PI- XIV
Tète de Diane, à droite, avec une petite branche d’olivier dans les clte> veux, des pendants d’oreille, un arc et un carquois.
ceroBi. Làon ru^ssant, à droite; dessous, x
Ar. 3. R‘. F.O. a gr. ^5 cent.
Ma Suite; ConbrouM , Catalogu dea Moo. nalion. de Franee , Celüq. aotOD., n“ 635.
Voici encore une monnaie calquée sur celles de Massalie, comme la monnaie des Triconi, et, selon toute apparence, dans descirconstances semblables , par un autre peuple des Alpes, les Segovü. Des exemplaires de chacune des pièces modèles sont arrivés jusqu’à nous; ils existent, l'un et l'autre, dans la ricbe collection de M. le marquis de Lagoy, et ils sont décrits sons les n°* 78 et 8 1 de nos Suites des médailles de Marseille. La forme lunaire du sigma et de Vepsilon répond bien à la vii* époque monétaire de cette ville ; le 8 grec se prononçait à peu près comme le V des Latins.
M. le baron Walkenaer a indiqné pour la position du chef-lieu des Segovü, Séguin , Ségouin ou Ségovin , près de Sésanne , appelé au moyen-âge k'Uia A’e^vma ou Segoüna'. Les Segovü firent pro-
* WaIkeD8«r,G^^. anc. dMGaaltt,!. n, mal indiquée ( Ci. Maratori, Na*>. Tht4. P* «9. — CetlepositioDaTait étéjmqo’alora inse.^ MaiTei, Af<u. t'eronense^ p.
bablement partie des cités gauloises concédées par César aux Massaliotes',et ils furent sans doute annexés depuis, par Auguste, avec plusieurs autres petits états des Alpes, au royaume deCottius.
Leur nom figure, en tète de ceux de tous les peuples soumis à ce prince, dans la curieuse inscription de l’arc de Suze, soit parce qu’ils étaient les premiers que l'on rencontrât en quittant Segusio, capitale du royaume de Cottius , soit qu’ils fussent les plus importants de tous, car il était plus naturel de commencer par les Septtsini, qui n'arrivent qu’en second lieu. Cette inscription est d'un si grand intérêt, pour la géographie des contrées auxquelles nous sommes arrivés, <jue je ne crains pas de la reproduire.
IMP CAES.tm • AVGVSTO ■ DIM • F • PONTIFICl • JIAXVMO TmnVMC- POTEST.VTE • X V 1MI‘ XIII
a .IVLIVS. REGIS .SOSSl , F.COTTIVS. RREETECTVS .CEIVITATITR . QTAB. 6TDSCIUPTAE. SVRT.SBGOTIORVM . SEC.VSISORVR REEACORVa . CATVniCVII . MERAXEORAH , TEBATIORTH . ARAKATlIra . SAVEACATITM . ECDISIORTH . VEtMISiaRVR 1 CMSAMORVa . lERERlORVR . A'ESTBUSORra . QVADUTITR . ET . CEIVITATES . QVAE . STB. EO . rHAEFECTO . FTERVRT *.
Comme cette inscription était le seul monument qui fit mention des Segovü, on a cru que le nom des Segusini était le même rr-pété deux fois; mais, comme le remarque très bien M. VValkenaer , c'était supposer <pie Cottius ne connaissait pas ses propres états Nous serions heureux si notre médaille était considérée comme un monument de plus de l'existence des Segovü.
Lorsque cette curieuse pièce entra dans ma collection, et que j’eus le plaisir d'y ouvrir une nouvelle Suite, ce fut le nom des Segui’ü que j’inscrivis en tête. Mais âl. Lelewel ayant eu connaissance de ma médaille, par le Catalogue de M. Conbrouse, sa saga- A-ité habituelle ne pouvait rester en défaut, et il en proposa , avant moi, l’attribution soit aujc Scgovollatmicns , soit au.v Ségoviens*.
Depuis la publication de l’ouvrage du savant Polonais , M. de
3^7 ;d’ADTn!c, ?folice de la Gaule, p. 594; Orelli , /lue. ht. telctt. amp. co//., o” 6«C. ï)imaà\tJiPitnraHteant.t p. 3a, etc.), ' WaJkenaer, G^<^. aoc. des Gaules, t, U,
* VoTfx pins liaut, p. 119. p. a8.
* Murat, Jfov. T/ies. /ast., p. klxuxit. * lelewel, Études Xumismatiqucs,T]rpe 3IafT«i, d/(u. Taurin., p. ccxxxiv;-» gaulois, p. 116.
SEGOVn.
Longpérier d^uvrit un s«cond exemplaire de la même médaille parmi celles de Marseille, dans le Cabinet de cette ville; M. Feau* trier, conservateur de ce cabinet, en parla aussitôt dans le journal le Sémaphore, et il nous envoya ensuite , pour la Revue Numismatique, un article dans lequel il proposait l’attribution aux Segobrigü. La dernière lettre de la légende étant elTacée sur son exemplaire, qui est au surplus tout-à-fait pareil au nôtre, et semble sortir du même coin , cette conjecture méritait bien d’être adoptée. Lorsque M. Feautrier eut pris connaissance de notre exemplaire, il pensa que la lettre P pouvait avoir été supprimée par euplionie, comme dans le nom des Ligures, appelés par les Grecs, et il n’abandonna point son opinion, ainsi qu’on peut voir dans la Revue Numismatique du mois de janvier tRja.
Nous persisterons aussi dans la nôtre, tant l'attribution aux Segovii nous semble naturelle, et nous ferons observer qu’à l'époque de la fabrication de notre médaille , le nom des Ségobriges était complètement disparu de l'iiistoire, où il n’avait figuré qu’une fois, à l’occasion de la fondation de Marseille*. Depuis, les Ségobriges restent environnés du silence le plus profond ; les géographes, les historiens, les itinéraires , les inscriptions sont muets sur leur compte. Des auteurs modernes*, étonnés de ce silence des monuments, ont cru en trouver la cause dans une corruption du nom des Celto-Ligycs , conservé par Strabon , pour désigner les Ligures de la Province*. Le nom des Ségobriges offre une physionomie trop gauloise pour le répudier ainsi; Justin, abréviatcur du Gaulois Trogue-Pompée , a dû nous transmettre trop Cdèlement le nom de ce peuple^. Le véritable motif, je crois, de sa disparition , c’est que Massalie usurpa peu à peu le territoire des
* VoTCE ploi haat, p. 5a. * Quelque* t«xte* de Jutlio offrent U
* et PapOD, Hist. gén. de ProT., 1,493, riante qui n’etl peut-^tre que l«
etSUlist. des B.>du>Bh6oe ,1!, iQ, i/t not. résultat de l’oubli du ^ par tes copiste», et
’ Strab. ,Ceti^., 1. iT, p. ao3. — Cest par de la confusion de IV avec l’f. Oaa,chex erreur que Papon et, d'après lui, U Suti»> les Celtibères^ranalogae du nom daa S^thtique de» fioDche»>dn-Rh6De, attribncnl dans celai des et celui
cette expression i Sc^lax. de Segobriga , aojourd’bui Sègorbe.
NARBONNAKE.
Ségobriges , et finit par en former le sien propre. A une époque récente de l’histoire des Massaliotes, nous trouvons déjà une preuve assez évidente de leurs empiétements , aux dépens des généreux Gaulois qui leur avaient donné l'hospitalité, dans le récit de la fable de Ja Lice et du Berger, fait à Coman par les députés des Salyes, qui commençaient à craindre pour eux-mêmes, et excitaient leurs voisins à défendre le terrain qui les séparait des Massaliotes'. Coman engagea la guerre, et y fut tué avec un grand nombre des siens. Les historiens n'en disent pas davantage ; mais on peut croire que ses états devinrent le prix de la victoire ’, puisque dès-lors il n'est plus question des Ségobriges dans les guerres des Massaliotes avec les populations qui les entouraient^.
Avant de nous occuper des autres médailles de la Gaule Narl>onnaise , sur lesquelles nous trouverons bien encore des traces de l'influence des Massaliotes , mais non des types aussi complètement empruntés à leur monnoyage, consignons ici la remarque suivante à l'égard de l’un d'eux. La tete de Diane, type, soit imité, soit imposé, distinction que les monuments ne permettent pas toujours d’établir d'une manière certaine , est représentée, de préférence , couronnée d'olivier. Nous avons déjà vu plus haut < que ce type paraissait avoir été employé depuis les beaux temps du
* Canemaliquandopartugrmidam^totum a pastore pneario ptiiste ^ in quo partretî tfuo obtento I iterato petiste ut tibi etiucare eotUm in toco cataht liceret : ad pottremum ^aduitit catuUStfuitam domettieo prtestdio proprietatem hti tibi tdjtdicassc. Hon aliter Mastitieates ^ qui nuae inqulûnl vidcantur, quandoqite daminot reglontuu
Hiit.fX. xriit, c. 4.)
* tap. — Les possesuoas des Ségobriges ne ponraient être bien considélebles f en raison de la niulütade de petites peuplades dùtloctes qui babiUient les cdtcs de la Méditerranée. On peut donc croire qu'elles forent rnticreoicnt comprises dans
le territoire particolier de Massalie. L’étendue de cet ancien territoire répond à peu prèS| selon M. Touiouuuii à ce que^ dans le langage populaire et peu barmonieux des descendants actuels des Phocéens de Massa* lie , on appelle tou Terradoa. ( Cf. Statist des B.« 4 u*Rb 6 ne, U, ax 3 . )
^ Cf. Justin., zuil, 4 et 5 .— Ht-Lir., ▼, 34 ‘ — Polyb. , Excerpt. tqi . , cxxxit. — . TlL'Liv., Epit., Lx et Lxi.— Strab.j Lit, p. 180.
* Conp. les médailles de Mastilia , pl. 11 i T ; celles des Libiei, des Samaagentet et des Oj^fY,pl. xni,et celles éetRi^magaues^ des Theorii et des Segorii , pl. xit.
monnoyage massaliote jusqu'à sa fin , et nous en conclurons qu’il était sans doute l’expression la plus populaire des traits de la déesse tutèlc de Massalie , et par conséquent une copie de ceux de la statue, des belles époques de l'art, qui succéda, dans la citadelle, au vieux simulacre de l'Artémis d'Éphèse.