ROI
[in] a[ffaiï].
GORIGUÉEN.
(1) Cet ouvrage va être pubUé sous peu ե Moscou, par M. J. B. Emin, membre de ւ՚նւտԱէսէ Lazareff des LL. 00.
(2) Catalogue de ե bibL d'Edchmiadzin, dans les Rapports de M. Brosset sur son
ե Tiflis en 1664.
(3) Saulcy, Num. des Croisades, p. 18, pi. 1, 2. Cf. les médailles du régent Tancrède.
(4) Saulcy, Num. byzantine, pi. xxxt et xxxvi. Cf. les médailles de liidiel Ducas ,
voyage en Arménie, ms. n<> 20, recueil écrit Nicéphore Botoniate et Alexis Comnène.
Cuivre» grand module.
Ck)llectioii du musée asiatique de Saiot-Pétershourg. Brosset» Monogr. de$ Mmnaie$ arménienneif pL Լ n^ 1. < — Revue Areh.^ onzième année» vign. de la page 183.
La légende du revers de cette curieuse médaille est assez difficile à restituer» à cause du mauvais état de conservation de la pièce» qui est usée en plusieurs endroits. M. Brosset avait cru reconnaître dans les lettres ^npui...w. les indices du mot curopalatef tandis qu'un autre numismatiste à qui j'eus l'occasion de faire voir le dessin de cette pièce à Gonstantinople» le tchélébi S. Âlischan» restituait ainsi la légende :
տը ոփե Seigneur! sois secourable
կոըէկէ և. կոյւա (?) à Gong et ե la
յ^աոայ^ապ tXL^ de Gora (1).
Enfin le R. p. Gab. Âiwazowski» à qui je demandai son avis sur la lecture de cette légende, proposa de restituer ainsi le texte :
mp ոփե Seigneur! sois secourable
կոքէէկէ և. ե Gorig et a sa
^րզաԼցին %որա* femme.
Quoique ces diverses interprétations soient très-ingénieuses» je n'ai point cru devoir les adopter» et j'ai préféré m'arréter à la restitution que j'ai proposée en décrivant la médaille. J'ai pensé que la légende de cette pièce, qui est une imitation des monnaies des princes d'Ântioche» devait aussi être en rapport avec l'inscription pieuse qui se lit au revers de ces médailles. La légende KTPIE BOHOEI TÛ AOTAÛ COT TANKPIAI a» en
(1) Gora ou Kora était une yille armé- nord de Cyrus ou Kour» à Torient de Tiflis
nienne fondée yen 1123 par Dawith» roi de (Dict. géogr. arménien de Mékhitar» abbé).
Géorgie (Matthieu d'Édesse, Récit de la pre- En arménien vulgaire, le nom de Kora se
mîère Croisade» trad. par Ed. Dulaurier» ch. rencontre sous la forme Kori. Lxxxa, note 9). Cette yille était située au
— տօ effet» une grande ressemblance, pour la forme, avec Tinvocation arménienne qui se lit sur notre médaille.
Je passe maintenant à Tattribution à Gorig IV.
J'ai dit plus haut qu'il y eut quatre rois du nom de Gorig. M. Brosset, qui publia le premier la monnaie dont on vient de lire la description , l'attribua à Gorig Ի% « parce que, disait-il (1), la forme rappelle entièrement celle des médailles de Giorgi, père de Thamar, et de Giorgi-Lacha, rois de Géorgie (2). D'ailleurs, ce Gorig ayant été le plus puissant des souverains de sa dynastie, on pourrait croire que c'est de lui qu'il s*agit sur cette monnaie, b
On peut objecter à M. Brosset que la médaille en question n'a aucune espèce de ressemblance, pour la légende et pour le type, avec les pièces de Géorgie qu'il a citées, et qu'ensuite il est impossible qu'elle ait été frappée sous les règnes de Gorig Ի% Gorig II et Gorig III. En effet, Gorig Ի*^ régna de 982 à 989 ; Gorig II et Gorig III vécurent au commencement et à la fin du onzième siècle ; or, la monnaie qui porte le nom de Gorig n'a été frappée qu'au commencement du treizième siècle au plus tôt, car c'est une imitation, pour le type du droit et pour la légende du revers, des monnaies byzantines et des pièces syriennes des croisades frappées par Tancrède, régent de la principauté d'Ântioche, de 1100 à
J'ai déjà fait remarquer, dans un autre ouvrage (3), qu'une copie ne pouvait précéder son prototype, et cela à propos des monnaies du Gourdjistan, imitées des pièces sassanides d'Hormisdas IV. La médaille avec le nom de Gorig ne peut donc appartenir qu*à Gorig IV, Tavantdernier souverain de l'Albanie arménienne.
(1) Brosset, Monogr. des monnaies armé- et 25. niennes, {. շ., p. 54. (3) Ma Numismatique de la Géorgie, p. 9,
('2) Ma Numismatique de la Géorgie, p. 19 10 et suit.
PRINCES ARMÉNIENS DE LA FAMILLE DE ROUPÈNE ÉTABUS DANS LE MONT TAURUS ET LA CILICIE.
Pendant que les sultans Seldjoukhides dominaient sur la grande Arménie» les montagnes de la Cilicie et de la Comagène se peuplaient d'Arméniens qui abandonnaient leur patrie pour se soustraire au joug des infidèles.
En 1072, un certain Abel-Kharib (1) était prince de Tarse et de Mopsueste, et Oehin, qui avait abandonné la province d'Artsakb (2), possédait la forteresse de Lampron, à deux journées au nord-ouest de la ville précédente.
Un autre Arménien nommé Rogh-Vasil îonà^ une petite souveraineté à Kbésoun, près Maracb, soutint dans toutes leurs guerres les autres cbefs arméniens qui possédaient des forteresses dans la Cilicie et la Mésopotamie, fît alliance avec les princes franks d'Antioche, et mourut en 1112 en laissant le commandement de ses cbàteaux à VoiU-Dégha. le Gamsa* ragban, qui fut dépouillé en 1116 par Baudoin, comte d'Ëdesse (3).
En l'année 1080 (529 de l'ère arménienne), peu de temps après le meurtre de Kakig II, dernier roi de la dynastie des Bagratides (Pacradouni), un prince de sa famille, appelé Roupine ((|%ու.ր4^)^ résolut de venger sur les Grecs l'assassinat du roi d'Arménie. Soutenu par les cbefs arméniens de ces contrées, il se rendit indépendant et fin sa résidence
(1) C'est probablement ce prince qui est (%) Saint-Martin, Mémoires, t. h% p. 148
cité dans la grande inscription arménienne de et suiv.
régiise de Marmaracben. Cf. Cfaiakbatoanoff, (3) Matthieu d'Édesse, Chron. armén. -—
Dmcription d'Edchmiadzin, t. II, p. 271. — Samuel d'Ani, Chronogr.— Tcham., Histoire
Minas Péjeschguian , Voyage «i Pologne , d'Arménie, t. II, p. 995, 1005 ; t. m, p. Ճ-
$ 116. — Brosset, troisième ra{^ort sur un 39. — Kémal-Eddin, Récit de la première
voyage archéologique en Géorgie et en Ar- Croisade, trad. par Ch. Defrémery, dans les
ménie, p. 86 et suiv. Mém. de Uttérature orient., p. 64-5, note S.
dans la forteresse de Pardzerpert (1), située dans les gorges du Taurus, où il fonda une petite souveraineté indépendante qu'il transmit à ses descendants en 1092 (2).
Gosdantin {1ւոստս/եգի%) ou Constantin Ի' (1092-1 100), fils de Roupène, s'empara du fort de Yahga sur les Grecs, et en fit son séjour. Quand les croisés traversèrent la Glicie pour se rendre en Syrie, Constantin fit alliance avec eux, et reçut, en récompense des services qu'il leur avait rendus lors du siège d'Ântioche, le titre de marquii {Ê^աpթկզ).
Thoros Լ^ոըոս) ou Théodore Ի% son fils, lui succéda (3). Allié à Kogh- Vasil, il combattit les armées des Seldjoukhides de Perse qui venaient s'emparer de la Cilicie, et repoussa un corps de troupes turkomanes qui dévastaient la plaine au sud du Taurus. En 1129, Thoros mourut sans enfants.
Uùn I" {\hi^Vj, qui gouverna de 1129 à 1139, était frère de Thoros. Dès son avènement à la principauté, il s'empara de la ville de Malmis* tra (4) sur les Grecs ; mais attiré par Boémond» prince d'Antipche, dans une embuscade, il fut retenu prisonnier et n'obtint sa liberté qu'en cédant à ce dernier les villes deMalmistra, d'Âdana, et le ch&teau de Sarovantikhar (5). Pour se venger de cet attentat, Léon ravagea les provinces orientales de la Cilicie qui appartenaient à Tempire grec. Jean Comnène leva aussitôt une armée et marcha contre le prince Léon, qui perdit
(1) En arménien, ք^ըկ Ր^ԸԳ^ c'està-dire diâteau élevé. Les rois d'Arménie y déposèrent dans la suite leurs trésors. Cf.
Saint-Martin, Mémoires sur l'Arménie, t. !•% p. 201.
(2) Tchamitch, {. c. ^ Art de vérifier les dates, Roupène.^Lebeau, Histoire du Bas- Empire, éd. Saint-Martin, t. XV, p. 75. — Levaillant de Florival, Coup d'œil sur l'Arménie, p. 15.
(3) Cf. l'inscription annén. d'Anazarbe dans mon Recueil d'inscriptions de la Cilicie. Paris^ Leleux, 1854, in-4S n"" 34, p. 14 et suir.
(4) L'ancienne Ifopstieste, aujourd'hui Afts- «ts, sur le Pyrame (Djihan-Tschai).
(5) Saint-Martin, Mémoires sur l'Arménie, t. I<%p. 200. — Géographie d'Abodféda, éd.
Reinaud et de Slane. ^ Hadji-Khalfa, dans le Djihan-Numa, texte turc, p. 603.
toutes ses villes. Âinsit Tarse, Adana, Malmistra, Anazarbe, le fort de Vabga, tombèrent au pouvoir des généraux byzantins, qui y placèrent des garnisons et y nommèrent des gouverneurs. Pendant ce temps Léon et ses fils erraient dans les montagnes du Taurus. Forcés dans leurs derniers retrancbements, ils se rendirent et furent conduits à Constanlinople(1136), où Léon mourut en 1139 (1).
Thoros II (1141-1168) s'écbappa de prison, vint à Antiocbe et passa en Arménie. Dès que les Arméniens surent que le fils de leur prince était parmi eux, ils s'insurgèrent contre les Grecs, les massacrèrent et reprirent le fort de Vabga, Adana, Anazarbe et plusieurs autres places. Manuel Comnène, en apprenant ces événements, envoya aussitôt son neveu Andronic avec une armée pour attaquer Thoros. Cette armée fut battue, et la paix fut conclue par la médiation du prince d'Antioche. Thoros céda Anazarbe aux Grecs, se déclara vassal de l'empereur (2), et reçut les titres de duc et pansebastos (3). Quelques années après. Manuel Comnène vint en Cilicie pour combattre les musulmans. Thoros, qui craignait une trahisop, s'enfuit dans les montagnes ; mais dès que l'empereur fut parti, il s'empara de Malmistra et d' Anazarbe. Une nouvelle armée grecque repassa les montagnes, en vint aux mains avec les troupes de Thoros, qui furent battues. Cependant Thoros reprit Tarse aux Grecs, les chassa de la Cilicie, et alla même en Chypre dévaster les campagnes des sujets de l'empereur. Une armée grecque, commandée par Manuel en personne, fondit sur la Cilicie. Thoros n'obtint la paix que par la médiation de Baudoin III, roi de Jérusalem, et rendit les villes qu'il avait prises aux Grecs.
(1) Samuel d'Ani, Chron. — Cinnamus, Uv. (2) Samuel d'Ani. — Cinnamus, Hv. III,
!•% ch. VII, vm, p. 8-11. — Nicétas. Jeao ch. xnr, xv, p. 69-70. — Nicétas, Vie de Ma-
Comnène, ch. vi, vu, p. 15-19. — Guillaume nuel Comnène, liv. IV, ch. iv, v, p. 90-3. —
de Tyr, liv. XII, ch. xvii, xvui ; liv. XTV, ch. Tchamilch, Hist. d*iVrménie, 11Լ 63-72. XXIV. — ÂbouUiaradj, Chron. syr. (vers, lai.), (3) Sur ces titres, cf. le De officiU aulœ
p. 303 et suiv.— Tchamitch, t. lU, p. 6-63. byzarUinœ.
Thomas {^ովմաս), régent (1168-1169). A la mort de Thoros, la régence de la principauté fut confiée à Thomas, prince latin, grand-père du fils de Thoros, enfant en bas &ge (1). Mais Hleh, frère du dernier roi, revendiqua ses droits à la succession. Il déclara la guerre à Thomas, et aidé par Tatabek Nour-Eddin (2), s'empara des états de son neveu» qu'il fit mourir.
Mkh (Սձ^)» débarrassé de son rival, en 1169, et se croyant sûr de Tamitié de Tatabek Nour-Eddin , commit beaucoup de cruautés. Une révolte ayant éclaté, ses officiers le massacrèrent et proclamèrent à sa place (1175) le fils d'Etienne, Roupène H.
RaufèneW (1175-1185), dont la conduite contrastait avec celle de son prédécesseur, t&cha de réparer autant que possible les maux causés par les guerres en relevant les villes, les bourgs et les monastères. En même temps, il conquit Tarse sur les Grecs» et déposa Hélhum, prince de Lampron et vassal de l'empereur do Gonstantinople, dont il avait été le prisonnier. En 1185, Roupène, après avoir considérablement agrandi ses états par des conquêtes sur les Grecs, les sultans Seldjoukhides et les musulmans de Syrie, se retira dans un cloître où il mourut (3).
On ne connaît point de monnaies frappées par les princes dont je viens de résumer l'histoire, et c'est par erreur que M. Brosset (4) a cru voir une médaille de Mleh dans une pièce arabe d'imitation byzantine frap-
(1) Le Lignage d'outre-mer dit que Thoros nène, lir. IV, ch. y, p. 92-3. — An-Alatir, Վ moru sans hsir^ d et que sa principauté Hist. unir., t. V, 256. -— AbouUaradj, Chr. échut Ճ Mleh. syr. (vers, lat.), p. 349 etsuir. — Tchamitch,
(2) Guillaume de Tyr, liv. XX, ch. xivra. Hist. d'Arménie, ա, p. 73, 97, 139 et suit.
(3) Cinnamus, liv. m, ch. xv, p. 70 ; Uy. (4) Dans Lebeau, Hist. du Bas-Empiie, t. IV, ch. XVI, xvn, p. 102-4 ; liv. VI, ch. xi, XVI, p. 305, note.
xn, p. 167-8. — ^Nicétas, Vie de Manuel Corn-
pée par Nour-Eddîn Mahmoud ben Kara-Arslan, prince turkoman Ortokide d'Âmid et de Kheifa (ann. hég. 562-581), et dont voici la description :
\յ!^ vlUU Aoi DBS ճաւտ,
^ձ^ HABMOUD*
IR . ic • oxctf . {Mmogr. du Chriit.)
Le Christ debout, nimbé, vu de face et tenant le livre des Évangiles.
ff Jd\ji\ LE JVSTB,
^jJt jy NOtm-BDDIlf.
XtficTiiTic. {Légende grecque aUérée.)
Constantin et Eudocie Dalassène, tenant ensemble une longue croix.
Cuivre, moyen module.
Marsden, Numwnaia onmOaHa, t. Ի% p. 145, n^ 148, pi. IX.
ROIS DE LA DYNASTIE DE ROUPÈNE, SOUVERAINS DE LA CILICIE ET DE LA PETITE ARMÉNIE.
LÉON II f PREMIER THAKAVOR (1).
Léon II (Լեւոն), fils d'Etienne (2), prit en main le gouvernement de l'Arménie, après l'abdication de Roupène II, comme tuteur de ses deux niles, et s'appropria la principauté presque sans contestation (3).
En l'an 1187, Salah-Eddin, sultan d'Egypte et de Syrie, reprit Jérusalem aux croisés. Ce fut pour les chrétiens le signal d'une nouvelle croisade, et l'empereur d'Allemagne fut un des premiers à se mettre en campagne. Il traversa l'empire grec avec son armée et arriva en Cilicie.
Le prince Léon s'empressa d'aller à sa rencontre ; mais il eut la douleur d'apprendre que l'empereur s'était noyé en traversant le Selef (4), à peu de distance de Sclefké (5), l'ancienne Séleucie, dans la Cilicie Trachée.
Léon II, dont les états et la puissance avaient pris de l'accroissement, envoya en 1197 des ambassadeurs au pape et à l'empereur Henri VI,
(1) IhJcavor (^""P'^t) veut dire lit- (3) Lignage d*outre-raer, ch. iv, p. 445, téralement celui qui possède Խ œuronrUf h dans l'éd. des Assises de Jérusalem du comte rot, d'où les Arabes ont fait j^Sili. Cf. les Beugnot.
Voyages d*Ibn-Batoutah , éd. Ch. Defrémery (4) L'ancien CdycadnuSf aujourd'hui Gok՛
et du docteur Sanguinetti, t. II, p. 393, 427. sou.
(2) Dans une charte du mois d'août 1210, (5) Cinnamus, hv. ա, ch. xv, p. 70 ; liv. qui était autrefois conservée dans la comman- jy^ q^^ jy, ^y^ p i02-4; liv. VI ch. xi derie de Manosque, en Provence, on lisait xii, p. 167-8.— Nicétas, Vie de Manuel Comcette rubrique : « Leo^ flius dni SUphani nène, liv. IV, ch. v, p. 92-3, — Ibn-Alatir, bonœ memoriœ^ Dei et romani imperii gratia Hist. univ. , t. V, p. 256. — ^Aboulfaradj, Chr. reac.... » Cf. Art de vérifier les dates, Rois syr., p. 349 et suiv. — Tchamitch, t. m, p. d'Arménie, Léon n. 73 et 75.
pour solliciter le titre de roi (1). On lui accorda ce qu'il demandait» et Conrad de Wittespach (2), archevêque de Mayence, fut chargé de le couronner devant les barons d'Arménie. Léon fut sacré dans l'église métropolitaine de Sainte-Sophie de Tarse (3), le 6 janvier 1198» par le catholicos Grégoire VI.
En 1202, Léon vainquit les troupes du sultan de Konieh, ainsi que celles du sultan d'Alep. En 1208, il fit la guerre au comte de Tripoli pour maintenir dans la principauté d'Antioche son neveu et son pupille Roupène (4), le Rupin des chroniqueurs des croisades (5), et fut assez heureux pour voir la guerre se terminer selon ses désirs (6). Enfin, Léon II, après un règne glorieux, mourut en 1218, sans laisser d'enfants m&les. Léon avait fortifié Gorighos en 1206 (7), embelli la ville de Sis, située au pied du Taurus, et dont il fit sa capitale en 1196 (8).
On ne connaît pas de monnaies de Léon II frappées avant son couronnement. Il n'en est pas de même des médailles d'argent et de cuivre où ce prince est représenté avec le titre de thakavor : elles sont fort nombreuses. En voici la description :
(1) Nicétas, Vie d'Isaac FAnge, t. Il, ch.
vil, p. 266. — Aboulfaradj, Giron, sjr., p.
415 et suiv.— Tchamitch, ա, p. 152 et saiv.
(2) n Pagi, Vie des Pontifes, Uv. H, p.l03, n' 31. — Arnold de Lubeck, liv. V. — Baronios, t. Xn, nMl (1197). — Rainaldi, t.
Xm, p. 44.
(3) Willebrandd*0]dembouTg, Itinér. dans les ԱէւթսՀս de Léon Allatius((7o{. Agr.<, 1653, in-S*), p. 136.7,
(4) Rainaldi, Ann. Eccles., t. XX, 1205,
(5) a. Paoli, Cod. dipl., t. I'', p. 95^,
n'»91, etp. 99-100, n»95.
(6) Michaud, Hist. des Croisades, liv. IX.
(7) Cf. mon Recueil d'inscr. de la Cilicie, p. 48, n' 146. — Aich. des missions scientifiques, t. rv. Rapport au Ministre, p. 44.
(8) Sis fut bâtie sur remplacement de l'ancienne Flaviapolis^ citée dans le Synecdême d'Hiéroclès, et dont les Impériales grecques, depuis Domitien jusqu'au premier Valérien, nous ont conservé le nom. (Blionn., Descr. des médailles grecques. Cf. Cilicie, v** Flaviopolis.)
[Pièces imitées des momudes Ténitiennes (1).]
ԼԽո thàka/oor Hawtz.
liONy AOI DES ARMéinEZfS.
Le roi, agenouillé, ayant la couronne sur la tête et le manteau royal sur les épaules, reçoit des mains du Christ nimbé une grande croix.
GaroghouÛil%am]pen Âsdouzo.
PAR LA PmSSAirCB DE DIEU.
Deux lions debout et adossés, entre eux une longue croix double (2). Tahégan d'argent. PL I, n"» 1.
Variétés de la légende du revers : 1ԼՍ SF* — UiU S-
Collections du cabinet impérial de France, de Vienne, de Venise, de Lagoy, Alischan, etc.
A. Krafft, Arm. Uûnz., p. 9, pL I, 8. — Baron Marchant, nouvelle édition de ses Lettres, p. 343. — Ad. de Beaumont, Red^rdiês itir Ton- ^iVie du blasum eidela /Uur de hfSy p. 52, 53, pi. X, n^ 6.
LJO!f, ftOI DES AlurfmBlfS.
(1) Les momiaies vénitieDiies ont serri de du duc de Blacas (t. II , pi. vni), le satant prototype aux médailles de Raschie, de Seir^ M. Reinaud signale un miroir représentant vie, de Hongrie, de Rhodes, d'Arménie, des deux lions gynocéphales adossés et entourés derniers empereurs grecs de Constantinopie, d'une inscription arabe k la louange du proetc . priétaire. Ce miroir n'est pas le seul, au reste,
(2) La figure des deux Uons adossés qui se qidpréçentece symbole, car M. 0. Casti^oni voit sur plusieurs tahégans d'argent ressemble en a pubUé un semblable dans la Description beaucoup Ճ une ciselure exécutée sur des mi- du musée de Milan, etFraëhn en a aussi donné roirs arabes. Dans la Description des monu* un autre dans la deuxième partie de ses Moments arabes, persans et turcs de la collection numents variés d'antiquité mahométane.
Le roi, agenouillé, ayant la couronne sur la tète et le manteau royal sur les épaules, reçoit des mains du Christ une longue croix.
FAR LA PUISSANCE DB DIEU
Lion couronné passant à droite, derrière lui une croix double.
Tahégan d'argent. PI. I, n^ 2.
Collections de Vienne, de S. Alischan et du docteur Orta. Krafft, p. 10, pl.I, n"» 9.
Les lions que Ton voit représentés sur les monnaies d'Arménie étaient des armes parlantes que Léon, premier roi roupénien, avait prises pour emblème. Le lion devint aussi plus tard l'emblème du royaume de Chypre, et on le voit paraître sur les monnaies des rois Lusignans dès le règne d'Henri H, à la fin du treizième siècle.
Dès les premières années du règne de Léon II en Arménie, on voit figurer sur les monuments numismatiques deux lions adossés, séparés par une croix. Cette représentation, peu usitée dans la suite, fut complètement abandonnée après le règne d'Ochin, sur les monnaies duquel nous la voyons paraître pour la dernière fois. C'est principalement le lion seul qui figure sur toute la série des monnaies frappées en Arménie depuis le règne de Léon II jusqu'à celui de Léon YI.
Pendant mes excursions en Cilicie, j'ai eu l'occasion de voir deux châteaux de l'époque arménienne sur les murailles desquels figuraient des lions. Ainsi, au-dessus de la porte principale du château de Lampron, appelé aujourd'hui par corruption Nenirùun^Kalessi{l), on aperçoit deux lions marchant (2) sculptés et tout à fait dans le même style que ceux représentés sur les monnaies des premiers thakavors roupéniens.
(i) Paul Lucas (Voyage ea Asie-Miiieufe, է IV, p. 140, Lettre sor les antiquités de 1. 1*') rappelle Nemrod. l' Aâe^dineuie, par P. de Tcbihattcheff.
(2) Journal Asiat., 1854, cinquième série,
De même, sur la porte du petit ch&teau de Mallus (1), on voit aussi deux lions affrontés sculptés en relief (2) et dans le même style que ceux dont on a tracé la figure sur les monnaies.
Gomme on vient de le voir, le lion était, dès Torigine de l'établissement du royaume d'Arménie, l'emblème des tbakavors, et il est probable que Tassociation des deux lions dut disparaître dans le blason à^ une époque voisine de Tavénement des Lusignans au trône.
Il existe un monument fort curieux qui nous a conservé la figure de Fécu du royaume d'Arménie. C'est une pierre tombale oblongue, que
"^^մԼՂ.^ rôôrTc՛՛՜
M. L. de Mas-Latrie a vue encastrée au chevet de l'église du couvent latin de Nicosie, en Chypre, et dont il a rapporté un bon estampage qu'il
(i) Mallus est appelé MaUo par Sanudo {Secr, /W. crue, 9 éd. de Bongars, liv. Il, part. ïv, ch. xxvi, p. 89), et Cwn^lefort par Willebrand, dans les iCfifiut» de L. Ailatius. — Les Turcs ont donné le nom de Karadasck-
Bwrun aux ruines de l'ancienne Mallus.
(2) Arch. des miss, scient., t. IV, mon Rapport au Blinistre, p. 90. — Cf. M. de Beaumont, Orig. du hhzoriy pi. x, n* 5.
a obligeamment mis à ma disposition. Cette dalle recouvrait sans doute les restes d'un chef arménien mort en Chypre. La légende arménienne monostique qui faille tour de la pierre est presque entièrement détruite, mais les trois écus qui couvrent la dalle sont bien conservés. Sur celui de droite on voit une épée de chevalier, une escarcelle de pèlerin, et des besants disposés trois et quatre. L'écu du milieu représente le lion d'Arménie debout, tourné à gauche, lampant, armé et couronné. Sur Vécu de gauche sont les armes du royaume de Jérusalem, c'est-à-dire la croix potencée cantonnée de quatre croisillons.
Les armoiries du royaume d'Arménie sont donc parfaitement indiquées par l'écu du milieu. C'est le seul monument qui , avec les emblèmes figurés sur les deux ch&teaux de Lampron et de Mallus, nous ait conservé la figure authentique des armes du royaume d'Arménie (1) sous les Roupéniens et les rois de la maison de Lusignan.
[Imitation des carlins d'Anjou, des blancs d'aigent de Chypre (2), etc.]
LÉON, AOI DBS ARMÉNIENS.
Le roi, revêtu de ses ornements royaux, est assis sur un trône dont les deux côtés sont terminés par des têtes de lions, tient une croix de la main droite et une fleur de lis de la gauche.
¥ t ԿԱ.ՐՈԴյ)հՐ֊ք% ^^.usո^\^ՈՑ•
PAR LA PUISSANCE DE DIEU
Deux lions debout et adossés, entre eux une croix ornée et cantonnée de quatre points ou besants.
(1) Buchon (Éclaircis. sur la Morée, t. Ր', a puisé ce renseignement, que je n'ai trouvé
p. 404, note 1) donne pour armes Ն FArmé- mentionné dans aucun auteur,
nie de gueules à tnns rencontres de daims (3) De Saulçy, Num. des Croisades. Cf.
d'argent couronnés tor. Tignore où Buchon pi. x Ճ xii.
Tahégan d'argent. PI. I, n^ 3. Sept variétés.
Collections du Musée asiatique de Saint-Pétersbourg, d'Âlischan, des RR. PP. Mékhitaristes de Venise, du cabinet impérial.
Brosset» pi. I, n^ 3, p. 59. — Sestini, p. 20, pi. II, 1. — Tcbamitcb, Histoire d'Arménie, U III, p. 365. — Krafft, p. 8, 9, pi. 1 , 7.
Lévon thak[av]or amen[aïn] Hàiolz.
LKON, ROI DE TOUS LES ARMEmENS.
Le roi, assis sur un trône dont les deux côtés sont terminés par des têtes de lions, tient un sceptre crucigère et une fleur de lis.
PAR LÀ PUISSANCE DE DIEU
Deux lions debout et adossés, entre eux une double croix. Tahégan d'argent. PI. I , n^ 4, et une variété pi. IV, n^ 1.
Cabinets de France, d'AIischan, du Musée asiatique de Saint-Pétersbourg.
Brosset, Monographie, p. 59, pi. I , n® 3. — Revue Àrchéohgique, dixième année, p. 470, pi. CCXXII, n^ i, Lettre au P. G. Aïwazowski.