PREMIERE PARTIE
PÉRIODE ROMANE
Ce titre est emprunté au langage de V Archéologie monumentale; nous en avons déjà fait usage dans nos Éludes numismatiques sur une partie du Nord- Est de la France. Il indique que les monnaies dont nous allons d'abord nous occuper, sont comprises entre l'antiquité gallo-romaine et le moyen-âge proprement dil.
Les questions générales que comporte la numismatique romane ne seront pas traitées ici. Dans l'ouvrage qui vient d'être cité, nous avons examiné le style, le type, l'épigraphie et le système pondéral des monnaies de cette période; nous avons signalé ensuite les causes de la préférence accordée à l'or , sous les Mérovingiens, à l'argent, sous les Carlovingiens et les princes de la maison de Saxe ; enfin , nous avons donné quelques notions sur le mode de fabrication , la puissance du métal et les monnaies de compte. Ces points de doctrine que nous avions jugé à propos d'aborder pour l'intelligence de notre travail , sont aujourd'hui mieux élucidés et tendent à devenir classiques. Aussi , les numismatistes qui auront recours à notre publication actuelle, comprendront-ils que nous ne cherchions pas à rectifier et à compléter ce que nous disions alors.
Les pièces décrites dans la première partie, sans parler d'un denier d'attribution douteuse (pi. i, fig. 6), se composent, ainsi que nous l'avons annoncé dans l'Introduction :
l"" De trientes mérovingiens, portant le nom de la cité et celui du monétaire ;
2* De monnaies royales carlovingiennes et germaniques, avec le nom de Cambrai ;
3* De monnaies carlovingiennes , joignant au nom royal celui de l'atelier ecclésiastique de Saint-Géry.
La Numismatique de Cambrai ne compte, comme on le verra, ni sous royaux de la première race, ni monnaies de transition semblables au denier d'argent du maire Ebroin'. Elle présente encore, à l'époque romane, une lacune également regrettable et déjà signalée dans l'Introduction: je veux parler de l'absence de ces deniers émis dans d'autres villes épiscopales de l'ancienne Belgique , sous les princes de la maison de Saxe , au nom collectif du comte-évèque et du souverain'. Ce chômage des ateliers, qui s'est également produit dans une province voisine', s'expliquerait, jusqu'à un certain point, par les conditions topographiques et politiques où se trouvait Cambrai; mais est-il bien certain qu'il ait eu Heu , et ne faul-il pas admettre, au contraire, qu'on a calqué, dans cette ville, pendant la haute féodalité, les anciennes monnaies royales de France, devenues ainsi, suivant l'expression de M. B. Fillon, des prototypes immobilisés^
* De Longpéricr , Catalogue Rousseau, p. 38.
* Études numismatiqties sur une partie du Nord-Est de la France , pi. XVIU.
' Chaloo , Reckerehes et supplément aux reeherehes sur les monnaies des comtes de Hainaut.
* Lettres à M. Dugast-MoHfeux,