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Numismatique. Égypte ancienne

La collection de monnaies antiques dont nous publions le catalogue appartient à un négociant grec amateur d'objets d'art et de science qui depuis plusieurs années habite l'Egypte qui a bien voulu nous confier le travail de la classification des médailles égyptiennes (1).

Son but a été de fournir les éléments d'un catalogue sérieux et méthodique, pouvant être utile aux savants et même aux artistes. Il nous a recommandé surtout, de nous aflfranchir de ces pratiques adoptées par un grand nombre d'amateurs qui, sous forme de catalogue, font rédiger

(1) La S(^rie comprenant les monnaies de tontes les autres parties du monde connu des anciens est encore plus importante que colle que nous de'crivons. La collection Duprc^, célèbre à si juste titre, est déjà dépassée ; celle de M. Démétrio, promet dans un avenir trèsprochain, d'être l'égale des collections les plus célèbres. La rédaction du catalogue a été confiée au fils d'un des antiquaires les plus éminents de l'époque contemporaine.

en réalité des notices succinctes, destinées à faire ressortir la valeur et la rareté des pièces importantes .

M. Giovanni di Demetrio, ne pouvant à cause de la distance qui le sépare de la France, mettre sa collection à la disposition de tous, tient cependant à établir qu'il n'a pas agi dans un but égoïste en acquérant tant do merveilles. Il le prouve par la publication de nombreuses planches gravées, qui reproduisent les spécimens les plus remarquables de la suite égyptienne. Si notre texte doit subir le sort des publications de nos devanciers, ce qui n'aurait rien d'étonnant, en une matière aussi discutable que cette partie de la numismatique, les figures dont M. Demetrio n'a voulu épargner ni le nombre ni la consciencieuse exécution (1), resteront du moins comme un témoignage de ce qu'un chercheur passionné peut faire pour la science. Le catalogue.

(1) Non -seulement M. Demetrio montre le plus grand désintéressement en mettant tout le monde à même de connaître les rirhesses qu'il possède, mais encore il n"a reculé devant aucun sacrifice pour cjue les types des médailles soient rendus aussi parfaitement que possible; il a chargé un de nos artistes des plus distingués, un des doyens de l'art de la gravure en France, M. A. Masson, connu de tous par ses nombreuses planches, de la chalcographie et aussi par toutes nos expositions annuelles depuis plus de vingt ans. Selon nous, et au dire de tous les savants numismatistes auxquels nous avons soumis ses planches, l'artiste s'est admirablement acquitté de la mission qu'il avait à remplir; nul doute que des travaux plus importants dans le même genre ne lui soient confiés parla suite.

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dans ce qu'il a de caractéristique par les marques de la plastique égyptienne, restera comme un (les ouvrages illustrés les plus utiles aux savants.

Les personnes qui s'occupent de l'art monétaire antique, trouveront dans l'étude des types fis'urés, le moven facile d'être initiées à cet art égyptien qui, limité pour nous à ses derniers souverains, est encore enveloppé des mystères quasi hiéroglyphiques dont aimait à s'entourer ce grand peuple de l'antiquité.

En entreprenant la publication d'un catalogue détaillé des monnaies des rois d'Egypte, depuis la conquête grecque, nous ne nous sommes pas dissimulé que la tâche était des plus ardues. Nous avons souvent regretté notre complète ignorance des langues de la haute antiquité; le sujet si riche que nous abordons aurait pu nous fournir l'occasion de tenter la création d'un livre numismatique sérieux. Nous avons pensé qu'à défiiut de science, notre longue pratique dans l'observation de ces monuments de l'histoire, nous aiderait peut-être à jeter un nouveau jour sur le classement de la série égyptienne.

On sait que jusqu'en ces derniers temps, la classification des monnaies de la dynastie des Lagides, était resté presque à l'état de chaos ; tous les savants qui ont essayé d'éclairer la question.

nous paraissent s'être laissés de plus en plus entraîner dans l'erreur et n'avoir fait que suivre la routine dans leurs livres et dans leurs catalogues. Nous ne confondons pas, cependant, au nombre de ces compilateurs, plusieurs savants contemporains , comme MM. Lenormant père et fils , et surtout M. R. Stuart Poole, conservateur du musée britannique, et M. J. P. Six d'Amsterdam (1). Ces deux derniers savants nous paraissent avoir étudié les textes et surtout les monuments, avec un esprit de critique remarquable; nul doute que, leurs recherches une fois publiées, nous ne soyons définitivement en possession d'un classement certain et logique de cette suite nombreuse de monnaies que l'on peut considérer comme une des plus riches de la numismatique antique.

Comme nous le disions plus haut, le classement rationnel des monnaies qui nous occupent, encore très-incomplet et discutable, nous a paru pouvoir être tenté comme suite chronologique et surtout comme recherche de caractères de têtes

(I) M. Stuart Poole, a déjà publié dans le Nuniismatic Chronicle, de 1864 à 1866, sept articles très-savants sur le commenceraeut des rois Lagides de Soter à Phjscon; M. Six seulement une petite brochure en hollandais ; mais il a démontré dans une dissertation trèsimportante intercalée dans un des articles de M. R. S. Poole, qu'il était passé maître dans l'art d'écrire en très-bon français et aussi dans la parfaite connaissance des monnaies d'Egypte et des textes de l'histoire ancienne.

différentes dans un type complètement immobilisé. Ce classement, nous ne nous le dissimulons pas, est, non-seulement une difficulté, mais presque assurément un écueil ; nous craignons même qu'on ne nous accuse plus tard d'avoir précipité la question dans de nouveaux embarras, mais nous serions-nous trompé sur certains points en litige (et hélas ! il faut l'avouer, tout nous a paru être complètement contestable), que nous nous applaudirions d'avoir affirmé par nos recherches le classement réel de quelques règnes restés dans les énigmes du passé. Dussions-nous avoir échoué dans nos prétendues découvertes, nous aurons du moins jeté quelques lumières sur la classification artistique de ces grandes époques d'émissions monétaires. Nous pensons, répétonsle, à défaut de la connaissance des textes originaux, avoir scrupuleusement observé la valeur des travaux plastiques, la nature et la spécialité des métaux ; bref, nous croyons en homme du métier, pouvoir participer à ce précieux travail de reconstruction chronologique qui préoccupe tant notre époque, et avoir pu apporter notre pierre à cette grande œuvre qui tend à déterminer les époques réelles de la grandeur et de la décadence de l'art monétaire chez la nation mère de la civilisation.

Il y a sept ans, avant d'entreprendre le travail

que nous avons publié, sur les médailles grecques denotrefonds(l),nous avions déjà tenté de classer les monnaies des rois d'Egypte, cela en partie d'après les travaux connus alors; nous avions déjà indiqué par plusieurs notes, que les classements ndoptés nous paraissaient erronés ; qu'il était à peu pris impossible de les suivre ; et cependant une partie de nos rectifications n'étaient que de nouvelles fautes à ajouter aux autres. Les grandes découvertes signalées depuis por MM. Poole et Six, l'ont prouvé suffisamment. Des trouvailles très-importantes de pièces d'argent et de 'bronze, faites depuis cette époque (trouvailles qui sont encore aujourd'hui presque intégralement entre nos mains), sont également venues renverser nos attriljutions; mais aussi elles nous ont fait entrevoir sous un jour tout nouveau, le classement de cette si intéressante série de rois, par règnes et même par date de ces

règnes.

Pour arriver à des résultats sérieux, nous avons employé une méthode complètement en dehors des procédés scientifiques en usage jusqu'ici.

La collection de ^L G. di Demetrio était classée

(1) Catalogue d'une collection des roiset villes de rancienne Grèce, 1 fort vol. in-18, donnant la description de plus de 10,000 médailles. Paris, 1862.

selon l'ancien système, nous en avons confondu pêle-mêle toutes les pièces, que nous avons réunies en un seul tas ! Celui qui nous eut observé opérant une telle confusion de types et de têtes sur une des plus belles suites de pièces égyptiennes que put posséder un simple particulier, et qui serait digne d'un musée de souverain, nous eut traité certainement de vandale (1). Nous avons ensuite procédé au classement par caractère de physionomies, de la tête perpétuée de Ptolémee Soter, et nous avons cru distinguer seize types parfaitement différents, (jue nous avons cependant fini par réunir en douze groupes ou règnes très-distincts. Cet arrangement ainsi fait, en suivant très-minutieusement la dégradation du travail artistique, car sans une observation minutieuse de la grandeur et de la décadence de l'art, la classification de cette série de rois H un tyiie immobilisé, parait impossible, nous avons aussi tenu généralement compte de la nature et des alliages du métal, etc., nous avons étudié avec le plus grand soin les dates inscrites sur chacune des pièces ; nous les avons rapprochées, répétons-le, des nombreuses trouvailles rangées dans nos cartons. Tout cela nous a paru

(1) Plus de cinq cents pièces seulement pour la série des roi?, celle des NJmes et des empereurs frappe'e à Alexandrie étant composée de près de trois mille pièces.

former un classement certain, et c'est celui que nous venons proposer aujourd'hui.

Ce résultat nous donne cependant lieu de croire que nous avons constaté un fait qui restera acquis : c'est que, presque toutes les dates observées sur les pièces, concordent exactement avec la durée de chacun des règnes relatés par l'histoire. Nous Rivons eu soin de mentionner ces preuves dans des notes placées à chaque règne aux dates correspondantes. Le travail d'art se dégrade aussi très-visiblement depuis le premier Ptolémée jusqu'à la dernière Cléopàtre; ces rapprochements nous paraissent amener à une conclusion décisive, comme classement méthodique et simplifié; quelques séi'ies sont cependant restées encore pour nous à l'état de doute. Nous citerons les dates des premières années du règne d'Arsinoé Philadelphe, cinq ou six pièces seulement , des deux Evergètes , d'Epiphane et des deux fils d'P>ergète II pendant qu'ils régnaient ensemble, l'un en Chypre, l'autre en Egypte ; mais les seules pièces réellement embarrassantes comme attribution sont les numéros 418 et suivants jusqu'à 436. Ces monnaies sont d'un style diamétralement opposé à celles de Soter II, ou d'Alexandre son frère, elles ont un peu de la manière de fabrique de celles d'Aulètes; mais si elles sont de ce prince, elles ont àù être émises

par un atelier très-éloigné du centre de la civilisation. Nous avons d'abord pensé à les attribuer à Soter II pendant son long exil; mais à l'époque mentionnée par les dates inscrites sur ces médailles, ce souverain était en Phénicie. Or, ni le travail artistique, ni la nature du métal ne peuvent faire supposer qu'elles aient été frappées dans cette contrée. Si les dates étaient plus rapprochées, nous pourrions suppaser et même admettre franchement que ces monnaies auraient été frappées par le frère de la célèbre Cléopâtre (la fabrique et la nature du métal d^s pièces datées 20 à 23, nous font présumer que leur émission est tout à fait contemporaine de ce dernier souverain); mais ce jeune prince n'a régné que quatre années, tandis que le Ptolémée qui nous occupe aurait régné au moins vingt-trois ans. Nous avons donc été forcé de grouper ces pièces à la fin de la série ; nous ne doutons pas qu'un jour on ne trouve un document éclaircissant ce point litigieux. De nouvelles découvertes sont donc préparées aux savants qui sauront dire le dernier mot sur une foule de problèmes restés sans solution.

Notre classement achevé, nous avons voulu avant d'en entreprendre la publication, lire tout ce qui, à notre connaissance, avait été écrit sur le même sujet depuis les grands numisraatistes des siècles précédents.

Vaillant nous a semblé plein de sagacité, lorsqu'il s'efforçait de grouper les statères d'argent par caractères de tètes; c'est à peu près cette idée que nous tentons de suivre aujourd'hui ; si ce savant avait possédé toutes les variétés de monnaies de cette série que nous connaissons actuellement, il aurait certainement jeté les fondements sérieuN d'une monographie complète.

Ceux qui sont venus après lui auraient dû suivre le côté pratique de cette idée, c'est-a-dire le classement par types. Ils ont ni;ilheureusement presque tous fait fausse route, en déterminant seulement le classement géographique aux ateliers de Cifluïii, Pa/j/tos et Salamiiic de l'île de Chypre; Pellerln, le successeur de Vaillant, décidait avec raison ne vouloir tenir aucun compte de ces attributions. Il ne pouvait admettre que les dix-neuf vingtièmes des monnaies d'argent portant le nom des derniers Ptolémées aient été frappés en Chypre. Il proposait au liea des trois villes citées de cette ile ; Panojwlis et Sais, villes de l'Egypte, pour les pièces portant les abréviations MA et -A ; quant à celles avec Kl, il avouait ne trouver aucune localité pouvant les revendiquer. Nulle raison majeure n'autorisait cependant à repousser complètement ce nouveau classement. Qui ne sait que la plupart des villes importantes de l'antique Egypte surtout, sont

restées de nos jours complètement inconnues. Et lorsque nous consultons les géographes anciens et modernes, nous sommes étonnés de voir un nombre aussi restreint de localités citées chez cette nation si populeuse, si riche et l'une des plus puissantes de rantif|uité ; personne n'ignore, que chaque jour, les inscriptions et la numismatique nous restituent des noms de cités complètement inconnues dans les- auteurs anciens; nous même, dans ce petit travail, nous enrichissons la géographie du n(im exact du Nôme, Nèsi/k'S, ville assez importante pour que l'empereur Hadrien ait conservé le nom de cette localité sur une monnaie avec l'effigie impériale. Nous pensons aussi avoir découvert à l'aide d'une monnaie de Cléopàtre la date positive de l'ère de Baryte.

Eckhel, le grand savant , l'ancêtre de tous les numismatistes contemporains , ce colosse en fait de classification (Doctn'na Ntan. tv^, tome iv, page 25), semble adopter les vues de Pellerin, mais il n'ose se prononcer d'une manière positive sur le différend en litige entre ses deux savants prédécesseurs.

Visconti, dans sa célèbre Iconociraphie grecque, a vainement essayé le classement par ordre des nombreux souverains de cette dynastie. Ici encore le savant archéologue semble, contre son

habitude, n'avoir étudié les types que d'après les livres; son classement est aujourd'hui justement bouleversé de fond en comble; un seul coup d'oeil jeté sur ses planches suffit pour démontrer le peu de discernement artistique employé pour sa classification , et nous citerons seulement comme exemple, les grands et beaux statères d'or qu'il a donnés aux derniers Ptolémées et surtout la Sélènè (pi. 54, n° 17 et page 599, édit. in-f°). Cette pièce de Séléné est la même médaille que nous attribuons à Bérénice II(n°228). Tous les auteurs modernes ont donné à cette même reine et cela par analogie de caractère de tète, les pièces que nous publions pi. IV, n"*^ 227 et 230. Il est évident que le travail d'art est de beaucoup antérieur à l'époque où ces pièces se trouvent classées, et on est en droit de se demander comment les savants qui les ont publiées avant et depuis Yisconti. n'ont pas vu le peu de probabilité d'une telle attribution. Il était crès-important en effet, de découvrir un pareil nom dans la série des Lagides , mais c'est en perpétuant de telles erreurs, que l'on fausse souvent les classements ; et cette pièce, surtout aussi mal attribuée a peut-être maintenu dans la mauvaise route, quantité de^ numismatistes.

Mionnet n'a rédigé pour la suite des rois égyptiens, qu'un catalogue conçu avec le soin

minutieux qu'il apportait dans toutes ses descriptions de médailles antiques.

Le célèbre Letronne, l'un des hommes les plus savants de notre époque, a publié dans la Revue de numismatique française, année 1843, un article très-curieux sur plusieurs règnes de cette série; il a prouvé dans ses attributions des monnaies des Ptolémées XI et XII, qu'il possédait une très-grande érudition, mais il adémontré qu'il n'appréciait pas suffisamment les monuments qu'il décrivait. Numismatiste savant d'après les livres, il ne se trompait que de deux siècles seulement sur les époques d'émission de ces monnaies : Doctus cura lihro.

Ainsi que nous l'avons fait observer page viij, les travaux les plus importants en ces derniers temps et qui ont eu un grand retentissement parmi les archéologues, sont ceux de MM. Charles et François Lenormant. Le premier, dans le Trésor de mimismatique et de glyptique (1); le second, dans la Revue numismatique française (2). Ce dernier travail est d'une grande importance, il est rempli de très-savantes recher-

(1) Rois Grecs, pages 160 à 170 et pi. 81 à 89.

(2) Années 1853, 1854 et 1855, et aussi en publication spéciale sous ce titre : Essai sur le classement des monnaies d'argent des Lapides. Blois 1855, 1 vol. 8. pi. C'est cette dernière publication que nous citerons.

ches ; la partie géographique y est traitée de main de maître; mais en ce qui concerne les attributions, par règnes et le classement des monogrammes parvilles, quantité de noms semblent impossibles. M. François Lenormanty afaitbriller encore plus d'imagination que n'en dépensa son père dans certains travaux nuraismatiques.Le classement suivi par ces deux archéologues a été respecté jusqu'à ce jour dans les cartons du Cabinet impérial ; cet ordre méthodique, il faut le reconnaître, était certes des plus ingénieux. Une connaissance plus parfaite des époques d'émission, une légère transposition d'un seul groupe, celui du règne d'Aulètes, (les pièces avec le lotus devant l'aigle), et le jour se fût fait certainement sur plus de la moitié des règnes, surtout sur ceux de la fin de la dynastie.

Il eût été très-facile pour nous de suivre M. F. Lenormant, dans ses attributions à des villes alliées, pour les pièces portant plusieurs monogrammes. Notre catalogue eût paru beaucoup plus intéressant, eton aurait pu lui attribuer une grande importance pour les règnes des deux premiers Ptolémées; mais hélas, l'invraisemblance de notre travail eût élé démontrée par un grand nombre de monogrammes. Il nous eût été impossible de fournir des motifs raisonnables pour Justifier les alliances entre tant de cités et

les monarques égyptiens. En effet, comment expliquer ces témoignages de fédération officielle, ces liens de solidarité et ces gages d'autonomie entre des rois puissants comme les fondateurs de cette dynastie et des villes soumises à l'entière domination des mêmes princes? Le nom du roi inscrit en toutes lettres sur chacune de ces monnaies, n'était-il pas une assez grande autorité pour que les pièces fussent admises dans toute l'étendue de ses possessions.

En principe, le système de l'alliance des villes avait pour but de donner un cours régulier aux monnaies, mais ces conventions monétaires ne se constatent que dans des cités libres ; et encore dans toute l'antiquitéon ne rencontre ces faits que sur quelques points de la grande Grèce et de l'Asie mineure, et cela à de très-rares exceptions et surtout entre villes tout à fait voisines qui étaient naturellement portées à s'entr'aider par un cours réciproque d'échanges journaliers; plus tard, sous l'empire romain, ces alliances des villes devinrent très-fréquentes.- On peut en compter près de cent exemples, se rapportant à des localités souvent très-éloignées les unes des autres. Mais ces alliances caractérisaient plutôt un échange de pure courtoisie, que le besoin d'un trafic commercial. En ce temps.de décadence, les cités s'adressaient entre elles des témoiernaeres de

flatterie : elles aimaient à constater sur leurs monnaies, les noms respectifs de leurs villes. Souvent aussi la personnification mythologique et héroïque des provinces et les noms des localités inscrites sur la pièce étaient généralement suivis de 03I0>'0IA. Les magistrats, les administrateurs locaux s'adressaient ainsi des témoignages de politesse réciproques.

A cette époque, la valeur des monnaies d'airain se calquait généralement sur le système monétaire romain ; celles-ci avaient cours dans les provinces limitrophes, qu'elles portassent ou non les titres des villes alliées. La domination romaine avait presque imposé le cours forcé de ses monnaies dans les agglomérations de son vaste empire. Les nombreuses trouvailles qui nous sont apportées chaque jour le prouvent clairement.

MM. Lenormant, nous le disions plus haut, avaient à peu près trouvé le classement rationnel de la série qui nous occupe. Si M. F. Lenormant surtout, s'était abandonné à ses seules inspirations, oubliant les recherches de ses devanciers, il eût, sans nul doute, répudié ces ères(l) généralement imaginaires inventées par des savants

(1) Ces ères chimériques seront suffisamment expliquées aux règnes de Philadelphe, de ses deux successeurs et surtout à ceux de Physcon d'Alexandre et d'Aulètes.

trop fantaisistes, et fût certainement arrivé à une solution sérieuse.

Pour nous, les dates inscrites sur les monnaies d'Egypte (1) ne sont généralement autre chose que les dates positives, année par année, du règne de chaque souverain ; nos recherches dans les ouvrages déjà publiés et surtout dans les grands musées nous ont suffisamment démontré la justesse de ces faits. Nous n'avons trouvé nulle part une seule pièce dépassant d'une année la durée des règnes. Pour certains souverains, tels que Physcon et Aulète qui furent momentanément chassés de leur royaume, le temps que dura cet exil est témoigné par l'absence de monnaies à leur type.

Ce classement rationnel eût aussi amené à découvrir qu'il était de toute impossibilité d'attribuer aux ateliers chypriotes d'aussi grandes émissions de numéraire, et à admettre avec Pellerin, etc., que la majeure partie de ces monnaies avait été fabriquée dans des ateliers de l'Egypte, ou au moins dans la capitale de ce royaume.

Comment supposer, en effet, que pendant plusieurs siècles on ait transporté tous les lingots

(1) Toutefois eu exceptant les monnaies au nom de Soter portant des dates postérieures à Tannée 20 et s'arrêtant à Tan 117.

'argent, de l'Egypte dans Tile de Chypre pour y être monnayés ? Comment admettre aussi que l'on ait exposé des valeurs aussi considérables aux dangers de la navigation, et en outre de ces risques, quels frais énormes n'aurait-on j)as eus à supporter ? Cela se comprendrait même difticilement pour des colonies peu importantes ou barbares; mais pour une métropole aussi avancée en civilisation que l'était la ville d'Alexandrie, l'hypothèse paraît invraisemblable; un système aussi exclusif ne nous parait même pas digne d'être discuté.

Nous savons parfaitement que l'iie de Chypre, ainsi que toutes les autres provinces dépendantes de l'Egypte, payait de très-forts impôts et cela en argent monnayé ; des documents authentiques constatent ce fait d'une manière indiscutable. Cependant, nous l'avons dit précédemment , il ne nous est nullement démontré, même en présence de ces textes, que toutes les monnaies d'argent aient été frappées en Chypre ; les deux tiers des pièces de Physcon et surtout celles de Soter II, de sa mère, de son frère Alexandre et d'Aulète, sont à notre avis presque toutes de fabrique égyptienne. Que l'on veuille bien comparer leur travail avec celui des autres monnaies des villes voisines de l'ile de Chypre et avec les monnaies syriennes des époques contemporaines à celles

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des rois d'Egypte, et notre opinion sera probablement adoptée.

Comment aussi admettre que sous les trois premiers rois de cette dynastie, on ait frappé hi plus grande partie du numéraire d'argent, spécialement en Egypte et en Pliénicie, et qu'une fois cette dernière province détachée de l'Egypte, on ait abandonné et fermé les ateliers du royaume, pour donner aux Chypriotes le monopole de la fabrication des monnaies les plus répandues ^ Admettre une pareille théorie, ce serait, disons-le encore, reconnaître que le grand peuple africain était tombé dans la plus complète barbarie. Ici encore, les trouvailles des monnaies Lagides viennent généralement corroborer notre opinion. Chacune des découvertes que nous avons vues, ou dont on nous a signalé l'existence, sont toutes de provenance égyptienne ; les pièces avec FIA surtout y abondent et jusqu'à ce jour nous n'avons nulle mention de trouvaille de monnaies d'argent des Ptolémées faite dans l'île de Chypre.

Certes, nous sommes cependant très-éloigné de refuser une importance majeure aux ateliers de cette île célèbre. Le voudrions-nous, que le travail artistique des monnaies , les symboles qui y figurent nous donneraient un démenti formel ; nous constatons au contraire dans le cours de nos descriptions, que dans cette île, on a non-

seulement frappé des pièces d'argent en trèsgrande quantité, mais encore beaucoup de monnaies d'or, témoins nos n°^ 195, 196, 197, 224, 225, 231 , 235 et 252 , etc. Nous admettons aussi que ces émissions pouvaient parfaitement sortir des trois ateliers cités : Cithim, Paphos et Salam/nc; que sous les premiers rois de la dynastie les pièces avec Kl, U\ et lA devaient être frappées très-vraisemblablement dans ces trois grandes villes, 'mais que plus tard, ces marques furent copiées, du moins l'une d'elles, celle aux lettres HA par les ateliers alexandrins, etc., et qu'on ne doit admettre comme pièces vraiment chypriotes avec ces lettres ILV dans la basse époque, que celles d'une fabrique particulière et justement remarquable, soit par la rectitude parfaite dans la circonférence des flans, soit qu'elles portent dans le champ, du côté de l'aigle des signes ou symboles, comme nos n°' 252, 29G, 300, 301 , 305, 347, 348 , etc. Ici le règne d'Aulètes est complètement excepté; le symbole qui figure sur toutes les pièces que nous avons classées à ce souverain , est complètement égyptien, et la médaille d'argent de sa fille, la célèbre Cléopàtre, du cabinet impérial et aussi du musée britannique, pièce portant le même symbole et de fabrique identique. Ces monnaies prouvent, il nous semble, d'une manière incontestable, que malgré les lettres ITA qui se

lisent sur toutes, elles sont cependant bien égyptiennes ; on se rappellera, en effet, qu'à certaines dates qui y figurent, l'Ile de Chypre était déjà détachée depuis longtemps des domaines des Lagides. Nous nous permettons d'insister sur cette interprétation; pour nous, elle est capitale, puisqu'elle doit faire triompher ou anéantir notre système. On verra surtout aux trois dernières Cléopàtres, les arguments que nous fournissons.

En résumé, disons encore qu'il nous paraît impossible que le pays le plus riche et un des plus puissants de ce temps, ait, h sa renaissance, frappé et émis d'immenses quantités de statères d'argent, soit dans sa capitale, ou dans les autres grandes villes du royaume, et se soit laissé déchoir jusqu'à cesser de produire ce monnayage et cela dans un temps encore très-prospère ; on comprendrait cela à l'époque, où sa splendeur évanouie, il dut subir le joug despotique de la domination romaine, mais au contraire encore à cette époque, l'atelier d'Alexandrie continue d'émettre plus de monnaies au type impérial que tous les autres peuples de l'Orient réunis, et cela dura encore pendant trois grands siècles.

Les monnaies chypriotes comme toutes celles de l'Asie Mineure, étaient faites avec beaucoup

d'art, jusqu'au premier siècle avant J,-C, Leur aloi était si bon qu'elles durent être justement appréciées et recherchées de tous, et telle fut trèsvraisemblablement la cause qui détermina les Alexandrins à copier leurs types et même les marques de fabrique. Personne n'ignore qu'à une des époques les plus célèbres de l'antiquité, les monnaies d'argent d'Athènes furent pendant des siècles frappées à un type immobilisé, et qu'elles furent exactement imitées jusques sur les confins de la Phénicie. Chez nos pères, les Gaulois, encore pendant plus d'un siècle les statères d'or de Philippe de Macédoine fui-ent servilement reproduits, et cela par presque toutes les peuplades du nord au midi et de l'est à l'ouest. Chez un autre peuple non moins barbare, les Pannoniens. mêmes faits, mais seulement pour les tétradrachmes d'argent du même règne et aussi pour d'autres drachmes et tétra drachmes des villes de la Thrace et de la Macédoine. A une autre époque encore assez ancienne, sous les premiers empereurs d'Orient, leurs monnaies furent copiées pendant près de deux siècles dans tout l'Occident, avec leurs noms et titres, et de plus avec les abréviations du nom de la capitale de l'empire d'Orient, COM. OB. (1) Plus tard encore, en

(I) M. le comte de Salis prépare en ce moment un grand travail d'ensemblo sur cette si importante série de monnaies. Nous ne

France, sous les premiers carlovingieus, la monnaie de Charles II le Chauve, se perpétua pendant bon nombre de règnes. Sous Hugues Capet, on frappait encore au monogramme carolin; de là, une presque impossibilité de distinguer pour quantité de localités, les monnaies des règnes de Charles Chauve avec celles de Charles le Gros et Charles le Simple. Plus tard pendant le XIII'' siècle, il en fut de même ; le type tournois de saint Louis fait presque le tour du monde ; il est copié et recopié chez tous les barons de TOccident, et même par les princes croisés dans les contrées les plus éloignées de l'Orient. Enfin, dans lestemps modernes, sous Henri 111, Henri IV, Louis XIII et même Louis XIV, tous les petits seigneurs français et étrangers copient encore à l'envi les types royaux, parce que les espèces qui les portaient étaient recherchées par le commerce.

Il nous reste encore bon nombre d'arguments à développer pour démontrer la justesse de notre classification ; mais cette introduction étant déjà d'une longueur inusitée, nous ne pourrions que fatiguer la patience de nos lecteurs. Nous les jtrions de nous excuser, mais nous sommes forcé de continuer nos appréciations sous forme de

Joutons pas que cette publication ne produise une ve'iitable re'volutïou dans les classements suivis jusqu'à ce jour.

notes placées à chacun des l'ègnes, surtout à la suite des descriptions des pièces importantes. Nous avons essayé de le faire aussi laconiquement que possible, mais cependant de façon h démontrer d'une manière positive, le système que nous avons pris à tâche de faire admettre.

ARYANDES (Satrape d'Egypte)

(Sons Camliyse et Dariu'i 1"', vers ôiô av. J.-C.)

Ce satrape célèbi'e l'ut de'sigue' par Cambyse, pour gouverner l'Egypte; les riohesses extraordinaires qu'il trouva dans ce pays 1'^blouirent au point de le décider à s'y rendre complètement indépendant. L'un des actes les plus importants de son autorité fut de f:ire fabriquer des monnaies d'argent à un poids et surtout à un titre supérieur à celles de son souverain le roi de Pei-se ; de là une faveur insigne dont jouirent ces monnaies parmi les négociants grecs et phéniciens qui affluaient à Memphis. Darius se vengea cruellement de la témérité d'Aryandès en le faisant mettre à mort. Cet acte de légitime répression ne corrigea cependant pas les satrapes, collt^gues d';\ryandèa,dans les gouvernements dos autres provinces dépendantes de la monarchie persane. Ils émirent également des quantités trésconsidérables de numéraire, en concurrence de celui des rois de Perse; et ceux-ci ne purent arrêter cette révolution monétaire dirigée contre leurs privilèges.

]. — Le satrape barbu, anaé, la tète couverte d'une mitre, avec deux ho[)lites casqués et armés de boucliers, dans une galère ayant à ra\ant une tète de cheval et voguant vers la gauche, sous cette lialère, un hippocampe allé, a'iant également à gauche.

r;. — Vautour (en relief) battant de-< ailes et tenant un bélier dans sesserres (ce bélier en creux.). Poids : 14 ofaniine>. (travée, pi. XI, n. 1. AR "^

Duc de Luynes, ym/iismutigiie des Satrapies, pi. XVI, u. 4li et pue 92, d'après le Musée de Vienne: ce savant auteur donne également au numéro suivant de cette planche la drachme au môme type, sur laquelle on lit .\rva\ en lettres archaïques gravées en creux sur le bélier.

Cette rarissime monnaie, qui d'après Ch. Lenormant, au-

4 LE SATRAPE ARVAXDES

rait été frappée en Egjpte, n'appartient cependant pas précisément à la série rovale dont nous allons dérouler la chronologie monétaire depuis la conqur-te d'Alexandre et pour laquelle nous avons pris ri tache d'entreprendre le classement. Nous pensons que cette curieuse [liéee, ainsi que les neuf suivantes peuvent être parfiiitement placées ici à titre d'introduction ù l'étude de cette belle et si intéressante série des rois Lagides.

Tous les auteurs qui, jusqu'en ces derniers temps, avaient traité de la numismatique de ce riche pajs, étaient d'accord pour reconnaître que ce peuple, célèbre ii tant de titres, n'avait jamais eu de monnaies spéciales avant l'envahissement de son territoire par les armées grecques.

On pensait généralement que son commerce consistait entièrement en échanges de matières précieuses comme bijoux, pierres fines, etc. Certains auteurs admettent qu'il se servait de monnaie, mais en se contentant de commercer avec les pièces émises par les autres peuples.

Nous avons souvent consulté les marchands et les collectionneurs qui nous soumettaient de véritables merveilles trouvées dans ce pays, et nous n'avons pu ol)tenir la mention de découvertes de monnaies très-anciennes faites dans cette contrée (1). Celles de la plus haute antiquité, trouvées en nombre, datent généralement d'Alexandre ou des premiers Ptolémées.

L'absence de pièces très-anciennes frappées dans cette contrée parait un fait complètement insolite, disons même des plus étranges; mais si on se reporte au caractère singulier de ce peuple dont l'organisation politique et religieuse était complètement en dehors des mœurs et des usages de ses voisins, pajs de l'asile des dogmes mystérieux et cependant source de lumières et de civilisation; témoins les gigantesques monuments encore debout dont le seul aspect nous saisit d'ëtonnement et d'admiration. En raisonnant sur le caractère original de ce peuple, on ne serait pas surpris de voir que cette province si riche et si prospère ait pu, grâce peut-être à ses merveilleuses ressources artistiques.

(1) Voir dans quelles comlitions exceptionnelles fut découvert en Egypte un dépôt de monnaies gro qu'S du VI" siècle. Revue numismatique, 1861, page 414; trouvaille de Myt-Rahineh.

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se priver des avantages du monnayage et maintenir cependant sa suprématie sur les peuples voisins.

Ce fut seulement, selon la généralité des savants, trois grands siècles après que la monnaie était en usage dans toutes les autres contrées, que les Egyptiens se décidèrent A l'employer pour leurs transactions commerciales, et on croit généralement que s'ils se refusèrent avec opiniâtreté à admettre ce système si simple et si commode , c'est qu'il devait être en opposition avec les dogmes religieux du pays.

En observant minutieusement la religion de ce peuple, on constate au contraire que les prêtres devaient recommander l'emploi des monnaies. On trouve en effet dans les momies de petites parcelles de métal, généralement en or, qui seniblent représenter des monnaies; cela parait donc démontrer que le culte reconnaissait la nécessité pour le défunt, d'être muni de l'impôt indispensable pour payer son passage dans la barque qui devait le conduire dans sa demeure éternelle. Ces plaques d'or ne portent pas cependant de signes monétaires; le sujet qui y est figuré représente généralement une feuille d'arbre ou de plante.

Comme nous le disions plus liaut, les numismatistes ne voulaient pas admettre qu'il eut été frappé do monnaies en Egypte avant la conquête grecque. Nous-mènies ;1 la première inspection des pièces classées au satrape qui nous occupe, nous protestions contre l'époque assignée a l'émission de ces monnaies, elles nous semblaient frappées près d'un siècle après l'époque indiquée par Ch. Lenorraant.

Hérodote mentionne cependant que do magnifiques monnaies d'argent furent frappées par le satrape d'Egypte Aryandès, qui, en les émettant, voulait éclipser celles du roi de Persa. Il dit, en effet (IV, page 16G) : « Darius ayant frappi' une monnaie » d'or au titre le jjius élevé possible. Aryandès, satrape de » l'Egypte, voulut faire la même chose j^our l'argent, et » encore aujourd'hui la monnaie qui contient l'argent le » plus pur est celle d' Aryandès, etc. »

C'est à Ch. Lenormant que la science est aujourd'hui redevable delà précieuse découverte des belles et rares monnaies de ce satrape. Ce savant tout en constatant que ces pièces ont été frappées en Egypte, pensait qu'elle; furent destinées aux

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commerçants de l'Asie mineure qui affluaient à Memphis. Cette opinion, dont l'honneur appariient toute entière au célèbre académicien, est un trait de lumière pour l'histoire monétaire de ce pajs.

M. François Lenormant, auquel nous avons beaucoup emprunté pour notre travail sur ce satrape, dit p. 169, après la reproduction du passage publié par son père : « Cette conjecture >> est confirmée par l'existence positive des lettres grecques ar- » cliaïques arvax commencement du nom d'Aryandès, gravées » sur le corps du bélier incus de la drachme asiatique de la » collection de M. le duc de Lujnes. Les mêmes lettres, mais » rétrogrades, se lisent à l'exergue d'un médaillon d'argent » appartenant à M. le baron Behr, et que cet amateur distingué » nous a permis de publier, etc. »

Nous pensons, comme M. François Lenormant, que cette conjecture serait parfaitement justifiée, mais il faudrait pour cela pouvoir lire le mot arvan sur la médaille citée, nous avons vainement cherché à y découvrir cette légende, nous avons constaté au contraire à l'aide d'un autre exemplaire plus complet de la même médaille exposée dans une des vitrines du cabinet impérial, que cette légende n'a jamais existé, et cela devait être, car cette pièce n'a que peu de rapport de fabrique et de style avec celles publiées par feu le duc de Luynes. Sur la drachme que nous avons citée d'après ce savant distingué on peut lire en effet le mot arvan, placé sur le bélier en creux, on peut même le lire sur deux exemplaires de coins différents, qui figurent dans la riche collection du feu duc, cette lecture, avouons -le, nous a un peu ramené à l'opinion émise par MM. Lenormant: opinion maintenue, encore aujourd'hui par des savants des plus compétents ; donc nous ne pouvons que nous incliner après leur jugement.

ALEXANDRE .^gus (fils posthume d'Alexandre-le-Grand)

(Règiie avec Aridee, son oncle, de 323 à 316, et sous la tutelle de Cassandre, de 315 à 311)

Lors de la mort d'.4lexaaJre, son frère Aride'e fut leconnu roi sous nom vénéré de Philippe. Peu de temps après, Roxane donnait le

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