‹ Numismatique De L’Arménie Dans L’AntiquitéChapitre 9 sur 36 · NE CE · texte numérisé non relu

NE CE

monnaie qui fut découverte en Cilicie, au temps du roi Léon IT, était une pièce de l’époque des satrapes Achæménides, dont les légendes sont tracées en caractères phéniciens , et que Vartan aura pris, à cause de leur mauvais état de conservation, pour des lettres arméniennes. Une erreur du même genre a été commise, dans ces derniers temps, par le père Indjidji (1), qui assure avoir vu dans la collection de lord Aïnsley, à Constantinople, beaucoup de monnaies représentant d’un côté une tête de roi coiffé à la manière orientale, et de l’autre côté un autel placé entre deux personnages. Il dit avoir reconnu, dans les légendes, les plus anciens caractères usités chez sa nation avant l’alphabet de Mesrob. Cette opinion n’est pas admissible, car les médailles en question sont des monnaies sassanides ou des imitations de ces pièces, et en outre on sait, par le témoigage de Moyse de Khorên et de Lazare de Pharbe, qu'avant l'invention de l'écriture nationale, les Arméniens employaient indistinctement les caractères assyriens, persans ou grecs.

Quoiqu'il soit bien établi qu'aucune monnaie des rois issus de Haïg ne nous soit parvenue, il faut dire cependant qu’à l’époque où l'Arménie était tributaire des souverains Achœæménides, c’est-à-dire à partir des règnes des successeurs immédiats de Vahak’n, fils de Tigrane, des satrapes persans qui gouvernaient quelques-unes des provinces qui leur avaient été enlevées, battaient monnaie, et plusieurs pièces portant leurs noms sont arrivées jusqu’à nous.

TIRIBAZE Satrape de l'Arménie occidentale sous Artaxerxès-Mnémon (400 à 384 av. J.-C.). Tiribaze était satrape de l'Arménie occidentale, des Phasianiens et des

Hespérites, au temps de Cyrus le Jeune et de la Retraite des Dix-Mille (2). Il figure dans l’histoire depuis l’an 400 jusqu’en 384 avant.notre ère. Se-

(1) Antiq. de l’Armén. (Venise, 1835), t. IT, (2) Xénophonÿ Anab., IV, 4; VIT, 8. — Diop. 75, note. dore de Sic., liv. XIV, ch. 27.

Ep ren

lon Cornelius Nepos, il était satrape de Lydie, en 393 (1). Ce fut lui qui commandait l’armée qu’Artaxerxès envoya, en 386, contre Evagoras, roi de Salamine. Mais, sur ces entrefaites, il fut calomnié par Orontes, son collègue, qui le jeta en prison par ordre d’Artaxerxès. Quelques années après, ayant recouvré sa liberté, il n’en profita que pour ourdir un complot avec Darius, fils d’Artaxerxès, dans le but de détrôner ce prince. La conspiration ayant échoué, Tiribaze fut tué d’un coup de javelot, au moment où il se préparait à prendre la fuite (2).

Gesenius (3) et M. le duc de Luynes (4) ont publié plusieurs monnaies d’argent de Tiribaze. Seulement le premier les rangeait parmi les incertaines de la Cilicie, tandis que M. le duc de Luynes, avec sa sagacité habituelle, les a restituées à Tiribaze.

— von. Tribzou, en caractères phéniciens. — Baal, debout à gauche, le corps à demi nu, enveloppé du manteau grec, s'appuie, de la main gauche sur son sceptre, et de la droite soutient un oiseau battant des ailes. Dans le champ T.

mp — Ormuzd vu de face et nu jusqu’à la ceinture, le corps terminé par un disque annulaire, d’où partent les deux ailes et la queue d’une colombe , avec deux bandelettes, tient de la main droite élevée une couronne et de la gauche la fleur de hom.

Argent. PI. E, n°1.

Collection de M. le duc de Luynes.

Il existe une variété de cette médaille au Musée britannique ; c’est une pièce semblable à la précédente et qui n’en diffère que par le sigle du champ qui est 3O au lieu de T.—PI. I, n° 2.

(4) In Conon., ch. 5. (4) Numism. des satrapies, p. 1, pi. [n° (2) Plutarque, in Artaxerx. 1 à 3.

(3) Monum. phœnicia., inc. Cilic.

Page 1