‹ Numismatique De L’Arménie Dans L’AntiquitéChapitre 26 sur 36 · DR | FEES · texte numérisé non relu

DR | FEES

tous les dehors de la puissance souveraine et un semblant de pouvoir absolu, ils n’en étaient pas moins de fait les vassaux de Rome. L’effigie des empereurs romains leurs contemporains, sur les médailles qu’ils faisaient frapper à Edesse, en est la meilleure preuve; cependant, quelques historiens (1) et les médailles tendent bien à nous montrer que les princes osrhoéniens avaient le titre de rois; mais d’auties auteurs (2) nous apprennent qu’ils n'étaient, à proprement parler, que des phylarques. Suidas, par exemple, le dit positivement : « Ô duwarrne Evubddler Tpaiav® repi Axbdpoy, dc F9 Ocpoivns xopus duvdorns, OuoTep œuAdpyas ovopdbouauy éxeivor, érexai td yopix duroy qua évoudtovrat. » Les autres historiens ne sont pas d’accord sur les titres qu’ils donnént aux souverains d’Édesse; Eusèbe les appelle toparques, ainsi que Cédrenus et Constantin Porphyrogénète; Epiphane leur donne le nom de dynastes, et Dion (3) ne leur accorde que le titre d’archontes.

Ontrouve, dans les écrivains syriaques (4), un titre qui pourrait bien avoir été donné aux princes osrhoéniens , c’est le mot Las}, aboïo; mais on ne saurait dire au juste s’il s'applique, plutôt aux rois d’Edesse, qu'aux patriciens de la ville. ;

En présence des sources si contradictoires de l’histoire d’Edesse, à lPépoque de la dynastie osrhoénienne, l’historien dont la mission est de faire revivre les annales du passé dant toute leur vérité, éprouve un véritable embarras. D’une part, les chroniques, nationales, qui devraient lui inspirer le plus de confiance, se trouvent non-seulement en désaccord avec les données que fournissent les Grecs et les Latins, mais encore elles sont loin de concorder avec les monuments numismatiques. Nous n’avons pas assurément la prétention de trancher la difficulté, mais nous ferons remarquer qu’en présence des sources si différentes et des faits si controversés de l’histoire d’Edesse, nous avons dû, tout en faisant usage des renseignements qui nous étaient fournis par les Syriens, les Grecs, les Latins, les Arméniens et les médailles, nous en rapporter de préférence aux écrivains na-

(4) Eusèbe, Hist. eccl., liv. L, ch. 13. — de la Vie de Trajan.

Zonare, t. I, p. 613. (3) Excerpia.

(2) Appien, passim. — L'anonyme, auteur (4) Trad, de l'apologie de Méliton.

Lier mo Lie

tionaux qui méritent le plus de confiance, et aux monuments numismatiques qui existent en assez grand nombre dans les collections.

Nous allons dresser, d'après la chronique de Denys, la succession des rois osrhoéniens, en indiquant les dates de chaquerègne. On verra tout d’abord que quatorze princes d’origine sémitique, se succédèrent sans interruption jusqu’à la venue de l'Abgar, contemporain du Christ, qui, s’étant installé à Edesse, continua, pour ainsi dire, la dynastie osrhoénienne, bien qu'il fût Arménien et d’origine arsacide. A partir du règne de cet Abgar, jusqu’à la réduction définitive du royaume d’Edesse en province romaine après Gordien If, la dynastie osrhoénienne fut continuée par quinze souverains dont les uns, et principalement les premiers, étaient assurément Arméniens, tandis que d’autres semblent appartenir à une autre nationalité ; les noms de Parnataspat et de Val, fils de Sahar, semblent appuyer cette opinion. Ne pourrait-on pas supposer, dès lors, que le trône, ou plutôt le gouvernement de l’Osrhoène, avait, à partir des premiers successeurs de l’Abgar, contemporain du Christ, cessé d’être héréditaire, et que les empereurs s’étaient réservé le droit de nommer, à leur choix, les souverains ou toparques d’Edesse? Nous n’avons à cet égard , il est vrai, aucune donnée précise, et ce n’est que par induction, que nous soumettons notre opinion à l'appréciation des savants.

La succession des dynastes osrhoéniens est ainsi fixée par Denys de Theimar dans sa chronique : | 4. Oxrhoës, 137 — 132 av. J.-C.

Page 1