CHARLES-QUINT
Je soussigné général par ordonnance de ma très redoutée dame s'est transporté de Cambray en la cité de
Paris en la chambre du roy, en la quelle chambre présents les présidents et maistres généraux des monnoyes
Août 1529. Jq ^[i seigneur roy, il a fait adjauxter et estalonner le marq de Troye que Ton a usé d'ancienneté, et encore
use journellement es monnoyes de l'empereur en ses Pays-Bas par deçà, à l'encontre du marcq de Paris, duquel l'on a toujours usé et encore use en toutes les monnoyes du dit seigneur roy, et à esté trouvé le dit marq de l'empereur plus pesant et plus fort que le dit marcq du roy, un denier qui monte vingt quatre grains de poids , comme il appert par les certifications qne le dit Grammaye a présenté avec l'estallon et patron du dit marq . lequel marq du dit seigneur roy, bien scellé et fermé , le dit Grammaye en suivant l'ordonnance de ma dite dame a délivré le \^ jour d'août passé, environ onze heures à midy, es mains de maître Guillaume des Varres pour le porter et présenter à l'empereur nostre dit sire. D'autre part le dit Grammaye en suyvant la dite ordonnance a bien au long communiquée avec les dits président et généraux-maistres par quel bon et honnele moyen l'on pourrait équipoller et accorder le pi d. prix, cours et évaluation des monnoyes de l'empereur en ses pays de par deçà, aux escus d'or, douzains et autres monnoyes du dit seigneur roy ayant cours en son royaume de France
Secondement en corroboration du dit article a le dit Grammaye remonstré aux dits président et généraux les grandes et intolérables fautes abus que oncques se commettent au cours et prix des monnoyes au dit royaume de France , à savoir des écus d'or et douzains irréguliers excédant les ordonnances en poids et alloy. faux escus et testons forgés par aucuns méchants et déloyaux contrefaits aux armes et titre du dit seigneur roi et perdition du bien commun
Finalement après diverses disputations cl arguments tenus en cette matière, sont convenus et accordez par
ensemble les dits présidents et généraux du dit seigneur roy. et le dit Grammaye le soiiig sera que le
diz seigneur roy fasse forger en ses monnoyes un nouveau denier d'or de tel poids, alloy et valeur à l'advenant du réal de fin or qui se forge es monnoyes qui aura cours à quarante paltars. *
Si
* Cartulaife ntim. aux archives du dép. du Nord.
> Cette charte prouve qu'on suivait encore à Cambrai le stylo de PAques : en effet, en 14S1 Pâques était tombé le 93 mars En 1499, cette fête arrivait le 13 avril. Ce D*est donc qu'en 1499 de notre style qu'une charte a pu être datée du l«' avril et avant PAques.
Pareittemeiit fera le dit seigneur roy forger ea ses dites monnoyes un douzain d'argent do tel poids, alloy et valeur comme le palar qui se forgent es dites monnoyes de Tempereur; et quand aux escus d'or au soleil et autres, forgés par cy devant jusques à présent en les dites fouilles se trouvent journellement, et aussi les douzains et Karolus forgés jusques à présent, on les pourra évaluer à certains prix raisonnable à Tadvenant du poids et prix des monnoyes de l'empereur pour certain temps limité , si longuement et jusqu'à ce que le dit royaume soit suffisamment pourvu de bonnes et léales monnoyes.
De quel concept et advis ainsi accordé et convenu entre les dits président et généraux et le dit Grammayc, à leur requête deux des dits généraux avec ledit Grammaye se sont transportés de Paris à Coucy ou le roi estoit, et en ont fait rapport bien au long à Monsieur le cardinal de Sens chancelier de France, lequel par muere considération leur donna pour response vue que c'estoit un cas de fort grande importance concernant rhonneur du roy, et tout le bien public, il en feroit rapport audit seigneur roy, et avec ce tiendroit la main que briefve provision y seroit mise
Fait au mois d'août en l'an xxycxxix. Temoing le sien manuel du dit Thomas Grammaye ci dessous mis. Estoit signé Th. Grammaye >.
PIÈCE N- XLVU.
ORDONNANCE DE l'ESCU D*0«.
iO Juillet 1565. Maximilien de Berghes par la grâce de Dieu Archevesqne et Duc de Cambray. Prince du Saint Empire.
conte de Cambresis, etc.. Salut.
Comme pour le bien commun utilité grand et évident prouffit de nostre cité et duché de Cambray et conté de Cambresis, et afin que marchandises et communs gaignages y eussent leur cours et vigueur, nous avons a l'aide de Dieu en nostre dite cité disposé et ordonné certagne monnoye d'or et d'argent , pour laquelle bien et loiaulment gouverner et maintenir avons constitué et establi nostre bien amé Hans CruI Maistre d^celle monnoye pour l'espace de quatre ans ja passez, scavoir faisons que nmis. heu sur ce advis et conseil de notables personnes se cognoissans en fait de monnoye , avons ordonné et par cestes ordonnons et baillons plain pouvoir et auctorité au dit Hans dessus nommé (lequel, ensemble ses gens et serviteurs nous avons prins et prenons en nostre singulière protection et saulve garde) de faire forger et monnoyer de par nous et en nostre nom l'espace de six mois durant en nostre dite cité monnoye d'or et d'argent et de tel poix et alloy ensemble telles conditions respectivement que portent nous lettres précédantes . a luy sur ce octroyés , excepté que au lieu de la prêche d'or de vingt patars que luy avions permis forger du passé, il fera monnoyer ung denier d'or, appelé Escus de Cambray, vaillissant quarante patars de Flandres, scavoir sur le pied et ordonnance de la dite pierhc d'or de vingt patars , saulf que avecq la valeur d'icelle il y mectera pour aultres vingt patars d'or fin et
i Extrait d*une publication de la Bévue belge, T. Il , p. 417, d'après un ancien registre déposé dans los archives du conseil des Unanctfs des Pays-Das, côté N" CXI « aujourd'hui aux archives du royaume de Belgique.
pur. Et sera teou le dit Crul faire forger la dite pieche de quarante patars avant dicte sur le poix de la pesanteur de TEscus au soleil, scavoir est de lxxu au marcq, vient la pieche a deux deniers seize grains, en prendant par le dit Maistre Haas Crul tant de fia or que la dite pieche de vingt patars contient pour le présent, et par dessus le dict or contenu en la dicte pieche pour aultres vingt patars de Tor fin et pur, sur la quelle pieche sera mis nostre nom, armories et tiltres» et sur Taulre costé une croix avecque ces motz : • in hoc solo ghria, » Si donnons en mandement par ces présentes a tous nos officiers, justiciers, bourgeois, manans et liabitans en nostre dicte cité et duché de Cambray, conté, pays et terres de Cambresis en priant et requérant tous auHres à nous non subjects qu'ilz lacent , suffirent et laissent ledit Hans Crul et tous ses officiers et ouvriers joir et user plainement et paisiblement sans leur faire ou donner ne souffrir leur estre ùÂi ou donné aulcun empeschement au contraire. Car telle est nostre intention, non obstant quelconques ordonnances au contraire. Donné en nostre dicte cité de Cambray soubz nostre seel Tan mil cinq cens soixante cinq, le xx« jour de juillet *.