‹ NumismatiqueChapitre 94 sur 113 · Même légende et même buste · texte numérisé non relu

Même légende et même buste

282 MilXIHIBN HBRCULB.

^. L. z. L'Espérance allant à g.;à Texergue B (n. 3762).' pot*

3458. — MAilMlAN.c CGB. Même buste.

^. L. z. L'Équité debout, à g.; à l'exergue r (n. 3770). pot *

3459. — Même légende et même buste. •

^. L. Z. Victoire allant à gauche, tenant uue couronne et une palme; dans le champ, une étoile ; à lexergue F. (n.3763). POT*

3460. — Variété de la même pièce ; la Victoire à droite; à l'exergue B. (n. 3764). pot*

An 8.

3461. — Même légende et même buste.

1^. L. H. Buste de la Lune; à dr., devant, un croissant pot *

^. L. H. Harpocrate debout, de face, regardant à droite, la main droite placée au-dessus de la tète d'un petit satyre dansant?. pot*

3463. — Même légende et même buste.

^, L. H. L'Espérance allant à gauche; à l'exergue, une étoile (n. 3774, var.). pot *

3464. — Même légende et même buste. *

^. L. H. La Fortune debout, à gauche; dans le champ, une étoile, à l'exergue r. (n. 3775). pot *

3465. — Même légende et même buste.

j;^î^. L. H. La Paixîdebout à gauche, un rameau? dans la main dr. levée, un sceptre transversal dans la g.; à l'exergue A. POT*

3466. — Même légende et même bu^te.

^. L. H. Isis? debout, à gauche, portant sur la main droite la tête de Sérapis, un sceptre transversal dans la gauche ; à l'exergue A. pot*

3467. — Même légende et même buste.

]^. L. H. Aigle à gauche, se retournant à droite, portant dans son bec une couronne ; à Texergue r (n. 3783). pot*

An 9.

3468. — Môme légende et môme buste.

MAXDfJEN HERCULE. — CONSTANCE CHLORE. 288

^. L. CNATOY. L'Espérance allant à gauche (n. 3784). pot*

3469. — MASnvîlAN.c C€B . Même buste.

^. Même légende, en trois lignes dans une couronne (n. 3790). POT*

An 10.

3470. — Même légende et même buste.

^. L. r. L'Espérance, allant à gauche (n. 3792). pot*

3471. — Variété. L'Espérance à droite (n. 3793 ?). pot*

3472. — Même légende et même buste.

^. L. I. La Providence?, debout, à gauche, la main droite levée ; une double corne d'abondance dans la gauche, pot*

3473. — Même légende et même buste.

^. L. I. Victoire allant à droite, tenant une palme et une couronne (n. 3796). pot*

3474. — Même légende et même buste.

^. L. I. Rome-iVtc^/iore assise, à gauche. pot*

An 11.

3475. — Même légende et même buste.

^. L. lA. Buste de Sérapis, à droite. pot*

3476. — Même type, une palme devant le bnste de Sérapis. pot*

3477. — Même légende et même buste.

^. L. !A. Rome-iVïeépAore assise, à gauche. pot*

Nous avons publié dans le Catalogue des monnaies grecques de notre fond une monnaie datée de la douzième année de ce règne . Cette pièce que nous venons d^examiner de nouveau a été retouchée, on a fait un B. de VcUpha; donc il faut biffer les sept derniers mots de la note placée après le n. 3377.

CONSTANCE CHLORE CÉSAR (de 292 à 305).

An 1.

3479. — 4>A. KtoNCTANTlOC K. Bustô lauré et drapé de Constantius I", à droite.

^. L. A. La Providence? debout^ à gauche, la main droite levée, une double corne d abondance dans la gauche; à l'exergue A. pot*

2S4 C0N8TANCB CHLORB — OALÈRB lUXIMIBM.

3480. — 4»A. R(i)NCTANTl0C K. Même buste.

* ^. L. A. Aigle au repos, à droite, avec une palme sur l'aile.

Gravée, planche XXXV. pot*

An 3.

3481 . — Même légende et même buste.

^. L. B. L'Espérance allant à gauche (n. 3812). pot*

Ans.

3482. — Même légende et même buste.

^. L. F. La Providence debout à gauche, la main droite levée, une double corne d'abondance dans la g. (n. 3815) . pot*

3483 . — Même légende et même buste.

i{. L. r. Victoire allant à droite, portant une couronne et une palme (n. 3816). pot*

An 4.

3484. — RcoNCTANTlOC R. Même buste.

^. L. À. Aigle à gauche, se retournant à droite, tenant dans son bec une couronne . pot*

3485. — Même légende et même buste.

i{. L. d. L'Espérance allant à gauche (n. 3818). POT^

GALÈRE MAXTMTEN CÉSAR (de 292 à 305).

Anl.

3486. — FAA. MAHIMIAN.C. R. Buste lauré et drapé de Galère, à droite.

^. L A. Rome'Nicépfiore assise, à g. Gr., pi. XXXV. pot*

An 2.

3487. — Même légende et même buste.

^. L. B. L^Espérance allant à gauche; dans le champ, une étoile. POT *

3438. — Même légende et même buste.

^. L. B. La Paix? debout, à gauche, tenant un rameau ? dans la main droite levée, un sceptre dans la gauche, pot*

3489. — Même légende et même buste.

1^. L. r. Victoire allant à droite, tenant une couronne et une palme (n. 3828). pot*

OALÈRB BfAXIMIEN. — DOMITIUS DOMITIANUS. 285

An 4.

3490. — Même légende et même buste.

^. L. A. La Paix? debout, à gauche, tenant dans la main dr. levée un rameau, dans la gauche un sceptre. pot^

DOMITIUS DOMITIANUS (AchiUeus?) (règne en

Egypte l'an 296?).

Contrairement À Tusage établi, nous croyons deroir clore la série des monnaies impériales, ft*appées en Egypte, avec des légendes grecques, par les pièces de Domitius Domitianus. La chronologie que nous adoptons pour ce règne éphémère, fixe selon nous la fin de la numismatique grœco-égyptienne.

Il s*agit donc d'établir si le monnayage de ce Domitien a été contemporain du règne de Gallien, d*Aurelien ou de Dioclétien.

Domitius Domitianus est, suivant notre opinion, le même personnage qu'Achillée, qui, sMnsurgeant contre Dioclétien, se vit bientôt enfermé dans Alexandrie et y soutint un siège de huit mois, pepdant Uquel il dut faire frapper des monnaies à son eftlgie .

Nous donnerons successivement À nos propositions toutes les preuves qu*ell6s comportent. Et tout d'abord, au point de vue historique, nous adoptons comme très probable Thypothèse de M. Ch. Lenormant, qui établit si ingénieusement Tidentité d'Acbillée et de Domitius Domitianus.

Tentons d'abord d'éclaircir les points obscurs de THistoire numismatique.

Eckhel pensait, mais sous toutes réserves, que la pièce décrite ci-après, sous le n» 3491, avait été émise À Tépoque de Gallien. Cette opinion était partagée par feu le comte de Salis, de regrettable mémoire, et par M. Henri Cohen.

Nous avions tout d'abord si bien accepté Topinion de ces trois numismatistes, que la pièce gravée sous le n<> 3494 de notre planche XXXIII y âgureÀ cause de la différence de son module avec celui des pièces de Dioclétien.

Depuis le temps où nous avons fait graver nos planches (il y a trois années), M. Demetrio, qui ne possédait alors que deux monnaies Ajustes de Domitius Domitianus, a enrichi sa collection de quatre nouveaux exemplaires, dent trois d'une conservation telle, que ce petit groupe de médailles laisse loin derrière lui ce que les musées publics possèdent de ce personnage, soit comme nombre de pièces, soit comme conservation.

C'est donc à l'aide de ces éléments nouveaux et éloquents que nous voulons essayer de déterminer l'époque du règne du tyran Domitianus et la date de ses pièces à légendes grecques et latines.

Les historiens anciens parlent de trois princes du nom de Domitien dans les fastes de l'Empire romain : lo Domitien, fils de Vespasien, dont le règne ainsi que la numismatique ne laissent aucune incertitude : lious n'avons pas À en parler ici.

Des deux autres Domitiens, l'un paraît sous Gallien, et Ait un des capitaines dévoués à Auréole, compétiteur de TEmpire. L'autre, sous Aurélien, prit la pourpre et se fit acclamer empereur par MB soldats; il est presque aussitôt mis à mort.

fêê Doicrnus DOMrnAXftrs.

Qaant h notre Domitien qui serait le quatrième du nom, nul auteur n*en parle sous ce nom même. Mais des FoUis romains (vulgairement appelés moyens bronzes), certainement flrappéa du temps de Dioclétien (le créateur de ce nouveau genre de monnaies) portent la légende L. ou (LVCiVS) DOMITIVS DOMITIAN VS AVG. ' Os FoUit, dont la date d*émission est indiscutable en fixent absolument refQgieet Tépoque. Privé de cette constatation monétaire on ne saurait nettement classer ce Domitius Domitianus faisant usage 4e légendes grecques, entre Probuset Constance Chlore CëMur, car on sait que les potins d*Alexardrie, de petit module, disparaissent la 12« année du règne de Dioclétiçn. Voici Tobjection que Ton peut nous faire.

Sons Dioclétien, comme sous Valérien et (ïallien, lesmonaaieB sont d*une régularité très précise en module et en poids, et le no 3491 concorde justement comme dimension avec les nombreuses monnaies de la famille de Valérien; pourquoi ne seraitelle pas de cette époque?

Nous répondrons qu*on peut constater parmi les très rares monnaies de Domitius Domitianus, trois variétés de pièces semblables pour le style aux monnaies à légendes grecques émises h Alexandrie pour Dioclétien et ses collègues ; de plus, fd la pièce n<> 349 1 est en aiscordance avec les précédentes, c^est qu^elle semble signaler une véritable révolution monétaire (1) par son poids et son module inusité depuis de longues années, et qu*à 1 œil elle présente une disparate f^ppante d*art et de travail.

Nous avons dit, en effet, que les monnaies ûibriquées à Alexandrie avaient toi^ours décru en poids ainsi qu'en alliage. Cette ville était la seule dans TEmpire romain où rempereur eût gardé un atelier destiné spécialement à la fabrication de monnaies pour son royaume d*Egypte. Mais la décadence était venue, la monnaie d*or romaine était foit affaiblie en poids, et conmie les tétradrachmes égyptiens étaient réglés d*après la valeur de Tauréus, dont ils étaient une division, il s*en suivait que Targent n*apparaissait m^^me plus dans la monnaie, longtemps avant Tavénement de Dioclétien an trône.

Cette situation monétaire, fruit du double étalon monétaire, que les empereurs avaient vainement tenté de conserver en abaissant tour à tour le poids de Tor et de Targent, pour maintenir le rapport légal entre les deux métaux, ce qui avait abouti & une disparition complète de tous les deux dans les espèces en circulation, suscitait sans doute quelques-unes de ces révoltes si Aréquentes alors, et il nous parait assez naturel d*admettre que Domitien fût proclamé empereur dans un de ces mouvements populaires.

(1)11 n*y aurait rien d*iznpo8slbl6 que cette pièce eût été émise a^ee une valeur double des autres monnaies, ce serait le premier fait de ce genre à constater. On sait que pendant la durée des sièges des villes, les chefli ont eu de tout temps le droit de recourir à des moyens extrêmes. La tête radiée aurait alors sa raison d^étre ; elle aurait (kciiiié le moyen de distinguer cette pièce de double valeur, des autres monnaies courantes. On croit généralement que les monnaies de nécessité sont de création toute moderne. Mona avons la certitude que sous le Bas-Empire, il ftit frappé des monnaies d*or pour Arténius Ànastasius, du môme module que les SoUdus^mBÏB n^ayant que le cinquième, même le sixième du poids légal. Nous comptons démontrer ce ikit dans la troisième partie du catalogue des monnaies romaines de notre fond, en ce moment sous presse.

DOinTIUS DOBCTTIANTS. 287

On comprendra, si notre conjecture est admise, que Domitien dut promettre au peuple la réforme des monnaies, et que Teffort du commencement de son règne dut se porter sur un retour à la bonne foi dans le poids et Taloi. C*est ce que semblent nous prouver les monnaies n. 3491 et 3494. Ces pièces sont plus grandes et plus lourdes que les autres numéros.

Maintenant, en examinant le caractère de Tune de ces monnaies, on s*aperçoit que la tête est radiée, véritable innovation, à moins qu*ôn n y voie un souvenir du temps flori8santd*Auguste et des Antonins. De puis Marc Aurôle, la tradition égyptienne n'admettait que la couronne de laurier sur les tètes des souverains.

L'opinion qui soutient que Domitius Domitianus a régné sous Qallien, nous expliquera-t-elle pourquoi, à peine mentionné dans rbistoire, il aurait, contrairement & tous ses contemporains, posé sur sa tête la couronne radiée ?

Nous pensons donc que Domitien ténia d'essayer la restauration du numéraire é^ptien en revenant & la forte monnaie, et surtout en introduisant le follis romain qui prenait à cette époque un cours universel et régulier, sur tous les points du monde romain (1).

Répétons-le ici, les eftigies monétaires de D. Domitianus offrant un type purement romain confirment solidement notre opinion. Quoique rares, ces monnaies se rencontrent cependant dans toutes les collections importantes. Malgré leurs légendes purement latines, elles portent toutes dans le champ du revers les chiffres grecs, A. fi r. ( l, 2 et 3) non comme dates du règne, ainsi qu'on l'a dit quelquefois, mais comme marques d'ateliers monétaires. (Vot planche XXXV Wi, n. 5.)

D. Domitianus n'a donc eu à sa disposition que trois ateliers monétaires à Alexandrie, pour frapper les monnaies au type romain. Aussitôt après sa mort, Dioclétien (2), Maximien Hercule (3), Constance Chlore (4) et Galère Maximien (5) ârent aussi frapper monnaie exactement & ce type dans ces trois mêmes ateliers seulement. Toutes leurs pièces sont assez rares , ce qui prouve la courte durée de leur fabrication. Dioclétien , une fois la province pacifiée et châtiée de sa rébellion, s'empressa d'effacer toute trace d'autonomie dans le monnayage. Delà cette disparition de l'aigle des Lagides placé par D. Domitianus au pied du bon génie romain (G ) pour flatter les Egyptiens en leur lais-

(1) Une autre raison pourrait avoir décidé Domitien à introduire le foUis romain. C^est qu*à cette époque il existait à Alexandrie, et probablement dans d'autres contrées de l'Egypte, des fabriques de ftiusses pièces de potin. Nous avons souvent constaté ce fait. Cette habitude de contrefaire la monnaie courante était tellement dans les habitudes de ce pays que nous avons découvert des masses de follis de Dioclétien et de ses collègues, coulés dans dos moules d*argile. De plus nous possédons quantité de ces moules, avec les tètes de MaximinDaza,deLiciniu8et de Constantin, avec ALE, abréviation dunomd^Alexandrie à Texergue du revers des pièces. Cette localité est la seule que nous ayons constatée jusqu'ici, pour avoir fabriqué des fkusses monnaies de petit module coulées en cuivre.

(2) Cohen, Monnaies Impériales. TomeV, page 400, n. 18î». — (3) Id., page 470, n. 937. — (4i Ibid., page 572, n. '-49. — (5) Ibid., page 607, n. 105,

(6) Cet aigle ne figure sur aucun des fullis au même type Arappés à cette même époque : à Antioche, Carthage, Héraclée, Lyon, Londres, Nicomédie, Rome, 8iscia, Tarragone, Trêves, Thetsaloniqae, etc.

288 DOMITIUS D0MITIANU8.

' sant encore un de leurs s>7nboles. Une fois Tordre complètement rétabli, Dioclétien et ses collègues. créôrentju9qu*À huit ateliers monétaires dans la métropole de fEgj'pte.

On possède une date exacte de Tintroduction de ces foUis en Egypte par la cessation des émissions de monnaies À légendes grecques. Cette cessation eut lieu en Tannée 1047 (296 de J.-C.), la 12« du règne de Dioclétien, la 11« de Max! mien-Hercule (ce prince ayant daté ses monnaies de son avènement) et la 4* année de Constance Chlore et de Galère Maximien Césars; ces deux princes ayant reçu leurs titres Tannée 1043(292 de J .-G. \ la 8« année du règne de Dioclétien.

Or en cette année 1047, on remarque une cessation complète de monnayage purement égyptien pour Dioclétien et ses collègues.

Cette cessation d'émissions monétaires, démontre que le pou* voir impérial légitime avait dû disparaître ou trouver an compétiteur imposant dans la capitale de T Egyi>te. Or si nous consaltons Thistoire, nous lisons qu*à cette même époque Achillée s'était révolté. Dioclétien quitta Rome accompagné du jeune (Constantin, et se rendit en Eg}'pte pour rétablir son autorité. Ce départ de Dioclétien pour TE^ypte coïncide exactement avec Tannée de Rome 1047 (de J.-C., 296), fin de la 12« année de son règne

Tous les historiens constatent que Dioclétien en abordant en Egypte aurait d*abord poursuivi Achillée dans la Haute Eg}i>te, ruinant Busirit sur le Delta et Coptos dans li^ Thébaide^ comme étant les villes importantes qui s'étaient prononcées pour Tusurpateur (l).

Dioclétien eut donc facilement raison de son compétiteur. Il semble même Tavoir laissé s'enfermer dans Alexandrie pour circonscrire Tinsurrection égyptienne, et Taccabler par les privation^ d'un blocus absolu .

Il est donc logique de voir dans ce siège la source des monnaies du tyran Achillée.

En effet, ce souverain éphémère, réduit & ses propres ressources, enveloppé de toutes parts dans Tétreinte de ses redoutables ennemis, pendant un temps considérable, dut Arapper monnaie, cela ne peut faire doute. On sait que dans les moments de troubles, les ateliers monétaires redoublent généralement d*activité, surtout pour l'émission des menues monnaies populaires. Les pièces que nous signalons ici sont, suivant nous, des monnaies de cette émission désespérée, et nous ne serions nullement étonné, ainsi que nous l'avons déjà dit, c^ue la pièce avec la tète radiée eût été émise comme monnaie de nécessité, avec une valeur double de celle des autres monnaies dites de potin.

Nous croyons avoir démontré, par les dates inscrites sur les monnaies alexandrines, que l'émission de la monnaie de Dioclétien fut suspendue dans cette ville la douzième année de son règne, alors que le pouvoir impérial lui fut disputé dans la métropole de TEgypte pendant 8 mois consécutifs.

Maintenant, on nous posera cette question : En admettant que les assiégés se soient refusés à frapper des monnaies aux noms de eeux qui bloquaient la ville , pourquoi le nom d' Achillée , maître

(1) Aur, Victor, de Caes. S9. Eusèbe, Chroa., an t96 Eutrape^ IX» St. S3. Pro€ùpe, de B . P«rt. 1, 19. Orosa, VII t5.

D0MITIU3 DOMITIANUS. 289

d* Alexandrie et chef de TinsurrectioD, n*apparaît-il pas sur le numéraire d'une ville qui se sacrifiait pour sa cause?

C*est ici que nous rappelons Topinion de Ch. Lenormant, Tun des hommes les plus ingénieusement érudits pour les points obscurs de la Numismatique, opinion qui répond d*une manière tout à fait concluante 4 Tobjection que nous nous sommes posée.

Ch. Lenormant nous dit(l), en parlant deDomitiusDomitianus: « Ne serait-il pas possible de rapporter à cet Âchillée les médailles « qui portent le nom de Domitius Domitianus? Nous n'avons pas « non plus de médailles aux noms de Caligula, de Caracalla et « d*Elagabale (2) , et pourtant nous rapportons à ces princes une «« foule de monnaies authentiques. Achillée aussi a pu être connu « des historiens par un surnom. Il est permis de conjecturer aussi « qu*& répoque à laquelle il se revêtit des insignes impériaux, «• il substitua ou ajouta des noms romains à son nom grec, etc., « etc. n Nous partageons complètement ici la manière de voir du savant académicien (3) .

Ajoutons encore plusieurs arguments à notre opinion.

Les monnaies à légendes grecques sont toutes datées de la deuxième année du règne; on n*a pu encore jusqu'à ce jour retrouver aucune trace de celles de la première année, ce qui ferait supposer que L.D. Domitianus se tit d'abord reconnaître empereur dans une autre ville qu'Alexandrie. En effet, s'il eût été acclamé empereur dans cette localité il n'eût pas manqué d'y faire constater la première année de son usurpation et nous n'aurions pas les monnaies impériales de la douzième année du règne de Dioclétien. Tout porte À croire qu'il ne prit le pouvoir dans la capitale de l'Egypte que vers la tin de l'année de Rome 1046 (295 de J.-C.) , quelque temps après le mois d'août, commencement de la douzième année égyptienne du règne de Dioclétien. Toutes les années du règne de ce dernier et de son associé sont remplies par des masses de variétés de monnaies de potin frappées à Alexandrie ; mais celles de lardouzième année sont dix fois plus rares et aussi moins nombreuses en variétés que celles des années précédentes; ce qui semblerait indiquer que les ateliers ne fabriquèrent que pendant très peu de temps dans cette douzième année ; nul doute que, une fois D. Domitianus devenu maître de la Basse Egypte, il n*ait plus toléré d'autre efïïgie que la sienne sur les pièces courantes.

(1) Trésor de Numismatique et de Glyptique; Iconographie des Empereurs romains et de leurs familles, page 114.

(t) Elagabale est représenté (divinisé il est vrai) au revers de ses monnaies, avec son nom; témoins les n. 116 à 119, 126 à li9, 222 à 223 de Touvrage de H. Cohen, Monnaies Impériales^ tome III.

(3) M. F. Lenormant a publié tout récemment ^diti^Xh Revue ArcTUologique (année 1870, pages 104 et ^uiv.) un article des plus intéressants sur un cartouche égyptien, sur lequel il croit avoir lu le nomd*ÀchiUée écrit en caractères hiéroglyphiques Malgré toute la confiance que nous avons dans la science réelle du savant bibliothécaire de llnstitut, nous ne croyons pas devoir admettre sa lecture ; cela après avoir consulté plusieurs égyptologues , qui tous s*accordent à préférer celle de Lepsius , lequel lisait Pschils ou Pschir au lieu d^Aschils. Le cartouche en question est du reste très A^ste et lescaractères sontsipeu distincts qu'ils ont déjà donné matière àcontroverse. Nous ne serions nullement étonné si on arrivait à lire Pschin au lieu de Aschils, Pschils ou Pschir. Ce nom correspondrait alors parfaitement à celui de Pescennius Niger. D*un autre côté tous les savants s*accordent à reconnaître que depuis Tempereur Trajan Déce on n'a encore trouvé nulle trace d*iasoription hiéroglyphique sur les monuments égyptiens.

290 DOMITIUS DOICITUNUS.

Donnons encore une autre raifion qui, nous en sommes persuadé, aura sa valeur auprès des numismatistes et des archeologaes. On sait qu'A l'époque la plus civilisée de TEmpire romain, le motrae omciel imposait ses caprices, etque la cour avait une (grande influence sur la mode. Nous voyons en effet, À chaque nouveau règne, des variantes remarquables dans la coiffure des femmes. Chaque famille impériale est généralement représentée dans riconographie romaine par un caractère spécial dans la disposition de la chevelure ; souvent môme, comme à Tépoque des Antonins, les princesses abandonnent le type créé par leur mère, pour adopter une nouvelle mode. Chez les empereurs les mômes ikits se remarquent aussi ; la coupe des cheveux et de la barbe varie tellement, quïl est souvent ûicile de reconnaître tel on tel souverain, parla seule disposition dans la coupe de ses cheveux et de sa barbe, et c*est surtout à Tépoque de Dioclétien que Ton constate un type unique adopté par toutes les hautes personnalités de son temps. Tous portent les cheveux rasés; la barbe est également co!:rte, mais très accentuée. On verra par la gravure que nous donnons ici de tous les souverains qui régnèrent ensemble combien ce changement de coiffure et do coupe de barbe étaii caractéristique. Constantin lui-même, jusqu'au moment où il réunit en ses mains le pouvoir, fht Adèle À cette nouvelle mode, créée sans doute par le Dienfkiteurdetousces souverains, par Dioclétien. Onconstsbtera par notre planche XXXV bis, que nous avons fait graver tout exprès, Tevidence de cette découverte, c'est-À-dire que notre D.Domitianus ne peut être divisé en deux règnes, etque les monnaies au type romain ont été certainement émises en môme temps que tous les foîlis de ses contemporains, dont les tôtes âgorent près de la sienne. Or répétons-le encore, cesfollis correspondent exactement À l'époque de la cessation des émissions du numéraire grœco-ég^tien ; en Tannée de Rome 1047 (29Ô de J.-O.), et ce D. Domitianus qui historiquement n'açu régner que quelques mois à Alexandrie, a certainement fait fobriquer des monnaies deTancien et du nouveau système. Il est donc indubitablement le dernier q[ui ait fkit frapper les monnaies & légendes grecques, et le premier qui ait introduit celles à légenûfes latines , les foUis romains.

M. Th. Mommsen (I) dit, en parlant de l'époque de Dioclétien, que «< les monnaies égyptiennes sont plus nombreuses que celles « d'aucune autre province, depuis Auguste jusqu'À l'année 295 de «< notre ère inclusivement, et ne furent certainement pas suppri- «< mées avant 296, époque à laquelle eut lieu la nouvelle organi- ** sation administrative de l'Egypte, sous Dioclétien, après , « la défaite du tyran Achillée.» 11 i^oute en note au bas de la page: «< Les monnaies d'Alexandrie finissent entre le 29 août 295 et le «< 29 août 296. La douzième année du règne de Dioclétien, la «< onzième de Maximilien Hercule et la quatrième de Constance « Chlore et de Galère; les chiffres plus élevés qu'on rencontre çà «< et là, sont tous d'une authenticité douteuse. Demi tins Domitia- «< nus rétablit plus tard, mais peu de temps, la monnaie parti- « culière à l'Egypte, etc., etc. »

Nous sommes parfaitement d'accord avec le savant allemand, sur la date de la cessation du monnayage grec d'Egypte« nuiis il

(1; Histoire de la monnaie romaine, iraduite de Vallemand par fieu te Duc Rlacat, et puitliée par M. le baron J, de Witte, Tome III, pag« S41.

DOMITIUS D0MITIANU8. 291

nous parait impossible d'admettre que Domitius DomitianQs soit Tenu après 296 rétablir la monnaie alexandrine; s'il avait supprimé le follis romain, il n*eût pas fï*appé de monnaie à ce type. Il est, il nous semble impossible de séparer les potins de Domitius Domitianus de ceux deDioclétien et de ses collègues, tout là concorde. La fabrique et surtout la brièveté des légendes, brièveté que Dioclétien et tous ses collègues avaient mis en usage à cette époque, jusqu^à la sixième aanee de Dioclétien. Son nom est tou.

jours précédé de AuToxpiTwp Kat^ap FaXsptoa ouaXsptsa. M. Alfï*ed de SaUet(l) dont nous recevons Tintéressant travail sur les monnaies alexandrines seulement au moment de tirer nos dernières feuilles, constate just^^ment, page 96 de sa brochure ce rapprochement des monnaies des cinq souverains avec AOMITIANOC CCB

AïoKAeiiANoc cee. masimianoc cee. kionctantioc k., etc.

Onarépétéqu'à Alexandrie on frappait simultanément des monnaies de Tancien et du nouveau système. A cette assertion nous répondons que depuis une dizaine d^années nous avons reçu de ce paysprès de vingt mille follis romains; jamais nous n*avons constaté la prosence des monnaies dites de potin dans ces trouvailles. II est donc certain pour nous que Tancien système a été supprimé radicalement et remplacé par la nouvelle monnaie; cela était d'autant plus facile à pratiquer que la forme et le module du nouveau numéraire, grand, plat et mince, n'avait nul rapport avec les anciennes i^èces qui étaient petites et très épaisses .

Nous nous sommes longuement étendu sur ce problème de la numismatique graeco-égy tienne; c*estque nous n'avons voulu négli-

fer aucun détail, aucun témoignage qui fût une preuve favorale ou contraire à notre opinion. Nous avons la conviction que Domitius Domitianus, dont nous nous occupons, ne fut autre que le tyran Achillée, et cette conviction nous Tavons sufïisamment appuyée, il nous semble, de monuments, de recherches, de citations historiques et de commentaires, pour la faire partager par tons ceux qui n'apportent pas de parti pris dans Tétude des obscurités historiques.

An 2.

3491. — AOMITIANOC cee. Tète radiée et barbue de Domitiea, à

% L. B. Sérapis allant à droite, tenant de la main gauche un

• sceptre transversal, la droite levée; dans le champ, une

palme (n. 3410). Gr., pi. XXXV bis. pot«

Cette belle et très rare pièce provient de la Collection du marquis de Moustier.

3492. — Même légende. Tètelaurée et barbue de Domitien, à dr. i^. L. B. Victoire debout, à droite, regardant à gauche, tenant

(1) Du Caten AlexandtHnischen Kaiseftnanson, Berlin, 1870, iii-S.

292 DUMITIUS DOMITL\NUS.

dans la main drnilc une couronne, dans la gauche une palme (n. a411). Gr., pi. XXXV bis. pot *

Cette médaille, peat-étre la plus belle connue sous le rapport de la conservation et du travail artistique, fiiisait partie de la magnifique collection de M. Edw. Wigan.

3493. — Même légende. Buste lauréet drapé de Domitien, k dr. ^. L. B. Buste drapé de Sérapis, àdr. (Or., pi. XXXIII). pot'

3494. — ÀGMeriANOC c6b . Buste lauré et drapé de Domilien , à droite.

^ L. B. Même buste de Sérapis, les lettres L. B. séparées par le buste. Gr., pi. XXXV Jw. pot»

3495. — Même légende, avec tête laurée de Domitien, i droite. ^. L. B. Victoire allant à droite, tenant de la main droite une couronne, de la gauche une palme sur l'épaule. Gravée, planche XXXV ftw . pot*

3496. — Variété de la même pièce ; la Victoire étend les deux bras ; celui de droite, portant la couronne, est placé en arrière. Gravée, planche XXXV. pot*

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