II... [154] ...pur; il faut encore sache en réserver temps
les plus C'est une douce jouit bien que lorsqu'on...
...et l'on perd heureux. C'est ce qui fait le charme continuité dans la progression et quelque incertitude dans le terme...
...faudroit un contentement habituel. consumante abandonne
au regret nos cœurs dégoûts et de la vanité de l'espoir.
Mais dans la société inquiète, notre raison même doit-elle prétendre à cette quiétude désirer, où, même sans plaisirs, on
a le bonheur.
Tel devoit venues agiter ses désirs... [155] ...vrais avoient
paru GRANDEUR.
2, 137 : XXIV, 155 : On ne sent pas la vanité des biens possédés par un autre ; et, chacun se trompant ainsi, des cœurs amis deviennent vraiment heureux au milieu du néant de tous les biens directs. L'illusion un peu durable ne peut venir que de celui qu'on aime : la mystérieuse nature n'a point placé dans chaque homme le but de sa vie. Le vide et l'accablante vérité sont dans le cœur qui se cherche lui-MÊME.
Obermann, II.
258 OBËRMAKN
68, 46 : XXXVI, 209 : J'avoue qu'il est naturel fini, plus
grand... [210] pourroit un jour lui être dévoilé.
71 , (LXIIl) 3 : XXII, 145 : Iiétoit passé ; l'air étoit calme, le lac [l
note suppr imée]res\.oit agité. Au dessus du rivage sombre, on discer noit les sommets glacés de montagnes invisibles : c'étoit comm une blancheur aérienne, un fantôme sans mouvement. La pro fondeur des cieux plus reculée dans l'infini sembloit montre d'autrés régions par delà les régions des astres ; et l'espace étoit vivant de ces lueurs des autres mondes. Il y avoit de l'incertitude Alors l'efiTraye roches ; et quand austère.
Dans une sorte d'oubli funèbre, je m'abandonnois au balancement mesuré des ondes, ne sachant plus autre chose que les murmures calmés de ce mouvement continu, les bruits isolés du rivage [146] et la paix de la terre sous le silence des cieux. L'oiseau qui chante les nuits heureuses plaçoit par intervalles dans' le long repos, des sons d'une mélodie primitive et cet accent solitaire, unique et répété, triste et voluptueux, expression des profondeurs de la nature et des pertes de I'homme.
Mais la nature me sembla trop belle : l'harmonie des choses étoit grande : les eaux, et la terre, et la nuit furent trop faciles pour un cœur vide de joies. J'eus le souvenir du printemps des êtres, du printemps de la vie, de ce mouvement des premières années, espérance qui surprend dans un monde périssable, prestige de cette nature qui semble toujours s'offrir pour se retirer toujours ; nous mener aux regrets par les désirs, nous inspirer les vérités pour nous livrer aux erreurs et nous présenter la vie pour nous abîmer dans le néant. Je voyois ces heures qui nous furent promises, ces heures qui passent tristes et stériles, de l'éternité future dans l'éternité perdue : je voyois ce présent déjà vieux et qu'on n'a pas encore saisi, se détacher du vague à venir, traîner dans la nuit universelle les spectres des jours, les atténuer, les dissiper, approcher la dernière ombre, dévorer aussi froidement cette heure après laquelle il n'en sera plus et fermer l'espace muet.
APPENDICE
C'est donc ainsi que l'homme passera ! Mais qu'est-il donc ? et les choses mêmes, que sont-elles ? Peut-être l'idée de l'univers n'est qu'une perception abstraite. Qui me dira si la vie est réelle, si l'existence est [147] essentielle, si la vie de l'homme est
autre chose que accidentelle d'une harmonie éphémère ?
Que suis-je ! que veux-je ! que demander convenances
ordonnées, des droits conduit-elle ces résultats que mon
intelligence veut se promettre. Toute cause est invisible ettoute... ...insatiable n'est que le mouvement du météore dans le vide où il doit s'éteindre. Rien n'est éprouvé comme il a été conçu...
...des choses, mais des images des choses impénétrable en
nous, est impénétrable à toute intelligence.
Je sens vérités. L'homme sent, mais pour se consumef
en désirs indomptables : il sent, mais il s'abreuve des séductions d'un monde fantastique, mais il se livre avec avidité à des erreurs sinistres, mais il s'attache à les reproduire encore, pour en être encore accablé.
Comment concevrai-je que le bonheur ne soit pas la première loi de la nature humaine, que le plaisir ne soit pas le vrai moteur du monde sensible. Si nous ne cherchons pas de jouissances, que cherchons-nous ? si le bonheur n'est pas notre but, y aura-t-il un but pour nous? si vivre n'est... [148] ...découvrir ailleurs
ni univers est inaccessible. Si les actes de la vie ne
tendent pas au plaisir, si nos affections ne s'y attachent pas, ces actes resteront sans résultat, nos désirs deviendront ridicules, et la fin de notre existence nous sera étrangère.
7, 167 : XXIII, 148 : LoRSQu'une agitation sa vie, il se hâte à
la suite de ses besoins, il va même au delà ; il demande à toute la nature ; jouir ou exister sont pour lui une même chose. Il place toute cette existence dans l'amour, parce que l'amour est alors le
plaisir ; il ne voit que l'amour seul. Toute pensée repose ;
tout sentiment vient se perdre dans le sentiment sans bornes.
Si l'amour s'éloigne, tout est abandon ; tout est joie,
espoir, félicité, s'il se présente. Une voix tout en imite les
accens pour en multiplier les désirs bras ; rharmonie du
monde est dans l'effet d'un regard... [149] ...matin éveille les êtres et colore les cieux ; c'est pour l'amour que les feux . . . forêts : c'est encore à l'amour que le soir destine l'éloquente mélancolie des lueurs mystérieuses. Cette source est celle. . .
...eaux en redit les faciles agitations inspire les efforts
audacieux : et tout commandera le plaisir quand embellira
la nuit, quand l'harmonie du repos s'étendra sur les rives et dans les bois et dans les airs.
92, 71 : XVI, 102 : L'usage ...émotions trop grandes et qui.,. ...convenances entre nous ...détruisent cette harmonie par eux.
93, 89 : XVI, 102 : En employant trop, en excitant propos
nos facultés extrêmes, nous émoussons nos forces habituelles ; nous les réduisons à ne pouvoir . . . rien. C'est détruire cette proportion muettes et qui nous intimes. Cette proportion nous maintenoit dans l'attente ou l'espoir, en nous montrant partout des occasions de sentir ; et elle nous laissoit ignorer possible en nous laissant croire que les moyens donnés
à nos cœurs étoient immenses, puisqu'ils étoient indéfinis, et presque toujours relatifs aux choses du dehors, ils pouvoient devenir plus grands inconnues.
[103] Il existe l'habitude des impressions reçues du
dehors ou celle de l'impulsion interne excitée selon notre caprice,
et non par animés lorsque la marche des choses nous livre-
roit au repos c'est lorsqu'elle nous animeroit dans
cet abattement .... impressions que les mobiles extérieur feroient sur nous ; devenus étrangers à nos habitudes, ils se trouvent . . . besoins.
Ainsi l'homme reste des êtres selon sa nature
. . .vraie liberté, c'est une licence, une indépendance illusoire qui détruit les facultés en y substituant des caprices.
APPENDICE
2ét
94, I : XVII, 104 : Les stimulans de laTorride pourroient contribuer à vieillir l'espèce : ce feu agit moins . , . encore par l'usage
d'alimens très-spiritueux, produit nouveau.
Cependant je ne dis point que, dans même pour un
peuple que cette tient beaucoup aux objets déjà sentir les choses moins malheureuses et quand c'est afin de
mieux rire que l'on cherche les dangers.
97, 189 : XX, 139 : La prospérité généralement. Mais il faudroit
distinguer les caractères ; car c'est le contraire... qu'il fait, qui considère plutôt l'ensemble que les détails, et dont le premier besoin est celui de l'ordre.
C'est à l'homme ferme et un peu enthousiaste que l'adversité semble convenir. Son âme s'attache à une vertu austère et heu- ■ reusement son esprit n'en voit pas l'incertitude, [en note :
; L'homme de bien est systèmes cherche ordinairement des
' vertus austères.] Mais l'adversité est décourageante usage.
Il voudroit faire bien : c'est en vain : pour faire, il faut pouvoir. Il voudroit être utile : c'est presque en vain ; dans le malheur, on rencontre peu d'occasions de l'être.
Celui qui n'est pas soutenu par un noble fanatisme pourra " trouver de l'énergie dans les temps de [140] malheur, mais il résistera mal à une vie constamment malheureuse ; sentant qu'il y perd tout son être, il se rebutera enfin.
Celui qui espère en un Dieu rémunérateur a un avantage incontestable. Quoi de plus facile que de supporter le mal, quand ce mal est par les conséquences qu'on en attend le plus grand bien qui puisse en arriver. Rien n'est si commode que la vertu d'un homme qui, luttant sous l'œil de »on Dieu, sacrifie... ...sans bornes et sans terme. Celui qui a la foi ne peut faire... ...délire. Si l'on succombe, c'est que l'on ne voit bien que la terre : si l'on voyoit avec la même certitude ces lieux inférieurs et supérieurs dont on se rappelle quelquefois, s'ils étoient pré. sens à la pensée comme les choses terrestres, jamais on ne succomberoit. Je suppose un homme foible, mais jouissant de sa
raison, un sujet vivant près du maître sous un règne absolu, je soutiens qu'il sera dans l'impuissance de contrevenir à l'ordre du prince, si celui-ci lui dit : Vous voilà au milieu de mes femmes ;
durant cinq minutes peu de temps, quarante années de
plaisirs et d'une prospérité constante seront votre récompense.
Cet homme résister ; il suffit qu'il croie à la parole de
son prince. Les tentations du fidèle ne sont pas plus grandes : la vie de l'homme, [141] comparée à l'éternité, est beaucoup moindre que cinq minutes comparées à quarante années : il y a une distance infinie entre le bonheur promis au fidèle, et la faveur offerte à l'esclave dont je parle : enfin la parole d'un
maître mortel peut laisser quelque Dieu n'en laisse aucune...
...appelle vrais-croyants, il en est à peine un qui ait la foi...
...être DÉMONTRÉ.
105, 40 : XX, 196 : Le dénûment . . .incertitude arrêtent les mouve-
mens généreux et lient s'arranger, on ne peut avoir de
projets suivis. L'on est au milieu à la fécondité de l'argent ? Mais nous le perdons comme nous dissipons notre force, notre santé et nos ans. Il est si aisé employer bien !
107, 95 : XX, 136 : QjUE de maux à prévenir qui sont dans une
bourse d'or l'industrie de l'âme! Toute une L'union,
la paix mœurs honnêtes ! Fécondité de I'argent.
136 (LXXI), I : 111, 17 : S'il est fin de tant de moyens et qui
n'est le moyen rien pour la terre, rien pour lui-même [la
note supprimée] : qui invente, qui combine, qui entreprend, qui s'inquiète, qui réforme . . .s'agite pour arriver et s'agite bien plus lorsqu'il ne peut arriver à rien ; qui, dans ce qu'il a obtenu ne voit qu'un moyen pour obtenir autre chose, et qui lorsqu'il, . .
. . .avoit cherché qu'une force attendre; que les obstacles....
...accablent; dont le plus grand malheur seroit de n'avoir à souffrir de rien ; qui ne s'attache au repos qu'après l'avoir perdu ; et qui, toujours poussé d'illusions la vie.
APPENDICE
, 3 : XXI, 141 : Qu'il est simple, le cœur qui se procure des jours meilleurs ! . . .vain, nous restons les mêmes. Soit que les vaines. . . [142] , . .ramène au sentiment d'une autre existence, chaque saison semble augmenter le vide où je m'égare. Le printemps est venu ; j'attendois l'été. Maintenant voici les jours sans ténèbres. Que ferai-je de ces longues heures et de ces belles nuits ? Les prés sont muets, les lacs sont froids ; le désir a changé.
Paix . , .sentimens des premières années . . .devenus ?
Les fantômes ils passent, ils s'éloignent et ils reparaissent comme sous des formes fuient, ils s'abîment
et s'élèvent : je les vois, c'est une fumée. . . reste dans le vide, seul, incertain étonnenient.
Nature impénétrable ! cette splendeur m'accable, cette abondance m'épuise. Que sont jours ? La lumière du matin
commence trop tôt, et celle du brûlant midi me consume. Comment verrai-je les célestes beautés de la nuit ? Cette harmonie dans l'immensité fatigue la vie.
[143] Les neiges les nues orjigeuses roulent dans les
précipices; les cieux ombres sur les neiges antiques !
...silence des vallées, quand les chalets monte sur le
Vélan [en note : Cime élevée qui ferme au midi l'aspect de la vallée de Saint-Maurice, et auprès de laquelle sont les gorges où l'on a bâti l'hospice du Saint-Bernard].
Dès que je sortis de l'enfance, j'imaginois une vie réelle; mais je ne trouvai que des sensations fantastiques. Je voulois... ...contraires. Je voyois des êtres, il n'y a que des ombres. Comment se fait-il que tout nous indique une félicité pleine, universelle, dont l'image idéale semble réalisée dans nos âmes, et dont les moyens, si naturels, se trouvent effacés de la nature ? On devient sombre et profond, le vide creuse le cœur : des besoins sans borne consument dans le silence, et l'ennui de la vie est le seul vivre.
• J'ai vu les Alpes, les rives de leurs lacs, . . .choses, j'ai reconnu
des traits pressentie. J'ai vu les reflets. . . bois : j'ai vu
des hommes désirs ; j'ai marché montagnes ; j'ai
entendu des sons monde.
Mutations universelle. Connaissons-nous quelque chose,
dans ce monde où nous régnons ?
Une destinée indomptable efface nos songes : et qu'apportet-elle dans cet espace que pourtant il faut cendres ; l'immortalité est un la vie ; mais voici l'éternelle nuit.
Cependant fait ? Je vois sans peine terre et
livrée à la destruction, la tige vieillie que deux cents printemps avoient fécondée. Elle a nourri l'être vivant, elle l'a protégé :
elle a bu air; elle vents ruineux ; elle meurt au
milieu des arbres qu'elle a produits. Sa destination est remplie : elle a reçu ce qui lui avait été promis été.
Mais ce sapin superbe, comme l'arbre s'abreuvent
d'une affoiblit ; la cîme, fatiguée par les vents humides,
se penche avec rares et arides, tombent informe,
vieilli avant le temps et déjà courbé au-dessus du marais... . . .renverser, car sa chute.
, 17 : I, 4 : Il se persuade que dans le principe nos maux ont
tenu à peu moral étoit dans la main de l'homme. Il suit...
. . .universel ; il oublie humain, il se dit suivrai les
résultats des lois naturelles ; je dirai ce qui est bon ou ce qui pourrait devenir bon. Alors il se voit moins petit sur la terre : il
réunit le songe obscur, il jouit de l'idéal, car il espère le
rendre utile.
, 30 : VI, 28 : L'ordre idéal est nouveau qui ne sera point
réalisé, mais qui seroit possible. Le génie va besoins; il
rapporte surnaturel .
, 35 : I, 4 : Les penchans de l'homme sont versatiles; il est
habile contraires. Si l'on rassembloit temps et dans
des lieux divers, on pourroit en former. . . [5] . . .présent.
Pour atteindre sans ennui la fin de la journée, il faut s'imposer un travail espoir de rappeler aux hommes les moyeps
APPENDICE 265
de bonheur qui leur furent donnés. Il faut des illusions au cœur trop agité pour n'en passer.
I61, 119 : XXV, 158: Venir bruit, s'attacher atout cela
semble bout.
lél, 128 : XXV, 158 : Il ne faut pas en effet céder aux leçons des malheurs personnels, ou se laisser entraîner par des conséquences systématiques : il ne faut pas qu'une imagination prévenue peigne la vie dans la manière sombre [159] d'une humeur mélanco-
^ lique. Ne demandez Soleil, ni au bourgeois laborieusement
f- irréprochable projets, à Hégésias spirituel et fortuné ;
c'est Sénèque à côté du trône Sénèque pouvant être utile
aux hommes, et Voltaire aimant à se jouer de leurs fantaisies qui vous diront la certitude de nos espérances, et la grandeur de nos desseins, les joies et le repos de l'âme, et la valeur et la durée jours.
170, 18 : XXVI, 162: La scène mais sans fatigue, comme. . .
. . .vicissitudes, aux dangers écrit avec beaucoup d'éloquence. Le cours... [163] ...la vie, nous ne saurions nous résoudre à en sortir; mais les douleurs impatience.
177, 25 : IV, 20 : Je dirai : Tout est nécessaire, car si dans ce principe le monde est inexplicable, dans les autres, il est impossible.
Je dirai au contraire : Tout évident que toutes choses...
...résultent de la nature des substances; et ces possibles...
...limitée, sont tels que le monde selon certains...
. . .chaque partie est néanmoins susceptible de plusieurs modifications également bonnes. L'intelligence détruire, mais
elle peut l'agiter bornée par l'inaptitude des êtres...
. . .surnaturelle parce qu'il n'en conçoit pas les opérations.
178, 51 : IV, 20 : Tout système. .... .êtres et sur les premières
lois du monde ou qu'ils aient voulu. . . . . .entêtement.
179, 65 : IV, 21 : Mais il en est autrement morale.
L'œil relations de l'homme. C'est là que nous trouvons une lumière disposée pour nos organes ; c'est là qu'il nous est donné de découvrir, de raisonner, d'AFFiRMER.
[22] On ne peut faire qu'une objection forte ; mais qui
pourtant doit être regardée comme nulle. Ce qui est devoit être, dira-t-on ; ce qui subsiste est conforme à l'ordre : où seroient les causes, si elles n'étoient point dans la nature ? Si tout est nécessaire, que produisent nos recherches et nos préceptes, que sont nos vertus ?
Il n'y auroit point de réponse, si la nécessité des choses étoit prouvée ; mais elle ne l'est pas. Le sentiment contraire entraîne toujours l'homme. Le stoïcien. .... .vertu en croyant
au destin agissent, discutent, désirent comme les autres