travaux, car la A B
LETTRE LXIII
peut-être ; mais je vis entre deux parce qu'ils sont contraires. Sans cette habitude triste, ce découragement, cet abandon, sans cette humeur tranquille contre tout ce qu'on pourrait désirer, l'activité qui me presse et m'agite me consumerait plus tôt, et aussi vainement : mon ennui sert du moins à l'affaiblir. La raison la calmerait ; mais, entre ces deux grandes forces, ma raison est bien faible : tout ce qu'elle peut faire, c'est d'appeler l'une à son secours quand l'autre prend le dessus. On végète ainsi ; quelquefois même on s'endort (I).
LETTRE LXIII
Juillet, Vni.
Il * était minuit : la lune avait passé ; le lac ^ semblait agité; les cieux étaient transparens, la nuit profonde et belle. Il y avait de l'incertitude sur la terre. On entendit frémir les bouleaux, et des feuilles de peuplier tombèrent : les pins rendirent des murmures sauvages ; des sons romantiques descendaient de la montagne ; de grosses vagues I roulaient sur la grève. Alors l'orfraie se mit à [324] gémir sous les roches caverneuses ; et quand elle cessa, les vagues étaient affaiblies, le silence fut austère.
I. Rien n'indique quel lac ce peut être ; ce n'est point celui de Genève. Le commencement de la lettre manque, et j'en ai supprimé la fin.