ARCHITECTURE DE LA RENAISSANCE
tures, qui n'ont été conservées nulle part et dont les anciennes estampes offrent divers exemples. Cette tourelle 'chôrlcin) a perdu sa destination primitive, qui en faisait le chœur de la chapelle de hi maison : elle est devenue un cabinet de travail ou un boudoir. Elle ne conserve pas non
Le Kutsclierhof, Brunnengàsschcn, n'^ 14 (xvr siècle).
plus sa forme exclusivement polygonale ; elle devient rectangulaire. Elle est parfois à plusieurs étages. On 3' rencontre la fusion d'éléments gothiques et d'éléments antiques ; comme motif d'appui on emploie volontiers le godron ionique à oves avec des dentelures. Le portail des façades est, la plupart du temps, très simple ; on n'en trouve qu'un petit nombre ornés d'un pignon reposant sur des pilastres ou sur des colonnes figurées. La
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riche ornementation des frontons de la cour n'en est que plus frappante, et nous avons eu déjà l'occasion d'en signaler quelques-uns. Le plus beau spécimen se trouve dans la cour de la maison n" 21 de la Tucherstrasse : sur des arcades de pierre, trois galeries s'élèvent des deux côtés et unissent entre elles les deux tourelles à escaliers placées en diagonale l'une par rapport à Tautre: la galerie supérieure avance fortement sur les autres. On voit aussi des tourelles en pierre dans la belle cour de la maison n" 17 de la place extérieure Laufer; tandis que, dans la cour pittoresque désignée sous le nom de Kutscherhof, sur un soubassement polycronal en pierre repose un gracieux pavillon de bois orné d'un toit en métal Brunnengàsschen, n" 14'. La cour du n" 23 de la Tetzelgasse a une tourelle en bois; là, dans la décoration sculptée, nous vo3'ons un médaillon rond, encadré du godron ionique.
Sio-nalons encore quelques spécimens caractéristiques du style mixte en usacre à Nuremberg à la fin du xvi" siècle : la maison faisant le coin de la Xeuengasse et de la Tuchergasse; elle date de 1590, et a une tourelle à deux étages : la maison Topler, sur la Panierplatz, où de minces colonnes rondes garnissent les arêtes et le pignon qui s'élève sur une tourelle à trois étages, tandis que, sur le côté sud, au-dessus d'un portail encadré de deux colonnes, s'élèvent successivement une tourelle, une lucarne saillante en bois et une tourelle; c'est encore la maison n" 25 de l'Adlerstrasse, avec son riche portail et sa tourelle à trois étages couronnée par une magnifique lucarne saillante, tandis que, sur les arêtes, de hautes colonnes rondes soutiennent une petite tourelle octogonale. Jusqu'au xvir siècle, les éléments gothiques se maintinrent. Ils frappent de façon toute particulière dans la cour de la maison du n° 3 de la Karlstrasse, dont les hautes colonnes ont le caractère de la haute Renaissance italienne. On s'étonne également de retrouver dans la maison Peller, construite en 1605, la découpure employée comme élément d'ornementation pour la façade et pour la vigoureuse architecture des arcades à trois étages de la cour, où, derrière une large galerie, le mur du fond présente une tourelle à trois étages et un pignon gracieusement dessiné. La façade de la maison elle-même, construite en pierres de taille travaillées en bosse, est couronnée par un pignon qui, avec ses rangées de pilastres figurés reposant sur des moulures en corniche, ses cariatides dans le haut et ses minces obélisques, produit une vive impression de richesse. L'ornementation , où les découpures et les cartouches alternent avec des guirlandes de fleurs, ajoute encore à cet effet. Le tout est couronné par une grande coquille au-dessus de laquelle s'élève un Jupiter en
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bronze ; aux pieds du pignon, comme à la balustrade de la cour, sont deux lions couchés entre lesc^uels on voit saint Martin partageant son manteau : c'était le patron du riche Martin Peller qui fit édifier cette demeure par Jacob Wolfif le Vieux. Nous avons déjà parlé des belles boiseries du second étage, où lOn accède par un escalier de pierre magnifiquement décoré. ()n y reinar(|uera encore les cheminées, d'une richesse particulière, mais annonçant déjà fortement le style «baroque». Martin Peller était le beau-fils du Vénitien Bartolo Viati qui, pauvre enfant de douze ans, arriva à Nuremberg en 1550. Quand il y mourut, il était l'un des plus riches marchands de la ville. Sa maison sur la Pegnitz, au coin de la Konigsstrasse et de la Kaiserstrasse, ornée du lion de Venise, est très importante.
A son pignon, décoré de larges pilastres, elle porte les dates de 1578 et 1596.
A l'intérieur, comme à l'extérieur, la peinture avait été employée comme élément essentiel d'ornementation.
Vers la fin du xvi^ siècle, le pignon, qui constitue une si riche décoration de la maison Peller, revient à la mode comme ornement architectonique. On le place en avant de la pente du toit, comme dans la maison Peller, ou bien les maisons tournent vers la rue le côté qui porte le pignon. Il en est ainsi pour l'édifice du n" 34 de la Karolinenstrasse ; au
La maison Topler (fin du xvi" siècle).
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xviir siècle on lui a donné une tourelle dont le pignon offre une silhouette fort élégante. Ce pignon termine le mur de la cour et, sur le
La maison Peller (1605).
devant, est un escalier à tourelle semi-circulaire. La maison formant le coin de l'Irrergasse et de la Lammsgasse possède un pignon datant déjà du xvil" siècle, et d'un beau dessin. Le pignon de la maison Fembo, admirablement située sur la butte de la Burg, et dont l'intérieur est, du reste, richement décoré, a un charme tout spécial avec ses bizarres dente-
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lures et ses colonnes figurées qui marquent vigoureusement l'axe du milieu. Cette maison, couronnée par une statue en bronze de la Fortune, est celle où Jean-Baptiste Homann établit, vers 1660, sa célèbre impri-
Cour intérieure de la maison Peller.
merie de cartes de géographie ; elle a été construite par Philippe van 05'rl au commencement du xvii'' siècle.
Dans le dernier tiers du xviT' siècle, on se reprit aussi à travailler aux édifices publics : l'activité, sur ce point, avait complètement cessé depuis Hans Beheim. Ici, les ornements gothiques font défaut. Dans le
style de la Renaissance, nous signalerons la maison de la Boucherie, érigée en 1571. avec sa fontaine murale complètement transformée (l'original est au Musée germanique). Sur la porte, on voit un bœuf de pierre
Lamaîson Fembo (commencement du xvii'^ siècle).
placé là en 1599 et qui, d'après une inscription latine, « n'a jamais été un veau. » En 1588, on éleva le portail de l'Arsenal; il est en pierres de taille travaillées en bosse, et flanqué de deux puissantes tours rondes. .Sur le côté sud on voyait la tourelle polygonale, qui s'élevait alors du fond des fossés de la ville, et dont le couronnement en forme de pavillon garni
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