V. Trjf'i'u:, Mt’is. de S.l-Vineefu, kur les
inéd. de Marseille , dan» Papoo 1 1 * 659 ; khel,D. X. V., I,6g.
* Mion.,I, 119, I95>i97,et$.l*246.
* Xodh. Diortrt. ^ u, 700 et seq.
MA^ILIA
I/époque à laquelle nous plaçons l’émission de ces médailles peut permettre, jusqu'à un certain point, ccs explications.
Quant aux autres symboles accessoires du type, la eonjecture si ingénieuse de Mazocchi fortiiiée de l’approbation de ^1. Raoul Rochette, doit être pleinement adoptée. Ce sont les insignes, iaimjjui, nous dirions les armoiries, des magistrats ou officiers monétaires *. En effet, le champ étant dépounai de lettres ou de monogrammes serrant à désigner les officiers de la Monnaie , des sjnnboles pouvaient en tenir lieu; ils ne pourraient s'expliquer d'ailleurs par aucune relation , soit arec la divinité qui forme le type de la monnaie , soit avec la ville où elle a été frappée.
On a des médailles de Marseille, aux types d’y^poUon et du taureau, dans trois modules différents ; celles du dernier appartiennent à une époque postérieure, et nous en parlerons plus loin. On peut suivre, sur nos planches, les dégradations successives de style, dans ces pièces, depuis leur apparition jusqu'à la fin du monnoyage des Massaliotes.
nxnitxLK leogox.
Massalic était arrivée à ce degré de grandeur et de prospérité après lequel il ne reste plus qu’à descendre. Elle avait bien compris elle-même que toute cette grandeur était factice , que toute cette prospérité serait précaire si elle ne s'appuyait sur une puissance territoriale*. Pour l'acquérir, elle avait déjà recouru à l'as-
' Jd Tabui. HtrocL , ]i. iSo.
* ■ 11 n'a encore été avancé^ dit H. Raoul
• Hocbetic I rien de plus ingénicaz et de
• plus probable, à mon avU , que la conjeet> lure de Maxoechi , qui regarde lea nom- » breux aymbolca répandoa dans le champ
• des monnoies grecques, comme étant les
» propres 1 cca magiitralB.
« Les exemples fournis par les Tables d’Hé-
• raclée , où lea noms de certains nagiatrata
■ sont précédés d'nnc ajllabc , initiale du « nom de la tribu à laquelle iis appartc-
■ liaient, telle que AI, BIE, KX, et d'un mot,
• désignant le symbole particulier de chacun
* d'eax , tel que , Jtsfwur» , «iXts .
» forment, à cet egard, une autorité
a décU)Te> » ( Lettre à Itt. le duo del«uyoes, p. 6 , nota 3. }
* Cf. Ab. Thierry, UUt.dea Gaulois, part.
U, eh. t.
NABBONNAISE.
sistanre de Rome, dont elle avait été si fidèle alliée , et ce moyen devait plus tard In conduire à sa perte. Une augmentation de territoire autour des colonies de Nicée et d' Antipolis était résultée d'une première expédition, vers l'année i54‘. Vingt années après, toujours avec l’aide des Romains, les Massaliotes s’étaient agrandis autour de la métropole même, aux dépens desSalyes. Mais Rome, cette fois, fit des conquêtes pour son propre compte, et le premier établissement dans la Gaule fut fondé par le consul Sextius’.L’année I a I , après les victoires sur les Arverneset les Allobroges, tout le pays situé à l’orient du Rhône était déclaré Province , et bientôt la Province s’étendait jusqu’à la cité des Volces-Tectosages*.
A mesure que Rome grandissait dans la Gaule, Massalie dev'ait décroître. L’an yC, dans le soulèvement général de la Narbonnaise contre les Romains, elle fut assiégée. Réduite à la dernière extrémité, elle ne dut son salut qu’aux soldats de Pompée^; il était réservé à César d’entrer le premier, en armes , dans les murs de la vieille cité phocéenne*, quand victime de son dévouement à la cause de son libérateur , elle subit un nouveau siège, l’an 49, et céda cette fois à la fortune du conquérant de la Gaule
11 dut y avoir une grande émission de numéraire pendant la période dont nous venons d’indiquer les principaux événements , tant à cause du développement immense des relations commerciales de Massalie, que pour subvenir aux frais des guerres qu’elle eut à soutenir ; aussi les tyjies que nous plaçons à cette époque nous fourniront-ils un nombre considérable de variétés. Ils continuent de montrer, du reste, les signes les plus évidents de la décadence de l’art.
La série des médailles -d’argent du petit module, numérotée 45 à 5o, renferme des oboles dont le poids est descendu jusqu’à
* Polyb Z<y.»f.TmT» x334,ed.v<ir. ^ D'âpres an« loi des Massaliotes, aocDii
* Tit. -U t. , Epitom.tl. lz et lu. — étranger oe pouvait entrer dans la TÎIle avec
Strab., U iv, p. i8o. des anaet; on les laissait aux gardes des
* Cm. , De Bell. Call., 1. 1 , c. 45. — Diod. portes qui les reenettaient à la sortie (Valer. .SÎc.,f’n7^.,a;ï.Val.,Sîo. — Flor.,1. m,c. 3. Max.,L u, c. 9J.
* Cicer.,/iru Ai. Fonteto, * Qisar , De Bell, Civ., 1. 11, & au.
HASSUJ&.
4o centigrammes , et d’autres pièces dont le poids de a6 à 3a les rapproche plus des 3/4 d’obole que de rhémi-obole,à moins qu’on n’en rapporte la fabrication à l’époque des d rachmes de 3 grammes 77 centigrammes, qui figurent dans notre cinquième série. La médaille 4Ô présente une inscription insolite, que M. le marquis de Lagoy a lue AMA, sans pouvoir en donner l'explication et que j’ai figurée MACJ pour la rapprocher de la légende MAC , que l’on voit sur les bronzes des dernières époques du monnoyage massaliote’.
Plusieurs des drachmes, avec la tête de Diane couronnée d’olivier, peuvent aussi se rapporter à notre septième période monétaire, d’après leur style et leur fabrique*.
On remarquera à la médaille 1 15 les lettres MA , gravées sur le cou de la divinité. Ces lettres sont trop apparentes pour leur chercher une explication semblable à celle de l’inscription placée sur la joue d'Apollon, à l'obole n° 33. La tète gravée sur notre drachme n'indiquerait-elle pas la vilU de Marseille, personnifiée sous la figure de Diane, comme, sur les médailles consulaires, la ville de Home est représentée avec les traits de Pallas, et n'auraiton pas voulu éloigner toute incertitude en inscrivant sur le cou de la divinité les initiales de son nom ? Un tétradrachme de l’Élide nous offre ainsi le nom delà Junon grecque, HPA, inscrit sur le diadème de la déesse *.
Les types le plus communément employés pendant la septième période sont ceux des n“* i53 à a58. Les légendes entières sont beaucoup plus fréquentes qu’aux époques antérieures; le champ continue à être semé de sigles, de monograntmes et de lettres groupées, dont les combinaisons varient de plus en jdus, en raison de la grande émission de numéraire. Les numéros iC4 à 171 nous fournissent une nouvelle preuve à l’appui du système numéral que nous avons cru reconnaître sur les médailles 7/1 à io3 *. Ainsi.la
' DcscripHoo de quelques méd. iiiéd. de Ghnumt etc.,p. 7»n*ao.
• Vpy. le» jb !** 39*, îÿl, 402, 4o5» 4*7.
* Voy, U pl. II.
* Mioo., Mjp., t. IV, p. 178, a** 3 o.
* Voy. plu» baut,p. 68.
NJUSOHnAlSE.
lettre A reste placée isolément danslechamp, tandis qu’à l’exergue la lettre A est successivement accompagnée des différents caractères de l’alphabet, dans une suite qui dut, selon toute apparence, être complète, et que les ressources offertes par d’autres cabinets , ou de nouvelles trouvailles, compléteront peut-être. La même combinaison eut aussi lieu, sans doute, pour d’autres lettres, et on eu mit jusqu’à trois , à l’exergue , quand la série par deux fut épuisée. Du moins, les n°* 1 73 à 176 permettent ces suppositions.
Les suites des médailles consulaires nous offrent , comme celles des médailles de Marseille, des séries de symboles , puis des séries de lettres, ees dernières si étendues que l'on en [)cut former tout l’alphabet latin '. [.es mêmes circonstances doivent amener l’emploi des mêmes moyens , et il est facile de reconnaître , en observant cette réunion de symboles , de monogrammes , de lettres isolées et groupées, aux époques d’une fabricationimportante de numéraire, qu’il se passait quelque chose d’analogue à ce qui a lieu dans notre monnoyage moderne, pour désigner, à l’aide de signes accessoires, l'officier monétaire, l’atelier, le graveur, etc. La grande quantité de coins que nécessitait le système antique jiour la frappe des monnaies, devait exiger des signes de reconnaissance plus nombreux , et multiplier les combinaisons destinées à les exprimer.
Le buste de Diane n’offre d’autre variété importante que celle provenant de la fabrique, qui est fort inégale; mais le lion du revers se présente dans deux attitudes différentes, se rapportant , suivant tonte apparence, à deux époques distinctes de fabrication. Sur certaines médailles ’ , il parait courir à l’attaque ; sur d’autres, il se tient dans l’attitude de la défense^. Il serait sans doute puéril de chercher ici une allusion aux deux états si différents dans lesquels se trouva Massalie au commencement et à la fin de lajiériode qui nous occupe.
Une seule drachme, n° a 3 i , présente un symbole accessoire du
‘ Cf. More]l,y<f/N. AltU, CalpumM,Cre- * rf*** (53 à 175 et it^o à i 3 o.
pa»isi » Fabia, Julia, Papia, ValerU, etc. ^ PT** 176 à 189 et a 3 i é aS8.
MASSn.U.
type, le rameau de laurier, qui indique une cérémonie lustrale, et ici , peut-être, une lustration de Massalie. L'anniversaire de la fondation d’une ville, son rétablissement, quelque grande calamité, étaient chez les anciens des causes d’une lustration publique, et cet usage remontait au berceau de la nation grecque Nous pensons que ce fut pendant notre septième période que les monnaies an type de Minerve commencèrent d’être frappées. Au moment où Massalie , après de longues années de paix , se jetait dans de nouvelles guerres , elle dut sentir sa ferveur se ranimer pour la divinité chère aux Ioniens , et pour laquelle , cfaprès la tradition locale, elle avait d’ailleurs des motifs d'adoration tout particuliers. On racontait qu’au temps des anciennes luttes de Massalie contre les populations qui l’avoisinaient, un chef gaulois , du nom de Catumand , tenait la ville assiégée et près de se rendre , quand il vit en songe une femme d’un aspect majestueux , mais terrible , qui lui ordonnait de se retirer. Catumand , effrayé par cette vision, offrit la paix aux Massaliotes et demanda la permission d’entrer dans la ville pour adorer ses dieux. En apercevant dans la citadelle la statue de Minerve , il s’écria : Je reconnais la déesse qui m’est apparue cette nuit ! Puis, détachant son tonpies d’or, il le passa au cou de la statue, et fit alliance avec Massalie’.
11 nous a semblé plus naturel d’interroger les traditions nationales et locales des Massaliotes, sur les causes de l’adoption du type de Minerve pour leur monnaie, que de les chercher, comme l'a. fait Eckhel, dans les relations de voisinage de Massalie et d'Athénopolis, l’une de ses villes sujettes
La tete de Minerve ne paraît sur la monnaie d’argent que dans les pièces du petit module'*; la fabrication n'en a pas été de
' CettvexpHcttion du flymbolednmMa CM onpronUc aa Uémoire de M. Raoul RodicUe tur le type des monnaies de Cenlooia. Ce travail et celui sur le nomuou* tique tarentîoe» insérés au tome XTV de U nouvrile série des Mémoires de TAcadémie des loscriptions, renfement une véritable
mine de riebetees pour les nneiismultstes.
* Jostifl 1 1. xuu , e. 5.
^ a Cretiam HuntHm aÜemmPaUadittulm tum jatUtre;aam in vitimo fuit Jtkcno- • jtolU Massitiensibus tuigecUtftttübasPU~
. nio t( Mtta (D. ». V. , t. 1, p. 69 ). .*
• N** aSÿ el a6o.
KARIiONNAlSE,
longue durée, si l’on considère leur rareté et la similitude de fabrique des exemplaires qui nous en restent. On doit en conclure que les lettres A et B, les seules observées sur ces pièces, sont numérales et indiquent deux émissions.
Le revers offre Vaille , emblème du pouvoir souverain , ou symbole de lu lumière, à laquelle Minerve est comparée dans l’Odyssée'. Selon le docteur Creuzer, la Minerve ionienne était considérée comme une divinité lumineuse, et ses mythes se rattachaient aussi au culte des planètes que l’on retrouve à chaque iustint dans les religions pélasgiques A ce titre, le symbole accessoire de t'é/oi/e, sur l’une de nos médailles ^ peut être rapporté au même ordre d’idées qui présida à la composition des types.
Le [xiids de ces monnaies, 8o à 85 centigrammes, le tiers de celui de la drachme de l’époque, leur donne la valeur du diobole.
La Minerve Poliade, ou protectrice de la cité, tenant sous sa garde la citadelle de Massalie, comme elle défendait l’Acropole d’Athènes, figure aussi sur une nombreuse suite de médailles de bronze, dont la première série, n“‘ 877 à 887, doit appartenir à l’époque dont nous nous occupons. Le type du revers, dans cette série , rap[>elle une autre divinité UUhle de la ville ; ce type est le tré/Hcd delphique, orné sur quelques médailles du /«?/rier apollonien^, et dont les anses affectent presque toujours la forme de la ro«c//eoudu cercle mantiqnc^. M. Givedoiii, pour expliquer le rap|>ort du trépied avec Minerve a pensé qu’il était destiné à rappeler la diyicace, faite par les Massaliotes, d’une statue à Minerve /-"rowea dans le temple qu’elle avait à Delphes ®, dont le trépied est le symbole propre , ainsi que celui d’Ajiollon Mais sans recourir à cette ingénieuse conjecture, il est facile de se rendre compte du rapport entre les deux types. Le symbole
* jV i^ttrrirtvi' diriëti Â6cvn«
«cvK [Odyss. » iii, 3^1 et 3?i.)
* Relig. de l'antiq., t. II , p. 75 o> 76 S.
* Voy. le n” 259 . ,
* Voy. len* ** 38».
* Voy. les n** 377 à 38o , 38».et 385. — .
Les aoses, en forme de roue à qoetre rayons, et les feuilles de laurier se voient également ■U trépied dea médailles de Tauroaeaiam ( Mion., 1 1 3»4 et sup., 1 , 48 ).
* raosan., in Phoc^c. 8 .
? Caredoni, nn/niVmof. ,p. 9.
MASSILIA
du trépied convenait, à double titre, à Minerve, mère d’Apollon Patrous , et femme de Vulcain, fabricateur du trépied sacré
Plusieurs de ces pièces offrent des symboles analogues à ceux dont nous avons déjà donné l’explication *; mais peutêtre l'ojfn; du n®. 383 et le croissant des n®‘ 384 et 386 ont-ils trait au culte astronomique rendu à Minerve , et la lyre à quatre cordes, la lyre primitive des Grecs, près du trépied delpldqur , n® 387, doit-elle ra|)peler Apollon.
L'antériorité des médailles de bronze, à l’cfBgie de ce dieu, est assez démontrée parles exemples fréquents de la surfrapjie de la tête de Minerve, et. du trépied, sur les types d’y//>of/o« et du taureau *.
Ceux-ci continuent de paraître sur la monnaie massaliote*, et sont encore accom|>agnés de symboles accessoires*, parmi lesquels figure le rameau *, qui pourrait n’ètre ici que l’insigne d'un magistrat. Les sigles, les monogrammes et les lettres groupées se voient sur cette monnaie , comme sur les drachmes. Les modules diminuent de grandeur.
La tète d’Apollon , sur le n® 338 , |>résentc une particularité dans la coiffure, qui nous rappellera l’Apollon et l’Apollon
KffMrri; , dont nous avons |>arlé plus haut 7.
La nécessité de ronger les médailles par familles nous a fait placer aux n®’ 368 et 36q deux pièces , d’une belle fabrique , qui paraissent appartenir plutôt à notre septième époque qu’à la huitième, où elles se trouvent.
Burnin arogmi.
Après la chiite de Massalie, César, ému de la grandeur et de l’antiquité des souvenirs de la ville phocéenne, ne put se résoudre à
' Cf. Cicer.f/Jf nttiura Dcoram , l. \u , * 3o4 i 3x4, li; à 354-
c. ai. * \ay. In 3o7 i 3u^ «t 3i8 à 3ia<
* bâut, p. 71. * Voy. le n® 3li.
* Voy. Icsn®* 877 à 38i. ’ Voy. p. 6s.
rs
NAJIBORNAISE.
lui enlever son indépendance et ses propres Iois‘. Il fit en sorte, cependant, qu’elle ite pût exercer cette indépendance que dans des limites fort restreintes; car elle perdit presque toutes ses colonies, et, selon le témoignage même du vainqueur, ses habitants furent obligés de livrer leurs armes , leurs machines de. guerre, leurs navires et leur trésor public; elle fut contrainte, en outre , de recevoir une garnison romaine *. Dion Cassius a eu raison de dire que« César ne laissa aux Massaliotcs que la seule liberté, après les M avoir dépouillé de tout le reste*. » Dès-lors Massalie ne conserva d’autre influence que celle due à sa haute civilisation et à sa renommée dans les lettres et les arts. Décorée du surnom de l’Athènes des Gaules , elle devint l’école où venaient se former tous les hommes éminents de l’Empire
Elle continua, sans doute, de trafiquer encore, mais sous le protectorat des Romains ; puis , peu à pevi, les différents avantages qu'elle avait conservés s’évanouirent. Narbonne , pour les débouches du eommerce intérieur, Forum-JuiU *, pour les relations de l'étranger, Arles, pour les sciences , les arts et tous les produits de la civilisation, réduisirent Massalie à n'étre plus que l'ombre d'ellc-même.
I-a perte de ses colonies, la diminution graduelle de son commerce , le cours si répandu de la monnaie des Romains , devenus les maîtres du monde, durent enlever au numéraire massaliote toute son importance, et en réduire successivement l’émission jusqu'à son anéantissement complet , dont il est imjmssible de préciser l’époque.
Pons cfoyait que Marseille avait perdu son autonomie, et par conséquent le droit de monuoyage , sous Auguste , comme les autres cités de la Gaule ® , opinion qui ne peut subsister en pre-
^ Dion. Gku. ^ xu , xB.
* Strab., I. ly y p. iBi. — Tacâl. , tn Vit.
4$ric.^ C. 4 .
^ Aajoord'hai Fréjiu.
* Optuc. poitb. , p. ar.
' « Cœsar^ eot prv nomine et • Uutate, pro mentis itv se dvitatis ,
a cunumuu. • ( De Bell. Ot. » Ub. il , cap. . «•)
■ D«BcU. a*.,is<a.
MA.W II.lt
sence des témoignages de l'histoire. En effet, Strabon, dont le iv° livre, consacré à la Gaule, date des premières années du règne de Tibère , parle de Marseille comme d’une ville continuant de vivre dans sa première liberté, d'après la concession de César, et conservant même son autorité sur plusieurs villes'; Mêla qui, selon l'opinion commune, écrivait sous le règne de Claude, admire cette ville grecque qui avait conservé ses mœurs et ses usages ' ; Pline l'Ancien , dont l’Histoire naturelle [>arut vers la fin du premier siècle de notre ère , après avoir cité Marseille comme une ville alliée de l’Empire, donhe à croire, à propos d’Athénopolis, qu’elle n'avait pas encore perdu son autorité sur toutes ses colonies Enfin , Agathias, écrivain du VI' siècle , va plus loin, car il assure que Marseille ne quitta ses lois que pour recevoir celles des Francs , et ne cessa d’être grecque que pour devenir barbare Papon, auteur recommandable à certains égards, mais dont la critique est généralement peu éclairée, trouvait une preuve de la perte de l'autonomie de Marseille, dès l'époque de Tibère, dans l’acte par lequel ce prince força les Massaliotes de lui envoyer une députation, pour se justifier d'avoir recueilli la succession de Vulcatius Moschus, banni de Rome, auxquels ils avaient accordé le droit de cité‘. Mais ce droit même, accordé àun exilé, et cette acceptation de son héritage démontrent, au contraire, qu’il fallaitqueMassalie crût bien réellement à son indépendance, pour
t Voici , dons soo entier, cct ImporUot poisoge de Strabon : Koi i li , aei el
» ^T'ùutviv ti< T**
• we*iî«wtî iiMrptM**, fUjitafsivfti rit
• Ikicc, xftl rft*
- i «nXt; ' MTi Wutwwt râ« ■{; tw*
• «vrin,
• }k«r« Ts^ &mquiotfe> * (Strib. pi» l8l>)
* < JUinun aJhuc morem tuam
• te/vat. m ( Ponp. Md. , n » 5 ).
in ont , Mauilia Græcornm Pko~
• temittm faetienUa.^.. in ora nuiem hoc , « MthenopoUt MauiUcnsium. * D'autm co*
lonin ancirones des MatuUotet, Jntipolu, Gianum, Crmeetw/, Mot dt^ par Pline comnM des oppida tntim , et U ajoato an non d'Agalha f quonda^t êLusdUnsinm.
{Piin., Sitt. ifatur., 1. ni , c. 4*)
4 • TaÜjAi* rk
• «ps'nfv» «p&c tütm'f âAX’ âçsfs*
• ivT»rct^« ,xal TW* MmsoXicv inSin>, rds U*y«v
• iwMMUc.. . .ui «C« £4 <XXn4j»C M (Uf^eni ■
• di« «sTÿKy dbn&fiXagiMK vtlitTMy, r«î( rii«
m IpèfO* • (Agalh., 1 , p, ta,
O, dL do I/Oarre.)
* TaciL, Jnm . , 1 . ir» e- Ü.
80 NAKBONNiUSE.
oser en agir ainsi vis-à-vis de l’Empire. On devra donc voir, dans l’action de Tibère, un abus de pouvoir, peu surprenant de sa|>urt, et rien de plus. Il a étc|>arfaiteuicnt répondu, à notre avis, à d’autres arguments de Papon, moins importants, dans la Statistique du département des BouchesKlu-Rliôiic , publiée par M. le comte de Villeneuve *. Les Romains, depuis la prise de Marseille parCt'sar, ayant continué d’occuper militairement la citadelle et un port particulier*, il y eut deux autorités différentes, exercées simultanément. Cette circonstance a jeté de la confusion dans la question de l’autonomie de Marseille, et fait croire à la domination de Rome sur toute la ville, tandis qu’elle ne s’exercait que dans de certaines limites.
Une objection tirée de la numismatique meme, est rahsence des titres EAEYOEPOl, AYTONOMOI, AÎYAOl, qu’avaient soin d’in- • scrirc sur leurs monnaies les peuples grecs qui <!onservaient alors
le droit d’autonomie ^ ; mais les Mnssaliotes, sc trouvant dans une exception particulière, pouvaient tenir ù honneur de ne pas relater un droit qui leur appartenait depuis une si haute antiquité et n'avait souffert aucune interruption dans son exercice.
Ce droit se trouve au surplus consigné sur un monument singulier, publié [Kir le comte de Caylus C’est uii caillou roulé par les eaux , et portant cette inscription : MA221. (DAK A2VA.
• AYT. (siayffaé.ia ♦wxaiwv, îspâ, «Ofuis,, «ütévOfteO* II CSt cerUitn, comme
le remarque Saint-Vini^eiis, (|uc celte espece de lessère est postérieure à la prise de Marseille par César; car dans les temps antérieurs il ne pouvait venir à l’esprit de signaler un fait dont personne ncj)Ouvait douter MA22I au lieu <le MAXZA, A5VA pour AÎYA, rapprochent ce monument des inscriptions massalioles des bas-temps, recueillies par Grosson, Papon, Saint-Vinc.en8 et la Statistique des Bouches- du-Rhone , et nous offrant
' StatisC de* Bouehes du tUiôoc, I. Il> * Saint-Viacco* , daus Papoo, t. 1 , p. p. «73 et stÛT. GSo. — PoBs , Opu*c. postb. , p. 3 1 .
* On trouve dam ton nom actuel, de * Keeueil d' Antiquité», t. VI, p. i 3 oet port de U JoUeUCf un souvenir du nom de pL kxxix.
/uies César. * Saiat-ViDcent, Loc. laud.
ll AWn.lA .
tant de nomade personnes et de dignités entièrement latins, écrits seulement en lettres grecques
Voici une copie du dessin de Caylus; malheureusement son graveur en a probablement altéré le caractère, mais il est facile néanmoins de se convaincre de l’erreur du savant archéologue, qui voulait que l’inscription lût des beaux temps de la république massaliote. Elle nous semble, au contraire, contemporaine de l’époque où furent frappées les médailles au type de la galère' , qui se trouve reproduit sur le caillou.
Les monuments de notre huitième période monétaire viendront encore donner de la force ù ces considérations ; car il faut nécessairement reconnaître que le monnoyage, quoique fort restreint, subsista jusqu'aux temps de la décadence complète des arts, pour se rendre compte de la mauvaise exécution des dernières pièces de nos séries. A la vérité, Eckhel ne pouvait sc résoudre à croire que des monuments aussi entachés de barbarie eussent pu être jamais produits par un peuple chez lequel le culte des beaux-arts subsista, selon lui, jusqu’à la chute de l’Empire romain. Il préférait les attribuer aux peuplades gauloises, voisines de Massalie, qui copiaient grossièrement les types de ses monnaies, comme elles imitaient les pliUippes de Macédoine \
Pons, adoptant l'opinion d’Eckhel , cite encore, à l’appui, l’imi-
' Cf. StatUtiqne des Boochea-du-Rliôoe»