‹ Numismatique générale de l'ArménieChapitre 53 sur 62 · LEON VI · texte numérisé non relu

LEON VI

L'interrègne durait depuis la mort de Constantin IV» arrivée en 1363, Pierre de Lusignan n*étant pas venu en Arménie. Le pape* voyant les malheurs que cet état de choses allait amener en Cilicie , proposa aux barons arméniens d'élire pour roi le prince Léon, né d'une mère arménienne de la race du roi Guy, et parent de Pierre, roi de Chypre (2). A la recommandation du pape, Léon fut sacré à Sis (3). C'est à partir de son installation sur le trône que les Égyptiens revinrent en Cilicie pour dévaster le pays et conquérir le royaume. La ville de Sis fut prise d'assaut et rasée. Léon s'enfuit dans les montagnes et se cacha si bien , que le bruit de sa mort se répandit dans tout le pays (1371); mais il reparut quelque temps après à Tarse, ce qui causa une grande joie dans tout le royaume. Malheureusement la perte de Léon et de ses états était résolue ! Le sultan de Bagdad envoya une armée en Cilicie , sous la

(1) ատէ. des Lusignans de Chypre , t. II, qui monta sur le trdne en 1284. Ces deux p. 311, note 1, col. 2. Léon auraient succédé ձ un troisième prince

(2) Lettres d'Urbain V, p. 355-6.—- Selon du même nom, leur proche parent, aussi roi le P. Etienne de Lusignan (Hist. de Chypre, d'Arménie, et comme eux issu du comte de ch. xxxni, fol. 201 ; généal., fol. 32), Léon Tyr, par Amaury.

était ճե d'un autre Léon, également roi, fils de (3) Saint-Martin (Mém. sur rArménie, t.

Hugues, fib d' Amaury de Lusignan, seigneur I^, p. 436) donne la date 1365 comme celle de Tyr, et frère de Henri H , roi de Chypre, de Tavénement de Léon VI.

conduite d'Ahmed (1374) , avec ordre d'anéantir le royaume et de massacrer tous les chrétiens qui s'y trouveraient. Ahmed entra en Cilicie et exécuta ponctuellement les ordres de son maître. Le Yartabed Mar֊ tyros fait un tableau touchant des malheurs qui fondirent alors sur l'Arménie. Toutes les villes furent dévastées et ruinées, les couvents pillés, les églises brûlées et les habitants traînés en captivité (1). Léon ot sa famille se retirèrent dans la forteresse de Gaban (2), où la famine les obligea à se rendre (3). Les princes furent conduits prisonniers d'abord à Jérusalem et ensuite dans la citadelle du Kaire. Le royaume fut partagé entre divers princes musulmans et devint une province égyptienne (4).

Léon sortit de prison en 1383, passa en Espagne (Ց), de là en France, et vint mourir, dix ans après, à Paris. Son corps fut inhumé aux Célestins, où il resta jusqu'à la révolution. Son tombeau fut depuis transporté au musée des Petits-Augustins, et enfin dans la sépulture

(1) Revue Orientale, t.I*', p. 434.

(2) Cette forteresse est située dans les gorges du Taurus, ձ quelques heures au sudouest du principal village du Zeithun. Elle est էօսէձ fait ruinée, et s'appelle encore aujourdliui Gaban-Kalessi. Cf. sa position dans les cartes de MM. Riepert et de Tchihattchef, sur le 34<' long, et 38<» lat.

(3) Grég. Bar-Hebr., Chr. syr., p. 283 et suiv. — Tcbamitch, m, p. 297-360 et suiv.

(4) Mém. de TAcad. des inscr. et bdleslettres, t. Xn, ii^part., p. 147. a. Vie de Léon VI, par Saint-Martin.— Revue Orient., 1. 1*', p. 432 et suiv.

(Ճ) Teatro de Խ grandezaa de Խ viUa de Madrid^ de G. Gonzalès d'Avila, p. 152 et suiv. — Cf. Mas-Latrie, m , doc, p. 759 et suiv.; les Lettres de Pierre IV, roi d'Aragon, au sultan et Ճ Tamiral d'Egypte, pour les prier de rendre ձ Léon VI la liberté (3 sept, et

3. oct. 1380) ; pièces des archives de Perpignan, reg. 987, fol. 152. — A la suite de cette pièce so trouve une autre lettre que Pierre IV écrivit à l'amiral d'Egypte pour s'intéressor à la déUvrance de Léon. M. de Bofarull a publié ces doux documents d'après le texte des archives de Barcelone. Cf. Colec՛ don de doc. ineditoe de$ ardiivo gênerai de Խ corona de Aragon, t. FV, p. 370. — Presque tous les rois d'Occident assistèrent Léon VI dans sa détresse. En 1383, comme il rendait visite ձ Charles II, roi de Navarre, ce prince lui donna une riche nef d'argent contenant 2,000 florins d'Aragon. 15 florins furent remis en même temps au bouffon (yughr) qui accompagnait le roi, et 20 à son héraut. Cf.

José Yanguas y Miranda, Diccionario de antiquedadei del rew^ de Navarra^ t. ա , p.

131 (Pampelune, 1840). — Note communiquée par M. L. de Maa^trie.

royale de Saint-Denis. Voici l'inscription telle qu'elle est gravée sur la tombe de ce roi :

Cygiit très noble et eœeelUt prince Lyon de Ltxingne quttroy ԽՀմս royaume d* Arménie qui rTdi lame à Dieu d Paris le xxix« jour de novebre Fan de grâce

M CGC nii 0/ XIII. Pries pour luy.

Quelques auteurs ont pensé , et cela d'après l'autorité du P. Tchamitch (1)» corroborée par une mauvaise interprétation de l'inscription, que Léon de Lusignan ne devait être que le cinquième du nom, au lieu du sixième. Toute la difficulté de l'inscription réside dans le placement de la virgule, qui doit être mise entre les mots Lizingne et quint. En effet, Pierre, comme seigneur de Gorighos, et plus tard comme roi d'Arménie, fut le quatrième roi lalin, et Léon, qui est cité le dernier dans les annales » est nécessairement le quint roy Jatin մ Arménie, et le ^ sixième du nom (2).

Cependant, à la suite d'une ordonnance rendue par Léon VI, pendant son séjour en Espagne (3), l'éditeur a donné la description du sceau du roi, qui portait l'inscription suivante: régis ARMENiiE leouis v. Gonzalès le nomme constamment Léon V, d'où on peut induire que les Arméniens ayant considéré Léon VI comme le cinquième du nom, auraient fait commencer la liste des princes du nom de Léon au roi Léon II , en excluant de la série des dynastes Roupéniens ricbkban Léon P*՝,- qui avait pris le titre de roi sans avoir reçu l'onction royale. C'est pour se conformer à cette convention que Gil Gonzalès d'Avila et le P. Tcba* mitcb ont donné à Léon le cinquième rang dans la série des rois bomonymes, tandis qu'il est en réalité le sixième (4).

(1) Hist. d'Annénie, t. m, Léon V. (4) \^ասեաց ազաւձի (La Colombe

(2) Revue Orient., 1. 1*', p. 431 .—De Mas- du Massb). Léon VI, n« 1 (1855), p. 18-20. Latrie, Hist. de Chypre, t. il, p. 309. Notice par le P. G. Aïwazowski, en armé-

(3) Gil David Gonzalès d'Avila, Teatro de nien et en français. lasgrandezasde Madrid ^ p. 152-6.

[Imitation des monnaies des Seidjoukhides de Konieh.]

59. Le roi à cheval, passant à droite et tenant un sceptre fleurdelisé. îf Lion à droite, derrière lui une croix double.

Argent, pièce rognée. PI. V, n* 7.

Collection Alischan.

Revue Arehiologique, dixième année, p. 475, pi. CCXXIII, n<^ 7.

[Type particulier ձ TAnnénie.]

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