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de colonnes d'un beau dessin, forme aujourd'hui un des ornements de la llallplatz. Le pont de la Boucherie, qui, d'une seule arche bien cambrée, traverse la Pegnitz, est un beau morceau de la fin du xvi" siècle : il a

La grande cour de l'Hôtel de Ville, avec la fontaine de Pancraz Labenwolf.

été consLruil en i5'j6- 159(8, sur le modèle du pont du Rialto, édifié à \'enise une dizaine d'années auparavant. C'est l'œuvre de Jakob Wolft le Vieux qu'on fit venir de Bamberg à cet effet et qui, nous l'avons déjà dit, fut l'architecte de la maison Peller. Son fils — il porte le même nom — que le Conseil envoya en Italie pour y étudier son art pendant

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plusieurs années, fut chargé de ragrandissement de l'Hôtel de Ville de 1616 à 1622. Le côté est de la grande cour, où l'on voit actuellement la partie ajoutée à l'aile construite par Beheim, devait, comme les autres parties, présenter les formes solides d'une architecture inspirée par les palais de Rome. La façade principale, de 86 mètres de long, construite en bosse sur les coins, n'offre aucun ressaut. Les portails sont d'une beauté particulière, avec leurs colonnes et leur fronton triangulaire, où la sculpture s'unit à l'architecture. Tandis que les pentes des frontons sont ornées de figures allégoriques — pour le portail du milieu, la Justice et la Tempérance ; pour les deux autres, les quatre Empires de l'antiquité, — les parties évidées sont ornées de grands cartouches avec des armoiries. Quant à la décoration de l'intérieur, nous mentionnerons tout d'abord les ornements en stuc des plafonds des corridors, œuvre de Plans et Heinrich Kuhn. Une ancienne peinture a servi de modèle pour le bas-relief du plafond du C(jrridor supérieur; il représente un tournoi qui eut lieu en 144Ô sur la place du .Marché. La petite salle de l'Hôtel de Ville fut richement décorée. Des figures allégoriques empruntées à l'histoire romaine ornent le plafond : elles sont de Paul Juvenell, que nous avons déjà nommé. Johann Kreuzfelder, mort à Nuremberg en 1636, était un élève de Nicolas Juvenell : c'est lui qui. en 1603, peignit le Paradis que l'on voit dans le chomr est de Saint-Sébald et qui, en une suite de groupes, représente l'histoire de la chute originelle. Cette œuvre, maniérée comme celles de Paul Juvenell, porte tous les indices de la décadence qui menaçait la peinture allemande au xviT siècle et que l'on chercha à combattre par la fondation d'Académies, comme on s'efforça d'empêcher le déclin de la langue et de la poésie en créant des sociétés de langage et des ordres de poètes. C'est ainsi que fut établi en 1644 l'ordre de la Fleur, qui existe encore aujourd'hui comme Société littéraire. C'est ainsi qu'en 1662 des artistes et des amateurs nurembergeois se réunirent pour fonder une Académie en vue de préserver l'enseignement du dessin et de surveiller la formation artistique. En 1674, cette Académie avait à sa tète Joachim von Sandrart, originaire de Francfort, peintre et graveur sur cuivre (1606-1688). En 1650, il peignit le grand Banquet de la paix que l'on voit à l'Hôtel de Avilie, où ce banquet avait eu lieu l'année précédente. Mais, plus encore que par ses œuvres, qui trahissent l'influence de l'Italie et des Pays-Bas, Sandrart s'est illustré par son important Manuel d'histoire de l'art, publié en 1675 sous ce titre : Tcutsche Akademie der Baii- Bild- iind Malerey-Kûnste\ il y traite à la fois de l'historique et de la technique des arts. Son neveu, Jakob von Sandrart, était fixé à Nurem-

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