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Voyez note F

[1816] OBBRKAMPF. 28!

sur sa paye, afin de pouvoir refaire le voyage de Paris; il y revint, en effet, en 1842, et la famille d'Oberkampf fut heureuse de revoir ce simple et digne homme.

L'on aime à rencontrer les sentiments humains, l'amitié et la reconnaissance, au plus fort des ressentiments nationaux, au milieu des dures exigences de la guerre, et à trouver des cœurs qui protestent ainsi contre les haines et les vengeances.

Dès les premiers jours de l'invasion, il avait fallu licencier la légion ouvrière, faute d'ouvrage à lui donner et l'on ne pouvait encore songer à rouvrir les ateliers.

Oberkampf était navré : « Ce spectacle me tue, » disait-il souvent ; — il n'était que trop vrai I — Les anxiétés de ces deux années avaient exercé une funeste influence sur sa santé, ses forces l'abandonnaient.

Au mois d'août, il fut pris d'un accès de goutte qui se compliqua d'une fièvre pernicieuse. D'une patience inaltérable, il trouvait dans la foi qui l'avait soutenu toute sa

vie, la force et l'espérance- Un moment, il parut se rétablir; mais ce ne fut qu'une lueur : le 4 octobre 1815, H s'endormit doucement, sans souffrance et sans agonie, au milieu des siens désolés.

Le deuil de Jouy fut profond; un vide immense s'était fait dans l'existence de chacun, par la fin de cette vie ai active, si noblement utile.

L'inhumation eut lieu au Montée!, dans une sépulture de famille; deux mille personnes assistaient aux obsèques : le préfet, les autorités du département et le colonel prussien avec tous ses officiers tinrent à honneur de rendre les derniers devoirs à cet homme de bien.

Les lignes suivantes, tracées de sa main, achèveront de dépeindre Oberkampf.

« 11 n'y a rien d'utile à connaître que ce » qui nous apprend à bien faire, il faut faire « le bien sans ostentation, parce que Dieu

«l'aime; souffrir le mal sans murmurer, « car II nous en dédommagera; être tous les « jours de la vie ce que nous serons bien « aises d'avoirété lorsque nous comparaîtrons « devant Lui. »

Telle fut la régie de conduite vraiment chrétienne à laquelle Obcrkauipf resta toujours fidèle. Le témoignage des contemporains confirme le portrait que traçait de son mari, Mme Oberkampf :

« Généreux sans faste, noble avec simplicité, la vérité est toujours sur ses lèvres comme dans son cœur; jamais aucune passion avilissante n'a troublé la sérénité de sa vie, ni la douceur de son repos ; il commande l'estime et inspire le respect à tout ce qui l'environne par l'ascendant de sa vertu; sa parole vaut plus que tous les contrats; la confiance l'accompagne et aa réputation et son crédit sont sans bornes. »

On ne peut, enfin, trouver un plus bel exemple d'une vie laborieuse, constamment protégée par la bonté divine :

* Cet homme qui vient, le sac sur l'épaule, « chercher son travail, faire le bien, trouver « la fortune, et qui, riche, comblé d'hon- « neurs, s'en retourne à Dieu, 8a journée « achevée, aussi simple, aussi modeste, le « cœur aussi pur à soixante-dix-sept ans « qu'à son entrée dans la vie, nous repré- « sente un de ces patriarches de la Bible, « dont la vie se passait à faire le bien et à « honorer Dieu'? »

Dans le courant d'octobre les Prussiens quittèrent Jouy, et la vallée reprit son calme accoutumé : la manufacture rouvrit ses ateliers. Ce fut le cœur serré qu'on entendît de nouveau le son de la cloche, si longtemps muette, et dont le silence avait été si pénible àM. Oberkampf. Hélas I il n'était plus là pour l'entendre, et cette pensée troublait le retour des ouvriers, bî joyeux l'année précédente.

1. Oberkampf, discours sur la Travail adressé aux apprentis de l'Église réformée , par le baron de Triqueti. Décembre 1856. (Napoléon appelait souvent Oberkampf le patriarche de Jouy).

[1815] OBBRKAMPF. 22b

Le 24 octobre, Mme Jules Mallet mit au monde son file Charles — douce consolation en un tel deuil!

La digne compagne d'Oberkampf lui survécut peu; sa santé déjà ébranlée s'affaiblit rapidement; ni les soins dévoués de ses enfants, ni les eaux du Mont-Dore, qui lui avaient jadis été salutaires, ne purent ranimer ses forces, alléger sa tristesse; après de longs mois de souffrances et quelques semaines de maladie aiguë, Dieu la rappela à Lui le 9 décembre 1816.

Elle mourut à Paris, et fut inhumée à Jouy .

auprès de son mari .

En perdant son fondateur, la manufacture de Jouy avait perdu l'âme de son activité, le centre de sa vie ; quelques années encore elle conserva, entre les mains du fils d'Oberkampf et de ses associés, ses traditions et sa prospérité.

En 1818, Lattre, seconde fille de M. Oberkampf, épousa James, fils aîné du baron Mallet, beau-frère de sa sœur.

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