‹ Numismatique D'alexandre Le Grand - Vol IIChapitre 6 sur 32 · ES · texte numérisé non relu

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diversité des têtes suffisamment motivée par la circonstance, que les monnaies ont élé frappées dans des pays divers et longtemps encore après la mort d'Alexandre, et que les coins ou les portraits qui servaient de modèles ont été exéculés par des artisles de plus ou moins de talent, qui souvent n'avaient pas vu Alexandre ou qui avaient voulu donner une ressemblance idéale. 4

Les têtes d'Hercule sur les monnaies d'Alexandre, comme on verra des planches I et If, différent tellement, et plusieurs d'entre elles s'accordent si parfailement avec la tête d’Hercule sur les monnaies de l’époque précédente et de villes qui n'avaient aucune raison de représenter la tête d'Alexandre, qu’il est peu vraisemblable qu’on se soit toujours proposé de donner le portrait d'Alexandre; même sur des monnaies bien exécutées sous le rapport artistique il se trouve souvent des lêtes qui n’offrent aucune ressemblance avec Alexandre. Encore faut-il observer que daus les premières années de son règne Alexandre n’était pas regardé comme un héros ou un dieu, et ne recevait aucun hommage comme tel; les premiers vestiges d’un tel culte ne-se montrent que dans sa marche à travers l’Asie Mineure. Il est donc peu probable que dès le commencement de son règne la tête d’Alexandre ait pris sur les monnaies la place réservée jusqu’alors aux dieux et aux héros. Cette opinion gagne encore plus de force par le fait, que les tétradrachmes, que d’après plusieurs critères il faut regarder comme élant les premiers frappés en Grèce, offrent une tête d'Hercule ressemblant à celle, qui se trouve snr les monnaies macédoniennes de l’époque

% Cousinéry (Voy. en Macéd. ! p. 2380-34) tâche à la verité de vaincre cette difficulté en supposant que dans les premières années de son régne Alexandre ait continué de frapper les monnaies de Philippe Il; mais c’est une conjecture dont l'invraisemblance est évidente et en faveur de laquelle l'auteur a seulement allégué que des monnaies de Philippe IL sont souvent trouvées dans l'Asie Mineure, ce qui s’explique assez par la grande quantité et la circulation répandue de ses monnaies, v. Appendice Philippe IE

précédente, et differant de celle sur les tétradrachmes postérieurs, laquelle doit par préférence être regardée comme le portrait d'Alexandre. 11 n’est non plus probable que par une disposition gouvernementale Alexandre ait fait subsliluer sa tête à celle d’Hercule sur les monnaies royales, s’il ne voulait accorder qu’aux trois artistes les plus distingués la permission de faire son portrait; ce qui n’aura cependant pas empêché que des magistrats ou artistes isolés se soient permis de donner à la tête d’Hercule quelque ressemblance avec Alexandre.

Le résultat des observations précédentes est donc: qu’ Alexandre a été représenté comme Hercule sur un grand nombre de ses monnaies à ce qu’il paraît; que celte déification sur les monnaies n’a point eu lieu dans les premières années de son règne, mais a été introduite plus tard quand on Pélevait au rang des dieux pendant ses conquêtes en Asie et en Egypte, et qu’elle n’est devenue prédominante qu'après sa mort, quand son apothéose devint générale; que celle représentation d’Alexandre avec les attributs d'Hercule ne doit pas êlre altribuée à une disposition d'Alexandre Iui-même, mais, de son vivant, à quelques magistrats ou artistes qui le firent par enthousiasme ou par flalterie, après sa mort, peut-être à ses successeurs au gouvernement ou à la magistrature des villes.

Le titre de roi.

Le titre BAXIAEYZ qu’Alexandre le Grand hérita de son pére ne se trouve ni sur les monnaies de celui-ci, ni sur celles d'aucun roi précédent, mais se rencontre sur un grand nombre de celles d’Alexandre.! On a attaché une cerlaine importance à ce que ce titre fût omis ou ajouté sur les monnaies d’Alexan-

25 V. $2 et $ 16 classe I.

1 Celles des monnaies d'Alexandre sur lesquelles se trouve le ütre de roi sont marquées d’un B sur les planches; elles forment une minorité remarquable.

Fe. 0h dre; dans l'ouvrage de Mionnet, et d’après celui-ci dans la plupart des grandes collections et des catalogues la division a élé faite par rapport à celle circonstance.

M. Cousinéry a soutenu l'opinion que le titre de roi estun indice des monnaies frappées après la mort d'Alexandre, et que celles où il manque sont en général frappées sous son règne. ? Celte opinion pourrait sembler confirmée par le fait que ce litre ne se ‘trouve jamais sur les monnaies de Philippe Il, seulement sur un certain nombre de celles de Philippe III, mais presque toujours sur celles frappées par les successeurs à leurs propres noms. Aussi plusieurs des monnaies que, par de fortes raisons, il faut rapporter à la période après la mort d’Alexandre, ont le titre royal ajouté, comme celles frappées dans les villes du nord de la Thrace (v. nos 408-987) et celles aux signes de Séleucus (v. nos 1485-1513). Mais ce qui s’oppose à celte opinion, c’est que d’une part un nombre des tétradrachmes appartenant selon tous les critères au règne d'Alexandre même (de la classe I, v.S 2et$ 16) ont le titre royal, p. e. nos 146, 223-24, 261, 279 elc., et que de l’autre part tous ceux frappés dans lPAsie Mineure occidentale dans une période postérieure Cv. $ 12) sont sans ce titre. On verra par les tables que dans plusieurs des séries, qui à cause du signe commun doivent appartenir à la même ville, les tétradrachmes qui d’après la fabrique sont les premiers ont le titre royal, tandis que ceux qui par la même raison ou à cause des années marquées sont les postérieurs, en sont dépourvus, v. p. e. no 224 suiv. et ne 1360 suiv.

M. Cavedoni est d'opinion que le titre de roi indique les monnaies frappées en Macédoine ou dans les pays d'Europe. Celte supposition pourrait être corroborée par le fait que plusieurs

? Voyage en Macéd. I p. 238. GER NE RTE AREIQRE

4 Il sera démontré $ 9 et 11-12 qu’une grande partie des monnaies d’Alexandre ont été frappées après sa mort,

5 Spicilegio p. 55.

suites qui par différentes raisons doivent appartenir à la Grèce, p. e. les monnaies rapporiées à Therma no 198 suiv., celles d’Odessa ne 408 suiv., de Mésembrie no 431 suiv., de Callatia no 491 suiv., ne 709 suiv. etc., ont le litre royal, et que de l’autre côté les monnaies qui d’après les iypes et les initiales des villes sont frappées dans l’Asie Mineure, et celles qui d’après les caraclères puniques sont de Phénicie, n’ont pas ce tilre. Cependant on ne pourra non plus souscrire à celte opinion. Dans plusieurs séries qui ont le petit type de commun et qui d’après la fabrique ou les letires et monogrammes ajoutés doivent être rapportées au même atelier monétaire, le titre royal est alternativement placé et omis, voyez ainsi les pièces qui ont le caducée no 205 suiv., le signe de la lune no 259 suiv., un rameau no 559 suiv., un épi no 566 suiv., un arc no 586 suiv. etc. On verra encore que sur beaucoup de monnaies frappées dans les pays européens Île titre de roi manque entièrement ou ne se rencontre que quelquefois, p. e. sur celles qui avec cerlilude peuvent être attribuées à Amphipolis, à Périnthe, à la Béotie et à Sicyon, mais qu’au contraire il est ajouté sur un nombre de celles qui apparliennent à l'Asie, p. e. sur plusieurs frappées à Aradus et à Sidon et sur toutes celles qui portent les emblèmes de Séleucus.

Plutôt on pourra supposer que ce soit la considération de l’autorité par laquelle les monnaies d'Alexandre furent émises, qui doive décider celle question. Il sera développé plus bas ($ 10) que les monnaies d'Alexandre ont élé frappées partie du gouvernement royal, partie de la magistrature communale, même dans les mêmes villes; on pourra donc présumer que celles frappées par le premier fussent marquées du litre de roi, pour les distinguer de celles frappées par la dernière. Cette opinion pourra élre appuyée par le fait, qu'à quelques exceptions près le titre royal ne se lrouve pas sur les monnaies de bronze que preférablement aux aulres on peut regarder comme frappées par les magistrals communaux,

de même que dans les villes grecques sous l’empire romain, et que le titre royal n’est pas ajouté sur les monnaies provenant des grandes villes de l'Asie Mineure, qui probablement conservaient pour la plupart leur aulonomie et qui en tout cas n’élaient pas soumises au gouvernement d'Alexandre du lcmps que furent frappées ces monnaies qui appartiennent à une période poslérieure.6 Cependant comme le plus souvent on ignore quelle élait la constitution politique des villes, et quel était le rapport où elles se trouvaient relalivement aux chefs macédoniens à l'epoque où furent frappées les monnaies dont il s’aoit, une lelle supposition ne peut pas étre plus forlement molivée.?

Le titre de roi n'elant pas placé sur les monnaies de Philippe If, et ne se trouvant que sur un petit nombre des lélradrachmes d'Alexandre qui doivent êlre regardés comme appartenant à son propre règne, il est probable qu’on n’ail commencé à ajouter ce litre que plusieurs années après son avénement, lorsque sa puissance s'était accrue par les conquêtes en Asie. D'ailleurs il est bien possible qu'une chose aussi peu essentielle que celle de placer ou d’omeltre le litre de roi, quand le droit à ce titre n’était pas contesté et que le pouvoir y correspondait, ait élé en général laissée aux magislrats, aux directeurs des ateliers monétaires ou aux graveurs des coins. Et comme ainsi dans quelques pays ou villes, soit en Europe soit en Asie, il devint coutume de placer le titre royal sur les monnaics, dans d’autres de l’omeltre, de même il y eut

6 Cfr $ 12 et 13. Sur ces monnaies se trouve souvent le nom du magistrat écrik en entier à l'endroit où devait se trouver le titre BAZIAËQE, et semble ainsi le remplacer.

T Si quelquefois des monnaies au même signe de personne tantôt portent le titre royal, tantôt en sont dépourvues, cette circonstance ne pourra servir à combattre la supposition que ci-dessus; ear il se peut bien que quelquefois dans les villes soumises à la domination macédonienne les mêmes personnes aient préside et au monnayage fait par le magistrat communal et à celui fait par le gouvernement royal. Cfr $ 10,

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