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La numismatique de l’Osrhoène ne commençant qu'à partir du règne de Maanou VIE, le Mannus contemporain d’Adrien, nous allons donner ici la concordance des années des règnes des rois d’Edesse et des empereurs
romains.
a) ANNÉES is ANNÉES ROIS D'ÉDESSE. DURÉE TU pate EMPEREURS | qu DOI RÈENE DID AR aTAU, © fe PHIRÈRE CHRÉTIENNE- ROMAINS. He) Maanou VII, fils dAtazt.etcie 16ans8 mois|De2145 à 2134. | Août 99à avril115-116. | TRAJAN. . . . . 97-117. Maanou VIII, filsde Maanou VIL. . .|23ans.. . .12431—9154 |115—116 à 133—139. ADRIEN. . « « - 417-158. Va, fils deSahr. .[2ans. . . .[2154—2156. |138—159 à 140—141. Maarou VIII, de nouveau... . .12 ans.. . .12186—9168. |140—141 à 152—153. | ANTONIN.. . + 138-161.) AgGar VIIT, fils de Maanou VIII .135 ans.. . .12168—92203. |152—155 à 187—188. 3 : de Marc-AuRëLE. .|161-180.| AsGar IX, Sévère.|1 an 7 mois. 2205—2205. 487—188 à 189 190: Lueus-Vents nl Maanou IX, fils Commope. . . .|180-192.| d'Abgar IX. . .10 ans.. . .[2205—2215. |189—190 à 199—200. { SerriMe-SÉVÈRE.|193-211. ABcar X, fils de CARACALLA et Maanou IX. . .|. . . ,...12215—29307 |199—200 à 2+4—217. GEAR. 244-217. ABCARONE ME MIRE. Vers 2254? Vers 240? rite III... .12358-244.
Il est rarement question dans l’histoire des impôts et des monnaies du royaume d’Edesse, aussi manquons-nous de données sur la valeur des monnaies qui nous sont parvenues. Quoi qu’il en soit, nous avons recueilli les différents passages historiques relatifs aux tributs que les princes 0srhoéniens furent obligés de payer aux Romains, dont ils étaient devenus les vassaux.
On trouve dans l’histoire la première mention de ces tributs à l’époque du règne d’Arscham , fils d’Ardaschès, frère de Tigrane I‘", qui régna à Edesse par ordre d’Orodes, roi des Parthes. Cet Arscham est appelé par Josèphe, Monobaze ou Monovaze, nom qui se rapproche de celui de Maanou, que lui donne le chroniqueur syrien Denys de Thelmar (1), et dont il semble être une altération. Ce prince régnait de l’an 38 à l’an 10 avant Jésus-Christ. Moyse de Khorën (2) et Assoghig (3) nous apprennent, en effet,
(4) Assémani, Bibl. orient., t. 1; Chron. (2) Liv. IL, ch. 24. d'Edesse, p. 419, n° 13. (3) Hist. univ., 1" partie, ch. 5.
SUN qu’Arscham, ayant fait la paix avec les Romains, consentit à leur payer tribut pour la Mésopotamie et la contrée de Césarée. Ce fut de cette manière, ajoutent-ils, que les Arméniens commencèrent à payer un tribut particulier aux Romains. |
Le fils d’Arscham, Abgar, que les Syriens surnommèrent Uchama, c’està-dire le noir, et que Josèphe appelle aussi Monobaze comme son père, régna de lan 5 avant Jésus-Christ à l’an 32 après l’ère chrétienne. Moyse de Khorên (1) et Assoghig (2) racontent que la deuxième année de son règne, c’est-à-dire l’an 3 avant Jésus-Christ, « toutes les provinces d'Arménie devinrent tributaires des Romains. » L’empereur avait donné, à cet effet, à Abgar une partie de la Phénicie, de la Palestine, de la Syrie et de la Mésopotamie, à la condition qu’il se soumettrait aux Romains et qu’il leur payerait tribut.
Les monnaies des rois de l’Osrhoène qui nous sont parvenues, appartiennent à plusieurs princes des noms d’Abgar et de Mannus. La série commence à Maanou VIII, contemporain de l’empereur Adrien, et se termine, après quelques lacunes, à l’époque de Gordien IIT , le Pieux. Nous allons examiner maintenant la suite des monnaies frappées par les princes qui gouvernèrent l’Osrhoëène sous la suzeraineté de l’empire romain,
MAANOU VIII, FILS DE MAANOU VII (MANNUS).
115-138 et 140-152 après Jésus-Christ. — Contemporain d’Adrien et d’Antonin.
Après la mort de Trajan, Adrien abandonna toutes les conquêtes de son prédécesseur au-delà de l’Euphrate. La conduite d’Adrien, dans cette circonstance, nous fait conjecturer qu’il ne faut pas prendre, dans un sens trop absolu, les expressions des auteurs qui parlent des provinces nouvellement acquises du côté de l'Orient. Nous pensons que l’empereur se borna à rappeler le petit nombre de colonies romaines établies par Trajan dans
(4) Liv. IE, ch. 26. (2) 47e part., ch. 5.
Meur
ces régions, et à faire revenir les garnisons laissées par ce prince dans plusieurs villes et forteresses qui furent alors rendues à leurs souverains légitimes. Adrien continua à exercer les droits de haute suzeraineté sur les Etats orientaux conquis par Trajan. Nous savons, en effet, que cet empereur donna des rois à l’Arménie et à plusieurs nations barbares du Caucase, et que c’est quelque temps après ses campagnes que les rois de l’Osrhoène adoptèrent l’usage de prendre des prénoms romains et de mettre sur leurs monnaies les effigies des empereurs, ce qu’ils n’auraient certainement pas fait, s’ils avaient été alliés ou vassaux des Parthes.
Maanou VIIT, le Manos des Grecs et le Mannus des Latins, monta sur le trône d'Edesse en l’année 115 du Christ. Selon la chronique de Denys de Thelmar, il occupa deux fois le trône de l’an 116 à l’an 153; de cette manière, il fut le contemporain des empereurs Adrien et Antonin. Denys dit qu’il commença à régner l’an 2130 d'Abraham et qu’il occupa le trône vingt-trois ans, après lesquels 1l s’enfuit chez les Romains. Bayer (1) le fait régner depuis l’année d'Abraham 2131, qui correspond au mois d’avril de l’année 116 de J.-C. Maanou fut privé de son trône par Trajan, mais Adrien le lui rendit. Spartien dit de lui : « Parthos in amicitia semper habuit, quod imdè regem retraxit, quem Trajanus imposuerat : Armeniis regem habere permisit, cum sub Trajano legatum habuissent : à Mesopotamiis non exegit tributum, quod Trajanus, imposuit (2). » Il paraît qu’en l’année 139, Maanou fut chassé de ses Etats par Val, fils de Sahrou, et qu’il s’enfuit chez les Romains. Le voyage de Maanou à Rome est attesté par Jules Capitolin qui, au commencement du règne d’Antonin, raconte ce qui suit : « Abgarum regem ex orientis partibus sola auctoritate deduxit : caussas regales terminavit. » Le nom d’Abgar, que l’historien romain donne ici à Maanou, prouve une fois de plus que les Occidentaux avaient coutume de considérer ce nom comme une appellation générique, particulière aux rois de l’Osrhoène. Val, fils de Sahrou , comme l'indique son nom, »%5 @+ dis, était probablement un prince d’origine arabe et issu des anciens rois de l’Osrhoène. Il s’était emparé de la couronne en 139. Le
(1) Hist. osrh., liv. IN, p.153. (2) Hisior. Aug., in Hadr.; ch. 21.
OGC règne de cet usurpateur fut de courte durée, car Denys raconte que Maanou, étant revenu de Rome, remonta sur le trône l’an 141 et régna encore douze ans, ce qui fait en tout trente-six années de règne, abstraction faite du temps qu’il passa hors de son royaume.
Les numismatistes ont attribué à Maanou plusieurs médailles qui ne lui appartiennent certainement pas. Celle que lui donne Bayer (1) est refaite, etla médaille que Visconti (2) attribue à l’Abgar, qu’il dit avoir été contemporain d’Adrien, est du temps de Caracalla. Mionnet (3) a restitué ces deux pièces à leur véritable place. Les seules monnaies de Maanou qui puissent être attribuées sans contestation à ce prince, sont la médaille publiée par Sestini, et qui faisait partie du cabinet de Consinéry, et un petit bronze du cabinet de France. |
Tête du roi coiffée de la tiare.
B Ka le roi ais, Maanou.
Cuivre, moy. mod.
Sestini, Descr. num. vet., p. 533, n° 8.
Tête du roi coiffée de la tiare, à droite, Grenetis.
B) La le roi ass, Maanou.
Grenetis.
Cuivre, petit module (4). — PI. IV, n° 4.
Cab. de France.
(4) Hist.osrh., 1. IL, p. 445, pl. IV, n° 2. (4) C’est par erreur que, sur le dessin de
(2) Iconogr. gr., 2° part., ch. 14, & 12. cette pièce, pl. IV, n° 4, l'indication du métal
(3) Méd. gr., t. V, p. 613; suppl., t. VIIL porte le signe de l'argent. | p. 409. |
GT
Les deux monnaies, dont on vient de lire la description, sont les seuls spécimens qui nous soient parvenus de pièces avec des légendes en langue syriaque; car on sait que toutes les médailles des rois de l’Osrhoëne portent des légendes grecques. Une autre particularité fort curieuse à signaler, c’est l’absence de l'effigie impériale sur ces deux monuments. Il paraît que ce ne fut que plus tard que l’usage fut adopté de placer les deux têtes de l’empereur romain et du roi d'Edesse. Mais, avant de s’arrêter à ce dernier système, il y avait eu un autre projet dont la numismatique de l'Osrhoène fournit des exemples; au lieu de la tête du roi d’Edesse qui figure sur les monnaies des monarques contemporains d’Adrien, on remarque, au contraire, sur les deniers d’argent frappés à Edesse, à l’époque de Marc-Aurèle et de Lucius Verus, l’efligie de ces deux empereurs, et au revers une légende grecque portant le nom du roi osrhoénien et qui occupe tout le champ de la pièce. Cependant ce projet ne fut pas suivi longtemps, car sous le règne des empereurs que je viens de citer, les monnaies d’Edesse commencèrent à porter les deux têtes, et cet usage se continua jusqu’à la fin de la dynastie osrhoénienne. A l’époque du règne de Gordien II, qui avait rendu aux Abgar leur royaume que GCaracalla leur avait enlevé, un autre type apparaît sur les monnaies d’Edesse, c’est le couronnement d’un Abgar par l’empereur. Ce type avait pour but de rappeler la magnanimité de Gordien, qui, voulant s’attacher les populations de la Mésopotamie, avait rétabli le trône d’Edesse et y avait fait monter un prince issu de la race des Abgar. Cet événement important est rappelé seulement sur: les médailles, can l’histoire n’en fait point mention.
MAANOU , Prince inconnu dans l’histoire, contemporain de Marc-Aurèle et de Lucius Verus.
L'histoire ne parle aucunement d’un prince du nom de Maanou ou Mannus qui aurait régné à Edesse sous Marc-Aurèle et Lucius Verus, et nous savons positivement que le roi qui occupa le trône de lOsrhoène, à l’épo-
DS que de ces deux empereurs, portait le nom d’Abgar; l’histoire et les médailles ne laissent aucun doute à cet égard. Les numismatistes ne sont pas d'accord pour attribuer les médailles du Mannus en question à un prince qui aurait régné dans l’Osrhoène; et, bien que quelques-uns aient refusé au royaume d’Edesse ces monnaies, ils n’ont point proposé d'autre attribution. On sait, par le témoignage de Dion Cassius (1), que les Arabes Atréniens étaient gouvernés par un prince appelé Mannus, au temps de Trajan, qui les soumit, et quelques savants supposent que des descendants de ce prince, ayant porté le même nom que lui, auraient continué à régner sous la suzeraineté de Rome (2), dans les contrées occupées par les Atréniens. On ne peut, à cet égard, former que des conjectures, et le manque de documents nous oblige à n’émettre qu’avec le signe du doute l’attribution que nous allons proposer. IL n’est pas douteux que le roi osrhoénien, contemporain de Marc-Aurèle et de Lucius Verus, ait été un prince qui portait le nom d’Abgar ; or, ne serait-il pas possible de supposer qu’un autre prince nommé Mannus, et qui aurait appartenu à la famille royale d'Edesse, usurpa la couronne pendant quelque temps et fit frapper monnaie au nom des deux empereurs, ses contemporains? Le fait est possible, mais aucun témoignage écrit n’est venu, jusqu’à présent, appuyer cette opinion que l’existence seule de ces médailles nous a suggérée.
Mannus et Marc-Aurèle.
BACIAEYC MANNOC ®IAO!PoMAIOC]. — Pallas debout , tenant de la main droite la haste, et de la gauche un bouclier.
B AYT.K.M. AYPHA. ANTNINOC. — Tête laurée de Marc-Aurèle. Denier d’argent.
Spanheim, t. II, p. 578.
(1) Excerpt., 1. LXVIIL $S 22. (2) Visconti, Icon. gr., 2 part., ch. 14, S 13, note 2.