pl. I, 23). Du reste comme il y avait tant de villes grecques du nom d'Heraclée, il est difficile de décider lesquelles des autonomes de bronze portant ce nom et une massue appartiennent à cette ville. Sur les petites pièces d'argent avec le cygne pour type, rapportées par Pellerin et Eckhel à Héraclée Sintique, voy. note 42.

es Ne

et 142 avec les nos 81, 83, 95, 121-23 et 129. Celte supposition est confirmée par une pièce d'argent de Philippe II (ne 81) sur laquelle les lettres HP en monogramme sont ajoutées à la imassue, et par un didrachme autonome de Philippes qui a au K. à côlé du trépied une massue et HPA.S Héraclée Sintique élait une ancienne ville, fondée par Amyntas, fils de Philippe, frère de Perdiccas 11%; l’explicalion de la massue comme symbole de celte ville s'accorde donc très bien avec le fait qu'elle sé trouve déjà comme signe accessoire sur une monnaie d’Archélaüs, successeur de Perdiccas IT.

Il existe d’autres monnaies d'Alexandre avec la massue lesquelles, d’après la fabrique et les signes ajoutés, doivent avoir été frappées en Asie, v. nes 1058 suiv., nes 1297-98 el 1311.

Philippes. Nos 145-147.

La fabrique du tétradrachme indique la Grèce. Le trépied se rencontrant comme signe sur les monnaies de Philippe If, de Cassandre et de plusieurs des rois de Macédoine, et en même temps sur les drachmes à la légende MAKEAONON, c’est en Macédoine qu'il faut chercher le lieu d'émission. Ce ne peut être que la ville de Philippes qui avait un trépied pour type sur le K. de toutes ses monnaies, en or, en argent et en bronze. Ce fut au voisinage de celte ville que se trouvaient les mines des montagnes Pangées dont l’exploitation, suivant Diodore*, avait déjà fourni à Philippe Il de quoi faire frapper monnaie.

Il y a des létradrachmes d’une fabrique entièrement diffé-

55 Cfr p. 42 note 13. 5% Steph. Byz.

%5 Quelques-unes des monnaies ci-dessus mentionnées ont été rapportées par M. de Prokesch-Osten à Amphipolis, dans Denkschr. der kais. Acad. V (Wien 1854) p. 243 nos 17 et 19 (sur le no 20 v. plus bas notre n° 634); mais la massue ne sé voit que sur des monnaies de bronze postérieures de cette ville parmi beaucoup d’autres types.

-56 No-145. Berlin, Munich, Copenhague. 147. Mad. Mertens-Schaffhausen, Cat. of Borrells coll, no 76.

57 Hist, XVI,8 Cfr note 16 et Append. 2.

rente de celle du ne 146, qui doivent avoir été frappées dans l'Asie Mineure occidentale à une époque postérieure, voy. nes 1151-52.

Acanthe. Nes 148-150. Ÿ

Uue roue est le type des monnaies d'argent el de bronze

d’Acanthe qui d’après la fabrique appartiennent au commence-

ment de l'époque de la dominglign macédonienne.* La fabrique du no 148 (classe I) étant propre aux ateliers en Grèce sous le règne d’Alexandre, et la fabrique du ne 149 convenant aussi à une ville des provinces européennes, il est probable, qu’Acanthe soit le lieu où ces monnaies ont élé émises. Les pièces d'Alexandre portant ce symbole sont rares,.mais de Philippe HE il y en à un plus grand nombre de différentes espèces et avec diverses lettres et monogrammes qui ont la roue représentée de côté, comme au ne 149.

M. de Prokesch-Osten a rapporté le n° 148 à Mésembrief®

dont les monnaies ont la même roue que celles d’Acanthe; mais

il n'existe point de tétradrachmes de cette fabrique provenant des villes pontiques de la Thrace septentrionale (v. nos 402-498),

qui wont guère commencé à frapper des monnaies d'Alexandre

qu'après sa mort (v. p. 64 et 74-75). Selon toute probabilité Mésembrie est désignée par un casque sur les monnaies d’Alexandre (v. nos 434 suiv.), mais il n’ÿ a aucun autre signe qui puisse convenir à Acanthe.

Acroathon. (Uranopolis.) Nos 151-178. (!

Une étoile, à plus ou moins de rayons, se trouve comme

58 No 148. Prokesch.. 149. La Haye. 150. Leake, Mus. Lavy no 1341.

5% Les autonomes d'Acanthe qui ont le lion et le taureau pour types sont

d’une période plus ancienne; au 4me siècle la roue semble avoir remplacé ces types sur les pièces d'argent (v. p. e. Cadalvène Rec. pl. 1, 22-23). Cfr p. 107 note 6 et Therma note 91.

60 Denkschr, der kais. Acad. V (Wien 1854) p. 244 no 33.

61 No 151. Mus. brit., Mionn. S. no 88. 152, Paris. 153. Couvent des Méchi-

signe sur les monnaies de presque tous les rois de Macédoine depuis Philippe IT jusqu'à Persée (surtout fréquemment sur celles de Cassandre), et sur les drachmes au nom des Macédoniens. De même que les monnaies de Philippe I et HIT signées de ce symbole se rattachent par divers signes ajoutés à d’autres pièces frappées en Macédoine, de même les signes ajoutés sur les monnaies d'Alexandre renvoient à la Macédoine, nommément à la partie sud-est de cette province. Ainsi les-lettres et les monogrammes sur les nos 157-6067, 161-62, 164, 170-72, 177 et 178 se trouvent aussi sur les pièces précédentes de Trælium (nos 119, 120, 124 et 125) et d’Amphipolis (nos 43, 56, 91-93), et l’on voit par les nos 62-70 et 114 qu'à Amphipolis on a souvent frappé monnaie avec la ville désignée par léloile. Aussi le monogramme sur le no 163 appartient à la Grèce septentrionale, v. nos 770 suiv. Les nos 167-68, 170 et 178 sont du même atelier monétaire que les pièces de Philippe IL signées de l’éloile, ce qu’on voit par les lellres et monogrammes correspondants, voy. Philippe Il nes 97, 98 et 100. La fabrique des pièces d'argent convient à la Grèce.

La seule ville de Macédoine qui eût pour type une étoile, ce fut Uranopolis; au Br. des monnaies de cette ville une étoile, ou associée au signe de la lune, ou sans ce signe, est la représentation conslante qui est en rapport avec la déesse qu'on voit au droit, probablement Vénus Urania, La fondation d’Uranopolis, située sur le sommet d’Acté ou du mont Athos, est altribuée à un frère de Cassandre; mais en considérant l'in-

taristes à Vienne, Curt. 154. Gotha. 157, Mionn. S. no 124. 158. Mus. brit,: 160. Prokesch, 161. Paris. 164, Mus. brit., Prokesch. 165. Vienne. 166. La Haye. 167. Mus. brit. 168. Dantziger. 169. Mus. brit. 170. Longpérier Deser. du cab. Magnoncour n° 238. 171. Fox. 172. G. van Bockhel. 173. Becker. 174. Copenhague, Mionn. S. n° 126. 176. La Haye. 177. Vienne. 178. Paris. ;

62 [1 est aussi possible que la lettre À sur ces n°s soit l’initiale du nom de la

ville.

63% Athénée III, 20 p. 98.

dication du site de celte ville et la signification de son nom on est porlé à supposer, qu’elle n’ait pas été construite de neuf, mais qu’elle se soil élevée par l'élargissement ou la reconstruclion d’une ancienne ville siluée au même endroit, sans doute d'Acroathon (Akrothon, Akrothoon).$% C’est donc celte ville où sans doule furent frappées les monnaies des rois de Macédoine qui sont signées de l’éloile. Plusieurs des pièces d'Alexandre sont probablement battues dans la nouvelle ville sous Cassandre, p. e. le no 164 dont le monogramme aussi sur les monnaies de Cassandre est associé à l'étoile, et les nos 1467-69, les monogrammes MO et ZA (écrit perpendiculairement comme ici) se trouvant aussi sur les drachmes au même symbole de Philippe I. |

Pour les nos 1792-76, qui d’après les signes ajoutés sont frappés en commun avec d’autres villes, voyez nos 205 suiv. el nos 238 suiv.; cfr aussi Cardia nos 317-18.

Il y a d’autres monnaies d'Alexandre ayant une étoile, lesquelles par différentes raisons il faut attribuer à d’autres. villes dans une époque postérieure où les pays d'Alexandre élaient soumis à différents souverains, voyez nos 409 ect 450 d’Odessa,

nos 898 de Sicyon, nos 925 suiv. de Coloné en Troade et nos

64 Comme d’autres villes sous les rois de Macédoine dans cette période: Cassandrée, Phila, Démétrias.

65 Strabon VII Exec. 16: êyer de 0 "ADwy £ nolas ...."Axpodwovss avrn À 7100 TA xoovyn toù AFwvos xsirau. Cfr Hérod. VIT, 22; Thucyd. IV, 109. Mela IE, 10: in summo (monte Athos) fuit oppidum Acroathor. Plin. IV, 17: Oppidum in cacumine fuit Acrothon; nunc sunt Uranopolis . ... Cfr Hoffmann Griechenland 1 p. 121, Forbiger Handb. der alten Geogr. IT p. 1065. Îl n'existe point de monnaies au nom d'Acroathon; mais l’étoïle paraissant se trouver en rapport avec la situation au sommet d’Athos, comme plus rapprochée du ciel, et avec le nom de la ville, il est probable qu’elle ait aussi été l'emblème d'Acroathon. Ceci est confirmé par des monnaies d’autres villes grecques construites sur les fondements de villes anciennes; c’est ainsi que sur les monnaies de, Thurium on adopta le taureau de la ville détruite de Sybaris, sur les monnaies de Tauromenium la tête de Bacchus de la ville de Naxos, sur celles de Démétrias la prouc de Magnésie (cfr $ 24 Magnésie notes) etc.

1414 suiv. de Sidon. Les nos 155 et 170 ont été rapportés par M. Longpérier 6 à Odessa et le no 164 par M. de Prokesch Osten$7.à Tomi; mais la fabrique ne permet pas de rapporter ces pièces à la Thrace seplentrionale, et les marques de personnes ajoutées les raltachent, comme nous venons d'observer, à la Macédoine.

Apollonie et Acroathon. No 179.65

Une fourmi ne se trouve comme lype sur des monnaies grecques que sur une pièce d'argent trouvée dans le dernier lemps, ayant au [ÿ. la légende AFMOA dans un carré divisé en quatre parlies, et à juste titre attribuée par l'éditeur, H. P. Borrell, à Apollonie en Macédoine. ® Il existait trois villes macédonicnnes de’ce nom, la première près d’Olynthe, une des plus grandes cités de la ligue chalcidique Ÿ, la seconde en Mygdonie sur la route d'Amphipolis à Therma, la troisième sur le mont Athos®i. Borrell a attribué la monnaie en question à la première ville dans la Chalcidique, mais elle peut à aussi forte raison étre allribuée à une des autres. Le stalère d'Alexandre ne peut être d’Apollonie près d’Olynthe, cette ville ayant été détruite par Philippe 1.7? La fourmi se trouvant ensemble avec l'étoile qui, d’après ce que nous avons démontré, désigne Acroathon, il est probable que cette pièce ait été frappée en commun par les

deux villes sur le mont Athos.®

66 Cab. Magnoncour nos 237-38.

67 Denkschr. der kais. Acad, V (Wien 1854) p. 243 no 28.

68 No 179. Vienne, St. Pétersbourg.

69 Num. Chron. XI p.57 no 3. Un semblable carré divisé en quatre parties offrant les quatre premières lettres du nom se rencontre sur des monnaies de villes dans le sud-est de la Macédoine: Acanthe, Trælium et Tirida,

20 Xenoph. Hist. gr. V, 2,11 et V, 3,1.

71 Pline IV, 17, cfr note 65. 73 Demosth. IT Phil. p. 117, 20.

73 Un statère de Philippe I qui a pour signe la partie antérieure d’une peau de lion est probablement frappé à Apollonie en Mygdonie, voy. Append. o no 90.

ps

"ASE.

Téroné. Nes 180-181."

Comme ce monogramme composé de TE se rencontre sur | les didrachmes de Philippe IT et sur les monnaies des rois postérieurs de Macédoine, ordinairement seul, il y a lieu de croire qu’il indique le nom d'une ville, et conséquemment d’une ville de Grèce, à laquelle appartient aussi la fabrique. On ne saurait donc penser qu’à Téroné, ville la plus importante de Ja péninsule chalcidique de Sithonie, qui avait donné son nom au promontoire et à tout le golfe, Le nom de cette ville, écrit par les anciens auteurs Toroné (TOPONH), mais toujours sur ses monnaies dans le dialecte éolien ® des habitants Téroné (TEPO, TEPONAIÏON), est exprimé par TE sur les monnaies d'argent qui précèdent de plus près la période de Philippe et d'Alexandre.

Aphytis. Nes 182-189.

Un aigle debout et la Lête de Jupiter AmmonT sont, comme on le sait, les Lypes ordinaires des monnaies d’Aphytis; Ammon élait le dieu tutélaire de cette ville et y fut adoré par préférence. ®. Les lettres TI qui se trouvent avec l'aigle sur les nos 4185-86 forment une marque de magistrat qui se rencontre souvent sur les monnaies d'Alexandre (v. nos 794 suiv.) et de Philippe HT Cv. pl. XXVII nes 5-9, 17, 33 et 53) frappées en Macédoine. ? La feuille de lierre ajoutée à la tête d’Ammon sur le no 189 est le signe d’une autre ville macédonienne (v. nos 243 suiv.)

74 No 180. Paris, Rollin. V, la table de suppl. no 181 a,

Comme sur les monnaies de la ville béotienne d'Orchoménos le nom est écrit

avec ÆE au lieu de O pour première lettre.

76 No 183, Paris, Copenhague. 184-85. Mus. brit. 186. Berlin, Prokesch, Kock. 187. Paris. 188. Mionn. no 384. L |

Sestini, Mus. Hederv. Alexander M. n° 152, a appelé cette tête à tort caput

Bacchi Indici.

Pausan. IL, 18: ’4guraior nuocr "Auuwra oùder 56607, ÿ où Auuw»i0r

AiBvwr. Cfr Plutarque Lysandre c. 20.

Le n° 186 à été rapporté par M. de Prokesch Osten à Tium en Bithynie.

Abhandi. der preuss. Acad. 1845 p. 78 no 30.

et se voil aussi comme type accessoire sur une des monnaies autonomes d’Aphylis®, peut-être de la même signification Ccfr p. 42 nole 13). La fabrique des tétradrachmes est celle de la Grèce.

Scioné. Nos 190-191. 5

Un casque représenté comme sur ces deux no se lrouve aussi sur les monnaies de Philippe I (nos 106-7). Comme un casque de la même forme archaïque qu’au no 190 est le type des monnaies d'argent et de bronze de’ Scioné®? qui semblent appartenir à la période précédente, on ne peut hésiler à altribuer les pièces en question à cette ville, la plus importante de la péninsule de Pallène avant la fondation de Cassandrée #.

Il est bien possible que c’est à Scioné qu’il faut rapporter quelques-unes des monnaies qui portent un casque à panache semblable à celui du no 191, et qui sont ci-dessous classées à Mésembrie parce qu’il est difficile de les séparer d'une suite appartenant sans doule à celle ville pontique. Le présent téiradrachme ne peut pas être de Mésembrie, ce que montre la fabrique qui est celle propre aux villes de Grèce sous le règne d'Alexandre, car ni sous celui-ci ni sous Philippe I la monnaie macédonienne n’a probablement élé frappée à Mésembrie - Cv. p.64 et Append. $3); il se distingue aussi des autres tétradrachmes rangés à Mésembrie par ce qu'il ne porte point le titre de roi.®t

80 Mionn. suppl. no 319. 81 No 191. Prokesch, Leake.

82 Sestini Descr. di med. gr, di piu musei (1828) I p, 43-44; Gerhard Archäol. Zeit. 1847 Taf. X,1. La monnaie rapportée par Cadalvène, Rec. des méd. gr. pl. IT, 1, à Scotussa, est de Scioné, I ayant été lu comme T.

88 Cfr Mendé note 86.

84 Un tétradrachme offrant un casque et Æ a été attribué par M. de Prokesch Osten à Scioné, v. Denkschr. der kais. Acad. V (Wien 1854) p. 244 no 23. Mais ce casque ressemble plus à celui des nos 1488 suiv. de Séleucus. La forme du casque n'étant pas assez distincte, cette piece n’est pas adoptée sur les tables.

Mendé. Nos 192-196.°

Un canlhare se trouve comme signe sur les monnaies de Philippe II et sur celles de bronze au nom d’Alexandre frap- à pées en Grèce (v. la table des signes, F), pays qu’indique aussi la fabrique des pièces d’argent.®6 Comme le monogramme sur le statère n° 196 se trouve sur les monnaies d'Alexandre de Pella (no 5) et d’Amphipolis (ou d’Eion nes 78-79 ct 112), et que le no 492 offre un distatère comme il en existe de ces deux villes (nos 4 et 104), le lieu d’emission doit être cherché par préférence en Macédoine. Mendé, ville commerciale importante près de Scioné, était renommée pour la bonté de ses vins®7 et avait des types bachiques sur ses monnaies; au nombre de ceux-ci un canthare de la même forme que celui sur les pièces présentes se trouve sur le revers des pelites pièces d'argent ®, et sur les grandes Silène le porte dans la main,

Il y a un télradrachme avec un canthare d’une fabrique entièrement différente de celle du ne 194, qui apparlient sans doute à Téos, voy. ne 1005. M. Ch. Lenormant fait observer que le distatère no 192 peut être frappé dans celte ville®, mais il n’est pas probable que les villes ioniennes aient émis des monnaies d'Alexandre en or (cfr p. 114).

Therma. (Thessalonique.) Nes 197-204. *

La lellre © se trouve sur les anciennes monnaies d’argent

8% No 194. Munich. 196. Copenhague.

S6 Les signes de Scioné et de Mendé ne se rencontrent pas sur les monnaies des rois suivants de Macédoine; cette absence s’explique par ce que la ville de Cassandrée, fondée par Cassandre à l'endroit où Potidée avait été située auparavant et s'étant accrue rapidement, attira la population des villes voisines qui tombèrent en décadence. Dans Tite-Live XXXI, 45 Mendis (c’est ainsi que Mendé se nomme aussi chez. Steph. Byz.) est appelé marilimus hujus civitatis (9: Cassandreæ) vicus.

87 Les passages des anciens auteurs, qui font l'éloge du vin de Mendé, sont cités par Eckhel Doctr. n. v. Il p. 72.

88 V, Cadalvène Rec. pl. I, 26; Gerhard Archäol. Zeit. 1849 Taf, IX, 3.

89 Num. des rois gr. p.21 ad pl. XI, 1.

9%0 No 198. Mus. brit., Leake, la Haye. 199. Vienne, Munich, Cat. of Borrells

de Macédoine à divers types communs sans nom°!, sur les monnaies de Philippe-Il de différentes espèces, sur les monnaies de bronze au nom d'Alexandre frappées en Grèce (la rubr. F de la table), sur celles de Cassandre et dAntigonus 1; elle est placée seule sur toutes ces pièces, excepté sur celles de Cassandre, qui ont un monogramme ajouté; il y a donc quelque raison de regarder cette lettre comme signe d’une ville que par conséquent on ne saurait chercher hors de la Macédoine. Il en est de même de la Victoire volante. Celle-ci se voit aussi sur les monnaies de Philippe II Cno 119), et le caducée qui est associé à celte figure sur les nos 201-4 désigne sans doute une ville de l’ancienne Macédoine, ainsi qu’il sera demontré dans l’article suivant. La fabrique des tétradrachmes est particulière à la Grèce ou y convient parfaitement, et plusieurs des pièces marquées de la lettre © sont de la même fabrique que celles qui portent la Victoire. Comme le © se irouve ensemble avec la Victoire sur les nes 198 et 201, et que sur le dernier ne sont encore ajoutés un symbole et une lettre qui paraissent aller ensemble comme type et nom de la même ville Cv. larticle suivant de Pélagonia), ceci fait soupçonner que le © soit l’iniliale du nom de la ville désignée par la petite Vicloire. Tout cela engage à supposer que le lieu d’émission indiqué par ces deux signes soit l’importante ville sur le golfe thermaïque, appelée d’abord Therma, ensuite Thessalonique; aucun autre signe sur les monnaies des rois de Macédoine ne convient à celle ville où il faut cependant présumer qu’il y ait cu un atelier

coll. no 54. 200. Paris. 201. Leake. 202. Paris, Fox. 203. Stockholm, Prokesch, Rollin. 204. Mionn. no 438.

Sur les monnaies avec le bouc agenouillé, le taureau agenouillé, le taureau succombant au lion (Mionn. S. III pl. IN, 4 et 7). Cfr p. 107 note 6. Une pièce d'argent du cabinet de M. de Prokesch, ayant au droit le taureau agenouillé, a été rapportée à Therma dans Gerhards Archäol. Zeit. 1849 Taf, IX, 8 et Denkschr. d, kais. Acad. V p. 238 Taf. I, 18, dans la supposition que le revers en offrê la lettre @ de forme archaïque; mais c'est plutôt une roue qui est représentée au BR. (cfr Mionnet pl. LI, 8), de sorte que cette monnaie appartient à Acanthe.

monétaire sous ces rois:® Une Victoire se trouve souvent parmi d’autres types sur les monnaies postérieures de Thessalonique, surlout de la période romaine. ® Si déjà sous Philippe Il Therma a reçu le nom de Thessalonique à Poccasion d’une victoire remportée sur les Thessaliens, ce que rapportent plusieurs anciens auteurs, c’est sans doute par celte raison et avec allusion:au nom que cette figure aura été choisie pour signe sur les monnaies de Philippe frappées dans cette ville. Si avec d’autres auteurs on préfère de supposer que le nom de Thessalonique ait élé donné à la ville par Cassandre d’après son épouse, : le : type de la Victoire sur les monnaies postérieures de Thessalonique peut encore contribuer à confirmer l'attribution à Therma des monnaies de Philippe et d'Alexandre qui ont ce signe, puisque dans une période postérieure, surtout sous la domination romaine, on cherchait les types monétaires dans l’ancienne histoire des villes et adoptait leurs vieux emblèmes.°

D’après ce qui a été allégué, les nos 201-4 sont frappés. à Therma de commun avec Pélagonia dont nous allons parler; les nos suivants 214-15 se rattachent à ces pièces. Cfr nes 818- 19 note.

Un des tétradrachmes ayant le © (ne 197) a aussi été attribué à Thessalonique par M. de Prokesch-Osten.® Sur d’autres pièces qui ont été rapportées à celte ville par MM. Sestini, Arneth et Prokesch-Osten, voyez nos 549, 445, 259 et 882. Les pièces d'Alexandre ayant pour signe une Victoire marchante semblent être de Laodicée, v. nes 1347 suiv.

92 Il n’existe point de monnaies autonomes au nom de Therma (cfr note 91), et seulement des piéces de bronze à celui de Thessalonique; ces dernières semblent d’après la fabrique dater du temps des rois postérieurs et de la période romaine.

Mionn. S, nos 794-97 et fréquemment sur les monnaies impériales.

Eckhel (Doctr. n. v. IL p.77) laisse indécise l’origine du nom-de Thessalonique. Tafel (De Thessalonica ejusque agro) et d’autres auteurs modernes présument que le nom ait été introduit sous Cassandre.

%5 Denkschr. der kais. Acad. (Wien 1854) V. p. 243 no 103.

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