‹ Numismatique de CambraiChapitre 26 sur 203 · MAILLES ANCIENNES · texte numérisé non relu

MAILLES ANCIENNES

N" i. PH EPC; bras tenant une crosse; étoile au-dessous.

vj. C A M R dans les cantons d'une croix à branches entr'ouvertes et bouclées c^ leurs extrémités.

Dessin du dernier siècle reproduit par Tribou ' ; argent ; poids inconnu ; pi. VIII, fig. 5.

' Hev. num., 1845 , p. 290.

* Mémoiret de la Société d'Émulation de Cambrai, ânni^e 1823, pi. III , fig. 3.

N"" 2. Autre où le P est parfaitement visible et où la lettre H , bien que trèseffacée, parait présenter quelque certitude. Celte petite pièce d'argent bas est fort usée; elle pèse 0,30 gramme et appartient à M. Delattre; pi. viii, Gg. 8.

N"* 3. Main tenant une crosse; en avant une étoile.

i^. GAME; croix semblable à celle des précédentes. Dessin pris par Tribou sur un exemplaire de la collection de M. Maurice'; argent; poids inconnu; pi. VIII, fig. 7.

N*" 4. Main tenant une crosse ornée; au-dessus trois trèfles.

1^. CAMR; même croix qu'au n"* précédent; bon argent; flan mince; 0,32 gramme; collection Fénelon Farez; pi. viii, fig. 6.

N° 5. Autre, où on ne voit, au revers, qu'une seule étoile. Argent bas; très-usée; 0,25 gramme; collection Delattre; pi. viii, fig. 9.

Quelques numismatistes pensent que les mailles muettes qui viennent d'être décrites, ont été frappées par le chapitre, pendant la vacance du siège qui eut lieu entre juin 1309, date du départ de Philippe de Marigny, et janvier 1310 (style actuel], époque où l'empereur fit entrer Pierre de Mirepoix en jouissance de l'évèché, bien qu'il n'eût pas encore reçu l'investiture.

PIERRE DE MIREPOIX ou PIERRE IIl

56"" Évoque (1309-1324).

Pierre de Mirepoix fut le successeur de Philippe de Marigny. Il n'entra pas de suite en jouissance du temporel et fut transféré en 1324 à Bayeux, par le pape Jean XXII.

< Mémoires d€ la Société dTÈmulaiion de Caml>rai, pi. UI , (ig. 4.

DOCUHBNTS HONËTAIBBS.

On a retrouvé, sous la date du 26 septembre 1311 , une sommation du Bailli de Cambrai au Bailli de Jean, seigneur de Crêvecœur\ D'après ce document:

l** Jean tient Wallincourt en fief de Tévêque de Cambrai.

2* L'évéque de Cambrai a seul, et de temps immémorial, le droit de frapper monnaie dans son comté de Cambrésis.

3* Il est interdit au seigneur de Crèvecœur de frapper monnaie à Wallincourt, ainsi qu'il en a le projet, suivant le bruit public.

Cette défense ne fut pas observée ; elle dut être réitérée un peu plus tard et fut accompagnée d'une excommunication. Jean promit enfin , le 5 janvier 1314, de cesser sa fabrication et reconnut que les évéques avaient seuls, par don des empereurs, toute puissance dans le comté de Cambrésis*.

La terre de Wallincourt était un fief des sires de Crèvecœur et un arrière-fief des évéques de Cambrai ; mais , par une de ces complications fréquentes dans le droit féodal, le donjon de Wallincourt, séparé de la terre, relevait du Hainaut et formait un des douze fiefs-pairies de ce comté'.

C'était sur une autorisation du comte de Hainaut qu'on frappait monnaie à Wallincourt depuis quelques années^; Jean ne s'appuie pas néanmoins sur cette autorisation pour s'excuser, mais sur ce que son suzerain , le sire de Crèvecœur, Jean de Flandre, et son homme de fief, à lui, le sire de Serain, Wallerand de Luxembourg, comte de Ligny, avaient usé des droits monétaires dans des localités faisant également partie du comté de Cambrésis. Comme le remarque

• Voir aux preuves, pièce n* i7.

* /d. pièce n* 20.

^ Cf. Chalon , Beeherehes wr le$ motmaies des eomtet de Hainaut, p. 137.

^ Dans des lettres de non-préjudice adressées le 9 octobre 1306, au comte de Hainaut, Jean dit que son atelier monétaire de Wallincourt est en activité. L*évêque devait le savoir, en i3H , bien que son bailli ail jugé à propos de ne parler de cette fabrication illégale que comme d*un projet.

M. Ghalon \ Jes tenanciers d'Elincourt et de Serain étaient autrement puissants que Jean de Wallincourt et pouvaient braver les défenses de l'évêque.

Pierre de Mirepoix leva, le vendredi après le premier jour de l'an , l'amende et Texcommunication encourues par son feudataire \

Les autres chartes que nous avons à analyser, ont directement rapport à la fabrication de la monnaie épiscopale. Ce sont d'abord : U lettres de la monnoie de Cambrai, en date du 2 juin 1312'. Il y est dit que Tévéque ayant donné précédemment sa monnaie de Cambrai et de Cambrésis à Jean de Vinez, bourgeois de Valenciennes, et à Frankine de Pistoire, lombard, maître de la monnaie de Valenciennes, à charge par eux « de faire, à leur propre dépens, » des gros cambrésis de la valeur de six deniers parisis et pour chaque marc » ouvré , ils paieront deux deniers de la dite monnaie valant quinze tournois » et des quinze deniers devant dits, aura le chapitre le dixième, c'est à savoir » trois mailles tournoyes. »

Ce texte est fort explicite; la pièce dont il est ici question, sous le nom de gros de Cambrai, n'était qu'un demi-gros de France, puisque elle ne courait que pour six deniers parisis ou sept et demi tournois (à raison de cinq tournois pour quatre parisis) et que les gros de France étaient de quinze tournois.

Vient ensuite le traité du 28 août 1312, dont il a déjà été question \ Dans cet acte, l'évèque de Cambrai et le comte Guillaume de Hainaut stipulent que leurs monnaies seront reçues réciproquement dans les deux pays. Mais, eu égard à ce que le Hainaut est plus étendu que le Cambrésis , l'évèque abandonne au comte non-seulement la moitié des profits de la monnaie de Cambrai, déduction faite du dixième appartenant au chapitre de Notre-Dame, mais encore la moitié des amendes et forfaitures.

* Chalon, Recherches ntr les inonnaies des comtes de Hainaut » p. 158.

* Preuves, pièce n" *i\.

' id. pièce W 18.

* td. pièce 11» 19.

Cet accord ne doit finir que par la mort de l'un des contractants, ou par sa promotion à un plus grand estât.

On connaît aussi une ordonnance de 1317 \ rendue en faveur « des monnoyeurs » de Tévêque et ouvriers sermentés de Cambrésis et ouvriers de Brabant qui » sont du serment, ouvrage et monnoyage des monnaies de Cambrésis. » Les privilèges stipulés dans ce dernier titre sont analogues à ceux dont jouissait partout la corporation des monuayeurs ; ainsi il y est dit : « Le monnoyeur et » les ouvriers ouvrant et non-ouvrant seront francs , partout le Cambrésis , des » tailles, tonlieus, etc. » En outre, les monnayeurs n'étaient justiciables que de leur prévôt et de leurs jurés, sauf en cas de délit grave, où ils pouvaient être poursuivis par le Bailli du Cambrésis.

TYPES

On retrouve , sous Pierre de Mirepoix , le type cambrésien à la tête de face et à la croix évidée.

Vient ensuite une monnaie qui , sans s'éloigner beaucoup du type cambrésien , en diffère, au droit, par l'addition d'un encadrement épicycloïdal *, et, au revers, par la substitution d'une croix fleurie à la croix pattée. Cette modification est conforme au système de décoration architectonique qui prévalait à cette époque '.

Enfin, c'est sous le même évêque que s'introduisit à Cambrai le type du cavalier, qu'on employait en Hainaut, depuis Marguerite de Constantinople (1244-1280) et qui avait pris sa forme définitive dans ce pays sous Jean d'Avesnes (1280-1304)*.

* Preuves , pièce n<' 22

* L*épicyclo1de entourant la télé de face, se voit dans les monnaies de convention frappées à Anvers par Jean III , de Brabant (1312*1355), et par Edouard III, d'Angleterre. — Voy. Den Duyts, nouvelle édition, pi. VI, Brabant, n«* 5i et 52.

' On ne saurait songer à rapporter cette monnaie à Pierre André , car elle a la plus grande analogie avec le sceau de Pierre de Mirepoix.

* Voici, d'après M. Piot, la nomenclature des princes qui ont employé, presque sans aucune modification, le type du cavalier de Jean d'Avesnes; Arnould, romte de Looz (1280-1323); Wallerand, comte de Ligny

DBSCmPTIOnf DES ¥ASIÉTÉS.

TYPE CAMBRÉSIEN.

N* 1. -h S PETRVS S EPISCOPVS i ; tête de face; milre ornée de

croisettes et de trèfles.

b}. 4- AVEMARIAGRATIAPLE, entre deux grènetis, et CA ME RACV

dans les cantons de la croix.

Argent de bon titre; 1,92 gramme; collection Dancoisne; pi. ix, fig. 1.

Ce spécimen est semblable à celui que Tribou avait publié d'après les archives de Sainte-Agnès.

N^ 2. -h : PETRVS : EPISCOPVS :

H|. + AVEMARIAGRATIAPLE et CA ME RA CV

Bon argent; 2 grammes; collection Serrure; pi. ix, fig- 2.

Il s'est rencontré plusieurs exemplaires de ce double tiers de gros dans la trouvaille faite, en 1857, à Dun-le-Roi. M. Delattre en possède un où se voit un trèfle à l'extrémité de la liaison de la lettre L, dans le mot PLENA.

N*" 3. — Autre, où les points de la légende du droit sont remplacés par des annelets. Argent; collection Dancoisne.

N* 4. -4- i PETRVS •: E 5 PISCOPVS i

i^. + AVEMARIAGRATIAPLE et CA ME RA CV Cette variété, dans laquelle le mot EPISCOPVS est coupé en deux, avait été publiée par Duby^

Argent; 1,96 gramme; trouvaille de Dun-le-Roi; pi. ix, fig. 3.

(1288-1353); Bertrand lU, prince d*0r«Dge (1289-1335); Gui, comte de Saint-Pol (1292-1317); Jean, comte de Namur (1297-1330); Gaillaume l*% comte de Hainaut (13(U* 1337); Robert, comte de Flandre (1305-1322); Jean, sire de Wallincourt (1306-1314); Jean, dauphin de Vienne (1307-1319). On peut y ajouter Jean de Sierck, qui avait été évéque d'Utrechl el qui occupa le siège de Toul de 1297 à 1305, et Ferry IV, duc de Lorraine (1312-1328). * Monnaiêi des Prilaii ei Barons ^ pi. IV, 6g. 7.

TYPE CAMBRÉSIEN ORNÉ.

PETRVSEPSCAMERACENSIS; tête de face, entourée d'une épicycloide, avec trèfles dans les angles rentrants.

i^. + MONETAFACTAINCAMERAC ; croix fleurie, au cœur évidé; des roses dans les cantons.

Cette monnaie d'argent a été publiée par Tribou , sur un dessin conservé aux archives de Sainte-Agnès. Son poids, suivant une note recueillie par M. Ducas, répondait à 1,96 gramme; pi. ix, fig. 4.

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