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avec détails, dans sa Cyropédie (1), des services que Tigrane rendit dans cette occasion à Cyrus ; leurs forces réunies obtinrent enfin la victoire, et Ajtahag périt dans un combat, de la main même de Tigrane. Ce récit, que nous empruntons à Moyse de Khoren (2), n’est point d'accord avec ceux de Xénophon (3), d'Hérodote (4), de Ctésias et de Justin (5), qui s'accordent à dire qu’Ajtahag survécut à la perte de son empire.
Tigrane eut pour successeur son fils Vahak’n, qui se distingua tellement par sa vaillance et ses exploits, qu’il fut mis, par la suite, au rang des dieux du Panthéon arménien, et considéré comme l’Hercule national. Les anciens bardes de l'Arménie le prenaient pour sujet ordinaire de leurs chants (6).
Cependant l'indépendance de l’Arménie ne fut pas de longue durée, car nous voyons déjà, sous les premiers Achœménides, ce royaume soumis aux souverains de la Perse. Les successeurs de Vahak’n continuèrent à administrer leurs états sous la suzeraineté des Grands Rois, et le dernier d’entre eux, Vahé, fils de Van, périt en combattant contre l’un des lieutenants d'Alexandre (7). Avec ce prince finit la dynastie de Haïg, dont les successeurs avaient gouverné l'Arménie, tantôt avec la plénitude de la puissance royale, tantôt comme vassaux des rois d’Assyrie et de Perse, pendant l’espace de vingt siècles environ.
Nous ignorons complétement si les monarques de la dynastie issue de Haïg battirent monnaie à l’exemple des autres souverains de l’Asie, et nous ne pouvons former, à cet égard, que des conjectures, car, jusqu’à présent, rien ne nous prouve que les rois de la première race arménienne aient usé de cette prérogative. Cependant nous savons que les grands vassaux de l’empire Achoœménide, qu’ils fussent rois ou satrapes , avaient
(1) Liv. IE. ch. 4, et liv. UE, ch. 4 à 3. (6) Moyse de Khorën, liv. I, ch. 31. — Jean (2)Eiv AL ch 20) Cathol., ch. 8. à (3) Cyrop., liv. EL, ch. 5. (7) Moyse de Khorèn, liv. E, ch. 31.— Jean (4) Hist., liv. LE, $ 130. Cathol., ch. 8.
(8) Liv. J, ch. 6.
SANS qe dans leurs attributions le droit de frapper des monnaies, à leur effigie et un assez grand nombre de monuments sont là pour attester ce fait (4). Il est donc permis de supposer que les derniers rois arméniens de la première dynastie usèrent de cette prérogative souveraine, puisque nous savons, par le témoignage de plusieurs écrivains de l’antiquité, qu’à l’époque de Tigrane I”, l'Arménie était florissante et avait imposé le tribut à plusieurs nations (2).
On sait que l'Arménie était fertile en mines d’or (3) et d’argent (4), et Strabon nous apprend qu’il y avait dans la Grande-Arménie, une province qu'il nomme Yoripäris ou Zuomparu dont le nom et la position semblent correspondre au canton arménien de S’ber, vulgairement Isber, lequel était situé à peu de distance au N.-E. d'Erzeroum. C’est peut-être aussi le même district qui est appelé Séphar, dans la Genèse, et dont il est question au chapitre de la généalogie des enfants de Noé (5) : « Et facta est habitatio eorum de Messa pergentibus usque Sephar montem orientalem. » On sait qu'Alexandre avait chargé un de ses généraux, nommé Memnon, de s'emparer des mines d’or de Cambala, dans l’Hyspiratis ; mais celui-ci s'étant fait battre par les habitants de la contrée, périt avec les troupes qui l'avaient accompagné (6).
La seule mention de monnaies frappées par les rois arméniens de la première dynastie se trouve dans l'historien Vartan (7), qui raconte, à propos de l’ancienne écriture arménienne, que « l’on fit la découverte, en Ci- « licie, à l’époque du roi Léon, d’un tram sur lequel était empreint, en « lettres arméniennes, le nom de rois idolâtres de la race d'Haïg. » On comprend combien ce témoignage de l'historien arménien Vartan, qui vivait au treizième siècle de notre ère, est de peu de valeur, puisqu'on sait que les caractères arméniens ne furent inventés et mis en usage par Mesrob qu’à partir du quatrième siècle. En outre, il est bien probable que la
(1) Le duc de Luynes, Numismalique des (4) Pline, liv. XXXIE, ch. 22. satrapies sous les rois Achæménides. ( (2) Moyse de Khorèn, liv. E, ch. 24. — Jean ( Cathol., ch. 8. ( (3) Strabon, liv. XI.