‹ Obermann;Chapitre 14 sur 121 · offenserait Dieu A B · texte numérisé non relu

offenserait Dieu A B

contraire à leur pensée ? Que l'on cherche des moyens de faire mieux avec moins ; mais que l'on convienne du bien qui s'est fait, car enfin il s'en est fait beaucoup. Voilà 235 quelques mots de ma profession de foi ^ : nous nous sommes crus, je pense, trop éloignés l'un de l'autre en ceci.

Si vous voulez absolument que je revienne à mon premier objet par une transition selon les règles, vous

240 me mettrez dans un grand embarras. Mais quoique mes lettres ressemblent beaucoup trop à des traités, et que je vous écrive en solitaire qui parle avec son ami comme il rêve en lui-même, je vous avertis que j'y veux conserver toute la liberté épistolaire quand cela m'arrange.

245""~~*Xes hommes dont les jouissances inconsidérées, ou mal choisies, ont perverti les affections et abruti les sens, ne voient plus, je crois, dans l'amour | physique que les [280] grossièretés de leurs habitudes : ils ont perdu le délicieux pressentiment du plaisir. Une nudité les choque, parce

250 qu'il n'y a plus chez eux d'intervalle entre la sensation qu'ils en reçoivent, et l'appétit brut auquel se réduit toute leur volupté. Ce besoin réveillé dans eux, leur plairait encore en rappelant du moins ces plaisirs informes que cherchent des sens plus lascifs qu'embrasés; mais

255 comme ils n'ont pas conservé la véritable pudeur, ils ont laissé les dégoûts se mêler dans les plaisirs. Comme ils n'ont pas su distinguer ce qui convenait d'avec ce qui ne convenait pas, même dans l'abandon des sens, ils ont

I. Moins jeune, Obermann serait plus d'accord avec luimême, malgré ses doutes.

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