‹ Oberkampf 17381815Chapitre 4 sur 30 · OBERKAMPF. [17B · texte numérisé non relu

OBERKAMPF. [17B

a trezen venant voub y rendre; je compte sur a -votre main pour acquitter cet engagement, « comme vous devez compter aur mon cœur. »

M. Oberkampf se rendit en effet à Sainte Ouen, avec M. et Mme Demaraise ; là comme ailleurs il rencontra l'estime qu'il savait si bien inspirer.

A l'année 1783 appartient encore un événement qui fit époque : par lettres patentes datées de Versailles, le 1 9 Juin 1 783, et signées de la main de Louis XVI, l'établissement de Jouy reçut le titre de Manufacture royale,- les prérogatives et immunités attachées a cette haute distinction étaient nombreuses et importantes. La nouvelle inscription : Manufacture royale de toiles peintes et imprimées de S. Demaraise et Oberkampf, à Jouy près Versailles, bon teint, fut gravée en caractères d'or sur une tablette de marbre noir et surmontée de Pécusson royal.

M. Oberkampf fit faire, cette mÈme année, par un correspondant, un important achat de toiles blanches des Indes, à la compagnie da-

noise de Copenhague. Jouy expédiait ses toiles peintes aux villes suivantes, dès avant 1785: Londres (dix maisons), Amsterdam, Anvers, Bâle, Berlin, Bruxelles, Constantinople, Copenhague , Francfort-Bur-Mein , Hambourg, Madrid, Lisbonne, Livourne, Luxembourg, Salonique, Trieste, l'Ile-de-France.

L'année 1785 ouvrit à M. Oberkampf de nouvelles perspectives de bonheur. Ses amis, peinés de son isolement, le décidèrent à former une nouvelle union et lui nommèrent Mlle Massieu, fille d'un négociant protestant de Caen 1 .

Oberkampf partit donc pour laNormandie; Anne-Michelle-ÉIisabeth Massieu avait alors vingtrsept ans; distinguée par les charmes de son esprit et de sa figure, autant que par (a bonté de son cœur, elle sut en très-peu de jours apprécier celui qui venait la chercher avec simplicité et confiance : Oberkampf lui

Colbert ; sous ï.ouis XV ils firent le commerce des mers du Sud, et roçuronl des lettres de noblesse- enlî76.

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dit tout d'abord : « J'ai deux enfanta, j'ai été bon mari, j'ai cinquante ans et mes affaires vont bien; si Vous voulez m'épouser je ferai tout mon possible pour vous rendre heureuse. » Quand on rédigea le contrat il se trouva qu'il avait quelques années de moins; on s'étonna qu'il se fût vieilli : « C'était pour faire un compte rond, » répondit-il tranquillement.

Peu de semaines après, le 27 mars 1785, le mariage fut célébré à la chapelle de l'ambassade de Hollande, en vertu d'un Brevet (ou permission d'aller se marier en pays étranger), signé par le roi Louis XVI.

Avec ce second mariage commença une nouvelle phase de la vie d'Oberkampf; sa maison, tenue simplement mais avec une cordiale hospitalité, était ouverte à de nombreux amis, et Mme Oberkampf en fit les honneurs avec une aisance qu'elle avait acquise en vivant à Caen dans la meilleure compagnie.

En même temps elle s'occupait des pau-

Très, recueillait les orphelins et partageait toute la sollicitude de sou mari pour la population de Jouy. Sa mère, devenue veuve , et une de ses sœurs qui épousa Samuel Widmer, vinrent se fixer auprès d'elle. Un jardin de petite étendue lui était une source inépuisable d'amusemenL et les soins qu'elle donnait aux deux jeunes enfants, dont elle remplaçait la mère, ceux qu'elle prodigua à deux iils et à deux filles qu'elle eut de son mariage, captivèrent toutes les facultés de cette âme aimante, dévouée avec la plus vive tendresse à celui qui l'avait choisie pour compagne.

Leur premier fils, Alphonse, naquit le 6 janvier -1780 (en souvenir de cet heureux événement, Mme Oberkampf planta dans son jardin un peuplier qui subsiste encore à près d'un siècle de distance, et qui a pria les plus grandes proportions). L'aînée de la famille, Julie, avait déjà huit ans, son frère Christophe en avait six; le père songea à leur éducation et en confia le soin au digne précepteur

Phihppon, homme d'esprit et d'instruction, ancien avocat au parlement de Grenoble, ami de M. Demaraiee, et qui resta pendant plus de quarante ans l'ami dévoué de la famille 1 .

Vers cette époque, Samuel Widmer sortit de pension pour passer successivement par l'apprentissage des divers ateliers de la manufacture; puis il fut envoyé à Paris pour étudier la physique et la chimie dans le cabinet de l'habile professeur Charles, et dans le laboratoire du savant Berthollet.

Appréciant de plus en plus le fondateur de la manufacture royale, le roi Louis XVI, par un acte du mois de mars 1 787, qu'il dit 6tre « le plus juste de son règne, » conféra à l'artisan luthérien d'Aarau des lettres de noblesse, et le chevalier juge d'armes de la noblesse de France, d'Hozier de Sérigny, fut chargé de lui composer un écusson*.

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