‹ Numismatique de l'Orient Latin; supplément [et] index alphabetiqueChapitre 4 sur 28 · SEIGNEURS DE TABARIE · texte numérisé non relu

SEIGNEURS DE TABARIE

P. 112. — J'ai reçu de Beyrouth un second exemplaire de la monnaie de cuivre de Roger d'Antioche à légendes latines, portant les traces extrêmement nettes de deux frappes précédentes, celle à l'effigie de Tancrède en costume oriental, et celle du même prince, avec le buste de saint Pierre, et, au revers, la légende grecque quadrilinéaire.

SEIGNEURS DE SAGÈTE.

P. 114. — J'ai reçu de Beyrouth un superbe exemplaire du denier de Renaud de Sidon, présentant cette particularité curieuse qu'il est de bon billon et paraît d'argent à peu près pur, tandis que tous les autres exemplaires que j'ai vus de cette pièce fort rare sont de cuivre.

Je saisis cette occasion pour faire remarquer que les deniers de Renaud de Sidon sont d'un très beau travail ; les lettres des légendes sont admirablement gravées et d'une grande finesse. L'orthographe Sydonia, et non Sidonia, est constante.

Id. — J'ai également reçu de Beyrouth deux nouveaux exemplaires des curieuses monnaies de cuivre gravées pi. V, nos G et 7, présentant au droit la flèche de Sidon, et au revers, tantôt une tour crénelée surmontée d'une croix, tantôt une représentation du Saint-Sépulcre, absolument analogue à celle des deniers du roi Amaury. Il serait à désirer qu'on pût recueillir un nombre plus considérable d'exemplaires de cette menue monnaie de l'atelier de Sagète, car je commence à croire qu'on parviendrait à déchiffrer ces légendes si barbares et en apparence vides de sens. Au revers de l'un de ces deux exemplaires je crois bien pouvoir lire SYdO..., pour SYDONIE. J'ai fait graver, pi. XX, 5, l'exemplaire au type du Saint-Sépulcre ; sur celui-ci la légende est presque effacée ; on ne distingue guère qu'un A renversé.

Id. — J'ai publié, dans les Archives de l'Orient latin(i), une obole de cuivre pur inédite du second seigneur de Sagète, Girard, dont on ne possédait encore aucune monnaie. Cette pièce précieuse, qui m'a été envoyée de Beyrouth, porte au droit le même type que les monnaies déjà connues de Renaud, le fils et le successeur de Girard, à savoir la flèche de la Sidon franque entre deux groupes de besants, placés quatre etquatre. Au revers, figure une étoile à six rais pommetés. Les légendes sont: au droit, + GIRARDVS, et au revers, AINODIS pour SIDONIA renversé. Gravée, pi. XX, G. J'ai exposé dans le même article les raisons qui me portent à me demander si ces monnaies grossières gravées aux nos 4, 5, G et 7 de la pi. V, et que je croyais les dernières frappées à Sagète durant l'occupation franque, ne seraient pas plutôt les plus anciens produits de cet atelier. Il faudrait les examiner avec soin pour voir si on ne pourrait parvenir à déchiffrer dans ces légendes d'aspect barbare, le nom du premier de tous les seigneurs de Sagète, Eustache Garnier ou Grenier, père du comte Girard.

(1) Trois sceaux et deux monnaies de l'époque des croisades, p. 1I72.

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