‹ Obermann;Chapitre 102 sur 121 · pointle fond A B — 22. à ces yeuxA B · texte numérisé non relu

pointle fond A B — 22. à ces yeuxA B

heureuse ; et il marche comme un homme que le bon- 40 heur agite, et qui cède aux grands résultats de sa destinée.

Cette vaine montre, cette manie des beaux dehors n'est ignorée que des sots, et pourtant presque tous les hommes en sont dupes. La fête où vous n'êtes pas vous

45 paraît un plaisir, au moment même où celle qui vous occupe n'est qu'un fardeau de plus. — Il jouit de cent choses ! dites-vous. — Ne jouissez-vous pas de ces mêmes choses, et de beaucoup d'autres peut-être ? — Je parais en jouir, mais — Homme trompé ! ces mais ne sont-

50 ils pas aussi pour lui ? Tous ces heureux se montrent avec leur visage des fêtes, comme le peuple sort avec l'habit des dimanches. La misère reste dans les greniers et dans les cabinets. La joie ou la patience sont sur ces lèvres qu'on observe ; le découragement, les douleurs, la

55 rage des passions et de Tennui, sont au fond des cœurs ulcérés. Dans cette grande population, tout l'extérieur est préparé ; il est brillant ou supportable, et l'intérieur est affreux. C'est à ces conditions que nous avons obtenu d'espérer. Si nous ne pensions pas que les autres sont

60 mieux, et qu'ainsi nous pourrons être mieux nousmêmes, qui de nous traînerait jusqu'au bout ses jours imbéciles ?

Plein d'un projet beau, raisonné, mais un peu romanesque, Fonsalbepartitpour l'Amérique espa I gnole.Ilfut [4' 65 retenu à la Martinique par un incident assez bizarrre qui paraissait devoir être de peu de durée, et qui eut pourtant de longues suites. Forcé d'abandonner enfin ses desseins, il allait repasser la mer, et n'en attendait que l'occasion. Un parent éloigné chez qui il avait demeuré pendant

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