‹ Obermann;Chapitre 88 sur 121 · sont point A B · texte numérisé non relu

sont point A B

LETTRE LXXXI

celles que j'en pense. C'est parce que je ne saurais éviter

185 d'en parler alors que je ne m'attache point à écarter de nos lettres ce qui par hasard s'y présente sur ce sujet : autrement, malgré une certaine contrainte qui en résulterait, j'aimerais mieux taire ce que je sens devoir vous déplaire, ou plutôt vous affliger.

190 Je vous le demande à vous-même, si dans quelques chapitres il m'arrive d'examiner les religions comme des institutions accidentelles', et de parler | de celle qu'on dit être venue de Jérusalem, comme on trouverait bon que j'en parlasse si j'étais né à Jérusalem ; je vous le

195 demande, quel inconvénient véritable en résultera-t-il dans les lieux où s'agite l'esprit européen, où les idées sont nettes et les conceptions désenchantées, où l'on vit dans l'oubli des prestiges, dans l'étude sans voile des sciences positives et démontrées ?

200 Je voudrais ne rien ôter de la tête de ceux qui l'ont déjà assez vide pour dire : S'il n'y avait pas d'enfer, ce ne serait pas la peine d'être honnête homme. Peut-être arrivera-t-il cependant que je sois lu par un de ces hommeslà. Je ne me flatte pas qu'il ne puisse résulter aucun mal

205 quelconque de ce que je ferai dans l'intention de produire un bien ; mais peut-être aussi diminuerai-je le nombre de ces bonnes âmes qui ne croient au devoir qu'en croyant à l'enfer. Peut-être parviendrai-je à ce que le devoir reste, quand les reliques et les démons cornus

210 auront achevé de passer de mode.

I. Il est certain que l'éloignement d'Obermann pour des doctrines qui toutes lui paraissent accidentelles ne s'étend pas jusqu'aux idées religieuses fondamentales.

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