PTOLEMEE XII, ALEXANDRE II
(Règne pendant l'J jours, l'an 81 av. J.-C.)
Lies biographes modernes sont oncoro en contradiction fornicl'.u sur la durée du i-ègne do ce tj-ran. Les uns, avec raison, veulent qu'il n'ait eu le pouvoir que pendant quelques jour.s; d'autres au contraire lui assignent plusieurs années de régne. Eu exami.iaut avec soin les
(1) Ciceron Aijraria secunda cajj. hJ, nomme ce tyran seulement sous le nom li'Alexander. Le même auteur, dans un fragment de ses discours sur le roi d'Alexandrie le nomme seulom'mt Alexas. .Aiipieu Du Bellis civilihus. Livre I, cliap. 102, nomme aussi ce roi seulement Alexandre. Porphyre seul lui donne le nom de Ptolémée Alexandre ; mais tous les autres seulement Alexandre.
PTOLEMEE Xll ALEXAMIRE 11' 107
liistorieiis auciens, ceux de Rome exceptes, on acquiert la couvictioii iju'il fut tué après 19 jours de règue seulemeat.
Ce prince avait ete' envoie tout ealaut dans l'ile de Cos, avec tous les trésors que possédait son père. Au moment où ce dernier fut cliassé de rÉgypte, ou a vu que Ftol.'mée Alexandre l'"' périt avec toute sa famille dans un combat uaval contre les généraux de son frèi-o Soter II. L'enfant orphelin grandit sous la protection du grand JMithridate, et ensuite sous celle de Syllu. .\ li mort de Soter 11, Sylla le fit déclarer roi par un d'cret du sénat romain, et, grâce à cette puissante pi'otection, il put contraindre Cle'opàtre Bérénice, qui était en même temps sa tante et sa cousine, à le recevoir pour mari et partager avec lui la souveraineté. Ce misérable était à peine marié depuis quelques jours, qu'il fit égorger la .eine; le peuple ainsi cjue les soldats, indignés d'un tel meurtre, traînèrent ce roi dans le gymnase d'Alexuiulri e et le massacrèrent après un rèune de 19 jours. Ce témoignage est celui d'Appien (1) et de Porphyre (2). 11 ne paiaic laisser aucun doute.
lui. — Tête cornue de Jupiter Aininon, à droite.
R). — B. A. De chaque cùté d'un aigle au repos, sur un foudre à gauche. Gravée au bas de la pi. X. xE '
Cette petite monnaie est comme nous l'avons déjà mentionné, d'une identité de fabrique et de type des plus indiscutables avec la pièce précédente ; seulement elle est beaucoup moins rare. On peut constater son existence dans plusieurs cabinets ; quant à son importance historique, elle est .encore de premier ordre ; si comme nous le pensons, nous avons bien lu la première pièce, celle-ci vient confirmer la fidèle traduction de la lég-ende. On doit alors lire ici liaî'./i-.j; A>£;y.v •>.'-■.), et cette version semble réellement préférable au mot Ky.-:ù.i;i; qui avait été admis jusqu'à ce jour. Il serait en elfet extraordmaire, à cette époque, où Ton n'a pas constaté d'interrègnes, de voir filtrer cette légende sur les monnaies. Si ces pièces étaient des émissions du commencement de la dynastie, on comprendrait cette réserve du souverain, si dévoui au héros que chacun regrettait; mais elles sont incontestablement d'une très-basse époque; elles ont été d'abord coulées en longues files cjmme quantité de pièces gau-
(1) Appien, Bell., Civil, tom. 2, pag. 145,
(2) Porphyre frajm., apud, Chron Eusebii, pug. 225 et suiv.
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loises en potin que l'on retrouve encore parfois attaclioes les unes aux autres, et nous avons pu constater que cette manière de fabriquer les monnaies d'airain en Egypte, existait dt-jà sous le règne de la mère de Ptolemée Soter II, témoin notre planche YI n" 325, et Catalogue n' 312 et suiv.
Ici encore, nous attendons aux objections des savants; un nous accusera sans doute de vouloir systématiquement combler les vides de la chronologie Égyptienne. Il est cependant bien probable que tous les souverains do l'Egypte, même les plus éphémères, ont fait frapper des monnaies consacrant leur passage à la toute-puissance, disons même à la divinité, puisqu'ils se croyaient dieux, une fois revêtus du pouvoir suprême. Et plus ces hommes furent ambitieux et despotes, plus ils durent s'empresser de fournir à l'histoire des émissions monétaires dès leur avènement au trône. Nul n'ignore que, sous l'empire romain, certains tyrans qui ne régnèrent que quelques jours firent fabriquer d'innombrables quantités de monnaies, témoin celles de Marius, qui régna seulement trois jours, et celles de Qaintiile, qui en régna dix-sept. Ce dernier prince fit même frapper à son effigie jusqu'à Alexandrie d'Egypte.
Vaillant (1) attribuait à Alexandre II une petite monnaie d'argent, sur laquelle on lisait la légende AAE:e:anapoy. Cette pièce a été depuis restituée à l'Epire. Vaillant pensait que, de tous les rois d'Egypte ce tyran était peut-être le seul qui eût pu oser mettre sur la monnaie son surnom, sans le fair« précéder de celui de Ptolemée.
A tous ceux qui refusent de croire à nos tentatives d'attribution, nous leur confirmerons encore que notre Catalogue égyptien a été par nous élaboré avec toute l'impartialité , avec toute la réflexion que cette matière délicate exigeait, à raison des découvertes qui semblent rejeter dans les ténèbres du passé , les opinions de plusieurs de nos célèbres devanciers ; nous nous sommes toujours basé sur la décroissance artistique, de la première pièce à la dernière; et les deux monnaies sur lesquelles nous venons encore do discuter
(1) Historia Ptolemœorum, page 133.
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si longuement, avaient d'abord éti classées tout à fait à la fin de nos planches, dont la gravure remonte déj;\ h plusieurs mois, au moment où nous écrivons ces lignes, toute la série des bronzes et potins d'Alexandrie ayant été gravée depuis. Disons encore à ceux qui voudront nous contredire, que nous pensons avoir la satisfaction de n'avoir pas fait dans tout notre travail une faute aussi considérable que celle du classement de la Séléné, citée, page XYI de l'Introduction, etc.
Cependant cette monnaie passait aux yeux de tous, jusqu'à ce jour, pour une pièce fort judicieusement classée à la place qui lui avait été départie. Ne parait-il pas inconcevable qu'un savant ait pu imaginer l'attribution, l'invention, pourrionsnous dire, de cette pièce, car l'histoire semble démontrer la complote impossibilité de sa réalité. Tous les historiens s'accordent pour reconnaître que CléopAtre III était la plus misérable créature connue dans les fastes des souveraines. Elle était jalouse de tout ce qui l'entourait , et cette furie ombrageuse aurait laissé a la femme de si)n tîls, qu'elle ne voulait m."me pas reconnaître comme souveraine (elle la maintient toujours au second rang), le droit de mettre son effigie sur les monnaies, quand elle-même, qui avait reçu par testament la toute-puissance n'osa jamais y faire représenter ses traits isolément. L'histoire prouve qu'au contraire elle força son fils à répudier cette Séléné, qui était cependant du même sang, mais dont elle était jalouse à l'excès.