‹ Numismatique De L’Arménie Dans L’AntiquitéChapitre 22 sur 36 · TIGRANE II · texte numérisé non relu

TIGRANE II

(Vers l’an 20 av. J.-C.)

Depuis l’époque de la mort d’Artavazt, l'Arménie tomba dans une complète décadence. Les successeurs de Tigrane le Grand, jouets de la politique des Romains ou de celle des Parthes, virent leurs Etats ravagés par ces deux puissances; trop heureux encore quand ils purent conserver, sous la protection de l’une des deux, un trône avili. En effet, par la position des princes arméniens entre les Parthes et les Romains, par le gouvernement intérieur de ce royaume et par sa constitution physique, il leur était impossible d'acquérir une puissance capable de les faire respecter des étrangers et de les mettre en état de repousser leurs attaques. « Ambigua gens ea antiquitüs, dit Tacite (1), hominum ingenüs, et situ « terrarum quo nostris provinciis latè prætenta, penitus ad Mædos por- « rigitur; maximisque imperiis interjecti, et sæpius discordes sunt, « adversus Romanos odio et in Parthum invidia. » Souverains d’un pays assez étendu, mais composé presque entièrement de hautes montagnes et de vallées profondes, ils ne pouvaient que très-difficilement en être entièrement les maîtres, d’abord par les difficultés de terrain, et ensuite parce que la plupart de ces vallées ou cantons étaient possédés par des princes leurs vassaux, qui ne reconnaissaient, qu'autant qu'ils le voulaient, l’autorité du roi, et qui, presque toujours, servaient les projets des étrangers contre leur patrie. Il est vraisemblable que la forme du gouvernement établie dans ces contrées de l'Orient, où les satrapies de chaque canton se perpétuaient souvent dans les familles, et offraient quelque ressemblance avec le régime féodal, était la raison qui faisait prendre aux monarques le titre fastueux de roi des rois ou même de grand roi. Pline nous apprend en effet que les satrapies des Perses et des Parthes portaient le nom de royaumes (2), et Josèphe met dans la même catégorie les satrapes et les toparques ou dynastes (3). Les auteurs arméniens se servent aussi fort

(4) Ann., liv. IL S 56. (3) Antiq. judaïq., Liv. XIE, ch. 3, n° 2. (2) Liv. VL 8 16 et 29. |

SEPT OS souvent des titres Arkh’aïtz Arkh’a, rois des rois, et de Medz-Ptechkh’, grand prince. |

Nous savons qu'après la mort d’Artavazt, Artaxias ou Ardaschès , d’abord prisonnier d'Antoine , était venu ensuite chercher un asile chez les Parthes, qui l’aidèrent à reprendre la couronne d'Arménie, après la bataille d’Actium. Ennemi des Romains, Artaxias s’était maintenu sur son trône par la puissance du roi des Parthes ; mais lorsque cet appui lui manqua parsuite de la conciliation de Phraate avec Auguste, il s’éleva des troubles et des factions contre lui dans le sein même de sa cour, et plusieurs des grands de son royaume demandèrent pour roi Tigrane IT, son frère, qui était venu à Rome depuis la mort d'Antoine. Auguste donna aux Arméniens le roi qu'ils demandaient, et Tibère fut chargé de placer Tigrane IT sur le trône (1). Un passage du testament d’Auguste, gravé sur le monument d’Ancyre, rapporte cet événement : « Apusviay thy peicova aveupebévroc To Baor. PEUT [Aoratiæ] duvauevos . Étapyeior roinoar pL&loy &BRovknrnr ratt Td RATPIA LG t0n Baruésay Trypavn Aptl au léodou d® duové dE Trypavou Pasiléws doëvau] dui Te Gepiou [N épaves, dc ré emo mpoyovès fiv (2). » Mais bientôt Tigrane, oubliant les services que l’empereur lui avait rendus, trahit son bienfaiteur et se joignit aux Parthes. Une armée romaine marchait contre lui pour le punir de son ingratitude, quand la mort vint le surprendre.

Tête de Tigrane coiffée de la tiare, à gauche.

BD BASIAEOZ Arménien debout, dans le costume du pays et METAAOY tourné à droite, tenant une haste de la main droite TITPANOY et un arc de la gauche.

DIAEAAHN[OC]

Cuivre. — PI. III, n° #:

Cab. de France.

Sestini, Mus. Hederv., Il, p. 380, n° 1, pl. XIX, p. 15. — Mionnet, Suppl., p. 726.

(4) Suétone; Tibère, ch. 9. (2) Bœckh, Corp. inscr. græc., n° 4040, col. iv, lig. 2-7.

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