‹ Numismatique de CambraiChapitre 14 sur 203 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

■ONMIES »R10VINGIEIIIIES DE SÂINT-GtRY

Saint-Géry (Gaugericus) arriva dans Tancien royaume de Ragnacaire, à la fin du VP siècle*, et se mit à la tête du vaste évêché de Cambrai , qui comprenait alors Arras; il fit construire, sur une éminence située hors de la ville, un monastère qu'il dédia à Saint-Médard , mais qui prit plus tard le nom vénéré de son fondateur*. Cette maison, convertie en collégiale vers 830, fut abattue en 1543, par ordre de Cbarles-Quint, pour faire place à la citadelle.

Le monastère de Saint-Géry avait reçu, dès les premiers temps de son existence, un territoire important et une population toute entière de colons et de serfs. Elle formait une localité distincte de Cambrai'. Une foire célèbre, protégée par ses murailles et ses tours \ facilita l'écoulement de la monnaie qui s'y frappait.

Il faut examiner maintenant si les pièces suivantes, où se lisent à la fois le nom du souverain et celui du patron, étaient purement royales, ou si elles avaient un caractère particulier.

Les titres monétaires, qui trancheraient la question, ne sont pas parvenus jusqu'à nous ; mais il est permis d'admettre que le monastère de Saint-Géry, désigné spécialement, comme Saint-Martin de Tours, dans l'acte de partage de

* En 580 suivant le Cameracwn ehriitiantim ; en 505 euivanl Julien de Lingnc , Notices sur les églises de Cambrai; M S. — a. E. Bouly. Diet. hist.

* On nommait, au rooyen-àge, Cambrai , la ville de la vierge et de Monsieur Saint-Géry. — E. Bouly. Diet. hist. ' A. de Longpérier, Rev. num., t. , p. 252.

* Il est souvent question de cette foire dans la vie de Saint-Géry, Aeta sanciorum Belgii, p. 30i.

870 y s'est trouvé, par rapport à la monarchie carlovingienne, dans les mêmes conditions que cette célèbre abbaye. Or, on connaît plusieurs concessions monétaires en faveur de Saint-Martin, desquelles il résulte que cette maison frappait monnaie pour son compte*. Saint-Géry a dû jouir d'une semblable autonomie.

Cela résulte d'ailleurs de la légende au génitif, Gaugerici, qui désigne, non le patron, mais le monastère, et implique une origine, une propriété, tandis que le nom propre employé au nominatif, comme il Ta été souvent au moyen-âge, et par exemple à Cambrai, au XVI' siècle, dans la même maison de Saint-Géry, signifie seulement que la monnaie est placée sous le vocable du saint ou qu'elle a pris son image comme emblème.

La monnaie de Saint-Géry, au type carlovingien, était-elle forgée en toute autonomie, par l'abbé ou par le chapitre, ou bien le souverain avait-il part aux bénéfices de son émission ? Je n'ai rencontré aucun document qui permette de résoudre cette question ; mais je serais assez disposé à admettre la dernière hypothèse.

Les monnaies carlovingiennes de Saint-Géry, retrouvées jusqu'à ce jour, commencent à Pépin et s'arrêtent à Charles-le-Chauve.

DESCRIPTION DES VARIÉTÉS

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