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creusées portent les puissantes nervures de la voûte. Plusieurs piliers de la rangée sud offrent une particularité : d'une structure sensiblement plus faible, ils sont, sans doute, d'une époque postérieure aux autres. Dans
Chœur est de l'église Saint-Sébald avec le tombeau de saint Sébald.
la chapelle sud-ouest, le perron de pierre conduisant à l'ancienne tribune est d'un effet pittoresque; le bas-relief qui le décore — un rat qui sort en se glissant, avec un morceau de viande — rappelle aux imaginations poétiques une ancienne tradition : celle d'un moine emmuré en ce lieu, mais nourri en secret.
Dans la construction de la façade occidentale, on vit apparaître à Xuremberg le gothique allemand, qui, sous linfluence de la France, s'était développé dans les pa^'s rhénans et qui a trouvé son expression monumentale dans les cathédrales de Strasbourg, de Fribourg en Brisgau et de Cologne. On reconnaît ici clairement, mais avec moins de plénitude et de pureté, la note que maître Erwin a si puissamment rendue dans son œuvre admirable. De même, ici, nous retrouvons le haut portail élégamment orné, la grande rosace avec ses fines découpures et son riche encadrement, le fronton se terminant par une tourelle élancée, tel que maître Erwin l'avait conçu, au lieu du mur massif et lourd que ses successeurs ont imaginé comme couronnement. Comme lui, le maître de Saint-Laurent a tenté en quelque sorte de rendre immatérielles ces masses de pierre, en ajourant le mur du fronton, qui forme une sorte de grillage en avant de la muraille proprement dite. Les dentelles de la grande rosace ont beaucoup perdu de leur beauté première, lorsqu'on les a restaurées au milieu du siècle dernier. La galerie d'appui, au-dessus du portail, a été entièrement modifiée dans le premier tiers de notre siècle. Les tours massives, carrées jusqu'à la hauteur du pignon, deviennent ensuite octogonales. Des galeries à jour entourent la plate-forme, du milieu de laquelle s'élèvent les clochers octogonaux, sensiblement plus minces, dont les murs latéraux se découpent gracieusement pour supporter la flèche élancée et recouverte de métal. De ces deux flèches, l'une est ajourée en partie et dorée, l'autre est unie et protégée par des plaques d'étain.
C'est encore au xiV siècle que Xuremberg doit l'un de ses couvents les plus importants : celui des Chartreux. Un marchand notable de Xuremberg, Marquard .Mendel, surpris, au cours d'un voyage d'affaires en Italie, par la nouvelle de la mort de sa femme, fille du riche Conrad Gross, résolut de se faire moine et de terminer ses jours dans la solitude d'un cloître. Il consacra son immense fortune à bâtir un couvent. Telle est l'origine du remarquable monastère des Chartreux qui s'éleva au sud de la ville, avec ses cellules et ses cloîtres si bien conservés encore, sa vaste cour avec son vieux puits, ses deux chapelles et sa longue église à une seule nef, dont la première pierre fut posée en 1381, en présence du roi Wenceslas. Comme les autres couvents sécularisés à l'époque de la Réforme, ces bâtiments ont reçu de nos jours une destination digne d'eux : en 1856, on y a installé les collections du Musée national germanique. De nouvelles constructions et — comme nous l'avons dit — la reconstitution des restes de l'ancien couvent des Augustins ont donné
ARCHITFCTUKF. ET SCLl.PTl'RE AU XIV" STKCUE
L'csrlise Saint-Laurent.
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ensuite à cette institution le développement qu'exigeait le nombre toujours croissant des collections.
On le conçoit aisément : des bourgeois qui pou\aient réaliser de telles
Maison de Nassau (xiv^ et xV^ siècles).
fondations et qui, pour la construction de leur hôtel de ville et de leurs églises, témoignaientd'un goût si vif pour l'architecture, ne devaient point renoncer à ce goût lorsqu'il s'agissait d'édifier et d'orner leurs habitations particulières. En dehors même de la parole d'^iineas Sylvius, nous avons le témoignage des faits et nous savons que l'empereur Louis le Ba-