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plus de vogue que la peinture et la sculpture. Mentionnons, par exemple, la taille des pierres précieuses, dont les maîtres les plus célèbres furent Christoph Dorsch, né à Nuremberg en 1(^)76. et sa fille vSuzanne-Marie, élève de son père, à qui elle est supérieure (1701- 1765). L'art de tailler et de polir le verre, introduit à Nuremberg par l'orfèvre llans AVessler, est représenté par la famille Schwanhardt.
Les verreries et cristaux de Georg vSchwanhardt (1601-1667) étaient fort appréciés à la cour de l'empereur Rodolphe IL Nuremberg possède encore quelques beaux vitraux du XYII*^ siècle, surtout le vitrail Tucher dans le chœur de l'église Saint-Laurent ; il fut exécuté en 1601 pour remplacer l'ancienne fenêtre du peintre-verrier Springlin, de Zurich. On y voit des armoiries et des écussons entre deux hautes colonnes entourées de feuillage, et supportant des personnages allégoriques. Signalons aussi le grand vitrail Imhofif au côté sud du
chœur de Saint-Sébald ; il est de 1641. Les petits vitraux armoriés au côté est de la salle de l'Hôtel de ville sont une belle œuvre de 1613. Johann Schaper, venu de Harbourg à Nuremberg, exécuta sur des verres
Tourelle au n" 30 de la Karolinenstrasse (commencement du xviii'" siècle).
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à boire de délicates peintures à l'encre de Chine ou à la sépia , qu'on prendrait pour des dessins à la plume. Il décora par le même procédé des vases de faïence blanche. Il eut beaucoup d'imitateurs.
A ces arts si divers Nuremberg ajouta, au commencement du xviir siècle, l'industrie de la faïence. En 17 12. Christoph JMarx et Johann Conrad Romedi établirent une « fabrique de porcelaine », qui donna non point la porcelaine proprement dite, mais une faïence imitant la porcelaine, comme à Delft. Le bleu pâle était la couleur préférée. La fabrique subsista jusqu'au siècle dernier. Elle cessa ses travaux en 1850.
Ilans et Heinrich Kuhn avaient, dans la décoration de l'Hôtel de ville, mis le stuc en vog'ue : on l'emploj-a, depuis, de préférence pour les plafonds et les murs des maisons bourgeoises, où il devint le rival du bois. Lourdes et massives au xvil^ siècle, les décorations en stuc reçurent, aux siècles suivants, un léger et gracieux badigeonnage en rapport avec leur technique. C'est en 1662 que l'Italien Carlo Brentano exécuta en stj'le baroque la décoration en stuc de l'église de l'hôpital.
Au cours du xviT siècle, l'architecture produisit peu. En dehors des agrandissements de l'FIôtel de ville, une seule œuvre est à signaler : la brasserie appelée Waizenbràuhaus, dont le triple pignon est bordé de volutes robustement dessinées. Les principaux spécimens de l'architecture à cette époque sont les tourelles [cli'ôrlcin) de pierre dont on décorait alors les anciennes maisons, par exemple la maison Imhoff Tucherstrasse, n" 2o\ Volontiers, pour ces tourelles, on emploie le bois au lieu de la pierre, et. au xviil'^ siècle, la tourelle est généralement en bois. La maison portant le n ' 30 dans la Karolinenstrasse, est par sa décoration, un gracieux exemple du style baroque du commencement du xviii" siècle. Cette ornementation rappelle la manière de Paul Decker, né à Nuremberg en 1677, et mort en 17 13 à Bayreuth où il était intendant des Bâtiments princiers. Decker chercha à exercer une influence sur les arts décoratifs de son époque, par ses projets d'esquisses de plafonds, de cheminées, de meubles, de grotesques, etc., à la manière de Bérain qu'il avait pris pour modèle. Sa manière caractérise la transition du baroque au rococo ; la riche décoration intérieure de l'église Saint-Gilles en est un spécimen : l'ancienne église romane, détruite en 1696 par un incendie, avait été reconstruite en 1711-1718 par Gottlieb ïrost, sur les plans de son père Johann Trost : elle est dans le style baroque classique, si fréquent en Italie. L'ancien chœur gothique a été conservé, mais il a reçu un pompeux revêtement de stuc. Le maître-autel, de style baroque, est orné d'une reproduction d'un tableau de van Dyck, Le Christ mort pleuré par les
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.ç/V;7.ç (original au musée de Berlin , copie due à l'un des Preisler, qui y a ajouté une « gloire » céleste. Au chœur est attenante une coupole dont la voûte, décorée de peintures, ne fait pas saillie au dehors. La
EglibC Saiiu-GiUcs ^1711-1718).
voûte, ornée de grotesques en stuc et d'une grande peinture très maniérée, œuvre de Johann Martin Schuster et de Johann. !.r>aniel Preisler, est percée de lunettes où s'ouvrent des portes et des fenêtres. A l'intérieur, l'effet produit par cette église sans colonnes, qui affecte la forme d'un ovale allongé, est satisfaisant ; mais la partie en coupole
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qui contient la chaire n'est point en harmonie avec le chœur.
Enfin, deux ponts représentent aussi le st34e baroque à Nuremberg ; le pont du ^lusée, construit en 1700, avec ses piles du milieu terminées par des couronnements en forme de niches ornées de blasons et fermées par un o-rillage ; et le pont Charles, érigé en 1728 en l'iionneur de l'empereur Charlr^ \'l : il est également remarquable par ses grilles de fer; de légers obélisques, d'une belle décoration, forment le couronnement des piles.
Le rococo lui-même, avec ses guirlandes de fleurs et ses bizarres contournements remplaçant les grotesques, a ses représentants typiques à Nuremberg. Le meilleur spécimen d'une chambre rococo avec de gracieux ornements de stuc au plafond, aux moulures et aux murailles, se \oit dans la maison n" 8 de la AVunderburggasse. Ouant aux façades, les éléments de la décoration du stvle rococo ne s'y rencontrent qu'isolément. La maison n ig de l'Adlerstrasse présente une décoration complète de ce genre avec des enroulements à la tourelle et au-dessus des fenêtres. .Même rue, au n" 34. une maison très ornée est un spécimen caractéristique du st3ie Louis XVI. Du style classique, comme, du reste, du st3de Louis XVI, Nuremberg ne possède que des échantillons isolés. Le chef-d'œuvre en ce genre est le dôme de l'église de l'Ordre Teutonique, commencée en 1785 et demeurée inachevée parce qu'au commencement du xix" siècle l'Ordre n'avait plus sa raison d'être.
' Nuremberg, dont l'éclat s'était voilé au cours du xvii" et du xvili^ siècle, cessa alors d'être une ville indépendante. Ruinée financièrement, sans vigoureuses aspirations idéales, politiquement impuissante, elle entra dans le xix" siècle. Le commerce, qui avait été la base de sa puissance et de sa grandeur, était complètement paralysé, l'industrie languissait, et l'on ne songeait plus à une vie artistique dominant les préoccupations d'intérêt local. Elle offrait l'image d'un passé noble et fier aux étrangers dont le regard étonné contemplait dans le présent une vision du Moyen Age; mais la vie, jadis si active, s'était retirée du corps. Il en fut autrement lorsque, le 15 septembre 1806, Nuremberg renonça à son droit de dépendance directe de l'Empire et devint ville bavaroise. On reconnut alors qu'il lui restait encore une vie latente : il lui fallait l'union avec un organisme vigoureux, pour se reconstituer elle-même. Commerce et industrie refleurirent. On tint compte des modifications survenues dans la pro-
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duction, et nombre de branches de commerce devinrent des fabriques bien organisées. La vieille cité artistique est transformée aujourd'hui en une ville industrielle, entourée de cheminées fumantes, et la vie moderne y circule. On y retrouve donc, comme autrefois, l'esprit du temps.
I/histoire de l'art nurembergeois au xix'' siècle, l'histoire de l'architecture en particulier, est l'histoire des efforts tentés pour ressusciter les styles artistiques en honneur autrefois — le gothique surtout et le style de la Renaissance — et pour créer des œuvres d'un style exact. Il
Les faubourgs de Nuremberg, au sud-est.
importe de remarquer comment, dans le dernier tiers du xix" siècle, des maîtres profondément pénétrés de l'art ancien ont réalisé isolément ce que les romantiques n'ont pu faire avec toute leur imagination et tout leur enthousiasme. Mais, à la vue de ces imitations exactes jusqu'à l'illusion, on acquiert cette conviction que le style historique ne fut qu'un stade intermédiaire, et que la meilleure manière de s'approprier le passé est de créer, pour son propre temps, des œuvres originales, indépendantes et modernes, comme les anciens maîtres ont fait eux-mêmes. Ainsi qu'au xiv" siècle, Nuremberg est, au début de ce xx" siècle^ une ville d'industrie et de commerce. Redeviendra-t-elle la grande cité artistique ? Si l'enthousiasme pour l'art ancien est le meilleur moyen de susciter l'art nouveau, Nuremberg réunit les meilleures conditions : nulle
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cité n'est plus apte à réveiller un ardent amour pour la grandeur, la beauté et la vigueur de l'art allemand. Elle n'est donc pas appelée à être seulement la gardienne du passé : sa mission est de veiller sur le présent, de préparer l'avenir. Puisse -- déjà plusieurs se sont mis à l'œuvre avec une juvénile ardeur — puisse la jeune génération d'artistes qui grandit sur un sol si bien préparé s'inspirer de ce noble but, et l'on peut espérer que dans ses murs l'art fleurira comme jadis. Le grand Diirer lui-même en est convaincu. Dans la préface de son ouvrage sur les proportions du corps humain, nous lisons ces mots qu'il faut méditer : i' ... Il est d'intelligence rude, celui qui na point confiance qiCil pourra progresser, qui s en tient toujours aux sentiers battus, se contente de suivre les autres et n'ose point penser par lui-iucnic. Il faut, si l'on est intelligent, imiter les autres, mais avoir la conviction qu'avec le temps on fera mieux encore. S'il en est ainsi, assurément cet art retrouvera son antique perfection. •>
La Burg : le Luginsland, les Écuries impériales et la tour Pentagonale.