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Erokniann-Chatriiiu, Waterloo, page l re

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« le retour de Louis XVIII, en 1814. C'était c< au printemps quand les haies, les jardine, « les vergers refleurissent. On avait eu tant » de misères depuis des années.... on était « si las de toutes ces batailles, de toute cette « gloire, qu'on ne pensait plus qu'à vivre en «paix, à jouir du repos.... oui, tout le « monde était content, excepté les vieux sol- « dats. »

L'année s'acheva dans le calme, nul ne songeait qu'il dût cesser, quand survint l'ouragan du 20 mars ; le retour de l'île d'Elbe. . . .

(1815) Une campagne de six jours, com- prenant Waterloo! provoqua le reflux des armées étrangères.

Cette fois , hélas! la guerre elle-même s'ajouta aux maux de l'invasion et le bruit du canon retentit jusqu'à Jouy. Le 29 juin, l'armée française qui se dirigeait vers la Loire , commença à défiler dans la vallée.

Le 1" juillet on était en pays conquis.

Un corps de 1 500 chevaux, faisant partie de

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l'avant-garde prussienne commandée par le général baron Desorch , avait occupé Versailles en vertu d'une capitulation régulière passée entre ce général et le maire, M. de Jouvencel (celui-ci avait courageusement stipulé que la garde nationale conserverait ses postes et que les honneurs militaires lui seraient rendus). .

Traversant la ville, deux régiments prussiens (les chasseurs de Brandebourg et de Poméranie) s'avancèrent sur la route de Choisy. Là eut lieu un sanglant combat, dans ia plaine de Velizy : à 4 heures de l'aprèsmidi on entendit le feu des tirailleurs dans la direction de la Cour-Roland; les PrusBiens opposaient une vigoureuse résistance aux Français venant de Sceaux et de Chàtillon ; mais bientôt le général Excelmans, débouchant du bois de Meudon, avec le 5" dragons et le 6* hussards les obligea à se replier, laissant le terrain jonché de morts.

11 les poursuivit jusque dans la ville de Versailles; le général Piré venant de îto-

quencourt acheva leur déroute à ta porte St- Antoine '.

Des deux régiments prussiens engagés dans cette affaire, l'un fut presqu'anéanti ; dans la nuit les paysans dépouillèrent les morts et achevèrent les blessés... A la pointe du jour, MM. Jules Mallet et Widmer se rendirent sur le champ de bataille pour relever ces derniers, mais déjà le mal était fait (il ne restait pas veBtige des moissons, la plaine entière était piétinée) I En redescendant le sentier qui longe la Cour-Roland, G. Widmer entendit dans le bois une voix plaintive qui priait en allemand : c'était un pauvre soldat blessé au genou, qui s'était traîné jusque-là. En entendant les accents de son pays, il s'écria : « Êtes-vous des anges? » Une heure après, il était avec trois autres à l'ambulance improvisée de la Manufacture. Un Français ilessé s'y trouvait déjà; ce furent les seuls

1. Voyez le Moniteur, et l'Histoire des rues de Versaitits par M. Leroi, bibliothécaire de cette ville.

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qu'on pût recueillir, tous les autres étaient expirants.

Ce même jour, dimanche 2 juillet, retour offensif des Prussiens, qui brûlèrent Velizy (les flammèches portées par le vent de nord tombaient jusque dans la vallée), le Petit- Jouy, les Loges furent mis au pillage; les femmes et les enfants accoururent demander un asile à la Manufacture, et M. Oberkampf s'écriait avec anxiété : a Ah! s'ils brûlent ma Manufacture, que deviendront ces pauvres ouvriers! »

On entendit très-distinctement, pendant sept heures, la vive canonnade du pont de Sèvres, dernier effort de la résistance.

Le 3, M. Raoul de Montmorency, qui avait passé à Jouy toute la durée des Cent-jours, se rendit à Versailles pour tacher d'obtenir des sauvegardes du général saxon Thielmann, qu'il connaissait; il ramena en effet un jeune officier prussien, M. Liltz et deux soldats; il avait fallu arriver jusqu'à Bliicher lui-même pour obtenir cette faveur. Sans eux la Manu-

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facture était dévastée; le soir même elle fut attaquée par une bande nombreuse de soldats du train, à moitié ivres, qui tâchèrent de forcer les portes et firent un affreux vacarme; pendant trois heures les sauve-gardes durent parlementer et menacer; enfin ils s'éloignèrent.

Peu après, les Prussiens enlevèrent dix chevaux appartenant à M. Oberkampf et à ses parents, et cela malgré les efforts du jeune lieutenant, qui pleura de dépit de ne pouvoir empêcher ce larcin : nouvelle démarche de M. de Montmorency, a Ce nom était un passe-port; de plus l'habitude des camps, un grand saog-froid et un entier dévouement lui faisaient tenter et obtenir l'impossible. »

Mme Feray était accourue d'Essonnes avec ses filles (dans les derniers jours de juin) pour être auprès de son père et partager le sort de la famille de Jouy. Plusieurs amies et parentes les avaient précédées, la maison était comble. Un officier de hussards, en entrant dans le salon de la Manufac-

ture, s'écria : « Quoi? des meubles! des glaces! des femmes!... vous devriez être toas dans les bois! » Sa conduite cependant fut moins barbare que ses paroles.

Tout déjà était pillé à cinq ou six lieues à la ronde ; le grand-bâtiment continuait à être au milieu de ce pays désolé comme une arche sainte, où l'on venait de toute part chercher un refuge. Les familles des ouvriers campaient dans les ateliers.

Entouré de si nombreux dangers, ayant tout à redouter pour les siens et pour son industrie, Obcrkampf conservait empreints sur sa douce ligure une fermeté, un calme inébranlable.

Le 4 juillet au soir, arriva à Versailles un Garde-du-Corps porteur d'une proclamation de Louis XVIII, datée de Compiègnej le fléau de l'occupation étrangère était pourtant loin de cesser. L'entrée des alliés à Paris eut lieu le 7 juillet; le 13 il y en avait encore 4000 à Jouy.

Dans le courant de ce mois, les revues des

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souverains alliés, les bivouacs des Anglais et des Cosaques au bois de Boulogne, furent l'unique spectacle des Parisiens, qui tant de fois avaient acclamé, au retour de ses campagnes, la grande armée victorieuse !

La commune de Jouy avait eu un avantage, au mib'eu de tant de maux, celui de posséder un nombre considérable d'individus parlant allemand. Les détachements en marche demandaient constamment- des guideB pour tel ou tel cantonnement; on pouvait toujours donner un ouvrier allemand, quelquefois même un compatriote, ce qui les rendait beaucoup -moins exigeants.

Au mois d'août, tous les corps ayant pris des positions fixes, le désordre cessa et l'occupation devint régulière : toute l'armée d'invasion fut logée chez les habitants; la répartition était faite par les autorités locales.

Jouy et les deux villages voisins eurent le bonheur d'être occupés par le régiment bien discipliné de la Landwehr prussienne, (infanterie de Kurmarck), commandé par le colonel

de Rohr, homme de cœur et bienveillant, qui laissa leB meilleurs souvenirs dans la famille Oberkampf, par sa conduite dans des circonstances si douloureuses pour elle. Il logeait avec son état-major dans la maison même de M. Oberkampf.

Le cantonnement de la Landwehr rendait inutile la présence des sauve-gardes. M. Lûtz se disposa donc à rejoindre son régiment, avec ses deux soldats — Porte-épée au régiment dé Silésie, le lieutenant Lutz n'avait que dix-huit ans; une délibération du conseil municipal de Jouy lui donna un témoignage honorable de la satisfaction des habitants, en constatant les services qu'il avait rendus; M. Oberkampf y ajouta une montre d'or, comme souvenir de la Manufacture.

Ce ne fut pas sans émotion que le jeune officier prit congé des « amis de moi » , comme il disait; il leur écrivit de temps en temps et pendant de longues années fit des économies

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