ALEXANDRE
(Vers 33 avant Jésus- Christ.)
Antoine, après avoir livré Artavazt à Cléopâtre qui le fit mourir, et soumis toute l'Arménie, en donna la couronne à un fils qu'il avait eu de la reine d'Egypte et qui s'appelait Alexandre ; mais les Arméniens ne tardèrent pas à chasser cet étranger, dont les historiens nationaux ne font même pas mention. Le royaume d'Alexandre ne comprenait pas toute l'Arménie, car il parait qu'ime portion en avait été donnée par Antoine à Polémon, roi de Pont, tandis qu'il avait fait don des provinces orientales au roi des Modes.
Les médailles qui rappellent la conquête de l'Arménie par Antoine nous sont parvenues. Il est vrai qu'elles ne portent pas le nom d'Alexandre, mais la tiare qui figure derrière la tête d'Antoine nous a engagé à ranger ces pièces dans la série arménienne. On sait que les numismatistes classent les monnaies en question dans la suite des monnaies consulaires romaines, à la fin de la famille Antonia (1).
CLEOPATRAE REGINAE REGUM FILIORUM REGUM. — Tête diadémée de Cléopâtre tournée à droite. Dessous, une proue de navire. Grenetis.
5? ANTONI ARMENIA DEVICTA. — Tête nue de Marc-Antoine, à droite. Derrière, la tiare arméniaque. Grenetis.
Argent. — PI. III, n* 3.
Cab. de France.
(i) Mioimety Deser» de։ monnaie։ romaines; Cléopatrareg.
TIGBANE IL
(Vers l'an 20 av. J.^.)
Depuis l'époque de la mort d'Artavâzt, rArménie tomba dans une complète décadence. Les successeurs de Tigrane le Grand, jouets de la politique des Romains ou de celle des Parthes, virent leurs Etats ravagés par ces deux puissances ; trop heureux encore quand ils purent conserver, sous la protection de l'une des deux, un trône avili. En effet, par la position des princes arméniens entre les Parthes et les Romains, par le gouvernement intérieur de ce royaume et par sa constitution physique, i! leur était impossible d'acquérir une puissance capable de les faire respecter des étrangers et de les mettre eu état de repousser leurs attaques. <( Ambigua gens ea antiquitùs, dit Tacite (1), hominum ingeniis, et situ « terrarum quo nostris provinciis latè praetenta, penitus ad Maedos porte rigitur; maximisque imperiis interjecti, et sœpius discordes sunt, « adversus Romanos odio et in Parthum invidia. » Souverains d'un pays assez étendu, mais composé presque entièrement de hautes montagnes et de vallées profondes, ils ne pouvaient que très-difficilement en être entièrement les maîtres, d'abord par les difficultés de terrain, et ensuite parce que la plupart de ces vallées ou cantons étaient possédés par des princes leurs vassaux, qui ne reconnaissaient, qu'autant qu'ils le voulaient, l'autorité duroi, etqui, presque toujours, servaientlesprojets des étrangers contre leur patrie. Il est vraisemblable que la forme du gouvernement établie dans ces contrées de l'Orient, où les satrapies de chaque canton se perpétuaient souvent dans les familles, et offraient quelque ressemblance avec le régime féodal, était la raison qui faisait prendre aux monarques le titre fastueux de roi des rois ou même de grand roi. Pline nous apprend en effet que les satrapies des Perses et des Parthes portaient le nom de royaumes (2) , et Josèphe met dans la même catégorie les satrapes et les toparques ou dynastes (3). Les auteurs arméniens se servent aussi fort
(i) Ann., liv. n, § 5é. (3) Anliq. judaïq., liv. XH, cb. 3, n« 2.
(2)Liv. VI,§l6el29.
souvent des titres Arkh'attz ArWa^ rois des rois, et de MedZ'Ptechkh% grand prince.
Nous savons qu'après la mort d'Artavazt, Artaxias ou Ardaschès , d'abord prisonnier d'Antoine , était venu ensuite chercher un asile chez les Parthes, qui l'aidèrent à reprendre la couronne d'Arménie, après la bataille d'Actium. Ennemi des Romains, Artaxias s'était maintenu sur son trône par la puissance du roi des Parthes ; mais lorsque cet appui lui manqua par suite de la conciliation de Phraate avec Auguste, il s'éleva des troubles et des factions contre lui dans le sein même de sa cour, et plusieurs des grands de son royaume demandèrent pour roi Tigrane II, son frère, qui était venu à Rome depuis la mort d'Antoine. Auguste donna aux Arméniens le roi qu'ils demandaient, et Tibère fut chargé de placer Tigrane II sur le trône (1). Un passage du testament d'Auguste, gravé sur le monument d'Ancyre, rapporte cet événement : a Àpfievîav rtv թԼՀօա da/sipeObnoç zov ^o-t. ïéiùç [ÀpraÇta] dyyâjtxevoç. E7rap;(etav Trotyjaai iiôùlcv è&ovkinvnv xatà rà TTÔrpia ^ju^v tOn jSoo't^tav Ttypôvyî Apr[aoi;]âadoi> ùtw ՆւեՅա de Tiypdcvov ^caiïétùç Couvai] 3ià Ttêeptou [Njepûjyoç, hç tôt' èfioû Ttfcyovbq ^v (2) » Mais bientôt Tigrane, oubliant les services que l'empereur lui avait rendus, trahit son bienfaiteur et se joignit aux Parthes. Une armée romaine marchait contre lui pour le punir de son ingratitude, quand la mort vint le surprendre.
Tête de Tigrane coiffée de la tiare, à gauche.
V> BA2IAEÛ2 Arménien debout, dans le costume du pays et
METAAOÏ tourné à droite, tenant une haste de la main droite TՄPANOT et un arc de la gauche.
ՓIAEAAHN[OC] Cuivre. — PI. III, n* 4.
Cab. de France.
Sestini, Mus. Hederv., II, p. 380, n** 1, pi. XIX, p. 15. — Mionnet, Suppl., p. 726.
(\) Suétone; Tibère, ch. 9. (2) Boeckh, Corp, inser. grœc, n*» 4040, col. iv, Ug. 2-7.
Il existe encore une autre médaille de ce prince, conforme à la précédente et qui porte une contremarque arabe (1).