XIII
$ 28. Incertaines des parties précédentes de la Grèce . . . 2141,
$ 29. La Péloponnèse, les îles de la mer Egée et Crète. . 218.
B. L'Asie Mineure occidentale.
e $ 30. La Mysie, la Troade et l'Eolide avec les îles voisines 233.
Shot Lilionérarec lestflés "voisines... ., . 2.1. #1. 242. SM2.2La Carie avec-les îles voisines. 77. 9 CARE . 254 $ 33. La Phrygie, la Pisidie et la Pamphylie . . ,..... 261. $ 34. Incertaines de l'Asie Mineure occidentale . .. . ... 211:
C, Les autres pays asiatiques et l'Afrique.
Si re CU AS TONNES 2 NACRE :) LEE PÉRELEE Se SSSR ER 274. SR AR CIRE TE ee RL Re PER LOT: 247.
$ 3% La Syrie, la Phénicie et la Palestine . . . . . ...-. . 286. $ 38. Les pays précédents sous la dominalion séleucide . . 341. PA Os A MR M ans nn uen og 319.
D. Incertaines.
$ 40. Monnaies incertaines à petits types . . . ... ... .. 922. $ 41. Monnaies incertaines à monogrammes et à lettres . . 326.
Appendice,
Monnaies de Philippe IL. |
$ 1. Types et espèces de monnaies. :.. . . . .. . . . «1999; $ 2. Raisons pour attribuer les monnaies précédentes à
IT D ON IR RS PR TNT)... RARE 330 $ 3, Dans quels pays et villes doit-on supposer, d’après les relations historiques, que les monnaies de Philippe IT
aientaélé frappées sSouS.son règne ‘. . . . 10 5, 362.
Page Sur les philippes frappés dans une époque postérieure et sur les imitations barbares ...,. . . . . . . . .. 9371. CHASSIRCAUOD D 00e NE UN RES 379.
Monnaies de Philippe III.
Types et espèces de monnaies. , ..........,.. 387. Classification SRE EN ICEIN à ici 22 390.
Les monnaies
d'Alexandre le Grand.
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Types et espèces de monnaies.
Sr Monnaies ordinaires d'Alexandre.
Les monnaies d’or ont au droit la tête de Minerve, au revers la Victoire debout, une couronne dans la main droite étendue, un bâton de trophée ou quelque autre attribut au bras gauche.
Le statère!” était la pièce d’or ordinaire. Quelquefois onfrappait aux mêmes types des distatères, v. nos 1, 104, 192, 639 et 1369, des hémistatéres, v. nes 150, 294 et 396, et des quarts de statère, v. nes 578, 585 et 761. 6
Le poids des statères est de 8,5-8,6 grammes, en proportion duquel sont les autres espèces. Le statère d'Alexandre, comme celui de Philippe II, était de la même valeur que le darique d’or perse, qui auparavant avait été la monnaie * d’or en cours dans les états grecs et qui s’accordait avec le système altique en pesant à peu prés deux drachmes d’or attiques. ? ‘Il fut appelé ?41e£ar0dosoc .
1 Un s{atère était de deux drachmes, et s'emploie aussi d'une pièce d'argent. Dans la suite le statère signifie toujours la pièce d’or, tandis que la monnaie d'argent de deux drachmes, qu’on ne rencontre que rarement, est appelée didrachme.
? V. Bocckh Untersuchungen über Gewichte, Münzfüsze und Masze des Alterth. p. 129 suiv.
3 Pollux IX, 59.
Les monnaies d’argent ont pour types communs, au droit la tête d'Hercule coiffée de la peau de lion, au B. Jupiter trônant, l’aigle sur la main droite étendue, la gauche appuyée sur le sceptre. L
Les espèces ordinaires des monnaies d'argent sont le tétradrachme et la drachme. Quelquefois on rencontre le triobole v. nos 118, 675, 1274, 1281, 1365, 1476, 1493, 1497, 1501, 1548, 1694, et lobole v. nos 246, 574, 676, 1357, 1398-99, 1623, 1695 -96, rarement le éridrachme p. e. no 1146, et le didrachme v. nos 588, 593 et 674, une seule fois le décadrachme v. no, 669.
Les monnaies d’argent sont frappées d’après le système attique, introduit par Alexandre au lieu de celui d'Egine qui se trouve dans les monnaies d’argent de Philippe Il, et qui avant Alexandre était le dominant en Macédoine et dans la Grèce en général, à l'exception d'Athènes et de Corinthe.” Dans ce système. monétaire le tétradrachme élait la monnaie principale comme le didrachme dans celui d’Egine; les létradrachmes et les drachmes d'Alexandre remplaçaient ainsi les didrachmes et les dioboles de Philippe 11. Les tétradrachmes pèsent en général 16,5-17 grammes ©, et les soudivisions en proportion. Dans le poids des monnaies d'argent il se trouve une variation assez considérable et plus grande que dans celui des monnaies d’or.
Les monnaies de bronze ont pour types, au droit la lête d’'Hercule coiffée de la peau de lion, au K#. les armes d’Hercule, la massue et l’arc avec son étui. Elles varient pour la grandeur et le poids, mais les espèces ne peuvent être distinguées avec cerlitude. ?
4 Y, la note à ce no $ 32. 5 Ÿ. Boeckh Î. c. sect. VII et IX.
6 V. plus précisément sur le poids des tétradrachmes la fin du Ç 2.
7 Les monnaies de bronze grecques, ayant une valeur bien supérieure à celle du cuivre, doivent plutôt être regardées comme une espèce de signes représentatifs que comme des monnaies réelles, et par cette raison il ÿ avait probablement beaucoup d'arbitraire et de négligence dans ce monnayage, pour lequel il nous est impossible de découvrir aucun systême fixe La valeur des piéces de bronze ou leur rapport à celles d'or et d'argent n'étant d'ail-
ré
Variétés des monnaies précédentes.
Les monnaies d'or.
La tête de Minerve offre des traits différents. Les cheveux pendants par derrière sont tantôt arrangés en tresses, tan- Lt tombant librement, quelquefois noués au milieu. Le casque a ordinairement trois panaches, et sur le côté il est le plus souvent orné d’un serpent, quelquefois d’un griffon courant, rarement d'un sphinx !; on le trouve aussi sans aucun ornement *?.
La Victoire est représentée tantôt s'avançant, tantôt plus en repos. C'est en général un bâton pour y suspendre un trophée” que la déesse tient au bras gauche. (Ce bâton est tantôt long, appuyé sur la terre, tantôt court, porté au bras, et la partie supérieure en est différemment formée. La barre transversale est ordinairement placée près de la pointe, quelquefois plus bas, ce qui produit une croix; elle a en général une pointe relevée à chaque bout; quelquefois on voit un cordon court pendant de ces pointes; voyez les figures sur la planche 11, 15. Sur quelques pièces ° les extrémités de la barre transversale sont réunies par un cordon à la pointe du bâton, v. fig. 16; sur d’autres 6 la barre transversale est pourvue d'une frange, v. fig. 17; on trouve enfin les bouts de la barre ornés de Victoires ?, v. fig. 18. Il est probable que ces derniers soient plutôt à regarder comme des guidons ou des enseignes. Peut-être
leurs pas le même dans les différents lieux @ temps, il existe une grande incertitude sur les noms qu’il faut attribuer aux pièces de différente grandeur. Cfr Boeckh 1. c.. sect. XXIV-XXVL
1 P.e. no 1562. 2 P.e. nos 1322, 1373, 1413 etc.
8 Cfr M. Lenormant dans Numismatique des rois grecs p. 21.
4 Une telle croix se trouve comme signe de ville sur le tétradrachme d’Alexan= dre n° 1257, et sur les monnaies de Sidon elle est souvent tenue par la déesse de la ville (ou Astarté) debout sur le vaisseau, v. Mionn. V p. 371 nos 221 suiv., p. 373 n° 241; suppl. VIIL p. 49 n° 253, p. 263 no 109.
5 P.e. sur les nos 192, 652, 1415. G P. e. sur nos 596 ct 661.
7 P.e. sur n° 206.
aussi que quelquefois, la barre transversale étant longue ct placée très obliquement, on a voulu représenter un mât avec sa vergue.® Sur quelques monnaies ce semble être le trident ”; symbole de la mer, que tient la Victoire. Enfin la Victoire se trouve quelquefois représentée tenant une palme t, et un sceptreft.
Quant à l’exéculion artistique il y a une grande différence entre les statères; cependant ils sont plus souvent d’une exécution belle que médiocre, comme en général on soignait les coins des monnaies d’or. Îl est assez rare de trouver des statères d'Alexandre d’un travail grossier ou mauvais.
Les monnaies d'argent.
Ces monnaies surpassent de loin les monnaies d’or par le nombre et par la multiplicité des signes; elles sont aussi plus variées par rapport aux images des deux divinités, aux légendes, à la technique et au poids. Une recherche attentive prouve, que ces variations se trouvent en rapport intime avec les lieux et les lemps différents où ces monnaies sont frappées et qu’elles sont d’imporlance pour les délerminer. Dans le suivant il faut donc continuellement avoir égard au caractère spécial des monnaies d'argent fondé sur ces variations; pour le désigner plus facilement, les variations sontici rapportées à des classes auxquelles nous renverrons dans la suite de cet ouvrage. Les particularités caractéristiques étant plus marquées dans les létradrachmes que dans les drachmes, ce sont ceux-là qui seront surtout pris en considération. Les planches I et II offrent des tétradrachmes des différentes classes.
. . Lé . L LE "8 Le mât muni d'une voile, que sur Jes monnaies d'Histiée la nymphe locale
(la ville personnifiée) assise sur un vaisseau tient devant elle, est de la même forme. : Sestini nomme une fois pour toutes l’objet que tient la Victoire: malus cum antenna transversa, dans Descr. del mus. Hedervar. I p. 123 no 1. Comme sur les monnaies béotiennes. Eckhel croit qu’en général la Victoire sur les monnaies d'Alexandre a été représentée avec le trident comme symbole des victoires d'Alexandre au-delà de la mer, v. Doctr. n. vet. II p. 97. 10 Comme sur nos 8, 506, 1131 et 1306. Cfr. Cab. Allier LM
11 Sur des statères sans aucün signe à Vienne et à St. Petersbourg.
Classe I. A cette classe appartiennent les tétradrachmes de la plus forte épaisseur et conséquemment de la plus petite circonférence. Les images des deux divinités sont exécutées dans un style assez sévère rapprochant de l’archaïque. La têle d'Hercule ressemble à celle qui se trouve sur un nombre de monnaies macédoniennes de la période précédente, el diffère en général de celles qu’on voit sur les pièces des classes suivantes; la crinière de la peau de lion est formée de courtes touffes pointues, rangées en lignes régulières. La pose de Jupiter esl raide, la jambe droite étant visible devant la gauche; la main droite élendue montre toute la paume; la laille de la figure est en général lourde el comprimée. Le trône est un siége sans dos et sans escabelle. L’exécution est grossière; le relief se détache assez du champ, mais il est traité d'une manière plus plate que sur les monnaies des trois classes suivantes. Il s’y trouve fréquemment un seul signe, rarement plus de deux, ct jamais des noms. Le nom d'Alexandre est plus souvent placé en ligne arquée qu’en ligne droite; le titre de roi n’est pas souvent ajouté; où il se trouve, il forme une courbe en continuation du nom. Quant à la forme des lellres, on y voit ordinairement =, rarement Æ, le plus souvent + au lieu de O (comme sur les monnaies de Philippe ID), toujours £ au lieu de 3.
Classe If. Ceux de celte classe ressemblent aux précédents pour l’epaisseur et sont aussi d’un style artistique assez sévère; mais ce style est pourtant plus noble, et le travail est plus soigné. Le Jupiter trônant semble êlre une copie d’une autre image de temple {? que celui sur les monnaies de la 1ère classe. La pose des jambes du dieu est à la vérité la même, mais la figure est plus dégagée, et si quelquefois elle est comprimée, ceci semble dû à une accommodation à l’image de la
12 Probablement de Jupiter Tarse, v. $ 16, cl. IT note, comme la figure sur les monnnaies de la 1ère classe est une copie de Jupiter Bottiée, v. $ 3 p. 12.
Aère classe.!3 Les jambes du trône, qui est aussi sans dos, sont munies de deux boutons ou boules, et ont au bas un ornement très saillant qui ressemble au calice renversé d'une fleur. Il y a souvent un escabeau sous les pieds du dieu. La tête d’'Hercule r’est pas très différente de celle de la 1ère classe. La légende est placée comme dans la classe précédente, mais elle offre ordinairement Æ et o au lieu de = ete .
ClasselIÏl. Cette classe forme la transition aux suivantes par le travail artistique. L’attitude de Jupiter est la même, la jambe droite devant la gauche; mais le style est plus libre et plus beau. Les têtes d'Hercule diffèrent pour Îles traits des précédentes; la peau de lion est traitée d’une manière tantôt plus sévère, lanlôt plus dégagée. Le trône de Jupiter est souvent muni d'un dossier composé de trois pièces et vu de face, de sorte que le dieu semble assis tourné vers la partie droite du siége; ses pieds portent quelquefois des souliers et reposent sur un escabeau. Le nom forme tantôt une courbe, tantôt une ligne droite derrière la figure; si le titre de roi est ajouté, il suit le bord de la monnaie en continuation du nom, ou il est placé en ligne droile à Pexergue. Les lettres + et o, Z et £ varient.
Classe IV. Celle classe se distingue des précécentes surtout par le style libre et la pose de Jupiter assis, la jambe droite derrière la gauche. Dans la tête d'Hercule la variélé est grande. Les poils de la crinière du lion tombent librement, et il est rare de les voir arrangés régulièrement (pl. I fig. 13). Généralement le stvle est beau et l’exécution soignée, souvent même élégante; cependant il se trouve aussi dans celle classe des pièces d’un travail grossier. Le trône de Jupiter a souvent le même dossier que sur les monnaies de la classe précédente; sur plusieurs il est orné de deux petites Victoires. L’escabeau est lantôt ajouté, tantôt omis. Le nom
15 V, S 16 cl. IT note.
est toujours placé en ligne droite derrière la figure; si le titre royal est ajouté, il se trouve à l’exergue aussi en ligne droite; o et Z sont les formes les plus fréquentes.
Classe V. Celte classe fait la transition aux suivantes par l'empreinte plus plate ou par le volume plus grand. L’exéculion arlistique est libre, mais ordinairement superficielle. Comme dans la classe IV, Jupiter est représenté la jambe droite derrière la gauche. Les traits d’Hercule sont trés variés, mais la crinière du lion tombe toujours librement. Sur quelques pièces appartenant à cette classe une influence barbare est visible (v. pl. IT fig. 1)!; celles-ci ont le plus souvent le litre de roi qui d’ailleurs ne se rencontre que rarement.
Classe VI Celle classe comprend les tétradrachmes les plus plales et par conséquent les plus 1arges; aussi la tête d'Hercule au droit et la figure de Jupiter au K. sont-elles “souvent d'une plus grande dimension que sur les monnaies précédentes. L’exécution artistique est en général négligée et le style souvent inaniéré. La tête d'Hercule offre moins de variété dans les traits; la crinière du lion est en désordre, ou l’on n’en voit que des poils. rares à l’extrémité de la peau. Jupiter, dont la pose des jambes est là même que dans les deux classes précédentes, a souvent une tenue forcée, et sa taille est tantôt trop gigantesque, tantôt trop svelte. Le dossier de son trône est sur un nombre de pièces répresenté de côté, ayant un ornement en haut; les jambes en sont fréquemment ornées de griffons ou de sphinx; l’escabeau n’y est presque jamais. Le nom d'Alexandre est partout sin en ligne droite derrière la figure. Le titre royal manque toujours. En revanche on y rencontre des noms de magistrals écrits en entier, ainsi que des nombres d'années. Les signes sont àssez souvent placés à l’exergue, ce qui a rarement lieu dans les classes précédentes.
= et-o sont les formes ordinaires.
14 Elles forment la transition aux pièces de la classe VIT et sont des mêmes villes que celles-ci, voy. $ 12 Thrace et $ 23 Odessa suiv.
FR
Classe VII Les tétradrachmes de celte classe sont plates et larges comme ceux de la classe précédente, mais ils s’en distinguent par l’empreinte rude, souvent demibarbare, qui se prononce tantôt plus sur le droit, tantôt plus sur le R. Les détails de la tête et de la figure, ainsi que les bouts des lettres consistent souvent en petits globules produits par de simples forures dans le coin. Ils ont tous la légende BAZIAEQNZ AAE=ANAPOY en deux lignes parallèles, de sorte que le nom se trouve devant, le titre derrière la figure, contre l’habituel!$, Les lettres sont en général grandes; = ou =, O et Z sont les formes ordinaires.
Quant au poids on peut remarquer une différence entre les cinq premières classes d’une part et les deux dernières de l’autre. Les létradrachmes (ceux qui sont entièrement conservés) des classes I-V pèsent, l’un portant l’autre, 17 grammes, souvent jusqu’à 17,3 gr., quelques-uns seules 16,5 gr.; ceux des classes VI ct VIT ne pèsent, l’un portant l’autre. que 16,5 gr., s'élèvent rarement jusqu’à 17 gr., jamais au-delà, et sont fréquemment d'un poids bien inférieur. {6
L’exéculion de la tête au droit est souvent bien supérieure à celle de la figure au revers. La cause en est probablement que, le droit restant toujours le même, on se servait de. vieux coins de celuici ensemble avec les nouveaux du revers, pour lequel il fallait plus souvent fabriquer des coins à cause du changement des signes y placés. Cela se voit surtout dans les monnaies de la classe IV et VII 17
Parmi les variétés qui se rencontrent encore sur les tétra-
15 Nous n'avons rencontré qu'une seule exception, no 443, qui a le titre devant. :
16 Chez Mionnet Poids des méd. gr, du cab. roy. de France on trouvera ainsi plusieurs tétradrachmes appartenant aux classes VI et VII qui ne pèsent que 4 gros 10-12 grains 2: à peu près 15,9 grammes, auxquels il n’est pas noté qu'il manque quelque chose à la conservation.
17 Ainsi sur celles frappées à Amphipolis n° 23 suiv., à Odessa n° 403 suiv. et à Mésembrie no 43{ suiv.
drachmes on peut observer que la tête d’Hercule se voit tournée à gauche et la figure de Jupiter à droite?, contrairement à ce qui d'ailleurs a toujours lieu, et que Jupiter se trouve ayant la jambe gauche beaucoup plus bas que la ‘droite *’,
Les monnaies de bronze.
La tête d’'Hercule, quoique variée, se rallache en général à celle qui est l’ordinaire sur les monnaies macédoniennes du temps précédent. Au revers on observe une différence plus grande, La massue est placée tantôt en haut, tantôt en bas. Sur quelques-unes il y a un étui de l’ancienne espèce renfermant el l’arc et les flèches, sur d’autres un carquois d’une forme postérieure placé à côté de l’arc ou entouré de celui-ci, Quelquefois, surtout sur les petites pièces, on trouve la massue el l’arc sans le carquois, et sur les plus petites la massue seule.
Signification des types.
Les quatre divinités représentées sur les monnaies précédentes sont celles qu’Alexandre regardait comme ses dicux lulélaires et auxquelles il vouait surtout son culte.
Quant aux deux qu’on voit sur les monnaies d’or, Minerve et la Victoire, elles furent, pour ainsi dire, introduites en Macédoine par Alexandre; on ne sait rien de leur culte chez les Macédoniens avant ce temps, et sur les monnaies de la période précédente, ni sur celles des rois ni sur celles des villes, ou ne trouve des types qui y aient rapport. Il était nalurel qu’ Alexandre, ne pouvant réaliser ses projels que par la guerre et les victoires, dût surtout aspirer à la proteclion de ces deux déesses. Minerve avait jadis été la protectrice de Persée et
IS P.e. sur quelques expl. des nos 197 et 1468, et sur un expl. à Berlin sans aucun signe.
19 P.e. sur quelques pièces du no 1272. 20 P. e. sur no 1288.
d’'Hercule, héros de la race des rois de Macédoine. ! Quand Alexandre alla en Asie, il éleva à Minerve ainsi qu’à ses autres divinités tutélaires des autels sur le rivage européen où il s’embarqua, et sur celui d'Asie où il descendit à terre. Avant que la première bataille fût livrée aux Perses près du Granique, il offrit à Minerve Troyenne un sacrifice et lui consacra ses armes, et après la victoire il envoya de riches dons du butin aux temples de la déesse et à Iium et à Athènes. Il entrait aussi dans les projets d'Alexandre d’élever à Minerve deux magnifiques temples, l’un à Ilium, l'autre à Cyrrhus en Macédoine. Avant la bataille d'Issus et ensuite pendant lexpédition en Sogdiane Alexandre faisait des sacrifices à Minerve et à la Victoire conjointement. Enfin, dans les funérailles pompeuses* que fit Ptolémée après la mort d'Alexandre, ce fut entre les images de ces deux déesses qu'était placée la statue d’or d'Alexandre sur un char traîiné par des éléphants. *
Jupiter et Hercule, dont les images se trouvent sur les monnaies d’argent et de bronze, étaient du nombre des anciens dieux nationaux de la Macédoine, et ce fut de ces dieux que les rois macédoniens tiraient l’origine de leur race, Caranus, souche des rois et fondateur de l'empire, était un héraclide, et Jupiter était regardé comme père d’Hercule et encore de Persée
dont la pelite-fille Alcmène était mère d'Hercule. Jupiter avait
! Ce fut par cette raison que Minerve surnommée Alcides eut un temple à Pella, résidence des rois de Macédoine. Liv. XLIE, 51.
* Cfr Eckhel Doctr. num. vet. EH, p. 97; Droysen Geschichte Alexanders d. Gr. p. 108 et 116. Cavedoni (Spicilegio p. 55 note 66) observe sur les types des monnaies d’or, que la tête de Minerve offre peut-être une allusion au nom d'Alexandre, la guerre sur une inscription à Delphes consacrèe à Minerve ayant été appelée «@ls£érydoos (Diod. XI, 14), et que l’image de la Victoire à rapport à la bataille gagnée par Philippe II à Chéronée, parce qu'une figure semblable se trouve sur les monnaies béotiennes. La première de ces observations semble amenée de trop loin, et pour la seconde, le type a plutôt été transporté des monnaies d'Alexandre sur celles de Béo-
tie, lesquelles d’après la fabrique semblent frappées après le temps de ce roi.
es. 5
un ancien temple dans la ville de Pellaë dont Philippe IT fit sa résidence. Le roi Archelaüs avait établi un culte particulier et des jeux publics dans la ville de Dium‘ en l’honneur de Jupiter Olympien; Philippe y célébrait des jeux Olympiques et prenait également part aux grands jeux à Olympie en Elidef. Un sancluaire était consacré à Hercule à Edesse, résidence royale avant Philippe IT, Amyntas IT et Perdiccas IT avaient placé sur leurs monnaies l'aigle, symbole de Jupiter, et Philippe il sur ses didrachmes la tête de Jupiter; la tête ou les attributs d'Hercule se trouvent sur les monnaies de plusieurs villes macédoniennes et depuis le temps de Perdiccas I sur la plupart des monnaies des rois. Alexandre adorait surtout ces deux divinilés à côté de Minerve. Il sacrifia à toutes deux conjointement dans l’expédition qu'il entreprit. peu après son avénement au trône contre les Gètes au-delà de lister, de même lorsqu'il traversa l’Hellespont pour aller en Asie, et ensuite après l’expédition aux Indes près de l’Hydaspe quand il commença son voyage sur le fleuve. A Jupiter Olympien il sacrifia avant la guerre contre les Perses à Ægæ lorsqu'il célébra les jeux Olympiques; plus tard il éleva au même dieu un temple à Sardes, et il avait formé le projet de lui construire encore un autre à Dium; à Jupiter Bolliée il consacra un temple en Syrie près de la rive de l’Oronte. Après la prise de Tyr Alexandre célébra une grande fêle avec des sacrifices en l’honneur d’Hercule.®
Il est vraisemblable que le Jupiter trônant ait élé représenté d’après quelque image de temple renommée en Macédoine à l’avénement d'Alexandre. M. 0. Müller suppose que celle
3 Justin XXIV, 2: Jovis templum veterrimæ Macedonum religionis.
4 Arrien I, 11.. Diod. XVII, 16. Cfr. Krause Olympia p. 2!5 note 40.
$ L. c. note précéd. 6 Plutarque Alexander ch. 4. Justin XIT, 16.
7 Hercule en fut appelé Ædescowios. Hésychius s. v. Un autre nom macédonien d'Hercule était”"4onpros. Hésychiuss. v.
8 Voyez sur le précédent Eckhel Doctr. num. vet. IT p. 99-100; Droysen Gesch. Alexanders des Gr. p. 52, 118, 195 et 428. ,
image se soit trouvée dans le temple de Dium.° Celui-ci cependant était sans doute consacré à Jupiter Olympien en lhonneur duquel les rois y célébraient des jeux olympiques !,'et la célèbre stalue de Phidias à Olympie était Nicéphore tandis que sur les monnaies d’Alexandre Jupiter est Aëtophore. Il faut plutôt supposer que ce soit Jupiter Bottiée qui s’y trouve représenté. Le temple de celui-ci était très ancien et trés considéré et se trouvait dans la ville de Pellaff qui sous Philippe IT était devenue le siége de la cour et du gouvernement; ce fut à ce dieu que plus tard Alexandre bâtit un sanctuaire à l’endroit près de l’Oronte qui reçut le nom de Bottiée et près duquel la ville d’Antioche fut fondée. !?
La tête d’'Hercule offre souvent une grande ressemblance avec les portraits d'Alexandre qui nous sont conservés de l'antiquité, et l’on croit généralement que c’est Alexandre lui-même qui sur ses monnaies a été déifié comme Hercule. Dans les dernièrs temps MM. Visconti, Cadalvenef*, Cousinéry #, Lenormant 6, Duchalais!?, Pinder®, O. Müller‘ et Birch® ont élé de celle opinion. Les principales raisons alléguées par ces auteurs sont: que déjà du vivant d'Alexandre on lui rendait des honneurs divins, à quoi il contribuait lui-même de plusieurs manières, entre autres en se montrant sous le costume d’'Hercule; que d’après toute vraisemblance le portrait d'Alexandre
Lee)
Handbuch der Archäologie (1835) $ 350, 1 not. 10 V. note 4,
V, note 3.
1 O. Müller Antiqu. Antiochenæ I, 7 & 13. Cfr Eckhel Doctr. n. v. II p. 100. En cet endroit Eckhel, oubliant que Jupiter est Aëtophore sur les monnaics d'Alexandre, dit que c’est le même Jupiter Bottiæus qui est représenté comme Nicéphore sur les monnaies d'Alexandre et d'Antioche. Jupiter Nicéphore ne fut mis sur les monnaies de cette ville et sur celles des Séleucides que sous Antiochus IV Epiphanes qui bâtit à Antioche le magnifique temple où était placée cette précieuse image, v. 0, Müller]. c. I, 24.
18 Iconographie gr. II p. 43-48, 4 Recueil de méd. gr, p. 109-113, 15 Voyage en Macéd. I p. 233-34 & 240-41. 16 Num, des rois gr. p. 21. 17 Méd. gaul. de la bibl. roy. p. 361. 18 Num. ant. ined. p. 23,
1% Handb. der Archäologie $ 158, 2. 20 Numism. Chron. IT p. 145.
aura été mis sur ses monnaies, puisque les portraits de ses successeurs se trouvent sur leurs monnaies, ces derniers n’ayant fait que suivre l’exemple donné; que dans une époque postérieure on était généralement d'opinion que la têle d’Hercule sur les monnaies d'Alexandre offrait le portrait de celui-ci, puisque les deux rois Séleucides du nom d’Alexandre s’étaient aussi fait représenter sur leurs monnaies couverts de la peau de lion, et que sur diverses monnaies de l’époque des empereurs Romains on trouve une pareille tête avec la peau de lion représentant Alexandre d’après le nom ajouté. De l'autre côté M.M. Eckhel*, Stieglitz ? et Arneth* ont fait observer: que sur beaucoup de ces monnaies la tête d'Hercule n’offre point de ressemblance avec Alexandre; que de pareilles têtes d’Hercule se trouvent sur les monnaies des rois précédents et sur celles de villes grecques qui n’ont pu représenter Alexandre; qu’enfin Alexandre avait défendu de faire son portrait, privilége réservé à Lysippe, à Apelle et à Pyrgotèle. S'il faut croire qu’Alexandre ait été représenté sur les monnaies sous les traits d’Her- - cule d’après sa propre volonté et par une disposition du gouvernement, ou si l’on doit supposer que le changement des traits d'Hercule en ceux d'Alexandre ait été opéré par certaines villes, certains magistrats où certains artistes; si le portrait d’Alexandre doit êlre regardé comme exprimé dans toutes les têtes, ou s’il ne faut le chercher que dans un certain nombre de cellesci: voilà des questions dont les archéologues ne se sont occupés qu’en partie. Visconti n’a trouvé la tête d'Alexandre que sur les tétradrachmes de Rhodes et d'Aco. Cousinéry, Birch, Cadalvene et Duchalais regardent la têle couverte de la dépouille de lion comme représentant toujours Alexandre, el supposent — du moins les deux premiers de ces savants — que ceci ait été fait d’après l’ordre d'Alexandre. Cadalvène croit la
2 Doctr. num. vet. Il p. 99, 2? Archäol. Unterhalt, IT p. 117 suiv. %3 Wien. Jahrb. XLVIT (1829) p. 171-81.