CAVALIER
NM. + PETRVS COMESCAM ERAC; un cavalier passe à gauche, armé de toutes pièces; son écu est blasonné d'un lion et sa lance ornée d'un fanon; son cheval est caparaçonné, empanaché et lancé au galop. Le signe d'abréviation qui termine le nom de lieu , semble former un P avec le jambage extérieur du C ; il a existé un coin où ce signe ne se trouvait pas.
H|. + MONETA i NOVA i CASTELLI i IN l CAM, en légende extérieure, et -h SIGNVMCRVCIS, en légende intérieure; au centre, une croix pattée.
Pièce un peu rognée; argent; 1,80 gramme; collection Dancoisne; pi. ix, fig. 5.
N* 2. Variété de la précédente, où deux points se voient, au revers, après le mot CAM.
Argent de bon titre; 1,93 gramme; cabinet impérial des médailles.
Je n'ai pas fait graver le cavalier rapporté par Duby, sur lequel on aurait lu, au droit, CAMERA au lieu de CAMÇRAC, et, au revers, 4- MONETA 5 NOVA 5 CASTELLI : M i A, au lieu de CASTELLI IN CAM. Les deux lettres M et A 9 qui seraient , suivant l'auteur des Prélats et Barons , les initiales du nom
d'un château où les évèques avaient le droit de battre monnaie , pourraient à la rigueur désigner le Caleau-Cambrésis^ Castellum Sanctœ Mariœ; mais il est plus probable qu'il y a eu erreur de lecture.
GUI D'AUVERGNE ou GUI IIl
57»' Évoque (1324-4336).
Gui appartenait à l'illustre famille des comtes d'Auvergne et de Boulogne. Élu en 1324, il prit immédiatement possession de son siège par procureurs, mais il ne fit son entrée à Cambrai que longtemps après. Il mourut en 1336, âgé de plus de 80 ans^
On ne connaît aucune charte monétaire de Gui IlI.
Voici les monnaies que nous attribuons à cet évéque:
N' 1. + G VIDO : EPISCOPVSrC AMER AC; dans le champ, une aigle et trois lions enfermés dans un contour épicycloïdal à quatre lobes , avec trèfles aux angles extérieurs.
i^. + BNDICTVM i SIT i NOMEN : DNI l NRI, en légende extérieure. + MONETACAMERAC', en légende intérieure.
Au centre, une croix pattée.
Belle conservation; 1,68 gramme; collection Dancoisne; pi. ix, fig. 6.
Je possède un exemplaire de cette monnaie, dont le poids, en tenant compte d'un fragment détaché, était un peu plus élevé.
Le même type se rencontre en Hainaut, sous Guillaume I*' (1304-1337)'; en Brabant, sous Jean III (1312-1335); à Looz, sous Thierri d'Heinsberg
< Baluze, Hiêt. de la maison d* Auvergne; liv. 1 , p. i04.
> Chalon, Reeherehee sur lee monnaiet dee eomiet de Hainaut, n^ W.
(1336-1361); en Flandre et dans le comté de Namur, pendant Tassociation monétaire de Louis et de Jean (1 322-1 335), c'est-à-dire pendant toute la première moitié du XIV siècle; si donc nous avons préféré donner la monnaie qui précède à Gui III plutôt qu'à Gui IV (1342-1348), c'est qu'on s'est généralement hâté , dans l'atelier épiscopal, d'imiter les monnaies qui paraissaient dans les états voisins, et qu'il résulte d'un texte qu'on verra plus loin, que la monnaie de Gui de Ventadour était moins pesante.
La monnaie suivante a été gravée à tort dans mes planches, à la suite de celles de Gui II; son type paraît devoir la faire classer de préférence à Gui III, et peutêtre même à Gui IV.
N- 2. -+- GVIDOEPISCOPVS; mitre présentant l'aspect d'une couronné; grènetis embrassant le tout.
rI. -h MONËTACAMER' entre deux grènetis; croix paltée dans le champ. Billon bas; 1 gramme faible; ma collection; pi. vu, fig. 8. M. Hermand possédait un exemplaire de la même monnaie, mais d'un coin différent.
V 3 -^ OBOLVS : CAMERACENS; crosse épiscopale tournée à gauche.
i^. H" MONETA CAMERACENSIS; mitre ornée. Billon noir; 0,64 gramme; ma collection; pi. xii, fig. 3.
N» 4. — Variété appartenant à M. V. Delattre et se distinguant par la largeur exagérée de la mitre.
Malgré la qualification d'obole, les deux pièces qui précèdent, avaient plus de valeur intrinsèque que les coquibus, dont le cours était forcé, ainsi que nous l'avons remarqué plus haut. Nous avons cru devoir donner ces oboles anonymes à la suite du n"* 2, parce que leur type principal est le même. Ajoutons que la mitre , large et un peu écrasée , est tout-à-fait analogue à celle qui se voit sur les sceaux des évéques de la première moitié du XIV siècle. Reste à savoir
si ces monnaies sont bien épiscopales ou si elles n'ont pas été frappées par le Chapitre, pendant une vacance de siège, par exemple pendant celle qui se produisit à la mort de Gui III. Il est difficile de se prononcer.
GUILLAUME D'AUXONE ou GUILLAUME II
Kg-?- Évoque (4337-1342).
A la mort de Gui III, le siège épiscopal resta vacant pendant plusieurs mois. Guillaume d'Auxone y fut placé en 1337\ et le conserva jusqu'à sa translation à Autun, en 1342.
Guillaume II ayant refusé de faire hommage de son comté au vicaire de l'empire, qui était alors Edouard d'Angleterre, se vit attaqué par ce prince, en 1339; mais Philippe de Valois, qui avait récemment acquis la chatellenie de Cambrai , en fit lever le siège et promit d'y envoyer des secours toutes les fois qu'il en serait requis par l'évèque ou par les bourgeois. Pendant la longue lutte que soutint Philippe contre Edouard , Cambrai demeura l'allié fidèle du roi , tandis que le Brabant et le Hainaut se liguaient contre lui, sous l'influence des communes de Flandre. De nombreuses relations commerciales s'établirent entre cette ville et la France , grâce à ces influences politiques et à la suppression des droits de sortie que le i*oi accorda pour tous les produits qui seraient tirés du royaume. L'évèque Guillaume eut donc tout intérêt à fabriquer une monnaie qui put être facilement acceptée par des populations habituées au type royal ; aussi verrons-nous tout-à-l' heure qu'il n'hésita pas à copier plusieurs monnaies de Philippe de Valois.
* On ignore la dale précise de rélév&tion de Guillaume au siège de Cambrai ; on sail seulemenl que ce fut avant le 43 juin 4337, car il assista , ce jour-là , aux funérailles du comte de Hainaut. — Froissart , t. 1 , c. 30.
DBSCmPTtON DES VARIÉTÉS.
TYPE FRANÇAIS
NM. + EPISC...CAMERACS'
Dans le champ , deux lions superposés remplacent les lis de France , et séparent en deux groupes les lettres G V L M
^|. -h MONETA DVPLEX; au centre, une croix fleuronnée, dite croix de procession.
Imitation du double parisis d'argent ; exemplaire ayant beaucoup souffert par le frai et n'ayant plus son poids légal; 1,20 gramme; collection V. Delattre; pi. X, fig. 1.
N- 2. VERITAS DNI: MANET ; INETERNVM, en légende extérieure»; au lieu de croisette , une petite aigle regardant à gauche.
-h'GVILELMVSEPS, en légende intérieure; au centre, une croix pattée, avec une aigle dans le premier canton.
H|. 4- CAMERACORVM, dans une circonférence de trèfles. Ce dernier mot, pour le public du XIV* siècle, qui ne savait pas lire, présentait l'aspect de la légende Francorum du gros royal, tandis que la bordure de trèfles rappelait la bordure de lis. En outre , le champ de la pièce portait une grande fleur de lis ingénieusement formée de deux crosses unies par un cordon et surmontées d'une mitre. L'imitation du type royal était donc complète, sans que la pièce portât, par le fait, autre chose que la légende locale et les attributs épiscopaux.
Argent bas ; 2,64 grammes ; collection Dancoisne ; pi. x , fig. 2.
N"" 3. Variété ayant appartenu à M. Ducas. La légende extérieure du droit commence par une croisette; en outre, la légende intérieure présente une inversion et se termine par un signe d'abréviation : GVILEMVSLEPS' . Assez bon argent; 2,48 grammes; pi. x, fig. 3.
t Ce vcrsel, emprunte à la deuxième strophe du psaume 163, a été choisi parle graveur cambrésien pour remplacer le Bênedictum tii nomen du prototype français.
N** 4 -^ G EPISCOPVS; bordure de trèQes commençant par un lis; au centre, une grande fleur.
b). B SIT : NOMEN. . . , en légende extérieure.
4- MONETACAMERA, en légende intérieure; au centre, une croix pattée, avec un lis au deuxième canton.
Cette imitation,. beaucoup plus servile, du gros de Philippe de Valois, est en billon. Elle ne m'est connue que par un calque imparfait que je dois à l'obligeance de M. Rousseau.
N* S. VERITAS : DNI : MANET : INETERNVM; au commencement, un petit lion au lieu d'une croisette.
GVILELMS EPS, entre les branches d'une croix pattée. ^|. CAMERAGORVM, dans une bordure de trèfles, interrompue par une petite aigle; un point se voit au-dessous du premier R; au milieu, l'édiflce du gros de France *, où la couronne est remplacée par une mitre écrasée. Argent; exhumée à Cambrai ; collection de M. Fréchon ; pi. x, fig. 5.