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Les premiers numismatistes qui publièrent les monnaies d’Abdissar avaient mal lu le nom de ce roi, qui offrait une véritable difficulté. La forme sémitique du nom d’Abdissar, la mauvaise conservation des légendes avaient aussi induit Eckhel (1) en erreur, et ce fut Sestini qui en donna le premier une bonne lecture et les fit graver; seulement les lettres IE (15), date du règne d’Abdissar, furent omises sur la figure qu’il reproduisit de l’une de ces médailles (2). Visconti, dans son Iconographie grecque (3), a adopté la leçon de Sestini, qui est aujourd’hui admise sans contestation.
Tête d’Abdissar, barbue, coiffée de la tiare arméniaque et tournée à droite. Grenetis au pourtour.
> BABIAEOZ Aigle tournée à droite.
ABAIEZAPOY Cuivre, moy. module. — P. I, n°8.
Cab. de France.
Tête d’Abdissar, coiffée de la tiare arméniaque et tournée à droite. Grenetis. | H BABIAEO [5] Buste de cheval, avec sa bride, tournée à droite. ABAISSAP [OY| Cuivre. — PI. I, n° 9.
Une variété de cette médaille a été publiée par Eckhel et Sestini avec la date IE, l’année 15 du règne d’Abdissar.
Tête d’Abdissar coiffée de la tiare arméniaque et tournée à droite. Grenetis.
B ABALES[APOY| Aigle tournée à droite.
BAIAE [O5] Cuivre. — PI. I, n° 10.
Cab. de France.
Les monnaies d’Abdissar nous fournissent deux types fort curieux à
(1) Doct. num. vet., t. IL, p.208. (3) Part. n, chap. 42, $ 4, p. 252. (2) Lettres, t. IX, p. 104.
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étudier ; ce sont : le cheval que nous avons déjà vu figurer sur les monnaies de Arscham, et l’aigle. Les auteurs arméniens et grecs sont d'accord sur ce point, que l'Arménie produisait beaucoup de chevaux (1). Ainsi, nous avons vu que Xerxès, roi d’Arsamosate, dans le traité de paix qu’il signa avec Antiochus, dut s’engager à lui fournir mille chevaux et autant de mulets (2). Nous savons aussi que les rois d’Arménie envoyaient tous les ans au roi de Perse vingt mille poulains en tribut (3). Nous verrons plus loin que le cheval est un type assez fréquent sur les monnaies des Arsacides. Mais déjà à une époque antérieure, le cheval était une des ressources principales du commerce des anciens Arméniens. Ainsi nous trouvons dans les livres saints, un passage d’Ezéchiel, qui dit : « De domo Thorgoma (id est Armeniæ) equos et equites et mulos adduxerunt ad forum tuum (4). »
L’aigle qui figure ici pour la première fois sur deux monnaies d’Abdissar, est un type qui paraît emprunté aux médailles des Séleucides, sur lesquelles il commence à paraître à l’époque d’Antiochus IV. Cependant nous savons, par le témoignage des anciens historiens de l’Arménie, que l’aigle était aussi un emblème spécial à ce royaume. Moyse de Khorên nous apprend, en effet, que Vagharschag, en organisant sa cour et son empire, institua une satrapie en faveur d’une famille qui avait le privilége de porter devant lui les aigles, et à laquelle il donna le nom d’Ardzivouni, et plus simplement Ardzrouni, c’est-à-dire porte-aigles : 4 qupSpmitpug hentai vpn, y wpëbe mb, ope pô nefu uns) hum hpkfu: € Je sais que le nom de ceux qui portaient les aigles devant lui (Vagharschag), n’était pas Ardzrouni, mais bien Ardziv-ouni (5). » L’historien Mesrob rapporte que sous le règne d’Arsace, l'aigle et l’arc étaient les emblèmes du royaume -d’Arménie (6). Nous verrons plus tard, sur une monnaie frappée par Tigrane IE, roi de la dynastie arsacide d'Arménie, figurer un personnage debout qui tient de la main gauche un arc.
(1) Moyse de Khorèn, liv. Il, ch. 62. — (3) Strabon, liv. XI.
Faustus de Byzance, liv. IT, ch. 20. — Stra- (4) Ezech., XXVIE, 14. ( (
) bon, liv. XI. 5) Moyse de Khorën, liv. I, ch. 7. (2) Polybe, Excerpt., t. IL, p. 1381, 6) Mesrob, p. 5. /