‹ NurembergChapitre 23 sur 33 · ME. AL. DV · texte numérisé non relu

ME. AL. DV

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EMK^RAVIT VIII IDUS Ai'RILIS

iM. D. XXVIII

Parmi les maîtres fondeurs en bronze qui, au xvT siècle, furent les successeurs des Vischer et de Pancraz Labenwolf, le plus habile fut le fils de ce dernier, Georg Labenwolf. Il fit, en 1576, la gracieuse fontaine qui se voit dans la cour de l'ancien Gymnase d'Altdorf, petite ville alors dépendante de Nuremberg. Le Gymnase, dont la construction fut achevée en 1575, fut bientôt érigé en Académie, et il devint en 1623, une Université. Mais le chef-d'œuvre de Labenwolf est la fontaine du château de Kronborg, près de Copenhague. Sur l'invitation du roi Frédéric II, le maître s'était rendu en Danemark en 1576. La fontaine est de 1585 ; elle disparut en 1659 et nous ne la connaissons que par des gravures; elle a servi de type à Wurzelbauer pour sa fontaine de la Vertu. Wurzelbauer, né à Nuremberg en 1548, était le neveu de Labenwolf. Il marcha sur les traces de son oncle. Ses œuvres sont déjà fortement empreintes du maniérisme qui rappelle les maîtres des Pays-Bas s'inspirant de Jean de Bologne. Son chef-d'œuvre est la fontaine des Vertus, exécutée de 1585 à 158g. D'un réservoir hexagonal, restauré au commencement du xix° siècle, s'élève une colonne couronnée par la statue de la Justice, et ornée, dans le bas, de chérubins, de tètes de lions, de festons et de masques (dont l'un est un prétendu portrait du maître), tandis que, dans le haut, en deux rangées superposées, sont les Vertus principales : Charité. Générosité, Vaillance, Foi, Patience, Espérance, figurées par des femmes des seins desquelles l'eau jaillit, puis six petits génies, appuyés sur des écussons, et soufflant dans des trompettes d'où sortent les jets d'eau. L'ornementation offre plus d'intérêt que les statues elles-mêmes, qui ont quelque chose de maniéré.

Nous avons parlé de la perfection à laquelle lart céramique s'était élevé depuis les travaux d'Augustin llirschvogel. Limitée d'abord aux poêles de faïence, cet art. à partir du commencement du xviii" siècle, s'étendit à l'industrie des poteries.

Tombe d'Albert Durer, au cimetière Saint-Jean.

La peinture au bismuth, en usage à Nuremberg au xvr siècle, semble avoir été cultivée avec soin : elle s'employait à l'ornementation coloriée des boîtes, cassettes et ustensiles divers; une couche de bismuth servait de fond à la peinture.

L'ARÏ INDUSTRIEL AU XVI'' SIKCLE

Flotner avait ouvert la voie à l'art de la menuiserie. Le iMusée germanique possède une armoire qui accuse le vrai style de Flotner. Ilans Stengel est, dit-on, le premier maître à ([ui les formes de l'art italien furent familières ; mais StenQ'el excellait aussi dans l'art allemand, c'est-à-dire le gothique. En ce genre, toutefois, Wolf Weiskopf lui est supérieur. Sebald 15eck, tout à la fois sculpteur, statuaire et architecte, « qui avait rapporté d'Italie son art et un mauvais estomac », est nettement un maître de la Renaissance, comme l'attestent les pilastres de pierre qu'il exécuta en 1540 et qu'on voit, aujourd'hui encore, au lieu même qui leur fut destiné à l'origine : les pilastres de la grille de Vischer, dans la grande salle de l'Hôtel de Ville.

Wilhelm Beheim, mort en 1 6 1 9, travailla aussi pour l'Hôtel de Ville : on lui doit le beau plafond en bois de la petite salle et le grand lustre en bois, exécuté sur le modèle des lustres en laiton, qui ornent la grande salle. Le portail qui décore actuellement la salle de l'état civil est un chef-d'œuvre de menuiserie : il fut exécuté en 1622, par Hans-Heinrich Abbeck maître menuisier, et par le sculpteur Veit Dûmpel, pour une chambre de l'Hôtel de Ville. 3lalheureusement, nous sommes mal renseignés sur les habiles maîtres menuisiers qui créèrent tant d'œuvres dispersées dans les musées : armoires d'une parfaite architecture et ornées de sculptures d'une exécution artis-

Fontaine des Vertus (1585-1589), par Benedikt Wurzelbauer.

tique: bahuts, coffres, cassettes, sièges et tables; boiseries, lambris, parquets, maintenant disparus des demeures bourgeoises. Mais, assurément, ils étaient des artistes, les maîtres qui nous ont donné des boiseries comme celles que nous trouvons dans le castel des Tucher et dans la salle Ilirschvogel et où nous avons déjà reconnu des créations de Flotner. Telles, encore, ces boiseries du milieu du xvT siècle que possèdent le Musée germanique et le Musée industriel bavarois, ou que l'on voit encore dans une maison de la Karlstrasse (n° 3). Ces dernières sont, en leur genre, une des plus belles œuvres de la seconde moitié du XVI' siècle. La maison n" 23 de la Karlstrasse, remarquable par les parties si originalement sculptées de sa cour, et la maison n" 28 de la Hirschelgasse, ont aussi de magnifiques boiseries. Mais la maison Peller, construite en 1605, possède les plus riches. On y admire un plafond de toute beauté, aux caissons habilement distribués en étoiles. Le plafond, orné de peintures, de la salle des fêtes contiguë et les boiseries des murs et des portes sont peut-être de Hans Wilhelm Beheim.

C'est un beau spectacle que nous offre, dans le courant du xvT siècle, le progrès des arts industriels ; on n'en peut dire autant des arts qui se rapportent aux monuments. En peinture, l'influence de l'Italie et de la Hollande « italianisante » se fait sentir de plus en plus ; ce n'est plus un travail d'assimilation ; l'art allemand disparaît peu à peu. La peinture de portrait résiste mieux. Elle trouve son plus habile représentant dans Nicolas Neuchatel, venu des Pays-Bas ; de ce nom, transformé d'abord en Nutzschidell, les Nurembergeois ont fait Lucidel. Son chef-d'œuvre, datant de 1561, est un double portrait de Johann Neudorfer et de son jeune fils : il est à la Pinacothèque de Munich. On retrouve encore l'art allemand dans les portraits savamment exécutés, mais un peu secs, de Lorenz Strauch (i 554-1 630 , qui s'est distingué aussi dans la gravure à l'eauforte et nous a donné, en ce genre, une vue pittoresque de Nuremberg. Endres Herneisen s'est fait un nom par son portrait de Hans Sachs (1576), gravé ensuite à l'eau-forte par Jost Amman. Comme Neuchatel, Nicolas Juvenell, mort en 1597, était originaire des Pays-Bas. C'était un maître dans l'art de la perspective, et il s'est fait remarquer surtout par ses intérieurs d'architecture. Nous parlerons plus tard de son fils Paul. Il n'est plus question de poursuivre, en peinture, un progrès s'inspirant des principes de Durer; mais on continue d'admirer son art, qui semble toujours merveilleux en dépit des influences étrangères ; au cours de ce même siècle, cette admiration grandit au point que la mode est d'acquérir un Durer. Le résultat fut qu'il se forma, à Nuremberg, une école d'imitateurs

r/ART ixi)ustrii:l au xvi« sikcle

et de copistes de Durer qui s'efforcèrent de reproduire jusqu'à l'illusion la manière du maître et de copier ses œuvres avec une absolue exacti-

Porte sculptée d'une salle de la maison Peller (xyi*^ siècle).

tude, jusqu'au moindre poil de barbe. L'un de ces premiers copistes fut Hans Hofmann (mort en 1600), dont ÏBcce homo est au Musée germanique.

Le pont de la Boucherie sur la Pegnitz (fin du xvi" siècle).

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