Même tête
1^. Même type , sans légende j derrière le taureau » # à lexer-
gue, O at* R‘. F.b.
Ceb. de M. de Lagoj-
Voilà, aussi complètes qu’il nous a été jiossiLle de les établir, les différentes suites des médailles de la première ville civilisée des Gaules. Le grand nombre de ses monuments niimismatiqucs nous a fait multiplier les divisions et subdivisions, afin d’en faciliter l’étude, mais sans perdre de vue le prinei|>al but de notre travail, le classement chronologique. Après avoir sé|iaré les métaux, suivant l’usage consacré, nous avons rangé, dans chacune de ces divisions, les types, selon les époques où ils ont commencé de paraître , et nous avons suivi chacun d’eux dans ses différentes variations, depuis son apparition jusqu’à sa fin, d’après les caractères tirés du style et de la fabrique des médailles. Dans celles de même style et de fabrique évidemment contemporaine , un ordre alphabétique a été suivi , à l'aide des sigles et des monogrammes. Nous avions voulu d’abord établir nos suites d’après l’ordre chronologique le plus rigoureux, mais les séries nombreuses du même type se trouvant morcelées, on aurait été obligé d’aller les chercher au milieu de pièces de métal , de module et de types différents, et cependant le motif de ces morcellements aurait été basé, nécessairement, sur des inductions très conjecturales. Il est, sans aucun doute, plus satisfaisant de pouvoir envisager, d’un seul coupd’œil, les différentes variations d’un même type, pendant toute sa durée monétaire. Nous avons vu M. Hennin indiquer, dans son excellent Manuel , des améliorations imitortantes aux classiGcations adoptées jusqu’alors, et se trouver néanmoins forcé de les suivre à sou tour '. Apres y avoir bien réfléchi.
* Maaael d« Namisnialique anciauiCy t 3oi ii 3o4.
NAEBONNAISE.
nous nous sommes décide à faire de même ; mais on remarquera toutefois, nous l’espérons, les modifications notables que nous avons introduites, et on n’a, pour les apprécier, qu’à mettre le catalogue de M. Mionneten regard du nôtre'.
Si nous avons adopté, pour notre catalogue et pour nos planches, la forme la plus favorable aux recherches, nous nous sommes attaché, dans notre texte, à suivre l’ordre purement chronologique. Les numéros des médailles, les interlignes placés dans les séries, aideront à reconnaître les principales variétés du même type, elles subdivisions qui se rapportent aux différentes é[>oques déterminées dans le texte.
Nous avons soigneusement révisé, sur les pièces elles-mêmes, les catalogues dressés avant le nôtre. Dans le plus récent et le plus étendu de tous, M. Mionnet avait déjà écarté un certain nombre de médailles fausses , ou de descriptions inexactes , conservées par des auteurs plus anciens’; cependant, plusieurs d’entre elles avalent encore échappé à la sagacité de cet habile numismatiste. Ainsi les n"* 174 et 175 de son premier volume, empruntés à la pl. ni de Saint-'Vincens, et sur lesquels celuici avait lu MAZ2A, au lieu d’AAEZA, appartiennent à Alexandrie de Troade; le n® iG 4 doit être attribué à la Macédoine, la
* Dans rineertitude où nous nous IrouvioDs f nuui aToni consulté notre docte confrère, M. le marqnU de Lagoy, dont let utiles otU nous ont sourent guidé dans la rédaction de ect ouTrage, et noos btods été surtout déterminé par les rddexiona suirantet :« Je n’ose pas, nous écriTiit-i],
• TOUS conseiller de ne tenir aucun compte
• des difTérenccs de néul, de type ou de
• module, tant le classetnenl par époques
• roc seroble incertain. H y a une énorme » différence de fabrique, par exemple , dans » lesbronzes au typedu taureau cornupete;
• il faudrait duoc placer ce mémo type à » diyerscs époques lucccssiTCs; cela n’oe«
» casionnerait'il pas une sorte de confusion » désagréable et pénible, lorsqu'on tou-
• drait puiser des reoscignemenU ? Les ■ lirres de Nomismatiqnc ne sont pas faits
• pour être lus de suite; lenr plus grande
• utilité consiste, je crois, i servir aux re- » cherches. • Et cela est surtout vrai pour les catalogues.
* On n’a qn’à jeter les yeux sur les planches des médailles de Marseille, par Saint* Vincens , notamment sur les n“* t, pi. i'*; II, pi. Il (médaille de Sicyone); 9 (médaille d' Alexandrie de Troade ) et 11, pi. m; Il et tS, pl. iv; 11, 17 et t8, pl. V.
MASSILIA
légende offre les lettres MAKE, au lieu de MAZ2, et le n“ 180 : Tete de femme, arbre au reeerf, doit être un exemplaire mal conservé de notre médaille 439. Nous avons reconnu aussi des pièces plusieurs fois répétées, comme on le verra par les renvois placés à la suite de nos descriptions, et nous avons omis, à dessein, plusieurs médailles trop mal conservées pour être classées convenablement d'après leurs types ou leurs légendes. Enfin , malgré la puissante autorité d'Eckliel , la loi que nous nous sommes imposée, de ne décrire aucune médaille sans avoir constaté son existence, nous a fait rejeter l’une des pièces les plus curieuses, attribuées à Marseille, celle où Diane est représentée en buste, au droit, et debout, au revers, avec un cerf à ses côtés'. M. Bergmann, l'un des Conservateurs du Cabinet de Vienne, nous a assuré qu’elle ne sc trouvait point dans la collection impériale citée par Eckhel, d'après qui St.-Vincens l’avait aussi doiuiée’. M. de Longpérier, dont l’obligeance et le savoir sont connus de tous ceux qui fréquentent le Cabinet des Médailles de Paris, a bien voulu faire quelques recberebes à ce sujet. Il croit que la médaille d'Eekhcl pourrait appartenir à Magnesia d'Ionie, d’après la ressemblance entre le buste de Diane pliarétrée, sur les bronzes de a*' module, de cette ville, et celui de la gravure d’Eckliel. Cependant, comme il existe toujours des différences assez fortes entre les bronzes et la gravure, il regarde seulement, comme certain, que la prétendue médaille de Marseille a été frappée dans l’Asie-Mineure. La fausse attribution d'Eckliel ayant été sans doute reconnue au Cabinet Iijipérial, aura donné lieu à un déplacement qui explique la disparition de cette pièce de la suite des médailles marseillaises. Quant à la médaille d’or, unique, publiée par St.-\ incens malgré une provenance suspecte elle est moulée sur une drachme semblable à notre n° 44 ,
' Eckbel, iVttflt. veL anecd.^ p. 3 , «I page teet planche tr, n** Aix» an VIU. pl. 1 , n* 3 } Doctr, num. (. 1 » ^ Elle avait achetée , en Hollande , par
p. G9. Barlhélemj Coorçay ( Voj. la notice citée »
* Notice sur Faurii de Saint • Vincens, p. 10, et la pL 1^, n" 1).
NARBOîraAME.
comme on jieut le vérifier au Cabinet du Roi , ou elle est maintenant conservée.
Nous avons donné la description de toutes les médailles marseillaises déjà publiées et reconnues authentiques ; nous en avons édité un très grand nombre de nouvelles , dont le riche cabinet de M. le marquis de I.iagoy a fourni la meilleure partie noii.s avons figuré les principales variétés, dans toutes les divisions et subdivisions, en sorte que celles qui ne sont pas venues à notre connaissance , comme celles qui seront découvertes [>ar la suite , sc rangeront naturellement, nous le pensons, dans nos cadres, et se rapprocheront des düTérents dessins que nous avons donnés.
Il nous reste à justifier le système adopté dans nos classifications.
yinarrtn» tvogiiK.
Tout le monde sait que, dès l’année 600, avant notre ère, la civilisation grecrjuc abordaaux rives de la Ganle’. Des navires des Phocéens d’Ionie, faisant un voyage de découvertes, jetèrent l’ancre, à l'est du Rhône, sur une côte dépendant du territoire des Ségobriges Euxène, chef de l’expédition phocéenne, épousa la
' Lr* deux cxtalo^ucs de M. Mioanet , t. I»p. 67-7G, cl Sop., I. I,p. 133^141 « ne contiennent que 24^ numéros ; !e nôtre »'é-
lère è 434-
* Pluûeurs auteurs pensent que les Rhodiens fonderent des ëlabU&seraeots snr les côtes méridionales de la Gaule un peu avant les Phocéens. Mais ces établissements sont mal constatés, et s'ils existèrent réellement avant celui de Murseille, ils tombèrent bientôt dans sa dépendance ( Cf.
Walkeoaèr, Géoçraph. anc. des Gaules, 1 1 , P- 25-27 ).
^ Justin , I4 xuu , c. 3 . — Le nom des Ségobriges, Segoirr/gfff semble indiquer une tribu gauloise restée libre bu milieu des
populations liguricBDtSi en possession depuis long-temps du littoral de la Méditerranée. Celle observation, faite par mon savant ami et oompalriote, M. Amédée Thierry (Histoire des Gaulois, part. 1 ", cb. t), rend compte, mieux que les origiocs mer- Tcîllciisrs dont rimaginatlon des Grecs entourait la fondation de lenrs établissements , de la &cilité avec laquelle les Phocéens prirent, dans U ?farbonDaisc , une 'posiiion qui leur eôt été vivement disputée par la Dation belliquensc des Ligures. Elle devait, an contraire, leur être nalurellement offerte, en échange d'one alliance ntile, par les Ségobrigei que pressait de tous côtés une population cnncniie.
MASSnJA.
fille du chef de la tribu gauloise, notnmé Nann, reçut en dot la côte où il avait pris terre, renvoya promptement ses navires chercher à Phocée de nouveaux colons, et travailla, en attendant leur arrivée, à la fondation d'une ville qu’il appela Massalie,
Hocai7a).ix
Si , dès l’origine de la colonie, Euxène crut devoir en consacrer la fondation par une émission de numéraire, elle ne dut pas être considérable, ear l’argent monnoyé ne pouvait être d’un grand usage avec les tribus barbares dont il était entouré, et cela expliquerait la rareté des monuments qui nous en restent. Peut-être donnons-nous une trop haute antiquité au monnoyage des Massaliotes, en reportant à cette époque les médailles placées en tête de nos catalogues ; mais rien cependant n’empêche de supposer que le chef d’une expédition lointaine, destinée à jeter les fondements d’une colonie , n’ait emporté avec lui des objets nécessaires pour frapper des monnaies, à une époque où l’usage en était généralement répandu dans le pays qu’il habitait.
Nos médailles, au surplus, offrent tous les caractères de l’antiquité que nous leur assignons, et leurs types conviennent parfaitement à la colonie naissante. C’est le p/iotiue ( n®! du catalogue et des planches), allusif au nom de la mère-patrie et dont la figure était re]iréscntée sur la monnaie nationale’ ; ce sont le lion et le griffon ( n”‘ 2 et 3 ) , autres types monétaires de Phocée ^ et attriButs de Diane et d’Ajjollon. Nous verrons plus tard le type du lion devenir l’un des plus fré-quents sur la monnaie de Massalie^.
* AriituL, <!/).« \Uiee., 1. un , c. 5.
Jastin, 1. U. 1 II, e.
* MionD-, \'lt
^ Miooa., t. If p. 17S et faiT.; Sup^ t. II » p. aS 3 , n”* 1193 et i3oi* et p. >85 et iuît.
pièce eu griffon, cnraisoa de safabri* qaCfSmittmieiix placée après le n** 4* naule désir de ne pas couper la première série des uédaiUrs au type de Diane, par une pièce étrangère i ce type, me Ta £sit UUeer à une
époque tréeToisbe,au sarplos.de celle 06 fat frappée la pretnière nédaillc de celle série, en me réseiraat, toutefois, d'en aeer' tir le lecteur.
* Le UoH tlévorunt une proie et le Uon marrhant sont aussi les types ordinaires de Vélia de l4icauie, fondée également parles Phocéens d'Iome, en même temps que Mar> •cilla (Voyex Miona., t. 1 , p. et
Snp., 1 . 1 | p*
NARBOXNAISE.
St
On a conçu des doutes sur l'attribution de ces pièces publiées pour l» première fois par M. le marquis de Lagoy, qui les avait recueillies dans les fouilles faites par lui à St.-Kemy, sur l'emplacement de l'ancienne ville massaliote de Glamtm On a pu croire qu’elles avaient été apportées de Grèce par les Phocéens ; mais comment n’en trouverait-on pas de semblables dans ce pays? Au contraire, elles se rencontrent seulement sur le territoire de la Provence, et, chose remarquable, dans l'énorme quantité de monnaies massaliotes recueillies j>ar M. de Lagoy, à Saint-Remy, il ne s'est jamais trouvé une seule pièce grecque. Une autre objection pourrait être tirée de la différence déformé dans les creux des revers, mais cette observation , tri-s juste en général , présente, dans son application, d'assez nombreuses exceptions. Ainsi les médailles de Corinthe offrent à la fois des aires creuses en forme de méandre, et d'autres divisées en quatre carrés ou en quatre triangles. Sur des médailles d'argent de Letc de Macédoine, au type du Faune poursuivant une femme, on remarque également les aires en creux , divisées tantôt en triangles et tantôt en carrés. On pourrait encore citer d'autres exemples.
Tmnaiaa teogox.
Cependant les messagers d'Euxcnc revinrent avec de nouveaux colons, en grand nombre, apportant sur leurs navires des outils, des armes, des instruments d'agriculture, des plants de vigne et d'olivier. Ils ramenaient, en outre, d'Éphèse, où un oracle leur avait ordonné de s’arrêter, une statue de la grande divinité que l’on y adorait, Artémis ou lliane, pour mettre sous sa protection la nouvelle colonie. Les chefs de l'expédition étaient Simos et Protis
Nous pensons que les médailles de notre deuxième série nous
' NamitmtHic Journal, tonte TI, pitgc âe Matsllla , , etc.» page» 7^.
^ Justin, 1. xLtti, c 3 et Strab. ,
* Descriplioa de quelques médailles iné> I. it, e. 3, p. 17 ^
MASSlUA.
ofTrcnt les traits de cette statue, apportée par la seconde migration phocéenne. I^e caractère égyptien du célèbre simulacre d’Kphèse n'est pas méconnaissable dans les têtes des médailles 5 , 7 et 8, tandis que les cheveux relevés derrière la tète, sur les médailles G et lo, annoncent déjà le caractère de Diane rhasseresse , qui deviendra désormais celui de cette déesse sur les monnaies massaliotes frappées à son effigie. Une autre particularité curieuse est la manière dont la chevelure a été traitée par le graveur. Elle rappelle évidemment ces ouvrages d'ancien style de la statuaire grecque, où les cheveux sont»divisés eu petites boucles, de manière à imiter non deschevettx réels, mais de véritables perruques, d'après l'usage antique de coiffer les simulaci-esdela divinité avec des cheveux artificiels, comme on les habillait de véritables draperies. Le crabe , tjqje du revers, était un des nombreux attributs de la déesse éphésienne, et les mythologues voient en lui, soit un simple emblème de l'humide élément subordonné à Artémis, soit un symbole de la lune s’élevant de l'Océan '. Mais il nous semble devoir surtout rappeler ici l'épithète de la Diane des Grecs , de Protectrice des ports ’ qui , selon le savant docteur Creuzer, peut avoir appartenu originairement à l'Artémis d'Éphèse, adorée dans l'un des ports les plus célèbres du monde
I.a présence de la lettre M, sur les n®’ 8 et 9 de cette demièiv série, est une circonstance importante pour l'attribution des curieuses médailles qui la couqmsent, et leur provenance habituelle, Marseille et ses environs, lui donne un nouveau degré de certitude.
Cest encore à M. le marquis de Lagoy que l'on doit la connaissance de ces précieux monuments de la Numismatique marseillaise Avant lui on n’avait pu en remonter les origines jusqu’à
' Creaz«r etGutgniiat, Rdig. de feiiljq., I. II, pAri., p. i 39 et i 4 o.
* Aifunrt( es At^AAvt«K(^;. — Une foule de ville» maritûae» de l’andqnité oot placd
le s7ail»ole du cnbe lor leur» monnaie».
^ Creuser, toc. Inud.
* Description de quelque» néd. io^d. , etc, p. 5 , 9 et 10.
TIARfiOmilSE.
l’époque de la fabrication des monnaies à aire en creux ,'qne l'on trouve, au début du monnoyage, dans les villes grecques, et qui manquaient à l'antique Massalie.
TKomsKS ivovmi.
La colonie phocéenne prit de bonne heure de rapides dévelo[>pements. De riches cultures s'établirent , une marine fut créée , d’anciennes forteresses , occupées jadis, sur les cotes voisines, par les Phéniciens et les Rhodiens, furent relevées et garnies de troupes. Celte prospérité, toujours croissante, inquiéta bientôt les Ligures, qui profitèrent de la mort du beau-père et du protecteur d’Euxène pour faire soulever contre ses anciens hôtes Conian , fils de Nann. Dès lors les Massaliotes eurent souvent à se défendre contre les agressions des peuplades liguriennes et gauloises dont ils étaient voisins
A cette période de l'existence de Massalie peuvent se rapporter les premières médailles au type ô! Apollon, qui devint la seconde divinité tutélaire de la fille de Phocée. Le dieu, sur ces pièces, est représenté la tête armée d’un casque L’état de guerrecontinuelle où les Massaliotes se trouvaient alors, avait dû leur faire choisir pour protecteur cet Apollon guerrier, originaire de la Lycie , que Pausuiùas avait vu représenté, avec le calque, l’arc et la lance^ , dans la ville d’Amycles
Une petite roue, ou ro«c//Æ,àquatre rayons, formera dorénavant le type du revers des oboles massaliotes à l’effigie d’Apollon , et nous la trouvons ici figurée, en outre, comme nos cocardes modernes, sur le côté de son casque. Ce symbole, dont l’illustre Eckhel n’avait pu découvrir la valeur * , a été l’objet de diverses
' Jtutin, 1. xi.m,c. S-5. — ^Tit.-Liv.,c. 34 .
• Voy. l» XI à 17.
^ ^ <irl Tf t **
nùi ( PaowD.. in c. 19).
* Qptte sUto« y d’uae antiquité r«calée , qoe Pausania» TÎt à ^jcle» , n'était qu'une immeoM coloane d'airain à laquel*
le étaient ajustés une tête, de* main* et des pieds. Le Irdoc qui la soutenait était un de* plus bcanz produit* de l'art grec , de l'époque qui précéda cdle de Phidias.
* • Qnid rotOy oui si maUsy orèis qua- » drtfanein secUu„. raW/cef, mihi incomper- • tum. a(Num. veter. onecd. ,p. 3 a.)
HASSILU.
interprétations. On l’a considéré tour-à-tour : comme le résultat d’un. procédé mécanique , remplaçant le carré creux destiné à maintenir la pièce pendant la frappe; comme un souvenir de la rouelle métallique , espèce de monnaie primitive , selon quelques auteurs ; comme un emblème des courses de char qui avaient lieu aux jeux célébrés dans la Grèce et ses colonies; comme un symbole emprunté aux Gaulois eux-mêmes , qui l’avaient reçu des Égyptiens par l'intermédiaire des druides, initiés aux doctrines de Pythagore; enfin, comme la tétrade sacrée des Pytliagoriciens , le plus parfaitdes nombres, désignée par quatre ligues et enveloppée dans l’unité divine, représentée parle cercle, emblème de l’éternité.
La première de ces opinions était celle de notre célèbre Barthélemy , mais elle ne saurait supporter un examen sérieux ; son auteur lui-même l’avait donnée avec l’accent du doute, et sans y attacher l'importance d’une démonstration En effet , les médailles d’Atliènes sur lesquelles le carre creux sc trouve au levers de la roue, et la présence de cette même roue sur le casejue de la divinité représentée sur nos médailles marseillaises, prouvent qu'il faut lui chercher une origine dans un ordre d’idées plus élevé. J’en dirai autant à l’égard de la seconde interprétation, consignée dans le Numismaiic Journal'. Quant à la troisième, rien n’est moins certain que l’usage des rouelles métalliques comme monnaie , car, selon la remarque judicieuse de M. le baron de Crazannes, aune époque de barbarie, où les moyens les plus simples devaient être employés de préférence, il était plus facile de frajiper grossièrement un flan globuleux que d’évider un morceau de métal La quatrième interprétation appartient à M. Akerman<, et n’est, au fond, que la reproduction de la dernière, en y joignant
* cité par Poo», dan» le journal VJmi du Bien. Àix, illa? , n** i3.
* Tfumismatie Journal^ L U, p. «As et Rer. Nuid. , x83$ « p. 47 a.
* Cf. DiMcrtalion de H. le baron de Crasanne* rar les méd. ganL , an type de
la croix onde la roue,p. 7>io. — Berne Namismatique, iS3(», p. 169-174» et pl- III. Revue Numismatique, 1640, p. 4S3-
^ NumitmttUc Journal^ 1837 , n’’ de janvier à avril » et Berne Numismaliqne , 1840, p. x4.
la supposition, très peu probable, d'un emprunt fait par une nation civilisée à une nation barbare. La dernière a l'avantage d'être en rapport avec le caractère religieux, habituellement empreint dans les divers types monétaires de l'antiquité, et son auteur, M. Pons, l'a développée d'une manière ingénieuse dans un artiele du journal VAmi du Bien, publié à Aix‘.
Ou avait remarqué, il y a long-temps, la provenance des rares monnaies dont nous nous occupons. Elles sont figurées sur les planches de Fauris de SaintrVincens’, et sur celles de M. Tôchon d'Annecy^ , parmi les médailles de la Narbonnaise. Pellerin les avait déjà rapportées à Marseille^, et M. le marquis de Lagoy a fait définitivement adopter cette attribution *, en publiant les différentes variétés reproduites dans notre catalogue et sur nos planches*.
Sur la médaille n° i5,etsur une nouvelle variété, n° iG, dont M. do Lagoy a bien voulu me permettre la première publication, les rayons de la roue sc divisent en trois branches, en approchant de la circonférence, comme sur les oboles deSyracuses, d'ancien style, avec lesquelles les nôtres offrent beaueoup de ressemblance 1. Pons a pro|XJsé de reeonnaitre dans ees douze rayons le symbole des douze signes du zodiaque *. Les quatre rayons pourraient, à leur tour, être considérés comme celui des quatre saisons, et la roue serait une sorte de signe abrégé du char d'Apollon, symbole de la course solaire.
Une autre explication de la roue, d’autant meilleure qu’elle est plus simple, a été donnée par M. Brondsted 9, et a reçu une nouvelle autorité de l’approbation de M. Raoul Rochette. On devra reconnaître, avec eux, dans ce disque à quatre rayons, « le meuv ble qui se plaçait sur le trépied fatidique de Delphes, et qui
* Année 1837, n* i 3 , p. 4a et sair.
* W. Il, a* 11.
* PI. wx, tL** 4 «t 5.
* T. m, p. ia6, cl pl exT, n* 17.
‘ r>CBcr. de quelq. néd. inéd. de
etc.,p. 10 et ii,etn*^ toi i 3 de la planche.
* VoT. let n** Il 1 14.
’ Mionn., I, Sot, n** 798, et Snp. I» 438, n®* 533-335.
* VAmi du Bifiif 18x7, n* i 3 .
* VojBgei et Redierchet en Grèce, 1. 1 ,
p. ti6«ti8.
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B était devenu , sous le nom de xûxjb; ^uaroü ; , l'un des principaux > symboles du culte d'Apollon Pythien >
La médaille n° i6 ofTre une légende insolite dans la Numismatique marseillaise , quant à la disposition des caractères et à leur forme, qui rappelle celle des lettres celtibériennes , sauf le tTI. Celui-ci parait étranger à l'alphabet des Celtibères, dont M. I,enormant et M. de Saulcy nous ont donné des tableaux si complets’. Il nous semble impossible de lire autrement que Mass, ou Massa, si l'on fait concourir deux fois la lettre A à la formation de ces initiales du nom des Massaliotes. La comparaison des types et la' provenance (le département des Bouches-du-Rhône) commandent également d'attribuer cette médaille à la ville de Marseille , et aux premières époques de son monnoyage. Nous retrouverons , au surplus , le caractère RI sur des médailles d'une époque bien postérieure et nous le croirions volontiers, ainsi que celui-ci, J, emprunté à l’alphabet des Ligures, peuple d’origine ibérienne, comme chacun sait. Ne serait-il pas possible même de supposer que cette monnaie aurait été frappée, par les Massaliotes, pour servir dans leurs relations de commerce avec les populations voisines.^ Elle parait, en raison deson poids, ainsi quela précédente, n° |5, avoir été l’hémiobole de l’époque.
Ces considérations nous ont engagé à classer à la suite de ces
* Efiui snr ta Nafnisniatique tarcDtioa, au t. XTV dca bout. Mém. de TAcad. dea loacripCiona » p. roudkSf que
l'oQ a regaidée» eonuae dea moonaiea prioaiinitivM» ae rattachaleat probablement an coite d’Apollon s ou à celui dea divinité vangerewca et dea diTiiùléa infcmalea, prèa deiquellca on TOtt souveot 6furer le aymbole de la rooe, aur lea Taaca petota (Cf* de Witte, Catalogue de la colleerion de ^L le vicomte Bougaol, p. On compren-
dra que noua n'ajona pu diKulé la valeur de l'opinioa de Groaaon (Rec. dea antiq. et monom. naracUJaU» p. 3} qui, reportant à
une époque tria récente réraiation dea oboica de Maracille, à la télé d'Apollon, regardait le type dn révéra comme le aigne du cbiiatianiamc et comme ua cicmple de la loléraoce rdigieuae dea MaraeiJUii, qui plaraieot à la fois, surleur nuraérairc, un type appartenant aux croyancea pateanca, et un autre rappelant cellea dea Chrétien*. Son oovrage cat rempli d’expUcationa preaqae auMt aiU'gulürea dea autrea monunenia de Maracilln.
■ CC-Revue Namiam., tableau deU p. 1$, année 1840; et Eaaai de cUuification dea moanaiea autooomca de l'Eapagnc, pLvi.
* Voy. lea n®‘ 44 » et aad.
SS
I«uaiORHS]SE.
deux pièces une petite médaille d'argent, attribuée par M. Millingen à Tempyra , à cause de la ressemblance de type et de fabrique avec plusieurs autres monnaies de la Thrace Le savant numismatiste anglais, en lisant Tarn au lieu de Mas, était guidé par la forme singulière du T, ainsi figtu-é, T< , sur les médailles de Méscmbric , dont le type du revers est également une roue En outre , la forme particulière du casque le rapproche du pétase qui cousTe la tête du Mercure des médailles d'Aenos’, dont Tempyra, selon Tite-Live, était peu éloignée. M. Mionnet, accueillant avec une certaine hésitation ces conclusions, a proposé, si l'on admettait l’attribution de M. Millingen , de classer aussi à Tempyra les j>elites médailles sans légende, de notre sériel, placées par lui , jusqu’alors, aux incertaines Lorsque M. de Lagoy réclamait contre cette proposition, en s’appuyant de la provenance habituelle de ces pièces il ne possédait pas encore la précieuse médaille n° i6, dont la découverte, sur le territoire marseillais, vient dissiper tous les doutes qui pouvaient rester dans l'esprit des antiquaires.
Cette série n’est pas , comme on a pu le reconnaître, d’un intérêt inférieur aux précédentes. En effet, si les premières ont permis de remonter les origines du monnoyage raassaliote jusqu’à l'emploi des carrés creux, et si elles nous ont offert l'efligie du premier simulacre de Diane adorée à Massalie, la dernière nous a montré une représentation d'Apollon , rappelant , comme celle de Diane , ces idoles de style ancien, qui recevaient, de préférence aux chefs-d'œtivre de Phidias et de Praxitèle , les hommages et les prières des peuples de l’antiquité grecque.
* Rectidi de ifiielqoes Méd. mM., llioiimet,8vp.,tIl,|Nig«s 3 it erKrivtatv».
p. 34 » et pi. rr, n° a. * Dtecript.» de» laéd. greeq.» Sap.» l. If»
■ Eckbel, Vwn. wff. p>. T, ■** a p. 499» Mt. «é
«t &. ^Mtonn., Si»p.» Il, p. $41 » b*** 846 * /M., t. VI, p. € 3 o» n” i»S.
«td47. * DMvriptdeqBcIq.méd.iaéd.deMtM^
* fieUiel, op. iand.f pi. te» m* 17.— Ar» Cùmam, etc., p. t>.
MlWlIi
guATubcs irogux.
Vers l’annce 54a, un événement inattendu apporta un tel accroissement à Massalie, qu'il a été regardé par plusieurs anciens auteurs comme son origine même Les Phocéens de la mèrepatrie, chassés de leurs foyers par les armées victorieuses de Cyrus, vinrent, avec des navires chargés des richesses qu'ils purent soustraire à l’ennemi , chercher un asylc auprès de leurs frères de la Gaule, où les conduisit Créontiade, un de leurs principaux citoyens. Une partie des émigrants s’était arrêtée en Corse , où d’autres Phocéens avaient bâti, vingt années auparavant, la ville d’Alalie *; mais tous furent bientôt chassés par les Tyrrhénienset les Carthaginois, auxquels leurs pirateries les avaient rendus redoutables. Plusieurs d'entr’eux allèrent fonder, sur les côtes d'Italie, la ville d’Hyèlc ou Vélia ; les autres vinrent rejoindre leurs compatriotes de Massalie
Ces accroissements successifs de population et de richesses permirent à la ville de prendre de grands développements. De colonie, devenue métropole, elle devait bientôt laisser loin d’elle Phocée. Des murailles de défense furent construites; une enceinte continue , flanquée de tours, et une citadelle isolèrent de la terre ferme le promontoire sur lequel la ville était bâtie. La citadelle renfermait les temples de ses deux divinités protectrices , Diane et Apollon , et celui de la déesse tutélaire de tous les Ioniens , Athéné ou Minerve. Le port, creusé naturellement au pied d’un amphithéâtre de rochers, fut rendu plus vaste et plus commode ; on y étabht un arsenal et de vastes chantiers^. Massalie, régie par de sa-
■ H^rodot., I, iS 5 . — Panian., x, S. — ’ HérodoL, i, i 65 . — Oiod. SîcvJ. , T, p.
Aoimiaa. Harccll.,aT, g. — Uygia., ff/,., Aol. agS. — Aotioeb., ap. Strab., vi, p. aSa. — Gell.p Xy etc- — Cf. Cerj, DiMcrUtioii B^gto« , <f/>. Aul. CeU. Koct. sur U fond, de MarMtüc; Raoul Rochette , i6. Amm. Marcell-j xt» g, etc-
HUl. des coloo. grecq.p Itl, 4 ia;Ter&eauz , ^ Stnb., I. rr, p. 179 et 180. — Fe&î.
Bist.f reip. MajsIL Arien., v. 70ï-—i*anrg^. Eumen. mCod-
* Aujourd'hui Ajaccia stant., c 19.
NABBOÎJNAISE.
ges lois *, étendit graduellement son pouvoir sur le territoire environnant, où elle fonda plusieurs colonies, et ses expéditions de commerce cominenccrcnt à parcourir les mers lointaines
Les médailles décrites dans notre quatrième série aj>particnnent, selon nous, à cette époque de progrès général dont elles offrent des traces sensibles. La tetc d Apollon, repnwntée nue, se rapproche de plus en plus du type de la beauté humaine idéalisée , qui succéda aux formes hiératiques anciennement reçues, et elle arrive presque à sa plus haute expression, que nous trouverons empreinte sur les médailles de l'époque suivante.
La médaille n" ai , placée ]>ar sa fabrique sur les limites de l'ancien et du nouveau style, fi.xe le nom du port de Marseille, appelé Halycidon dans plusieurs manuscrits de Mêla, et Lacydon , comme sur notre médaille , par Eustathe Cette curieuse pièce du Cabinet du Roi, dont on ne connaît pas un second exemplaire, a peut-être été frappée à l'occasion de l'agrandissement du port , dont nous parlions tout-à-l'heiire ; du moins, son extrême rareté permet de le supposer; une véritable monnaie, ayant eu cours à une époque où tout annonce une assez grande abondance de numéraire en circulation, nous serait arrivée à un nombre d'exemplaires plus considérable. L'inscription AAKYAHN jieut faire croire, comme l’a dit le premier M. Raoul Rochette, que la tète représentée sur l’une des faces de la médaille, est celle du porl lacydon lui-mème * , comme on voit sur des médailles de Corinthe, Y Isthme personnifié, et l'inscription ISTHMVS, qui ne laisse aucun doute sur l'attribution du type
Une autre circonstance particulière, comme serait, par exemple, la dédicace d'un nouveau temple d'Apollon, pourrait aussi rendre compte de l’origine d’une médaille, également unique, de
' Jiul., iLiii, 4.~Qccr.,/>n> riac.^t\c.
* Strab., 1. iv,p. 579>5 So. — Scjmn. Cb., V. et — PUa., 1. iii» c. 4 et 5.
PoiDp. MeU, I. Il, e. 5. Ptoleni. Ceof., I. Ut e. lo, cic.
* Pomp. He]., cum not, varhr.^ L u, c. 5 .
— Eu»talh. , nd Dionys. Priirg. , r. 75.
* Raoul Rodicltef Essai sur U NujnUmalique tarrotiaCf au torac XIV des XDoire» deTAcaiL des losc, p, 399, unie i.
‘ UUUageOt Anclent coins greck citicSf pL tr,n* i5.
MASStUl.
la même série (n® aa). Sur cette pièce on lit l'inscription , APAA dont personne n'a cherché à découvrir la signification, et qui n’est peut-être que l’épithète d'À/)uui, brillant, donnée à Apollon, épithète qui rappelle celle de KALOS , si fréquente sur les vases peints, où elle accompagne les noms des dieux et des héros
Les médailles n“* ao et a3, indé[)endamment de la lettre M du revers, offrent, du côté de la tête, le commencement du mot entier Mamahr, iH,\i , [monnaie] des Massaliotes. Ou voit que, dans celte série de transition d’un système à un autre , il n’y a pas , il ne pouvait y avoir encore la fixité de types et de légendes qui va distinguer la belle époque du monnoyage.
Nous observons, pour la première fois, à la tête représentée sur les médailles de la même série, une corne naissarite, attribut ordinaire des dieux-fleuves, ce qui a conduit M- Mionnet à regarder la tête de la médaille de Lacydon , la seule sur laquelle il eût aperçu cet attribut, comme celle du likône personnifié Pons a combattu vivement cette conjecture , et il a prétendu que la corne n’était qu'une mèche de cheveux 11 avait aussi hésité à reconnaître , dans le type habituel du droit des autres oboles , la tete d'Apollon. I Comment, disait-il, les Marseillais, qui sur leur > monnaie de cuivre représentaient Apollon avec une couronne tis- 9 sue de feuilles de l’arbre qu’il chérissait, avec cette chevelure 9 longue et flottante qui lui semble particulière, et qui lui mérita 9 le surnom d'ixtfctxcur.i, chez les Grecs, et d'Intonsns , chez les 9 I,atins; comment auraient-ils négligé de le caractériser de la 9 même manière sur les monnaies d’argent qu'ils ont consacrées 9 à ce dieu ? 9 Néanmoins , la chevelure longue et laurée n’est pas le caractère exclusif de la coiffure d’Apollon , et Pons en revint à l'opinion commune
' Cf. Lcsormant «t de >Vîtte, Élite des moatus. eéruDogr., 1 . 1, p. io5.
* Deseript. de* mid. grecq., svPm ^ p. noie a.
^ Opuscules posUmnes , poUids par U. Giraud, à Aix, en iS36, p. nxi et xxxn.
~ La Béoae opinion se tronre aiuai coosU
goée dans un Mémoire, en forme de lettre, adressé par Pons ■ la Société des Adtiq. de France, et publié, par extrait, dans le Rapport de M. fiottln sur les traTSux de l’année i8a3-x4, t Vil, p. xa et xai.
* Oposcules poaümmca , pages xxxi cl
XXXSI.
NARB0NNÂ15E.
M. Raoul Rochette , dont l’opinion est d'un si grand poids, a regardé la tête représentée sur nos médailles comme celle du Dé~ mos, ou du héros local de la colonie phocéenne La télé jeune et imberbe , sans attributs divins , était en effet une des représentations habituelles du peuple personnifié , du héros , ou fondateur de la ville, et l'antiquité fournit une multitude d’exemples de personnifications semblables’, mais dont il faut peut-être reporter les premières à une époque moins reculée que celle à laquelle appartiennent nos médailles.
D’une autre part, le culte particulier rendu à Apollon par les Massaliotcs, l'adoption incontestable, sur la monnaie de cuivre, de son effigie comme type local , le symbole de la roue , particulier à ce dieu , nous font hésiter à repousser l’explication anciennement reçue; nous voulons toujours attribuer à Apollon la te'te d’abord casquée, puis à cheveux hérissés, et changeaut successivement de caractère, selon les différentes transformations adoptées par l’art grec dans les représentations de la divinité. On comprendra , du reste, qu’après avoir cité l’opinion de M. Raoul Rochette, ce ne soit qu’avec une extrême réserve que nous cherchions à défendre la nôtre.
Quant à l’attribut de la corne, il est impossible de ne pas le reconnaitre sur un grand nombre de nos médailles Mais il appartenait au dieu delpbique , comme le prouve le nom de l’Apollon Tfuyu;, adoré à Naxos*, et celui de l’Apollon «pwTsj, adoré près de Mantinée, en Arcadie se confondant certainement avec l’Apollon de Naxos , et avec Pan , qui est le meme que Phaëton , comme l’a très bien remarqué M. Panofka Rien n’empêcherait encore de voir, dans X Apollon cornu de nos médailles, un ApoUo-Rhocianus, oaLaej-don , protecteur de la navigation des Massaliotes.
* rarU Kani«natiqiieUreBtte«,au
t. XlT de U DOUT. ftérie de* Héni. de TAcad.
de* laacript., p* 399* noie x.
■ CL EM«l-lLodxelte , Moiian. inéd., Orestélde, p. x 3 t-i 33 et i 6 i>x 63 ï et Euti (ur U NnûraaL tuent, aa t XIV, de*
Mteoire* de TAendéaiie da* laacription* et Belle*- Lettre* , p. 38 t’-399.
^ Yoy. le* ■** 18 à iB.
* Stepb. BjrMDt,, V. Tfc-jesa.
* PaasHk^rAad/vad., 84.
^ Muiét Blaca*, p. *7.
MASSIUA.
cngciln Avofnx.
Pendant cette période, que nous conduisons de la lin du siècle de Périclès à celui d'Alexandre, la puissance de Massalie continua toujours de s'accroître; la supériorité de sa civilisation la rendit redoutable aux peuplades voisines qui cessèrent de l'inquiéter; elle lutta même, avec succès, contre Carthage. Dans les sciences, elle rivalisait avec les colonies grecques de l'Italie méridionale et de la Sicile ; ses succès dans les beaux-arts nous seraient révélés par ses monnaies, à défaut des témoignages de l'Iiistoire
Jusqu’ici nous n’avons vu encore que des oboles pour produits de son monnoyage ; mais on comprend que cette fabrication ne pouvait plus répondre aux besoins créés par l’augmentation de ses ricliesses et par l’étendue de ses relations commerciales. Aussi convient-il , nous le pensons , de placer à cette époque la première émission des drachmes. En comparant le st^le de ces piè>oes et celui des oboles dont la fabrication parait contemporaine *, avec le style des monnaies antérieures, on peut juger des progrès faits par l’art, en suivant les différentes phases de civilisation et de richesses de Massalie. Plusieurs types approchent de ce que la Grèce a produit de plus parfait. Les simulacres de la divinité, selon le génie particulier à la nation grecque, avaient toujours continué de s’ékHgner des formes hiératiques , pour revêtir celles de la nature humaine idéalisée. L’art était parvenu à une telle hauteur que la beauté de l'ceuvre, selon l’expretion de Quintilien , égalaà la majesté du Dieu
Les médailles marseillaises de cette cinquième époque sont également remarquables par la noble simplicité des types et par la perfection du travail. Le caractère divin d'Apollon n’est indiqué que par les traits de l’adolescence dans sa plus grande beanté.
' ivilîn, 1. xLnt, c. S. L i eC rv.
— nift-t I. n, e. 5, et L IV, c. i6.
* \oy*i k» BiuBérM «4 4 ^7, poar lea
94 olcfl, 54 4 $9 , pour les drtdimet.
* Méritas operis æijaa^t Dewn. (Instlt, L lu, c. 10 .)
NAABONxNÂlSE.
DIaiie-Épliésienne ne porte d'autre attribut qu'une couronne, formée de feuilles de l'arbre dont le premier rejeton , rapporté avec la statue de la déesse sur le navire de Protis ' , avait été l'une des sources de richesse de la colonie *.
L’absence des attributs ordinaires avait , comme pour le type des oboles, rendu incertaine l'explication de celui des drachmes et on avait cru reconnaître la tête de Flore, qui recevait aussi à Massalic les honneurs d’un culte particulier La présence de la même tète sur d’autres drachmes, avec le double attribut de l’arc et du carquois ^ n’a pu laisser la question indécise. Au revers de Diane se voit un lion que M. Pons regardait comme le symbole de la force végétale^; mais dans lequel nous préférons voir ici un emblème antique du pouvoir souverain. Artémis était, en effet, considérée comme la reine de l’Orient, sa patrie , et elle figurait ainsi sur le célèbre coffre de Cypsélus, conduisant d’une main un lion, et de l’autre une panthère Diane, avec le lion, parait sur un vase publié par M. Gerhard*, et un autre vase, inédit, de la collection de )1. Raoul Rochette, représente aussi le lion près de Diane; cette divinité n'était d’ailleurs qu’une forme de Cybèle , dont le lion était le principal attribut.
Une particularité, signalée pour la première fois par M. le marquis de Lagoy, sur les oboles delà belle époque dumonnoyage de Massalie, est la présence de caractères extrêmement fins , gravés près de l’oreille de l'Apollon , de manière à imiter les poils de la barl>e que l’on voit à cet endroit sur plusieurs variétés de CCS monnaies 9. l,cs réflexions judicieuses de M. le duc de Luy-
' V07. p!uf haut, p. Sa.
* JDsdaf I. xi.in« c. 4.
’ Modee Mir Fautia da Samt-VkMCBa p. il.— > Mioiuutylf 67, n* »8.
* liutin» I. xuii, e. 4*
* Voy.k »■ 70.
* M 4 m. dea AAtiq. d< Franee, t VU,
p. LXXZVI.
’ Pauias.* in EUd.f e. xix.
• jiuteHcfene pieckiiehe f'ttstnbUder 46 et a. 91 et
* DMcript. de qudq. méd. in4d.,p. i3.
— M. Raoul Roebene avait aîgnalé oaa de cea picL-es, daas aoa Easai mit la MumÎBDatkjiie Tarantiae, )o àl'Acadéoiie de»
liMcriptioii» en i833; mais le »7»lème de pnblicatioa aain par rAcad^iaie n’a per»
laii de voirie jour àc« beau travaU qn'en
MASSn.IA..
lies au sujet des inscriptions du niême genre obsen ées par lui sur les médailles de la Sicile et de la Grande-Grèce et lu lettre adressée au savant académicien par son collègue, M. Uaoiil Rochette’, ont démontré qu’il fallait voir, dans ces inscriptions, les noms des graveurs des médailles. La susceptibilité de l’esprit républicain ne leur permettant pas de signer leurs ouvrages, ils imaginèrent, pour satisfaire une vanité louable , de placer dans les détails du type, en très petites lettres, le nom qu'ils ne pouvaient tracer, en gros caractères, dans le champ de la monnaie. La statuaire antique nous offre aussi plus d'un exemple de ce genre Les deux inscriptions gravées sur les oboles 3i et 3.3 pourraient être lues luruoiiri [ouvrage] de Parmenidès , et majux ou ma/it» [ouvrage] de Malas ou de Macliatas. La troisième inscription ne me fournit point le commencement d'un nom propre, scion le génie de la langue grecque. Je it'ai pas besoin de dire que Je ne prétends pas attribuer la première au Parménidès, graveur des belles monnaies de Syracuses et de Naples qui portent son nom disposé d'une manière différente encore moins établir aucun rapprochement avec Malas de Chio , dont le nom nous a été conservé par Pline ou le sculpteur Machatas, cité dans une inscription rapportée par Muratori
I,es trois oboles , n®’ 34 , 35 et 3^ , donneront lieu à une autre remarque. Tandis que Pons ne voulait voir qu’une miche de cheveux dans la corne placée sur le sommet de certaines tètes d’Apollon, il croyait apercevoir une couroruie d'ancres et une couronne de proues de navires sur d’autres têtes de la même divinité 7.
1840. ( Voy. le tome XtV de U aooT.
eérif» p. 199. acte i.)
* Âaaales de rioitiL ArchéoL , t. Il , p.
85 et 86.
* Lettre à M. le dac de Luynes» sar Ici grtttan des mcMinaie» grecque* p Paru p i83i.
’ PhidUs lui-néoie « auquel on décret du peuple alhéaien arait défrada de signer b Miaerre du PaxlbénoOf fut rédoit à écrire
son non sur le narchepied do célèbre coloiee d'OljiBpie( Pausan., ta £üti.p e. lo. — Voy.,pourd*autres cxcnplcSfh lettre citée, p. 9 , note a).
* &aool Rochette , Lettre à M. le doc de Loynes, p. 39 et 3o.
^ Hùt. nat.p zxxn , 5.
* Z>ioA /io/., p. 4*5, n* i3.-~Cf. Boecàb, Corp. imcrip.gr. p n" 1794 , a. b.
? Opuscoles posthnmet, p. xxux.
KABBONNAISE.
Or, cette particularité n’a été reconnue, ni par M. le marquis de Ijigoy sur les médailles de la collection de Pons, ni par M. Feauirier sur les médailles du cabinet de Marseille, dont il est le conservateur, ni par aucun numismatiste sur les médailles d'autres cabinets. M. de Fagoy pense, avec raison , que l'arrangement de la chevelure d'Apollon , sur des méilailles semblables à celles numérotées 35 et 3y , dont il nous a envoyé les empreintes , a dû causer l'erreur de Pons. Je crois, à mon tour, reeonnaître une simple boucle de clieeciijc dans le croissant du n“ 34, emprunté à la collection de M. Dassy, et provenant de celle de M. de Magnoncour.
«rviAnrr irOgOX
C'est pendant cette période, d'environ deux siècles de durée, que la fille de Pliocéc parvient à l'apogée de sa grandeur. Son alliance avec Rome la rend héritière du monopole de Carthage; scs vaisseaux parcourent toutes les mers du monde antique ; le commerce de l'univers est concentré dans scs murs
Mais tandis que la puissance de Massolic s’accroît encore , l’art perd , comme dans tous les états grecs, de sa force et de son éclat. Au style, à la lois simple et noble, du siècle de Périclès, succèdent une délicatesse et une recherche s’éloignant de plus en plus des traditions de la belle époque où, selon les expressions de M. Ritoul Rochette, « on produisait la grandeur par la simpli- » cité des lignes, et l’élévation du style par la sobriété des dé- » tails ’. » Les médailles n®‘ 38 à 44 , Sq, 70 à 1 14 , 1 1 6 à 1 5a , nous offrent un exemple de la décadence progressive de l’art, dont quelques-unes, toutefois, conservent encore d'assez Ijeaux souvenirs’. Elles ont, au surplus , perdu de leur poids comme de leur style; les oboles sont descendues de yS centigrammes à Go et audessous; les drachmes, de 3 grammes 77 centigrammes, à a, 65,
* Cf. Are, Thierrr, Hlit. des Caal., psri. * Cours d'urchéol. Paris, 1828, p. 59. ii,c. I. * Voir les n“* 70 à 7» et » 3 i.
MASSILIA
qui resteront le poids le plus ordinaire jusqu'à la fin dumonnoyage'.Les types et les légendes se sont éloignés, de leur côté, de la simplicité primitive : Diane apparaît en buste , sa tète est ornée d'un diadème, ses épaules chargées d'un arc et d'un carquois; le nom du peuple massaliote se lit en entier sur plusieurs médailles’; les sigles se montrent sur les oboles^; le champ des drachmes se couvre de lettres, de symboles et de monogrammes
On a cherché vainement à composer des dates avec les lettres de l'exergue et il convient mieux d’y reconnaître les initiales des noms des magistrats préposés à la fabrication de la monnaie. Ces lettres, ordinairement au nombre de trois, sembleraient indiquer , dans l’administration des monnaies niassaliotes , une magistrature analogue à celle des triumvirs monétaires de la république romaine. Cette supposition peut ne pas être dépourvue
* Ce fut aussi l’époque d’un afTniblîue' nent dans la dradime atüqoe qui, seloo M. Letronne ^do 4 55 centig. tombai
4,10 et i 3 ,g 8 , poids assez rapproebé de la drachme massaliote de la belle époque de l’art. 11 J B, au surplus, une telle Tariation de poids daus chacune des frappes des differentes époques, même quand la fabrique des pièces accuse des émissions Tolsines le»
unes des autres, et même dans tes memnoics sortie» du même coin , que j*ai laissé i de plus habiles le soin d’établir les rapports entre le poids des pièces de dîfTérents rao* tlüles, me contentant d’en avoir pu onjrir les êléoieots. Voici les proportions que M. Letronne a trouvées pour les diverses monnaies d’Athènes des hauts temps. En prenant le tétradrachme pour 4,
3 = le didrachroe.
1 la drarhme.
a /3 letéirobole.
i/b := le tnobote.
i /3 = le diobole.
i/4 = le tribémiobolc.
\fG = Tobole.
i/8 = les 3/4 d'obole.
}/i> SS rhémiobole.
x/a4 == le quart d’obole.
Les monnaies des Massaliolca ne semblent pas présenter loat-à>fait le* mêmes rapports. Celui des oboles avec les dradimes est plos près du cinqaième que du siiième, à toutes les époques du monnojage (Cf. Letroone, Considérât, génér. surrévaluat des mono, grecques et romaines , ch. iv , p. qi et 9a).
* et xSa, pi. Il et lit. —U est remarquable que cette légende nous fournisse l'etbnique McwvsÂivrvA , différent de celui employé par les anciens auteurs grecs , qui écri> vent tons Ms9vs3iwr7«i (CL Polyb., Strab.»
Diod. Sic., Aihen., .Sejnm. Cb., Steph.
Bjzant., etc.)
* rr*39 à 4» ei44>
* W** 70 à tt 4 , et X16 i i 5 *.
* Mém. de Faons de Saint- Vbxcens , snr lesméd. de Maneille, dons THist de Provence, de Fapon, 1 , 65 i.
CS
de valeur, si l’on considère que les Romains, dans toutes les questions dépendantes du domaine de l’art, furent les imitateurs serviles des Grecs. Les sigles et monogrammes peuvent avoir eu la même destination mais peut-être ces derniers désignaient-ils plutôt les graveurs des types, et l'observation suivante pourrait venir à l'appui de cette conjecture: dans les monnaies au même type, celles’ dont le champ offre des monogrammes sont généralement supérieures de style à celles- dépourvues de ces signes; on pourrait donc croire qti'ils appartiennent à un graveur d’un ordre plus élevé , dont le mérite reconnu lui permettait de signer ses oeuvres. Rien ne saurait guider d’une manière sûre dans l'interprétation de tous ces caractères, que l’on observe également sur les médailles de la Grande-Grèce, avec lesquelles les nôtres ont, comme on le verra, plus d’un point de rapjjort. L’illustre Eckhel avait renoncé à en donner l’c-xplication Nous croyons que, dans certains cas, les lettres isolées ont pu avoir une valeur numérale , et servir à désigner les différentes émissions de monnaies au même type; cela parait assez clairement dans la série numérotée y4 ùga, dont les médailles présentent une suite alphabétique de sigles, que de nouvelles recherches rendront, je n’en doute pas, complète. En poussant l’examen de cette série jusqu’au n° 1 14 ) on serait tenté de croire qu’après avoir épuisé toutes les lettres de l’alphabet, on recommença, en les doublant, soit côte à côte, soit l’une au-dessus de l'autre, de nouvelles suites, comme on peut le remarquer sur les n“* g4 à io4, et que les symboles des n°* suivants ont peut-être rempli le même oITice, soit avant, soit après le numérotage alphabétique M. le marquis de Lagoy , adoptant et développant une idée émise déjà par Eauris de Saint-Vincens ^ , pense que < les lettres
• gwt.* (£ckh.| p. 68.)
^ Noua doonerons plus loin nne autre explication de U Tsicur de ce» »jrobole« , dan» d’autre» clrconuance».
* Notice sur Faoria de Saint -Viocens, pu.
' Cf. Raoul RocheltCi Lettre à SI. le duc de Luyne» »ur les graveurs des nonuaies grecques, p. 6 et 7*
* ■ Vttn/n<fue plerumque lite»
■ m yna plurcxi^c vatio inoth confunetai » obshiunt , quarum rxpliratto crai ne»
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MA.SSIUA.
» isolées de la série qui nous occupe pouvaient indiquer une cer-
> taine quantité de coins dont la fourniture était convenue avec
> les graveurs; la première centaine, par exemple, ou un tout I autre nombre, aurait été marquée A, la seconde. B, et ainsi de
> suite pour chaque fourniture du même nombre > Il est certain que dans un atelier monétaire aussi actif que celui de Marseille , il fallait multiplier les moyens d'éviter la confusion dans les différentes fabrications, à mesure qu’elles devenaient plus nombreuses. On peut suivre aisément, sur nos catalogues, les traces de cette progression des différents monétaires.
Nous placerons à la sixième époque numismatique la première apparition de la monnaie de cuivre marseillaise. Le style de 1a première division des pièces de ce métal réjtond assez bien à celui des monnaies d’argent dont nous venons de parler tout à l’heure
Sur la monnaie de cuivre , la tète d AjMÜon se reconnaît, au premier aspect , à sa longue c/ieeelure et au Innricr dont elle est couronnée. Le taureau cornupète forme ordinairement le type du revers. Pons, qui avait vu dans le lion massaliote le symbole de la force végétale, regardait le taureau comme un agent subalterne de cette force D’après les idées de M. Millingen, de M. de Witte et d'autres antiquaires, il faudrait voir dans ce type la personniHcation du grand fleuve qui apportait au commerce de Massalie les produits de la Gaule et de la Bretagne^. Notre habitude de chercher de préférence dans les types secondaires des médailles des rapports immédiats avec les types princi|>aux , nous ferait plutôt reconnaître, dans celui qui nous occupe, un symbole du soleil ranimant les forces productives de la nature, par son retour dans le signe du taureau. Cette allégorie est rendue, pour ainsi dire, palpable sur les médailles de Naples , au type du taureau à face
' Lettre da 19 fëvner i 84 i* u* 1840, p. 397-404» le taTant mémoire de
* VoT. 1 «B n”* s83 ■ 3o3. M. de Witte sur le type du taureau i face
‘ Loc. laatL mp. hunaine, oè se troirrent cités les difiérents
* Voy. daitt la Rerue Nunmmatlqtie , auteurs qui ont écrit inr le type du taoreaa.
NARBONNA.L<!E.
humaine ; l'astre solaire y est représenté sur le corps même du quadrupède T.e taureau, sur nos médailles, dirige une de ses cornes vers la terre, comme pour l'entr'ouvrir et en faire éclore les fruits.
Saint-Vincens, pour expliquer l’adoption du type du taureau, rapporte, d'après le géographe A[)oIlodore, qu'un vaisseau séparé par la tempête de la flotte des l’hocéens, fondateurs de Marseille, fut poussé vers une autre partie de la côte, où les navigateurs qu'il portait jetèrent les fondements d'une ville à laquelle ils donnèrent le nom de Tauroeis, parce que leur navire avait pour enseigne un /n«ren« Il en conclut que les autres vaisseaux avaient à leur
proue la même ligure, qui devint le symbole propre de Massalie, et dut, à ce titre, être placé sur sa monnaie. Mais nous en verrions des c.vemples dès l'origine du inonnoyage massaliote, et il est [lins probable que le navire monté par Euxène avait pour en- •seigne le phoque, symbole parlant de Phocée, qui flgure sur ses monnaies, et sur les premières de celles que nous attribuons à ^larseille. l’ickhcl n’ayant fait que suivre , pour les médailles de cette ville, le mémoire de Saint-Vincens, adopte l'explication donnée par ce savant, qui lui servait de guide’.
Ces médailles oITrent, au surplus, une grande analogie avec les bronzes napolitains. Comme sur ces pièces, le taureau est quelquefois représenté couronné parla yictoirc^, symbole du soleil sortant victorieux des ténèbres de l'hémisphère inférieur. Dans le poème astrouoini(|ue de Nounus , quand Jupiter a triomphé de Typhon, il remonte vers le ciel accompagné de la Victoire*. Ou sait que cc triomphe est celui des longs jours sur les nuits d'hiver , à l'équinoxe du printemps , quand le soleil entre dans le signe du taureau , forme astronomique du Dieu de la lumière, comme le dragon est celle de Typhon ou du chef des ténèbres.
’ Ucv. jNum., vij^ette du m^ia. cUr de ^1. de Wlüe.^Mion., I, iio, sio et s.
* Cf- ApoUod. , apuft Steph.