PL. XIV
Tète de Uiane, à droite, avec deux petites branches d’olivier dans les cheveux; pendants d’oreille en forme de trident, collier de perles, carquois sur les épaules.
a. OKIPT. Lion marchant à droite; dessous, K. Ar. 5^. R*. F.o., . .
Cab. de madame Tochoo d'Annecy i mnrqnU de T.agoy ; Pfoüee cor l’attrib. de quelq. méd.desGanlea, p. 29.
M. le marquis de Lagoy a eu, pour l’attribution de cette intéressante médaille , une des heureuses inspirations qui lui sont familières, en proposant de lire l’inscription en rétrogradant. On y reconnaît ainsi le nom des TricorU, peuple des Alpes voisin des Voconces ' , et dont la position parait avoir été dans la vallée du Drac, entre Gap et Grenoble*. A la vérité, la légende n’est pas absolument rétrograde, puisque les caractères ne sont pas tournés vers la gauche, et c’est même la seule objection sérieuse qui puisse être faite; mais on peut très bien supposer que, par inadvertance ou précipitation, le graveur du coin a commencé d’écrire sa légende par la gauche , au lieu de la droite , de cette manière ;
■ a. .Strab., ti», p. üoJi p. 657, « Wilkraaer , Ciog. micieiiiie d«
Til.-Li»., «ùl. ïxi, c. îi. Gaulei, t. 1, p. i38 « »58, tt t. Il,
• Cf. D'AutiU.; NoUce de Penc. Ceule, p. loo.
NAHBOSNilSE.
T^DlO, au lieu de OJIIST. Lorsqu’on voit des erreurs grossières empreintes quelquefois sur le numéraire des nations les plus civilisées , il n'est pas surprenant d’en rencontrer sur les monnaies d’un peuple barbare.
M. de Lagoy croit que la médaille OKIPT a été frappée par les Massaliotes , quand la cité des Tricorii tomba en leur pouvoir. <t Cette écriture fautive , dit-il , provenait d’une trop grande pré- » cipitation dans le travail monétaire. Il parait, en effet, qu’on » était bien pressé de frapper une monnaie des Tricorii, puisque, » sans se donner le temps de confectionner un coin exprès, on » s’est contenté de graver , tant bien que mal , une nouvelle léj> gende sur un coin déjà préparé jK>ur Mnssiiia » Je crois volontiers que la monnaie des Tricorii a été frappée sous la domination massaliotc, mais chez les Tricorii eux-mêmes, qui imitèrent servilement un coin de la métropole, semblable au n° 8i de nos Suites.
Cette circonstance avait fait ranger la médaille des Tricorii parmi celles de Marseille, dans les Catalogues de M. Mionnet’. La légende du droit avait pu être prise pour les initiales d’uii nom de magistrat. M. Toclion d’.\nnecy, frappé également de l’analogie entre les deux coins, avait placé à côté de la médaille OKIPT, sur la planche ni du recueil qu’il comptait publier, une médaille do .Marseille de la même fabrii|ue, figurée n“ 77 de nos planches. Il n’avait pu découvrir, du reste, l’attribution de la première, et elle est placée dans ses notes, aux Niimmi incerli Galliee; après la description , on lit ce commencement de phrase : Cetle médaUie , r/ui ressemble par son type
.M. Mionnet, depuis la publication des ouvrages de M. de Lagoy, a placé sur sa Carte numismatique de la Gaule le nom des Tricorii, comme tous ceux des autres peuples dont ce savant antiquaire a fait connaître le premier les monuments du monnoyage’.
' Notice »nr l’attrib. de qoelqna méd.
i\ci Gaule* , p. 3o.
* Voj. Mionnet, De&cription des médaUie»
gteequet, Supplément, L I» p. i3S» n** 48 .
* yoy. Mionnet, Atlas de Géographie numismatique , pl. tu.
THICORIL
M. de Lagoy avait pensé que, pour rendre incontestable son attribution aux Tricorii , il fallait trouver une autre médaille avec la même inscription , tracée dans le sens naturel , et il croyait l’avoir rencontrée dans le petit-bronze édité par Pellerin, et offrant la légende PIKO Comme il n’avait pu voir cette médaille, il supjiosait que la première lettre du mot avait été effacée par le temps; la grande analogie des ty pes permettait assurément cette conjecture. J’ai examiné avec une extrême attention la médaille de Pellerin , qui fait partie maintenant des Suites du Cabinet du Roi, et je n’y ai vu aucune trace de la lettre T, au commencement de l'inscription. J’en ai reconnu une autre à la fin, ressemblant à un M dont le dernier jambage manquerait, ou à uti de cette forme , dont la tête serait effacée. La ligure de la lettre P approchant de celle du D, cette médaille a été rangée au n° g de la page ga du tome I"' de M. Mionnet, avec la légende, DIKOA. Comme elle est bien évidemment de fabrique grec(]ue , j’ai conservé au premier caractère de cette légende la valeur du P, déjà reconnue par Pellerin; mais j’ai peut-être aidé un j)cu à la lettre en terminant le mot par un M , afin de favoriser l’attribution aux lUgomagenses , que j'ai elierché à établir dans le ehapitre précédent ’.
Après les accroissements successifs de territoire que reçurent les Massaliotes de Sextius et de Marius*, ils avaient eu de Pompée le pays des P’olcm Arecomici et celui des llelm*, et de César probablement toute la portion de la Gaide qui s’étendait depuis ces peuples jusqu’à Lyon *. Massalie recevait de toutes mains , se réservant de décider à l’occasion le parti auquel elle s’attacherait;
* Rec. de'mM., t, 1 , pl. vi, n“ 3?.
* Voj. le 9 des médaillci des Rigoma* fcêue/p pl. xir.
^ Voj. pins haut, |i. 79 et io6.
< C«!&ar« De Bell, ci*,, L i, chap. 85.
^ Cf. Raiioood de Solietp Aotiquil. de MariôJle » p. 5 o ; RnfG , HUt. de Marseille , 1. 1 , p. Il } Bouche , Cborog. de U Proeen-
cfl| t. I, p. 33o} marquis de Lagoj, ojt.
taud. tup,, p. 3i. — Cesar ne spécifie pas les bornes du territoire qu'il donna aux Massaliotes : f7ctai Caiüas atirilmrrtt, vcetigaliaque auxerit[De Sefl. d*,, 1, 35.1. lly a, en outre, de Pobscurité dans ecUe phrase, car on ne pcot supposer que la suprématie sur toute la Gaule eût été donnée à Massalie.
ISO
MARBOUSAISt— TRICOHII.
elle fut mal inspirée de choisir celui de Pompée. Le territoire des Tricorii dut faire partie de la donation de César, et le court espace de temps écoulé entre ses bienfaits et ses vengeances expliquera la rareté des monuments numismatiques de ce peuple.
Goo